L'Isan

 
Désigné par les Thaïs sous le nom d'ISan, le vaste plateau du Nord-Est est ourlé en grande partie par le Mékong, limité par le Laos et le Cambodge.
C'est une région originale, ample en richesses naturelles (et ses parcs originaux), chaleureuse par sa population et intéressante par sa culture. Les gens de l'I-San parlent un dialecte mélodieux et se distinguent par une cuisine fortement épicée, des fêtes grandioses, une production artisanale de qualité (notamment la soie "mut-mee) et une hospitalité généreuse. Leur histoire remonte à 5 600 ans, comme en témoignent les découvertes du site préhistorique de Ban Chiang. Mais les Khmers ont fortement marqué l'I-San et laissé des vestiges prestigieux (Prasat Hin, qui signifie "château de pierre") qui sont les plus beaux qu'on puisse découvrir, en dehors du Cambodge.
 
 
Le plateau de Khorat
Malgré son aridité actuelle, le plateau de Khorat conserve une grande richesse archéologique de l'époque où l'Empire khmer était à son apogée. Les visiteurs apprécient aussi la richesse humaine d'une population hospitalière, qui dispose pourtant des revenus moyens les plus bas de Thaïlande. La cuisine régionale est souvent épicée, et les tisserands fabriquent de ravissantes soieries et cotonnades.
Le vaste plateau de Khorat s'étend à environ 200 m d'altitude sur la majeure partie de l'Isan, le nord-est de la Thaïlande, qui abrite un tiers de la population du pays sur un tiers de sa superficie. Les moussons n'y apportent que des pluies irrégulières, fréquemment responsables d'inondations comme de sécheresses, et qui ne permettent qu'une seule récolte de riz par an. La pauvreté règne en conséquence dans les zones rurales.
Le Nord-Est attire peu de touristes. L'Isan présente pourtant un grand intérêt historique. Au nord, le site de Ban Chiang a révolutionné la vision des archéologues sur la préhistoire de l'Asie du Sud-Est. Ils ont en effet découvert les vestiges d'une culture qui serait peut-être la première à avoir fondu le bronze, cultivé le riz et pratiqué la sériciculture. Le tissage de la soie connaît un nouvel essor dans la région depuis la fin de la dernière guerre, et de nombreux ateliers de tisserands, parfois, réunis en village, proposent des soieries et des cotonnades traditionnelles.
Les magnifiques temples de pierre érigés par les Khmers entre le IXème et le XIIIème siècle ont, pour certains, étés restaurés ces dernières années, tels ceux de Phnom Rung et de Phimai. Une route les reliait jadis à la capitale khmère d'Angkor sur le territoire de l'actuel Cambodge.
 

Prasat Hin Phimai

La petite ville de Phimai s'est développé au bord de la rivière Mun, autour d'un des plus beau "château de pierre" bâtis par les Khmers sur le territoure de la Thaïlande. Les dates exactes de sa construction restent incertaines, bien que l'achèvement du sanctuaire central remonte probablement au règne de Suryavarman Ier (1001 - 1049). Lieu de culte brahmanique dédié à l'origine à Shiva, il devint un temps bouddhiste mahayana à la fin du XIIème siècle.
Le temple, consacré au bouddhisme Mahayana est entouré d’une enceinte rectangulaire de 1.030 sur 565 mètres et situé sur une île artificielle créée par un canal reliant la rivière Mun à un de ses affluents.
Comme pour les autres temples Khmers, Phimaï ne fut jamais habité. Bien gardé en vue d’éviter les pillages, les ruines disposent d’un petit musée en plein air où il est possible d’admirer des statues et des linteaux retrouvés sur place.Le temple disposant d'un accès direct à la rivière, il reste des traces d'un ancien quai qui porte aujourd'hui le nom de " Ta Nang Sa Phom " ce qui signifie " le quai de la dame qui se lave les cheveux ". A proximité du quai, d'autres bâtiments devaient servir d'hospice (Kuti Rishi) dont le Roi Jayavarman VII en avait fait construire un peu partout dans le Royaume de même, mais à l'extérieur de l'enceinte, que de grands réservoirs d'eau dont l'usage réel autre que purement local reste toujours un mystère.
Les diverses parties du temple peuvent être datées avec précision grâce aux nombreuses inscriptions découvertes sur les chambranles des portes. Le site comporte trois " Prang " ornés de nombreux bas-reliefs, linteaux, frontons ... qui racontent un épisode du Ramayana (un peu comme au Grand Palais de Bangkok, mais sous une autre forme bien entendu) et le long combat opposant Rama à Toskan. Mais nous y retrouvons aussi des bas-reliefs retraçant la vie de Bouddha ... Faut-il préciser que Phimaï est ... sur la route d'Angkor ? La ville en doit sa prospérité. Mais le célèbre Roi Jayavarman VII, grand bâtisseur des temples khmers, y est toujours bien présent, même de nos jours, grâce à une bien belle statue de grès qui le représente dans la position de méditation.
 

Prasat Hin Khao Phnom Rung

Près de la route de "l'oreille de l'éléphant" qui suit en gros les frontières cambodgienne et ensuite laotienne et un peu isolé dans les rizières, cCe majestueux temple khmer dont la restauration dura dix-sept ans couronne le sommet d'un volcan éteint. Dédié au culte hindouiste, il symbolisait la demeure de Shiva sur le mont Krailasa et il fallait suivre une longue allée processionnelle et franchir un pont à nagas pour accéder au coeur du sanctuaire.

Commencé au début du Xème siècle, sa construction se poursuivit jusqu'au XIIIème siècle. Une route reliait Angkor Wat au Cambodge. La disposition des bâtiments conçue pour que, lors de Songkran, le soleil levant puisse se voir à travers les 15 portes du gopura occidental.

L'accès au temple se fait par un escalier de 52 marches menant à la première des trois terrasses monumentales dont les balustrades sont formées de nagas. Ce sont les "ponts de nagas" qui relient le Monde des Dieux au Monde des Hommes. Le Prang principal en grès rose et de 27 mètres de haut étant lui, et comme de bien entendu, tourné vers l'Est en direction d'Angkor.
 
 
La vallée du Mékong
A environ 2 000 km de sa source dans' l'Himalaya tibétain, après avoir traversé la Chine, longé la Birmanie et la pointe du nord de la Thaïlande puis poursuivi à l'intérieur du Laos, le fleuve Mékong marque, à partir de Chiang Khan, la frontière entre l'Isan et le Laos. Peu visitée, cette région un peu à l'écart n'en offre pas moins de nombreuses attractions naturelles et culturelles.
Le bassin agricole de la vallée du Mékong présente un contraste marquant aussi bien avec le plateau de Khorat, poussiéreux et desséché, qui s'étend au sud et à l'ouest, qu'avec les reliefs escarpés de la rive laotienne. Des sols relativement fertiles permettent les cultures maraîchères dans cette région qui, trop éloignée de Bangkok, n'a pas connu un développement généralisé et reste une des mieux préservées et une des plus belles de Thaïlande.
À Nong Khai, petite ville animée et la plus importante des localités frontalières, le pont de l'Amitié permet de rejoindre Vientiane, la capitale du Laos. En amont, à l'ouest, bourgs et villages pittoresques conservant des maisons en tek traditionnelles jalonnent le cours du fleuve. Près de Ban Phu, le parc historique de Phu phrabat renferme d'étranges formations rocheuses. Non loin se visite le What Khaek où des statues d'inspirations hindouiste et bouddhiste composent un décor surréaliste. En aval de Nong Khai, le fleuve court à l'est puis vers le sud, dépassant, après Nakhon Phanom, un grand centre de pèlerinage : le Wat Phra That Phanom, fondé, selon la légende, en 543 avant J.C.
À Khong Chiam, la rivière Mun, en mêlant ses eaux au Mékong, crée le phénomène de la " rivière aux deux couleurs ". À quelques kilomètres au nord, d'immenses figures préhistoriques et des motifs géométriques décorent la falaise de Pha Thaem Le Mékong coule ensuite au Laos puis au Cambodge. À la frontière entre ce pays et la Thaïlande, on peut visiter, quand la situation politique le permet, l'un des plus beaux monuments khmers : le Prasat Khao Phra Wihan.
 

Vientiane : Ville du Santal ou Citadelle de la Lune

Fondée au XIIIème siècle par le roi Setthatirat, à l'époque où les Khmers dominaient la région, Vientiane devint, en 1563, la capitale du royaume du Lan Xang puis la vassale d'Ayutthaya. La légende veut qu'il ait choisi au départ la rive droite du Mékong mais qu'un Naga sacré le conduisit à cet emplacement.
En 1651, Van Wuystoff, de passage à Vientiane, la décrit ainsi : "Elle se dressait haute comme une apparition derrière ses murailles rouges. Les gigantesques portes de son enceinte permettaient le passage des éléphants dont les baldaquins à étage ne heurtaient jamais la pierre de leurs voûtes ornées du lotus rituel. Lamées d'airain, cloutées de cuivre, en bois précieux, elles complétaient la défense de la Ville Sainte dont les innombrables that dorés se profilaient au-dessus des palmes. Elle était tellement dorée, tellement enrichie de mosaïques qu'elle apparaissait sous le soleil ainsi qu'un astre embrasé".
Les richesses fabuleuses de cette cité ne tardèrent pas à attirer les armées. A la suite de querelles consécutives à la mort du roi Sourygna Vongsa, le royaume éclata en principautés vassalisées par l'étranger.
Au cours du XVIIIème et du XIXème siècle, Vientiane allait s'affirmer comme un axe essentiel dans les échanges commerciaux et cette situation allait lui permettre de connaître un réel essor économique. Mais le royaume n'était pas à l'abri des guerres et à la fin du XIXème siècle, les armées siamoises allaient pratiquement détruire Vientiane, pillant sans compter et déportant ses habitants sur l'autre rive du Mékong. Tout au plus allaient-ils épargner le Wat Sisakhet, dont l'architecture était d'inspiration siamoise. Ce n'est qu'à la fin du XIXème siècle que la ville retrouvera un semblant de vie avec l'arrivée des premiers Français. Ils y construiront des bâtiments administratifs, des écoles, un hôpital et veilleront également à ressusciter les édifices religieux ravagés. C'est ainsi qu'au cours des années 20 et 30, un effort sera apporté à la réhabilitation du That Luang, des Wat Ho Pra Kèo et Sisakhet ainsi qu'à de multiples autres lieux de culte.
Pour réprimer une révolte, les Siamois la détruisirent en 1827. Les Français en firent au XIXème siècle un chef-lieu administratif de leur protectorat au Laos. Elle ne retrouva vraiement son statut de capitale qu'en 1949 avec l'indépendance du pays qui est, depuis 1975, une république socialiste.

 

Wat Phra That Phanom

La ville isolée de That Phanom abrite le sanctuaire le plus révéré du nord-est de la Thaïlande. Au centre se dresse un chedi en brique et en plâtre de style lao bâti il y a environ mille cinq cent ans. Toutefois, selon la tradition, sa construction aurait été décidée peu de temps après la mort de Bouddha au Vème siècle avant J.C. pour y inhumer son sternum. Le monument a connu de nombreuses restaurations, la plus récente à la suite des pluies dévastatrices de 1975.
     
La Thaïlande