La Côte Méditérranéenne d'Israël

 
Une des quatre mers baignant la terre d'Israël, la Méditerranée borde toute la façade ouest du pays.
En bord de côte on y trouve la capitale économique et industrielle d'Israël : Tel-Aviv, les ports d'Haïfa et d'Akko (St. Jean d'Acre), les villes de Netanya, Hertzliya et Ashkelon.
En arrière de la côte vous découvrez de vastes plaines fertiles bénéficiant du climat méditerranéen.
 
 
Tel-Aviv 

Tel-Aviv-Jaffa, ville d’Israël, sur la côte méditerranéenne, au sud de l’embouchure du Yarqon. Ville métropole, Tel-Aviv-Jaffa s’étend sur un cordon littoral long d’environ 8 km et large de 4 km, bordant la mer Méditerranée.
Il y a cent ans, qui aurait pu prévoir l'existence de Tel-Aviv ? La côte au nord de Jaffa n'était qu'une suite de dunes désolées, désertiques et sans grandes ressources. Mais dès les années 50, la métropole en herbe affichait des boulevards plantés d'arbres et de resplendissants immeubles neufs de style international. Sa population et sa vitalité surpassaient déjà celles de son antique ville mère.
Tel-Aviv est aujourd'hui devenu le centre de la culture, des affaires, de la haute couture et de la vie nocturne en Israël. Ses plages blanches, son climat ensoleillé et ses hôtels luxueux en ont fait un agréable lieu de séjour touristique. Si la ville ne compte que 350 000 habitants, le grand Tel-Aviv - avec les agglomérations périphériques - regroupe plus d'un million d'habitants, ce qui représente près d'un quart de l'ensemble de la population du pays. Ses célèbres cafés et ses nouvelles tours de bureaux confèrent à la première ville juive moderne du monde un aspect à la fois contemporain et exubérant. Tel-Aviv allie la joie de vivre du peuple méditerranéen au style et à la sophistication des villes les plus chics d'Europe.
Tel-Aviv est une partie de l'agglomération urbaine Tel-Aviv-Jaffa : ces deux secteurs ayant été officiellement combinés en 1950. Si Tel-Aviv est une ville du XXème siècle siècle, Jaffa (ou Yafo, selon la transcription phonétique littérale) est une ville ancienne au riche passé historique.
Tel-Aviv a presque surgi du jour au lendemain des dunes désertiques au nord de Jaffa. En 1909, un groupe de résidents juifs de Jaffa acquirent quelques terrains, pour construire une banlieue verdoyante dans laquelle ils pourraient se détendre après une journée de travail dans le bruit et l'encombrement de la ville de Jaffa. Mais ils chérissaient aussi l'espoir de créer la première ville juive moderne des deux mille dernières années.
Ils l'appelèrent Tel-Aviv, la « colline du printemps », un nom qui symbolisait l'espoir d'édifier un futur nouveau sur les ruines du passé. Tel signifie, en hébreu, une colline artificielle, créée par les débris accumulés des villes abandonnées du passé; Aviv, en hébreu « printemps », évoque le renouveau de la vie. Mentionnée pour la première fois dans le livre d'Ezéchiel, Tel-Aviv était le nom d'une ville d'exil à Babylone, où Ezéchiel avait prononcé sa prophétie des ossements. Tel-Aviv est également le titre de la traduction en hébreu du livre de Herzl, Alteneuland (« terre vieille/nouvelle »), dans lequel il prédit la construction d'un État juif.

 

La Maison de la Diaspora

Toute l'histoire de la dispersion des Juifs à travers le monde y est retracée : de la destruction du second Temple de Jérusalem en 70 après l'ère chrétienne, jusqu'à la création de l'Etat d'Israël, en 1948 (2500 ans d'Histoire et d'épopées fascinantes). Vous y verrez entre autre, une collection de maquettes représentant les différentes synagogues et communautés juives d'Europe, d'Amérique, de Chine et d'Asie, d'Afrique, d'Inde, etc. Sans oublier un ordinateur exceptionnel qui retrouve la signification des noms de famille depuis leurs origines bibliques !
 

La tour Shalom

L'édifice le plus haut du Moyen-Orient est la tour Shalom, un austère rectangle blanc sur la rue Herzl, qui s'élève sur trente-sept étages au-dessus de la ville. C'est surtout son emplacement qui lui donne une importance particulière, car sur ce site se dressait l'un des premiers bâtiments construits à Tel-Aviv, le lycée Herzliya. Érigé, en 1909, dans la première rue principale de la nouvelle ville, le lycée symbolisait l'espoir des pionniers et devint le noyau culturel et économique de la ville embryonnaire. Le lycée fut démoli en 1957, pour faire place à la tour Shalom, privant ainsi la ville de l'un de ses plus anciens édifices historiques et culturels, qui, de surcroît, présentait un intérêt architectural. Il ne reste du vieux bâtiment qu'une vaste fresque sur le mur de la tour, réalisée par l'artiste Nahum Gutman. Quant au lycée, il occupe de nouveaux locaux sur l'avenue Jabotinsky.
 

La résidence Breuer

Elle fut construite en 1922. Elle est dotée de minuscules balcons décoratifs, d'un toit en bois incliné à la manière d'une pagode, d'un minaret et d'un grand jardin intérieur. Sur le point d'être démoli, en 1948, l'édifice fut sauvé de justesse par l'ambassadeur russe qui voulait y établir son quartier général.
 

La mosquée Hassan Beq

Encadrée par Neve Tzedek et la mer, elle présente un contraste surprenant avec les immeubles contemporains environnants. En 1916, le gouverneur turc-arabe de jaffa, Hassan Beq, avait fait constuire cette mosquée afin d'enrayer le développement de Tel-Aviv vers la mer.
 
 
Jaffa
 
L'histoire de Jaffa remonterait au Déluge. Après que l'arche de Noé eut échoué sur le mont Ararat, le fils cadet de Noé, Japhet, découvrit une agréable colline. Il s'y installa et l'appela Jaffa (« belle » en hébreu).
Jaffa, l'une des plus vieilles villes du monde, a conservé une atmosphère biblique, que les événements historiques et les mythes sont venus enrichir à travers les âges. C'est ici que l'on situe l'histoire de Jonas et la baleine. Les fameux cèdres du Liban, dont le roi Salomon se servit pour construire le Temple à Jérusalem, étaient expédiés à Jaffa, devenue très tôt un important port commercial méditerranéen. L'apôtre Pierre réalisa le miracle de Tabitha, alors qu'il vivait à Jaffa dans la maison de Simon le Tanneur (Acte 5; 19, 36-42). Et, selon la mythologie grecque, c'est près du port de Jaffa qu'Andromède, l'éblouissante fille du roi de Jaffa, fut enchaînée à un rocher, pour apaiser la colère du monstre marin.
Il y a 3 400 ans, Jaffa fut conquise par les Égyptiens. Voyant tour à tour ses murs détruits et reconstruits, elle subit successivement le passage des Philistins, des Hébreux, des Perses, d'Alexandre le Grand, des Syriens, des Maccabées (les guerriers israélites), des Romains, d'Hérode le Grand, des musulmans, des croisés, de Richard Ceeur de Lion, des Mamelouks, de Bonaparte et des Turcs. Les Anglais finirent par la prendre aux Ottomans à la fin de la Première Guerre mondiale.
Ce n'est que pendant la guerre d'indépendance, en 1948, que Jaffa redevint une ville juive. Mais les Juifs étaient revenus bien avant cela. En 1820, un voyageur juif de Constantinople s'y était installé. Peu de temps après, une communauté d'immigrants juifs, composée essentiellement de marchands et d'artisans nordafricains, se mêla à la communauté locale. Au moment de l'indépendance d'Israël, la ville comptait une population d'environ 100 000 habitants, dont plus de 30 000 étaient juifs. La ville moderne a gardé son parfum oriental, offrant aujourd'hui une fresque colorée d'immigrants d'Afrique du Nord et d'Europe centrale.
La vieille ville de Jaffa, avec ses allées pavées et ses ruelles tortueuses serpentant à travers les fortifications de pierres massives qui entourent la ville, fut reconstruite et rénovée en 1963. Elle compte aujourd'hui une colonie d'artistes, des galeries d'art, des boutiques d'artisanat, des restaurants aux spécialités de poissons et des boîtes de nuit. Le port de la vieille ville, destiné à être démoli (pour être éventuellement remplacé par une marina), demeure le port d'attache des pêcheurs locaux qui, chaque matin à l'aube, y apportent leurs prises.
 

La tour de l'Horloge

Elle fut construite en 1906 par le sultan Abdoul Hamid II, à l'occasion du trentième anniversaire de son règne. Située en face du commissariat, la tour signale l'entrée de la vieille ville. Les vitraux qui illustrent l'histoire de la ville furent posés en 1948. En face de la tour, une entrée voûtée vous conduira dans une grande cour intérieure, où autrefois se tenait l'auberge arménienne, point de ralliement des voyageurs et des convois qui faisaient le va-et-vient entre les colonies juives disséminées dans le pays.
 

Musée des Antiquités

Il retrace l'histoire et le développement de la ville du néolithique à l'époque judéo-samaritaine. Érigé au XVIIIème siècle, ce bâtiment servit de quartier général au gouverneur turc, et de prison. Plus tard, il abrita la fabrique de savon de la famille grecque orthodoxe Damiani, célèbre dans tout le MoyenOrient.
 

Monastère Saint Louis

Nommé ainsi en souvenir du roi Louis IX, qui, arrivé à la tête d'une croisade, y résida en 1247. Le monastère servit plus tard d'auberge aux pèlerins allant à Jérusalem. Au XVIIème siècle on l'appelait « la maison des Européens ». Bonaparte s'y reposa également, après sa conquête de Jaffa.
 

Mosquée de Jama El-Baher

Avoisine la première maison juive de Jaffa. Construite en 1820, cette maison servit d'auberge aux habitants de Jérusalem qui venaient se baigner sur les plages de Jaffa. Sur le site du couvent et de l'église arméniens se trouvaient un centre d'hébergement pour pèlerins arméniens du XVIIème siècle siècle.
 
 
Ashqelon

Ashqelon, l'une des plus vieilles villes du monde, vous attend à environ 16 km au nord des kibboutzim. Située sur une crête de dunes dominant la mer, la nouvelle Ashqelon est une cité animée, amalgame d'usines, d'appartements modernes, de grands immeubles et de très jolies plages. Mais elle se distingue surtout par son patrimoine archéologique. Cette ancienne ville philistine est très accessible au public, grâce aux aménagements dont elle a fait l'objet.
Les ruines de cette ville portuaire stratégique se présentent en strates distinctes, et témoignent de la diversité des populations qui s'y établirent au cours des siècles. Érigée le long de la célèbre via Maris, la route reliant l'Égypte à la Syrie, la cité a, dès ses débuts, été un centre de commerce, exportant, entre autres, du vin, du grain et une variété d'oignons locaux que les croisés français appelèrent « escalions » du nom de son lieu d'origine, ce qui donna plus tard le mot « échalote ». Au XIIème siècle av. J.-C., Ashqelon devint, avec Ashdod, Gaza, Gat et Eqron, l'une des cinq grandes villes philistines. Pendant deux siècles, une amère rivalité opposa Hébreux et Philistins. Les Juifs ne réussirent jamais à prendre la ville. Après que le roi Saül eut été assassiné par les Philistins, David prononça cette complainte souvent citée : « Ne l'annoncez pas dans le Gath, n'en portez pas la bonne nouvelle dans les rues d'Ascalon, de peur que n'exultent les filles des - incirconcis » (2 Sam., 1, 20).
Trois siècles plus tard, Ashqelon était toujours un bastion philistin, ce qui provoqua la colère du prophète Sophonie, et le fit proclamer dans les dernières pages de l'Ancien Testament : « Car Gaza sera abandonnée, Ascalon sera en dévastation, Asdod, sera abandonnée en plein midi, et Eqron sera déracinée »
Ashqelon fut conquise ensuite par les Assyriens (VIIIème siècle av. J.-C.), puis par les Babyloniens. Elle connut ensuite un nouvel essor sous les empires grec et romain. On suppose qu'Ashqelon fut la ville natale d'Hérode le Grand, et ce dernier contribua à l'embellissement de la cité. Au vue siècle, Ashqelon tomba aux mains des Arabes, puis aux mains des croisés, en 1153. Après sa destruction, en 1270, par le sultan Baibars, la ville sombra plus ou moins dans l'oubli.
Aujourd'hui, la plupart des vestiges de la ville sont regroupés sur le domaine aménagé du parc national. Là, il vous sera possible de flâner entre des ruines de colonnades du temps d'Hérode et les vestiges d'anciennes synagogues, ou sur une voie romaine que commande la statue décapitée de Nikè,la déesse de la victoire, ou encore dans un amphithéâtre romain abandonné depuis longtemps. Une muraille (le mur des croisés restauré par Richard Coeur de Lion) encadre le site et domine la plage.

 
 
Nétanya
La capitale de la région de Sharon est située à 20 km environ au nord de Herzliya. En 1929, une communauté de planteurs établie dans la région baptisa la ville du nom du millionnaire Nathan Strauss, afin de l'encourager à devenir un bienfaiteur de la ville et à contribuer à son développement (semble-t-il sans résultat). Netanya, ville de 100 000 habitants, a prospéré tout aussi bien sans lui et peut se féliciter de sa très belle plage et de sa florissante industrie hôtelière.
 
 
Césarée

Cet agréable site de villégiature fut autrefois la capitale administrative des Romains établis en Judée. D'après les textes, les Francs y découvrirent le Saint-Graal en 1104 autour duquel résonnent encore les célèbres noms de Lancelot, Merlin, le Roi Arthur et les Chevaliers de la Table ronde.... C'est plutôt à son passé de colonie romaine que Césarée doit son importance historique, mais ce sont ses vestiges des croisés qui y attirent les cars bondés de touristes, et il faut reconnaître que ce site est un des plus impressionnants d'Israël. La majeure partie de la ville a depuis longtemps été rasée, mais même le touriste le plus exigeant admettra que la formidable grandeur de ce qui demeure est imposante. La dissonance visuelle des arches, des murs effrités des croisés et des colonnes romaines effondrées frappe sans cesse l'imagination et témoigne du passé historique des occupations successives de ce lieu.
L'existence de communautés dans cette région remonte à l'époque phénicienne, mais l'histoire de la ville commence vraiment avec les Romains, en 22 av. J.-C. Hérode, maître d'oeuvre royal, fonda la ville et la nomma Césarée en l'honneur de l'empereur César Auguste. Vers l'an 6 apr. J.-C., après que la Judée fut devenue une province romaine, Césarée devint le siège officiel des procurateurs de Judée et demeura pendant quelque cinq cents ans la capitale administrative des Romains en Palestine. Ponce Pilate y vécut à l'époque de Jésus, et saint Paul y fut emprisonné pendant deux années, avant d'être embarqué vers Rome.
La ville fut le foyer de la première grande rébellion juive, à la suite de la profanation de la synagogue, en 66 apr. J.-C. Durant cette révolte, de nombreux prisonniers zélotes furent torturés et exécutés dans les prisons de la ville, ou livrés aux fauves dans l'amphithéâtre. En 70 ap. J.-C., le général romain Vespasien envoyé par Néron débarqua à Césarée. Lors de la révolte de Bar Kokhba, de nombreux notables juifs y trouvèrent la mort, dont, en 135, le grand sage et spirituel rabbi Aqiba. Un monument a été érigé en sa mémoire dans la communauté voisine de Or Aqiba.
Pendant les périodes de la pax romana, la ville devint un centre réputé de la culture hellénique, puis chrétienne. Parmi les premiers chrétiens les plus connus, signalons Eusèbe, théologien grec, un des piliers de l'Église chrétienne, ordonné premier évêque de Césarée au IVème siècle. Responsable de la codification de la loi religieuse chrétienne, il rédigea également l'Onomastikon, une géographie biblique de la Palestine.
En 640 les Arabes prirent la ville, mais délaissèrent le port qui s'ensabla.
Les croisés de Baudouin le,, après s'être emparés de Césarée en 1101, pillèrent la ville et massacrèrent les habitants. Ils trouvèrent cependant un morceau de verre hexagonal de couleur verte qu'ils prirent pour le Graal (le calice du Christ). En 1187 Saladin reprit la ville, réoccupée par les croisés en 1228. Les fortifications massives qui la caractérisent si bien aujourd'hui ne furent érigées qu'après 1254, lors de la reconquête de la ville par Louis IX, Saint Louis. Les armées arabes s'emparèrent à nouveau de la ville en 1265, puis en 1291.
Aux mains des Mamelouks, Césarée tomba plus ou moins dans l'oubli, ses magnifiques colonnes et ses bas-reliefs de marbre pillés, au cours de siècles, par ses souverains successifs. En 1878 les Turcs y installérent des réfugiés, arrivant de Bosnie qui créèrent un petit village de pêcheurs détruit en 1948.

 

L'aqueduc Romain

Long de 11 km, il acheminait vers la cité d'eau d'une source qui jaillit au pied du mont Carmel. L'arcade qui le soutien s'offre en perspective le long d'une belle plage sablonneuse. Cet aqueduc fut construit par Herods le Grand, restauré au II ème siècle par Hadrien.
 
 
Haïfa et le Mont Carmel
Dans un accès de dépit, Daher el-Omar, un cheik bédouin, détruisit un misérable petit village côtier - déjà dévasté par les croisés au XIIème siècle -, parce que ses habitants avaient négligé de lui rendre hommage. Le village resta en ruine pendant huit ans, après quoi cet émir décida de le reconstruire et de réorganiser son port naturel. Malgré des débuts malheureux, la ville moderne de Haïfa, rutilante cité sertie dans une mer de saphir, est devenue un foyer culturel et industriel actif, ainsi qu'un centre portuaire et maritime animé.
Elle est, aujourd'hui, la troisième ville d'Israël et le centre des fameuses industries technologiques de pointe du pays. De son premier berceau sur l'étroite bande côtière entre la Méditerranée et la chaîne biblique du Carmel, Haïfa a colonisé les versants de la montagne, s'installant peu à peu sur ses pentes douces. La ville est essentiellement construite sur trois niveaux, qui s'élèvent à partir du bord de mer. Le deuxième niveau, Hadar, est situé au pied des collines du Carmel. C'est le centre des affaires et le plus vieux quartier résidentiel de la ville. Agrippés aux pentes, les quartiers les plus récents ont gagné les crêtes. Ils sont reliés par un excellent réseau de routes. Le Carmel central est perché sur le point le plus haut il comprend quelques-unes des maisons les plus exquises de la ville, et regroupe la plupart des hôtels et des boutiques de luxe.
 

Kababir

Haut perché sur un sommet dominant la Méditerranée, Kababir offre un contraste marqué avec Wadi Nisnas. C'est un quartier arabe aux somptueuses demeures et aux jardins luxuriants. Cette communauté devint indépendante en 1830, mais elle choisit d'être rattachée à Haïfa au moment de la création de l'État d'Israël, en 1948, prévoyant qu'elle pourrait ainsi bénéficier des écoles, des centres de soins médicaux, de l'eau courante et du système des égouts.
 

Le Mont Carmel

Le mont Carmel, dont l'arête longe le littoral sur environ 25 km selon un axe nord-ouest / sud-est, atteint une hauteur de 500 m et plonge abruptement jusqu'à la Méditerranée. A ses pieds, coule la rivière Qishon, mentionnée dans la Bible.
Le nom Carmel vient des mots Kerem-El" les vignes de Dieu ", cette région évoquant traditionnellement l'image de fruits mûrs. Elle englobe le parc national du mont Carmel, la plus grande réserve forestière du pays, luxuriante avec ses collines boisées, ses sentiers de randonnées bien balisés, ses aires de pique-nique et ses panoramas à vous couper le souffle. Ce parc de 9 000 ha comprend aussi une réserve naturelle d'environ 900 ha, dans laquelle des cerfs et des gazelles se promènent en toute liberté. De l'autre côté du parc, les villages druzes de Isfiya et Daliyat el-Karmil sont nichés sur les versants et dans les vallées du mont Carmel. Les villages, ceints de précipices couleur ocre qui plongent sur des verdoyantes vallées tapissées de feuillages enchevêtrés, sont facilement accessibles par voiture ou par bus. Vous pourrez apprécier, au bazar, la production artisanale traditionnelle, et déguster un café turc et de succulentes pâtisseries, sous les arbres, aux tables d'agréables cafés. Le couvent carmélite proche de Muhraqa surplombe le site où le pro-phète Elie vainquit les prêtres de Baal.
Depuis les temps anciens, les hommes ont été sensibles à l'aura de spiritualité qui entoure le mont Carmel. Les traditions juive, chrétienne, musulmane et druze révèrent cette région. Des vagues successives de conquérants ont établi leurs autels sur ses sommets et ses flancs boisés. Thoutmès III considérait le mont Carmel comme un lieu saint. Les Grecs y dédièrent un temple à Zeus. Le prophète Élie parcourut ses pentes, en approfondissant sa foi. Le roi Salomon le loua dans son Cantique des Cantiques, et Isaïe exalta sa gloire.
 
 
Akko
Si Israël devait élire une capitale pour le charme de son cadre et de son ambiance, ce serait certainement Akko. La vieille ville de Jérusalem est, bien sûr, hors catégorie. Quant à la vieille de Jaffa, vénérable cité ceinte de murailles, elle a été intégrée dans le tissu urbain de Tel-Aviv et est devenue une ville-musée et un centre d'artisanat d'art. Seule Akko - assaillie, à maintes reprises au cours des siècles, par une succession d'envahisseurs - a tenu bon contre le passage du temps et des touristes.
Taciturne, la vieille muraille de la mer, construite à l'origine par les croisés, à l'extrémité nord de la baie de Haïfa, regarde toujours vers la Méditerranée, tandis que, dans l'enceinte de la ville, arcades gothiques et minarets se côtoient. Les anciennes jetées de pierre accueillent toujours les pêcheurs qui ramènent leur prise quotidienne; et des commerçants bienveillants, des visages mystérieux peuplent toujours marchés et cafés. En 1104, Baudoin let fit d'Akko le principal port du royaume des croisés. Ayant résisté aux assauts de célébrités telles que Simon Maccabée et Napoléon Bonaparte, Akko a aujourd'hui laissé derrière elle toute la furie glorieuse de son passé. Mais c'est néanmoins une ville passionnante, car pour celui qui la parcourt, ses ruelles, ses pierres et ses paysages sont imprégnés d'un silence dont l'éloquence n'a rien à envier à celle des autres sites du pays.
Mentionnée par le pharaon Thoutmès HI, il y a 3 500 ans, Akko est l'un des plus vieux ports que l'on connaisse. Après avoir repoussé plusieurs attaques, Akko fut conquise par la tribu d'Asher. Dans le passé, ses prestigieuses activités comprenaient le travail du verre (l'historien romain, Pline, accorde à Akko la découverte de la technique de la fabrication du verre), et les teintures violettes - l'extrait vient d'une variété locale d'escargot qui donna son nom à la couleur. Cité phénicienne, Akko refoula ensuite les attaques des Assyriens puis des Perses. En 333 av. J.-C., Alexandre le Grand entra dans la ville, qui était alors une colonie grecque florissante. Quelque trois cents ans plus tard, en 48 av. J.-C., Jules César et ses légionnaires s'y installèrent. Au cours de son séjour, il posa les premiers pavés de ce qui allait être la première route pavée de la Judée romaine, reliant Akko à Antioche. Akko tomba aux mains des Arabes en 636, demeurant sous leur domination jusqu'en 1104. Durant cette période, les califes fortifièrent et reconstruisirent une grande partie de la ville. Ce n'est pourtant que sous les croisés qu'Akko atteignit le sommet de sa gloire.
La première croisade démarra brusquement par la prise de Jérusalem, en 1099. Cinq ans plus tard, après un long siège, les croisés s'emparèrent d'Akko. Ils ne tardèrent pas à apprécier la valeur de leur conquête, une ouverture sur la Méditerranée. Les Génois développèrent alors Akko et en firent un grand centre commercial. La ville fut alors rebaptisée Saint-Jean-d'Acre. En peu de temps, la ville devint le port principal de la bordure orientale de la Méditerranée. Quelquesuns des plus puissants ordres des croisés y établirent leur centre : les Templiers, les chevaliers Teutoniques, l'ordre de SaintLazare, et l'ordre hospitalier de SaintJean.
Saladin reprit la ville aux croisées en 1187. Mais Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion, à la tête des chevaliers de la troisième croisade la reconquirent en 1191. Ayant échoué devant Jérusalem, ils proclamèrent Saint-Jean-d'Acre la capitale du royaume des croisés, en 1192. Juifs et chrétiens, après avoir fui devant les armées arabes, revinrent s'installer dans la ville, qui connut son « heure la plus glorieuse » au cours du siècle suivant. Des marchands vénitiens, marseillais, génois... y ouvrirent de nombreux comptoirs. En 1291, les Mamelouks reprirent la ville, mettant fin au royaume chrétien de Palestine.-La ville en grande partie détruite rentra alors dans l'ombre pour plusieurs siècles.
Dans les années 1750, le port fut rénové par le cheikh bédouin Dahar et Omar. Son successeur, le pacha ottoman Ahmed, que sa cruauté proverbiale fera surnommer El Jazzar, « le boucher », sera le bâtisseur le plus notoire d'Akko. N'oublions pas de mentionner également son conseiller financier, Haim Farhi, un Juif de Damas, qui l'assista dans ses projets, avant d'être assassiné par Soliman. L'héritage architectural d'El Jazzar comprend les sites les plus célèbres d'Akko. En 1799, appuyé par une flotte de navires britanniques, El Jazzar accomplit ce que l'ensemble de l'Europe n'avait pas réussi à faire : il l'emporta sur Bonaparte, qui l'assiégeait depuis deux mois.
La domination turque et l'apparition du bateau à vapeur entraînèrent le déclin d'Akko en tant que port. La ville ne retrouva une certaine prééminence que pendant les dernières années du mandat britannique. Depuis l'indépendance, la ville a su garder son caractère portuaire, tout en développant ses industries. Akko compte aujourd'hui 40 000 habitants, dont les deux tiers sont des immigrants juifs.
 

La Mosquée El Jazzar

L'élégante mosquée d'El Jazzar est la première structure qui s'impose à la vue, lorsque l'on pénètre dans la ville. Elle fut construite en 1781 par El Jazzar, et abrite aujourd'hui sa tombe et celle de son fils adoptif et successeur, Soliman. Ceinte d'arcades surmontées de dômes, cette mosquée, considérée comme la plus belle d'Israël, est un centre spirituel de première importance pour la communauté musulmane israélienne. L'intérieur de la mosquée renferme une relique qui, selon la tradition, contiendrait des poils de la barbe du prophète. La cour a été édifiée au-dessus d'une cave creusée par les croisés; l'édifice fut également bâti sur des structures des croisées.
 

La citadelle souterraine des croisés

C'est une vaste structure de plus de huit salles communicantes étonnamment spacieuses, de style purement gothique et médiéval. Elles portent des noms aussi évocateurs que Hall des chevaliers, Grand Manoir et Crypte. Cette crypte faisait à la fois fonction d'église, de réfectoire et de salle de cérémonies. Les allées ne sont pas encore entièrement dégagées ; elles abritent de rares témoignages historiques, comme ces fleurs de lis gravées dans la pierre.
   

La citadelle turque

 
Contiguë au musée et à la cité fortifiée des croisés, l'immense citadelle turque domine la ligne d'horizon de la vieille ville. Construite par El Jazzar sur des ruines des croisées, la forteresse servit tour à tour d'arsenal et de caserne et, depuis l'époque turque, de prison. Baha U'llah, un fondateur de la religion bahaï y fut détenu. Sous le mandat britannique, la citadelle devint un centre d'incarcération, et de nombreux résistants juifs y furent fusillés. A l'intérieur de la citadelle, le musée de l'Héroïsme expose des documents sur cette époque agitée.
     
L'Israël