Le Centre d'Israël

 

Au centre, la capitale du pays, Jérusalem, et la chaîne de montagnes comprenant la Samarie et le désert de Judée.
Il y a quelques millénaires, les grandes routes historiques entre les Empires égyptien et mésopotamien ne faisaient que traverser cette région qui s'étend des limites de la Samarie, au nord, jusqu'aux sables de la bordure septentrionale du Néguev, au sud, et jusqu'à la citadelle souvent assiégée de Jérusalem, à l'est. Cette tradition se maintint au cours des siècles suivants. Plus récemment, pendant la guerre d'indépendance, ce territoire devint une enclave stratégique entre la plaine du littoral et la nouvelle capitale de l'État, Jérusalem. Les nombreuses vagues de oonquérants, d'immigrants, de voyageurs et de colons ont marqué le paysage, et cette région, qui demeure le carrefour central du pays, recèle aujourd'hui une richesse historique qui égale la richesse de ses ressources humaines.
Cette oontrée s'élève de la plaine rase du littoral aux collines ondoyantes des contreforts judéens. Sa densité démographique a toujours été la plus importante du pays. Sous contrôle égyptien jusqu'au XIIIème siècle av. J.-C., elle fut le théâtre de quelques-unes des plus âpres batailles, notamment lors de la conquête de Canaan par Josué. A l'époque du royaume israélite, de nombreux petits villages se développèrent dans cette région, mais la plupart furent détruits à la fin du vie siècle av. J.-C, lors de la chute de Jérusalem. La région fut ensuite rapidement traversée par Alexandre le Grand, au ive siècle, puis assista au déclenchement de la révolte des Asmonéens contre l'Empire gréco-syrien. Quelques-unes des premières colonies juives modernes s'y établirent dans les années 1880. Aujourd'hui, plusieurs d'entre elles sont devenues de véritables petites villes.

 
 
Jérusalem, la ville d'Or
La ville d'or. La ville éternelle. La ville de David. La ville de paix. Les métaphores se succèdent et rivalisent de lyrisme. Jérusalem, jadis considérée comme le centre du monde, possède une qualité intemporelle. Appelée la « ville de la paix », elle a pourtant subi les ravages de siècles de conflits. C'est une ville sacrée pour les trois grandes religions monothéistes. Les Juifs y voient l'incarnation de l'antique Israël, le lieu où Abraham, sans l'injonction d'un ange, sacrifiait Isaac, celui de la gloire de David et du temple de Salomon, la capitale éternelle du peuple juif. Pour les chrétiens, c'est la ville où Jésus passa ses derniers jours sur terre, le site de la Cène, de la Crucifixion et de la Résurrection. Les musulmans l'appellent Al Qouds, « la sacrée », la cité où Mahomet serait monté au ciel sur son destrier, la troisième ville sainte après La Mecque et Médine. Que ce soit par son symbolisme puissant et durable ou par la qualité de sa lumière, Jérusalem est une ville unique et, trois mille ans après que David en eut fait sa capitale, nulle autre ville sur terre ne possède, comme elle, la capacité de toujours émouvoir et enflammer l'imagination.
 

Jérusalem, la vieille ville, les huit portes

La vieille ville de Jérusalem est l'une des plus anciennes cités au monde à peuplement continu. Les murailles de la vieille ville entourent un espace d'une superficie inférieure à un kilomètre carré. Elles ont été construites par Soliman le Magnifique au XVIème siècle.
Huit portes sont construites sur les murailles, sept d'entre elles permettent l'accès à la vieille ville.  

La Porte Dorée

Egalement appelée en hébreu et en arabe "Porte de la Miséricorde". Selon la tradition juive, c'est la porte par laquelle le Messie entrera dans Jérusalem. Elle est murée depuis plusieurs siècles.

La Porte de Jaffa

C'est la plus connue et la plus fréquentée, elle s'ouvre sur l'Ouest en direction du port de Jaffa. C'est en fait l'entrée principale.

La Porte Neuve

Au Nord, elle permet un accès direct au quartier chrétien.

La Porte de Damas

Elle est l'entrée principale du quartier musulman. Son portail étroit et le pont de bois ont été remplacés par une esplanade avec un amphithéâtre et un pont en pierre plus important. Elle donne sur le Nord en direction de Naplouse.

La Porte d'Hérode

Au Nord elle aussi est également appelée Porte des Fleurs en raison des motifs floraux gravés sur sa façade.

La Porte des Lions

Elle est décorée de lions héraldiques de chaque côté du portail. Elle est également appelée Porte de Saint-Etienne, elle s'ouvre à l'Est vers Jéricho.

La Porte des Détritus

Située au Sud de la ville, elle est la plus proche du Mur Occidental (Mur des Lamentations).

La Porte de Sion ou Porte de David

Elle a été constuite sur le Mont Sion par le sultan Soliman en 1540 et fait face au Sud en direction d'Hébron.
 

Jérusalem, la ville sainte

Le Mur des Lamentations

Les grandes marches de pierre, au bout de la rue Tiferet, conduisent au site le plus important, non seulement du quartier, mais de toute la civilisation juive. Il s'agit, bien entendu, du HaKotel Ha'Ma'aravi, le Mur occidental, ou mur des Lamentations.
A toute heure du jour et de la nuit, un flot ininterrompu de fidèles, de pèlerins et de touristes déferlent sur les marches. Le murmure fervent qui s'échappe à droite est celui des étudiants de la yeshiva Porat Yosef. C'est la plus grande école talmudique du quartier, et sa reconstruction est l'oeuvre d'un architecte israélien de renom, Moshe Safdie.
En bas, à gauche de l'escalier, se trouve l'esplanade du Mur occidental et le Mur lui-même, par-dessus lequel se profile la colline du Temple, le mont Moriah où Abraham sans l'intervention de l'ange de Yavé allait sacrifier Isaac. Le premier et le deuxième Temple s'y dressaient jadis, mais ils ont été remplacés par les coupoles dorées et argentées du dôme du Rocher et de la mosquée d'El Aqsa. A droite de la colline du Temple, un vaste réseau de fouilles archéologiques s'étend jusqu'aux murailles de la vieille ville et jusqu'à la porte des Immondices, ainsi nommée, car c'est par cette porte qu'aux époques romaine et byzantine la population jetait ses ordures.
Le Mur occidental, qui s'élève jusqu'à 15 m hauteur, fut élevé par Hérode en 20 av. J.-C. Les pierres les plus hautes furent rajoutées lors de rénovations entreprises par les Mamelouks et les Turcs.
Le Mur ne faisait pas partie du Temple à proprement parler, mais constituait seulement le mur de soutènement du flanc occidental de la colline du Temple. Mais comme le Mur est l'unique vestige de l'ensemble du Temple qui a survécu au pillage de la ville par les Romains en 70 apr. J.-C., il inspire la vénération des Juifs, depuis mille neuf cents ans. Les Juifs ayant coutume de s'y rassembler pour pleurer la perte du Temple, on le surnomma le « mur des Lamentations ». Les femmes (décemment vêtues) devront se diriger vers la gauche du mur et les hommes (tête couverte) vers la droite.

Le Mont des Oliviers

Cette colline, qui s'ouvre sur une vue spectaculaire de la vieille ville, est surtout le site d'un cimetière juif datant de l'ère biblique et toujours utilisé. Un esprit de tolérance reflète la révérence partagée pour le plus sacré des monts. Depuis quelques années pourtant, certains Juifs ultra-orthodoxes, traumatisés par les ravages occasionnés par les Jordaniens dans le cimetière (profanations de plusieurs tombes juives entre 1949 et 1967), protestent contre l'expansion de la présence chrétienne en cet endroit. Dernièrement, c'est une branche de l'université mormone de Brigham Young, en train d'être construite entre le mont des Oliviers et le mont Scopus avoisinant, qui a été l'objet de leur indignation. On voit donc, de temps en temps, des zélotes qui parcourent Jérusalem en affichant des avertissements contre les « étrangers qui accaparent notre cimetière immémorial ».
Quant aux raisons pour lesquelles le mont des Oliviers est si dénudé, on dit que ce sont les Romains qui abattirent tous les arbres, pour construire les catapultes utilisées contre Jérusalem en l'an 70 apr. J.-C., mais qu'au moment de la Résurrection, les oliviers seront de nouveau florissants.

Le Mont Sion

Le mont Sion se dresse à l'extérieur de la porte de Sion, construite par Soliman le Magnifique en 1540-1541. Depuis longtemps symbole des aspirations juives à un foyer national, le mont Sion a prêté son nom au mouvement de libération national juif. On dit que Soliman fit exécuter les architectes de ses grandioses murailles pour avoir négligé d'inclure le mont dans l'enceinte de la vieille ville. Après 1948, la vieille ville tomba aux mains des Jordaniens, mais Israël conserva ce mont. Le mont Sion est aujourd'hui moins disputé, mais non moins prisé. Des églises et des yeshivot se côtoient en cet endroit vénéré, tapies pan-ni les jardins et les pins.

Le Dôme du Rocher

Le Dôme du Rocher, ou la mosquée d'Omar, est naturellement l'édifice le plus remarquable d'Haram es-Sherif. L'extérieur de la mosquée (restaurée à maintes reprises, notamment sous le règne de Soliman qui fit rajouter des carreaux de mosaïque sur la façade, aujourd'hui remplacés par des carreaux de faïence) est une fantaisie de marbre, de mosaïques, de verre coloré, de tuiles décorées et de citations du Coran, surmontée d'un dôme en aluminium doré. Notez aussi les piliers qui se terminent en arcs, au haut des marches. Selon la tradition, le jour du jugement dernier, une balance sera suspendue à ces piliers, afin de peser les âmes des hommes.
Les murs octogonaux qui soutiennent le dôme recouvert d'or ont été élevés au VIIème siècle. Ils enserrent le fameux rocher, doublement sacré puisqu'il serait le site du sacrifice d'Abraham et qu'il est également le lieu à partir duquel le prophète Mahomet se serait élevé vers le ciel.

La Mosquée Al Aqsa

 
La mosquée coiffée d'argent, à l'extrémité sud de la colline, est celle d'El Aqsa, un vaste édifice pouvant accueillir cinq mille fidèles. Servant essentiellement de lieu de culte, El Aqsa, par son plan, est plus fonctionnelle que le Dôme du Rocher. Probablement construite sur les vestiges d'une basilique byzantine, El Aqsa s'élève au-dessus de grandes salles souterraines appelées Écuries de Salomon.
El Aqsa figure au premier plan de l'histoire moderne de cette région. En 1951, sur les marches d'entrée de cette mosquée, un musulman fanatique assas-sina le roi Abdullah de Jordanie sous les yeux de son petit-fils, l'actuel roi Hussein. En 1969, un fanatique australien mit le feu à l'édifice, occasionnant des dégâts considérables et déclenchant dans le monde musulman une flambée d'exhortations au jihad, à la guerre sainte contre Israël. Ce fut également à El Aqsa qu'en 1977 le président égyptien Anouar el-Sadate pria pendant sa mission de paix à Jérusalem.

L'Eglise Sainte Anne

L'église Sainte-Anne s'élève directement en face de la place. Elle est considérée comme l'église croisée la mieux conservée de la Terre sainte. La crypte se trouverait à l'emplacement de la maison des parents de Marie, Anne et Joachim. L'enceinte de l'église abrite une piscine probatique, autrefois appelée Bethseda, où Jésus accomplit une guérison miraculeuse. En 1856, en remerciement de son aide pendant la guerre de Crimée, la Sublime Porte offrit cette église à la France, qui bénéficie donc de l'extra-territorialité française.

La Via Dolorosa

La Via Dolorosa est le Chemin de Croix qu'aurait emprunté le Christ jusqu'au Saint Sépulcre. La Via Dolorosa commence avec le couvent de la Flagellation et ses deux chapelles et va en 14 stations jusqu'à la basilique du St-Sépulcre qui abrite le Golgotha, le rocher sur lequel aurait été plantée la Croix, et le tombeau de Jésus. Un arrêt à la 3e et la 6e station vous permettra d'admirer l'Arc de l' Ecce Homo (Lithostrotos, vestige de l'arc de triomphe élevé par Hadrien), et les pavés originaux de la forteresse Antonia où Jésus a comparu devant Ponce Pilate (à l'intérieur du couvent des Dames de Sion).

Le Saint Sépulcre

L'église surprend par sa monumentalité et par sa complexité. Sur cet emplacement, le plus élevé de la vieille ville, les Romains érigèrent un temple dédié à Vénus. AuIVème siècle, après que sainte Hélène, la mère de Constantin, eut identifié le site du tombeau de Jésus, l'empereur y construisit une église, qui fut détruite plus tard. L'édifice actuel fut élevé au xtie siècle par les croisés, de nombreuses adjonctions ayant été faites depuis leur départ.
Actuellement, plusieurs communautés chrétiennes se partagent l'église. Elles s'occupent chacune du maintien de leur chapelle et de leur autel, et célèbrent leur culte selon leur propre horaire.
Au premier abord, l'église du SaintSépulcre peut être intimidante, avec sa lumière lugubre, l'animation de ses chantiers, les chants divers qui se font concurrence et le mélange aromatique d'encens. Les principaux centres d'intérêt de l'édifice sont bien entendu la section bâtie sur la butte où eut lieu la Crucifixion (son nom, Golgotha, est dérivé de l'hébreu, et celui de Calvaire vient du latin) et la tombe où fut placé le corps de Jésus.
A droite, juste à l'intérieur de l'église, un escalier conduit au Golgotha et à la dixième station, où eut lieu la division des vêtements de Jésus. L'emplacement est marqué par un pavement de mosaïque. Des autels latins et grecs, situés au même niveau, à proximité les uns des autres, signalent les trois stations suivantes : la orucifixion sur le Golgotha, ou Calvaire selon les Latins, la mort de Jésus (à l'intérieur du sanctuaire grec) et la remise du corps de Jésus à Marie. La quatorzième station est en dessous. C'est le Saint-Sépulcre lui-même. Le tombeau du Christ repose à l'étage inférieur sous la rotonde principale de l'église.
Golgotha est un nom hébreu qui signifie « crâne »; il fait référence à une tradition chrétienne selon laquelle lors du martyr de Jésus on aurait découvert le crâne d'Adam enseveli en ce lieu.
Le Saint-Sépulcre abrite de très nombreuses chapelles, dont la chapelle de l'Ange, où Marie Madeleine constata la disparition du corps de Jésus et vit l'ange de la Résurrection assis sur l'autel de pierre; juste à côté se trouve le tombeau de Joseph d'Arimathie.
Les autres sites remarquables de l'église sont : le chœur des Grecs; la grande cathédrale grecque orthodoxe près de la rotonde principale, le calice sur le pavement indique le centre du monde; la crypte Sainte-Hélène, où un pavement de mosaïque commémore le génocide arménien; la chapelle d'Adam et la chapelle de l'élévation de la Croix, et les tombeaux des rois croisés de Jérusalem (Godefroy de Bouillon et Baudouin Ier)

Le jardin de la Tombe

Le jardin de la Tombe - ou calvaire Gordon, du nom de l'officier britannique qui en 1883 identifia l'emplacement comme étant le tombeau du Christ - se tient sur la rue de Naplouse, qui relie la porte de Damas à la ville orientale. Vous découvrirez, dans un décor qui rappelle un somptueux jardin anglais, une double caverne révérée par les protestants comme l'authentique tombeau de Jésus. Le jardin de la Tombe est situé sur une colline dont la forme, vue du terminus de bus de la ville orientale, évoque pour beaucoup celle d'un crâne..., la signification justement du mot hébreu Golgotha.
 
 
Bethléen
Située à environ cinq kilomètres au sud de Jérusalem (à l’est de la route Jérusalem-Hébron), la ville biblique de Bethléem (en hébreu, Beit Lehem signifie la « maison du pain ») est mentionnée pour la première fois dans le Livre de la Genèse (35 : 19) qui rapporte que Rachel mourut en couches près de Bethléem sur la route d’Efrat, et que Jacob dressa un monument sur sa tombe. (Le site du tombeau de Rachel, à la sortie de Bethléem, est un lieu saint juif, et jusqu’à ce jour, les fidèles s’y rendent en pèlerinage et pour y prier). Bethléem est cependant plus connue, dans la tradition juive, en relation avec le roi David et, dans la tradition chrétienne, comme le lieu de naissance de Jésus.
Des fouilles archéologiques indiquent qu’à l’époque du premier Temple, la ville fortifiée était située dans le secteur de la basilique de la Nativité, et que les grottes situées sous cet édifice avaient probablement été utilisées comme des dépendances des habitations privées (débarras, écuries, etc.). Cette utilisation des grottes et de logements taillés dans le roc était courante dans la région jusqu’à l’époque moderne. Au IVe siècle, l’une de ces grottes devint un lieu saint considéré comme le site traditionnel de la Nativité.
 

La basilique de la Nativité

L’actuelle basilique de la Nativité fut construite par l’empereur Justinien (527-565) sur le site de l’ancienne basilique constantinienne du IVe siècle qui avait été gravement endommagée durant la révolte samaritaine de 529. La basilique est consacrée à la Sainte Mère de Dieu (Theotokos). Le site traditionnel de la Nativité est vénéré dans la grotte située sous le chœur.
A l’époque des royaumes latins, lorsque les croisés contrôlaient effectivement la région (1099-1187), la basilique de la Nativité à Bethléem fut utilisée pour les cérémonies d’investiture royale.
Le plan du bâtiment, conforme à celui d’une basilique classique, comprend un narthex, une nef, quatre nefs latérales (deux de chaque côté), un chœur, des transepts et une abside. D’orientation générale est-ouest, l’abside et le sanctuaire sont tournés vers l’est. De part et d’autre du chœur, des escaliers monumentaux conduisent à la grotte de la Nativité.
Sur le côté sud de la basilique, des portes mènent aux monastères grec et arménien attenants ; sur le côté nord de l’édifice, les portes donnent sur l’église franciscaine (catholique romaine) de Sainte-Catherine-d’Alexandrie.
L’entrée principale de la basilique se trouve à l’ouest. Deux entrées d’origine, datant du VIIe siècle, ont été condamnées. Le portail nord est masqué par un contrefort ; celui du sud par un mur du monastère arménien contigu. La taille du portail central subsistant a été réduite à plusieurs reprises et l’actuelle porte basse ne mesure plus que 1,2 mètre de hauteur.
Pour le reste, la basilique est demeurée, sur le plan architectural, telle qu’elle se présentait à l’époque de sa construction, bien qu’il ne subsiste que bien peu des décorations d’origine ou médiévales. Des fragments de mosaïques byzantines datant du XIIe siècle sont encore visibles sur les murs supérieurs de la nef. Des traces de décorations de l’époque des croisés subsistent aussi sur les piliers séparant les nefs latérales dans la partie centrale de l’église. Des peintures de divers saints des Eglises occidentales et orientales (entre autres saint Sabas, saint Euthyme, saint Olaf de Norvège, saint Knut du Danemark et saint Cathal d’Irlande) ornent les parties supérieures de ces piliers.
Le toit de la basilique date du XIVe siècle.
Depuis les croisades, des parties de l’église sont devenues la propriété des communautés grecque-orthodoxe, orthodoxe arménienne et catholique romaine. Les droits, privilèges et titres de propriétés de ces communautés sont protégés par le Statu quo sur les lieux saints (1852), garanti par l’article LXII du traité de Berlin (1878).
La partie principale de la basilique, notamment la nef, les nefs latérales, le katholicon (le chœur et le sanctuaire), le transept sud et l’autel de la Nativité dans la grotte, appartiennent à la communauté grecque-orthodoxe.
Les orthodoxes arméniens possèdent le transept nord et l’autel. Ils utilisent également, à l’occasion, l’autel grec-orthodoxe de la grotte.
Les Latins (catholiques romains) ont un droit de propriété exclusif sur l’autel de l’Adoration des Mages à proximité de la grotte de la Nativité connue sous le nom de « grotte de la Mangeoire ». Les Latins possèdent également l’étoile d’argent située sous l’autel de la Nativité voisin et portant l’inscription, « Hic de Virgine Maria Jesus Christus Natus Est. »
Aussi bien les Arméniens que les Latins ont des droits de passage et de procession dans la nef.
 

L’église de Sainte-Catherine-d’Alexandrie

L’église franciscaine (catholique romaine) de Sainte-Catherine-d’Alexandrie fut construite en 1882 sur les ruines de l’église et du monastère des croisés appartenant aux Augustins. La colonnade de l’actuel atrium (dessiné en 1948 par Antonio Barluzzi) comprend des vestiges d’un cloître médiéval.
Sous le dallage du cloître se trouvent les fondations d’un ancien monastère byzantin, peut-être celui de Saint-Jérôme.
Une porte de l’angle sud-ouest du cloître mène à la chapelle des croisés. Cette pièce fut aménagée au XIIe siècle lorsque les croisés dressèrent un mur à l’extrémité nord du narthex de Justinien pour construire un clocher (aujourd’hui disparu). Les murs de la chapelle sont décorés de fresques murales de l’époque des croisés, partiellement restaurées en 1950.
Dans la nef latérale sud, un escalier étroit conduit à un ensemble de grottes et de chambres taillées de le roc, contenant quelques chapelles. L’une d’elles passe communément pour la pièce où, à partir de l’année 384, saint Jérôme traduisit la Bible de l’hébreu et du grec pour produire la Vulgate latine. Un petit couloir partant de l’une des chambres attenantes mène à la grotte de la Nativité, mais la porte d’accès est généralement fermée à clef.
 
 
La Mer Morte
Au cours des siècles, les pèlerins chrétiens qui passèrent par là furent saisis par ce paysage inerte, c'est pourquoi ils lui donnèrent ce nom de mer Morte. Un nom tout à fait justifié, car cette masse d'eau, la plus salée de notre planète, ne renferme aucune vie. Mais aujourd'hui la mer Morte est devenue une source de vie et de santé : la potasse que contiennent ses eaux amères est un engrais précieux, exporté dans le monde entier, et les sources qui l'alimentent ont, depuis l'Antiquité, guéri toutes sortes de maladies, de l'arthrite au psoriasis. Les amateurs de soleil et de séjours de remise en forme envahissent régulièrement les sources et les hôtels, en quête des bienfaits de la détente. Beaucoup de touristes, et même des Israéliens, s'aventurent ici, pour respirer un oxygène abondant, se laisser flotter sur la surface salée de l'eau et s'émerveiller devant un panorama accidenté et sauvage.
Situé à près de 400 m au-dessous du niveau de la mer, dans une faille géologique qui s'étend sans interruption jusqu'à l'Afrique occidentale, la mer Morte est le point le plus bas de la surface du globe, et elle est environnée du paysage le plus saisissant qu'Israël puisse offrir. Des falaises escarpées de silex rose bordent la rive ouest, contrastant avec les contreforts de calcaire beige et la blancheur aveuglante des étendues de plaine. De l'autre côté de la surface scintillante et dorée de l'eau, sur la rive est, s'élèvent les montagnes mauves et pourpres, Moab et Edom, à peine perceptibles dans la lumière du matin, et qui prennent consistance peu à peu au cours de la journée. En fin d'après-midi, les oueds et les canyons se détachent plus nettement, et leurs masses sombres déchiquetées forment une toile de fond spectaculaire.
Si le bassin de la mer Morte est une région douce et agréable en hiver, c'est une véritable étuve en été.
La rive sud de la mer Morte est partiellement asséchée, en raison de l'utilisation de l'eau du Jourdain. Du côté israélien, les fossés creusés pour les usines de potasse forment un réseau de petits lacs superficiels, destinés à l'extraction des sels.
 
 
Le désert de Judée
Le désert de Judée qui s'étend entre les collines de Judée et la mer Morte fut traditionnellement une région fréquentée par les ermites, les prophètes et les rebelles. David fuyant Saül vint s'y réfugier. Les Asmonéens qui brandirent la bannière de l'indépendance juive face à l'Empire gréco-syrien, au IIème siècle av. J.-C., se regroupèrent ici après leur défaite. Jésus se retira dans le désert de Judée pour méditer, les Esséniens établirent leur communauté dans cette région. La guerre des Juifs contre Rome, en 6367 de notre ère, débuta par la prise de Massada, place forte du désert de Judée.
Avant 1967, la frontière entre Israël et la Jordanie se déroulait, au nord, jusqu'à Ein Geidi, à peu près à mi-chemin de la rive occidentale de la mer Morte, ce qui signifie que seule la moitié sud du désert de Judée appartient à proprement parler à Israël. Certains des sites décrits dans ce guide ne furent donc accessibles aux Israéliens qu'après la guerre des Six Jours et pourraient, dans le futur, retomber sous administration arabe.
 
 
Qumran
Sur la rive nord-ouest de la mer Morte se trouve le site de l'ancienne colonie essénienne de Qoumrân, où furent découverts les fameux manuscrits de la mer Morte. Les Esséniens, une secte juive ascétique datant de la période du second Temple, installèrent délibérément leur communauté dans ce lieu inaccessible, qui fut saccagé par les Romains, en 68 apr. J.-C.
Au début de l'été 1947, un berger bédouin partit à la recherche d'une de ses chèvres qui s'était égarée sur les rives de la mer Morte. Il lança une pierre dans l'une des grottes situées à flanc de colline, et entendit un bruit de choc contre une poterie. Il venait de faire la découverte archéologique la plus excitante du siècle : des manuscrits, datant des tout premiers siècles avant et après JésusChrist, conservés dans des jarres en terre.
Certains de ces documents furent acquis par Israël dans des circonstances plutôt dramatiques. Eliezar Sukenik, professeur d'archéologie à l'université hébraïque, se vit proposer par un marchaud arménien une collection de manuscrits anciens. Ayant eu l'occasion d'en examiner un fragment, il fut impressionné par leur ancienneté mais, pour voir la collection, il lui fallait se rendre à Bethléem, où elle était entreposée. Ceci se passait juste avant la création de l'État d'Israël, et Jérusalem était alors une zone de combats. Bethléem, tout proche, était sous contrôle des forces arabes et l'accès, pour les Juifs, en était particulièrement dangereux. Sukenik consulta son fils, Yigael Yadin, archéologue et chef de l'IDF (forces de défense israéliennes). Yadin fit cette réponse à son père : « En tant qu'archéologue, je t'incite vivement à y aller, mais en tant que chef de l'armée, je t'interdis d'y aller ! » Sukenik partit pour Bethléem, prenant un risque personnel considérable, et parvint à acheter trois rouleaux. Il ne put acquérir les trois autres, qui aboutirent aux États-Unis, mais que Yadin racheta ultérieurement, pour le compte d'Israël.
Les fouilles entreprises par la suite dans ces grottes ont permis de mettre au jour d'autres manuscrits et des milliers de fragments dont la plupart sont aujourd'hui exposés en Israël, soit au musée d'Israël, à Jérusalem, dans le sanctuaire du Livre, soit au musée Rockefeller, dans l'ex-secteur jordanien de la ville.
Ces manuscrits ont révolutionné l'étude de la période du second Temple et projeté un nouvel éclairage sur les origines du christianisme. Ils nous renseignent également sur le mode de vie des Esséniens et sur les croyances de la secte, en nous révélant les détails du culte et du rituel liturgique.
 
 
Ein Guedi
A moins de 15 km de là, toujours vers le sud, s'étale l'oasis luxuriante d'Ein Gedi (« source de l'enfant ») qui est à la fois le site d'un kibboutz, une réserve naturelle et un centre de formation. C'est un endroit particulièrement plaisant, avec une végétation qui grimpe jusqu'au sommet des falaises, derrière les cascades d'eau douce. Ein Gedi abrite toute une variété d'oiseaux et d'animaux, dont des gazelles, des ibex, des oryx, des renards, des chacals et même quelques léopards.
La cascade de David est le lieu de baignade le plus fréquenté et le point de départ de nombreuses excursions, dont celle qui mène à une magnifique cascade, enfouie dans les fougères, où David, selon la tradition, venait se réfugier lorsque Saül était saisi d'une de ses crises de paranoïa royale. « Saül choisit alors trois cents hommes dans tout Israël et vint chercher David et ses compagnons dans les rochers où grimpaient les chèvres sauvages » (1 livre de Samuel 1, 24). Saül pénétra alors dans la grotte même où David s'était caché et, comme il s'y endormit, David coupa un morceau de la tunique du roi, prouvant ainsi qu'il aurait pu le tuer mais qu'il y avait renoncé.
 
 
Massada
A 20 km environ au sud d'Ein Gedi, surplombant le rivage de la mer Morte de près de 300 m, se dresse le rocher de Massada, le site archéologique le plus spectaculaire d'Israël. Faisant partie de la ligne de crête qui se profile jusqu'au désert de Judée, Massada se détache de son environnement par des oueds profonds au nord, au sud et à l'ouest, qui le rendent pratiquement inaccessible.
C'est sur cette mesa désolée qu'Hérode le Grand fit construire, en 35 av. J.-C., une forteresse imprenable, qui devait lui servir de refuge contre toute rébellion éventuelle de ses sujets. Les visiteurs peuvent se promener entre le somptueux palais à trois étages qui occupe l'extrémité nord de la falaise, les bains romains, avec leur ingénieux système de chauffage, les vastes entrepôts, le palais occidental avec ses superbes mosaïques, et les énormes citernes d'eau creusées dans le roc. Ils apprécieront le remarquable paysage désertique depuis le sommet, facilement accessible par l'ouest, via la rampe romaine, ou, par l'est, en empruntant la télécabine. Les plus courageux pourront même grimper le long du « chemin des serpents », toujours par la face est.
En 66 apr. J.-C., un groupe de rebelles juifs, surnommés Sicarii (à cause de leur arme favorite, une sorte de dague appelée sica), arrachèrent Massada aux troupes romaines qui l'occupaient, déclenchant la guerre contre Rome. Après y avoir installé leur quartier général, ils se rendirent à Jérusalem, où ils prirent la tête de la révolte juive. Mais après la mort de leur chef, tué dans les combats qui opposaient les diverses factions rebelles, ils retournèrent à Massada pour se regrouper.
Le nouveau leader des Sicarii, Elazar Ben Yair, attendit la fin de la guerre à Massada. Il maîtrisait toujours la place, après la chute de Jérusalem, en 70. Mais en 73, laXème légion romaine arriva au pied du rocher pour mettre fin au dernier bastion de la résistance juive.
La légion, avec à sa tête le général Flavius Silva, comptait plus de quinze mille hommes, auxiliaires et aides de camp inclus. Pour défendre Massada, les Juifs (hommes, femmes et enfants) étaient moins d'un millier, mais les magasins d'Hérode étant bien garnis, ils ne manquaient de rien. Les Romains détruisirent l'aqueduc qui alimentait les citernes grâce aux barrages construits dans les oueds, mais celles-ci contenaient suffisamment d'eau pour tenir un long siège.
Les Romains incendièrent alors les dernières défenses juives, mais lorsque le brasier se calma et qu'ils pénétrèrent dans Massada, ils y trouvèrent neuf cent soixante cadavres alignés. Refusant la défaite et l'esclavage, les Juifs avaient décidés de se donner la mort. Ils tirèrent au sort dix d'entre-eux, chargés d'exécuter tous les autres. Neuf de ces dix malheureux élus se donnèrent ensuite la mort, et le dernier après avoir mis le feu à la forteresse se suicida. Seuls cinq enfants et deux femmes échappèrent au massacre.
 
 
Sodome
Le long du rivage, juste au nord de la biblique Sodome, les stations d'Ein Bokek et de Neve Zohar attirent les malades des quatre coins du monde, avec un large éventail de possibilités hôtelières, toutes basées à proximité des fameuses sources minérales. Connues depuis le Ier siècle de notre ère, ces eaux bienfaisantes sont censées guérir toutes sortes de maladies, depuis les maladies de peau jusqu'aux lumbagos, en passant par l'arthrite et les rhumatismes. Les établis
sements médicaux, dirigés par des médecins et des infirmières, proposent tous des bains de boue, des massages et des programmes de gymnastique. Les prix offrent une grande variété, de l'hôtel le plus modeste aux hôtels cinq étoiles, construits sur les sources mêmes.
Si vous y séjournez, ne ratez pas les bains de boue. On dit que Cléopâtre, dans les temps anciens, envoyait ici ses esclaves pour lui en rapporter et, aujourd'hui encore, la boue de la mer Morte est devenue un produit d'exportation très recherché pour ses propriétés hydratantes naturelles.
Il règne dans la Sodome moderne une atmosphère extraordinairement paisible qui, malgré la chaleur oppressante, en fait un lieu étonnamment calme, pour nager, bronzer, ou simplement flâner. C'est un curieux contraste avec la légende de Sodome et Gomorrhe, les « villes du péché » qui, dans la Bible, furent détruites par le feu et le soufre, à cause de la perversion sexuelle de leurs habitants.
Selon l'histoire, Loth, le neveu d'Abraham, pria Dieu d'épargner les deux villes et fut autorisé à s'enfuir avec sa famille. Mais sa femme se retourna pour voir le châtiment divin et fut changée en statue de sel. Sur les bords de la mer Morte, il existe une grotte dans laquelle se trouve une colonne creuse. On dit que cette colonne, baptisée la Femme de Loth, est le seul reste de cette dame illustre (Genèse 19, 24-25). Elle est d'ailleurs toujours salée.
Plus au sud, évoquant une station lunaire, les courroies des tapis roulants, les entonnoirs et les fours des mines de la mer Morte grincent nuit et jour.
 
 
Arad
Entre les sources sulfureuses et l'usine chimique, une route s'achemine résolument vers l'ouest, à travers les montagnes, grimpant jusqu'à Arad, la première ville planifiée d'Israël.
L'histoire de la population d'Arad remonte à cinq mille ans, mais si la ville moderne est construite sur une élévation proche de la mer Morte, pour préserver un climat tempéré, le site historique se trouve en fait au milieu de terres cultivables, plus à l'ouest, à quelque 8 km de là. L'ancien monticule de Tel Arad a été dégagé et partiellement reconstruit, et les fouilles méritent une visite. Ici, on a retrouvé des quartiers de la ville cananéenne du IIIème millénaire av. J.-C., ainsi que des poteries datant de la ILe Dynastie égyptienne, témoins de l'existence d'échanges commerciaux entre les deux nations.
Sur le plan architectural, Arad fut conçue comme une forteresse faisant front au désert : les bâtiments furent regroupés autour de places; les allées pavées, ombragées par des maisons basses; la végétation fut implantée par zones concentrées, nécessitant un arrosage réduit. Arad est aujourd'hui une ville agréable, équipée d'hôtels de diverses catégories, d'une auberge de jeunesse, d'un centre sportif et de plusieurs piscines. A l'opposé de l'urbanisme improvisé de Beer Sheba, celui d'Arad est la quintessence même d'une planification avant-gardiste : la création rationnelle d'une ville adaptée au désert, et capable d'en exploiter les ressources.
     
L'Israël