Le Zhejiang 
 

Dans la partie centrale de la zone littorale de la Chine.
La province, dont le nom vient de la rivière Zhejiang et signifie « zigzag », se situe au sud du Jiangsu.
C'est la plus petite province de Chine.
Superficie : 101 800 km².
42,4 millions d'habitants.
Capitale : Hangzou.
Deux villes en plein expansion : Wenzhou et Ningbo.
Au dixième rang national pour la production globale.
Agriculture : riz, coton, chanvre, mûrier et thé.
Industrie légère : tissage de la soie, conditionnements des produits de la met et des jus de fruits.

Où se trouve le berceau de la civilisation chinoise ? Cette question est à l'origine d'une vieille querelle. Les habitants des régions situées autour du bassin du fleuve jaune vous diront que le Shaanxi, le Shanxi, le Henan sont les véritable sources de la civilisation chinoise, mais depuis quelques années des découvertes archéologiques tendent à prouver qu'une civilisation comparable s'est développée dans le bassin du Yangtsé et que le Zhejiang, le Jiangsu, le Hunan peuvent se targuer des mêmes lettres de noblesse que leurs prestigieux voisins du Nord. Vous entendrez donc, au cours d'un voyage dans le Zhejiang, que l'histoire de la province remonte à plus de quatre millénaires. Les premières anecdotes historiques ne concernent toutefois que le Vème siècle av. J.-C., durant la période des Royaumes combattants et relatent les conflits entre les Etats de Wu et de Yue, qui se disputaient alors le territoire de l'actuelle province. On raconte qu'en 496 av. J.-C., le roi Helu de l'Etat de Wu déclara la guerre à l'Etat de Yue. Vaincu par le roi Goujian de Yue, Helu dut battre en retraite et mourut de ses blessures. Son fils, Fuchai, réussit plus tard à dominer l'armée de Yue à Guiji (actuelle Shaoxing). Goujian dut à son tour s'humilier à demander la paix et ne l'obtint qu'à condition de rester comme otage avec sa femme dans l'Etat de Wu. De retour dans son royaume trois ans plus tard, il rumina longtemps sa vengeance. Pour être sûr de ne jamais oublier sa honte et l'humiliation de son pays, il s'imposait de coucher la nuit sur de la paille et buvait du fiel. Après de longs préparatifs, il finit par écraser l'Etat de Wu et devint le roi le plus puissant du sud-est de la Chine. A Shaoxing, de nombreux vestiges historiques entretiennent encore le souvenir du roi Goujian. Le Grand Canal permit à la région du Zhejiang de connaître un nouvel essor à partir du vile siècle. Mis en chantier en 605 sur ordre de l'empereur Yangdi de la dynastie des Sui, le Grand Canal était avant tout destiné au transport des céréales et de certaines denrées alimentaires comme le sel. Le blé cultivé au Nord était transporté vers le Sud et le riz du Sud était destiné au Nord. Cette organisation était indispensable à la survie du pays, dont au moins une région était accablée tous les ans par la sécheresse ou les inondations. Le Grand Canal servait alors à venir en aide aux régions sinistrées. Les côtes très découpées du Zhejiang
ont de tout temps favorisé les entreprises de piraterie. Des épisodes particulièrement violents se déroulèrent au v° siècle, lorsque des hordes de marins et de pirates se jetèrent sur Nankin, et au XIème siècle, lorsque pirates et ouvriers des salines du Zhejiang s'unirent contre l'occupant mongol. Ils contribuèrent à accélérer la chute de la dynastie des Yuan. Les pirates japonais, appelés par les Chinois les Wokou, faisaient également régner la terreur sur les mers et le long des côtes. Leurs exactions prirent des proportions insupportables sous la dynastie des Ming et se poursuivirent durant toute la dynastie des Qing.
 
   
Hangzhou
 
"C'est alors que l'on trouve la très nobilissime et magnifique cité qui, pour son excellence, importance et beauté est nommée Quinsai, qui veut dire en français la cité du Ciel, car c'est la plus grande ville qu'on puisse trouver au monde, et l'on y peut goûter tant de plaisir que l'homme s'imagine être au paradis." En ce dernier quart du XIIIème siècle, Marco Polo n'avait pas menti.
Sept cents ans plus tard, cette cité, devenue Hangzhou, est encore, pour tous les Chinois, symbole de raffinement et de délicatesse. La ville, qui compte aujourd'hui 1 340 000 habitants (20 millions de touristes par an), est la capitale de la province du Zhejiang. Un peu avant le début de notre ère, il y avait là un golfe que les habitants des environs imaginèrent de fermer par une digue. Les mécanismes naturels d'alluvionnement en firent un cordon littoral. Il faudra d'autres digues au fil des siècles pour que le premier établissement devienne une ville murée à l'abri du mascaret d'équinoxe et des inondations.
En 1126, la Cour des Song chassée de Kaifeng par les Mongols était en quête d'une nouvelle capitale au sud du Yangzi. Elle choisira Hangzhou, qui deviendra ainsi le conservatoire de la civilisation chinoise face aux Mongols pas encore dégrossis... Les descriptions de Hangzhou au XIIIème s. sont nombreuses et concordantes: tant les sources étrangères que chinoises admirent cette ville qui, en 1270, a plus d'un million d'habitants alors que Paris n'en compte pas 200 000. L'invasion mongole de 1276 ne causera ni la ruine ni la désolation: les cavaliers de Qubilai n'étaient plus ceux de Gengis khan... Hangzhou conservera donc son éclat sous les Yuan, les Ming et les Qing jusqu'à l'irruption des Taiping qui l'incendièrent en 1853.
De la ville proprement dite, dépeinte par Marco Polo, Ibn Batuta et les jésuites, il ne reste que peu de chose. Les temples ont brûlé, les vieux quartiers ont cédé la place à des constructions modernes. Seule la mosquée de l'avenue Sun Yat-sen (fondée sous les Tang, elle fut elle aussi régulièrement la proie des flammes) a toujours été reconstruite et restaurée. Mais on ne vient pas à Hangzhou pour visiter le centre urbain. Sauf pour y faire des emplettes de soieries, de brocarts, de broderies ou d'éventails.
   
Xihu : le lac de l'Ouest
 
Son cadre de collines, la qualité de la lumière, un charme indéfinissables ont depuis des siècles inspiré les poètes et les peintres qui recensèrent minutieusement tous les sites enchanteurs.
Le lac est divisé en trois par deux digues. La première, au nord, dite Bai ti en souvenir du poète Bai Juyi (772-846), est une chaussée bordée de saules pleureurs qui passe par l'île de Gushan. La seconde, Su ti, à FO, traverse le lac du sud au nord, est coupée de six ponts et fut construite par un poète qui était aussi gouverneur de la cité: Su Dongpo (1035-1101).
Au Nord, l'île Gushan ("Colline esseulée"), reliée à la terre par la digue et un pont, avait été aménagée au XVIIIème s. par l'empereur Qian long, mais les constructions souffrirent beaucoup pendant le soulèvement des Taiping. La grande bibliothèque, Wenlan ge, est devenue après restauration le musée du Zhejiang: sa visite sera une bonne initiation à Hangzhou.
On pourra ensuite flâner dans le parc Zhongshan (Sun Yat-sen), faire un crochet jusqu'au tombeau de Lin he qing, et surtout rêver au Pinghu qiuyue (lac Calme Lune d'automne), un pavillon à l'Est de l'île où l'empereur venait contempler le clair de lune, enfin s'arrêter au temple Shengyin si qui a été restauré. Trois îlots où l'on se rend en bateau sont très visités : Xiaoyingzhou et ses étangs aux lotus entourés de pavillons, dits souvent Santanyinyue (les Trois Trous d'eau qui reflètent la lune) d'où émergent trois petits stupas, Huxinting (le pavillon du Milieu du lac) et Ruanggongtun (le tertre du Seigneur Ruan).
 

La colline Baoshi

Source du Dragon Jaune
A son sommet s'élève la pagode Baoshi, haute de sept étages et construite en brique. Elle fut à l'origine édifiée sous les Song, en 968, puis restaurée en 1933. Sur le versant nord de la colline, jaillit la source du Dragon jaune. On y verra un grand nombre de grottes.
   

La tombe de Yue Fei

C'était un général très populaire. Il défendit la dynastie Song contre les envahisseurs Jin qui s'étaient emparés de la capitale, Kaifeng. Quand la Cour s'installa à Hangzhou, il continua la lutte contre les Jin, tandis que certains dignitaires soutenaient une politique de compromis. Le Premier ministre Qin Gui se trouvait à la tête de ce courant. Des généraux rivaux de Yue Fei complotèrent pour obtenir son arrestation. Yue Fei fut mis à mort en 1140. Plus tard, en 1162, pour le réhabiliter, les Song transférèrent sa dépouille à Hangzhou ; ils élevèrent un temple en 1221, qui s'appelait, à l'origine, temple du Martyr loyal.
La restauration du temple s'est achevée en 1979. La porte centrale porte l'inscription Yuewangmiao, « temple du roi Yue ». Après avoir traversé une magnifique cour plantée d'arbres, on parvient à une grande salle où se trouve une statue moderne du héros, haute de 4,5 m.
A l'ouest, l'ancien temple des ancêtres est transformé aujourd'hui en maison de thé et boutique de souvenirs. Enfin, on arrive à l'entrée de la tombe de Yue Fei. Une allée conduit au pavillon du Cyprès fidèle. De chaque côté se dressent vingt-six stèles. Après avoir traversé un pont, on arrive à la tombe même. De part et d'autre de l'allée se trouvent des statues de pierres d'époque Ming, représentant des chiens, des béliers, des chevaux et des fonctionnaires. A gauche, la tombe du fils de Yue Fei, Yue Yun, porte l'inscription suivante : « Les Song continuent à respecter la descendance. »
A côté de la tombe de Yue Fei, on verra les quatre statues de fonte des accusateurs de Yue Fei, les mains liées derrière le dos. Au premier plan, le Premier ministre Qin Gui et sa femme née Wan ; en arrière, les deux généraux qui complotèrent la perte de Yue Fei, Moqi Xie et Zhang Jun. Ils semblent devoir être exposés éternellement à la rancoeur des masses !
   

Le temple de Lingyin

Appelé aussi Yunlinsi, temple de la Forêt des Nuages. A l'origine, il s'agit d'un très vieux temple qui remonterait à l'an 326, sous les Jin orientaux. Lors de la rébellion des Taiping, le temple fut complètement détruit et rebâti par la suite, il est maintenu fréquenté par des milliers de croyants. La salle du Roi céleste. Il s'y trouve une statue du Bouddha Nile. De chaque côté, des Gardiens célestes et un brûle-parfum en bois seraient des vestiges de l'époque Song.
La salle précieuse du Grand Héros. Le plafond a 33,6 m de haut. Sur le mur du fond, une grande fresque représente le boddhisattva Guanyin sur l'île de Putuoshan, dans le Zhejiang, entouré de cent cinquante luohan. Au centre, un bouddha de 1956. A l'entrée de la salle, on remarquera deux piliers, portant des inscriptions de sutras, oeuvre des Song en 969. De la même époque datent les très beaux stupas de neuf étages, hauts de 20 m.
   

Les grottes de Feilaifeng

Tout près du temple, au sommet de la colline de l'Aigle sage, on découvrira les très belles grottes de Feilaifeng, dont le nom signifie « pic venu en volant ». La qualité des roches est très différente de celle des collines avoisinantes. La légende veut que ce pic soit arrivé d'Inde, déjà creusé de grottes. Parmi ces grottes, la plus ancienne est Qinglingdong. Il s'y trouve un Bouddha Amituofu, une statue de Guanyin et une quantité de petits bouddhas de 20 à 40 cm. Uensemble est très beau et aurait été creusé sous les Cinq Dynasties, en 951.
Au nord-est de la première se trouve la grotte Yurudong et, derrière, la grotte Lônghongdong, toutes deux creusées sous les Song et les Yuan. A mi-pente, on remarquera un pavillon. Il fut construit sous les Song, au XIIème siècle, par le général Fei Shizhong, à la mémoire de son compagnon d'armes, Yue Fei.
 
 
Les grottes de Yaolin
Ces grottes, découvertes sous les Tang, furent chantées pendant des siècles par des poètes qui les présentèrent comme le « pays des merveilles ». Elles sombrèrent par la suite dans l'oubli, jusqu'à ce qu'elles soient redécouvertes en septembre 1979 par une expédition scientifique. Les « merveilles » de Yaoling sont encore peu fréquentées par les touristes. Les voyageurs en route pour les monts Huang pourront y faire une étape. Elles sont situées à 85 km au sud-ouest de Hangzhou, à proximité de la petite ville de Tonglu. On s'y rendra en bus à partir de Hangzhou.
Les grottes de Yaolin, de formation calcaire, ont été travaillées par l'érosion au cours des siècles. Elles couvrent une superficie de 28 000 m² et sont composées de six salles reliées par des galeries. Vous vous trouverez plongé dans une symphonie de couleurs, de formes et de sons.
 
   
Les grottes de Lingqi
La rivière Xin'an
Les grottes de Lingqi et la rivière Xin'an, avec le lac Qiandao (lac aux Mille Iles), peuvent constituer une deuxième étape sur votre route en direction de Huangshan. La Xin'anjiang prend sa source dans les Huangshan à environ 100 km des grottes et du lac. Les grottes de Lingqi forment un ensemble de dix-sept grottes dont trois seulement sont ouvertes au public : Lingqi, Qingfeng et Aiyun. Une légende rapporte que quatre esprits, le Dragon, le Phénix, la Tortue et la Licorne, vécurent en paix dans la grotte de Lingqi, jusqu'au jour où elle fut découverte par les gens de la région. La grotte couvre un espace de 2 800 m², divisé en deux salles : le palais du Lotus et le palais de Cristal où l'on attirera votre attention sur une stalagmite haute de 8 m et dénommée «fils du Dragon ». Il s'agirait d'une incarnation du fils du Dragon. A l'intérieur, un vaste bassin était autrefois un lieu de sacrifices dédiés au dieu de la Pluie. La grotte Qingfeng est située non loin de là, à 100 m, sur la rivière Shouchang (affluent de la Xin'anjiang). Elle est célèbre surtout pour les « souffles » qui la parcourent. Une ouverture de 90 m permet une circulation des courants, frais l'été et chauds l'hiver, maintenant une température constante de 23 °C. Aiyun se trouve à 800 m de Qingfeng. Un chemin de 390 m vous conduit à travers un paysage de stalactites et de stalagmites. Lattraction est ,une stalactite ayant à peine 10 cm de circonférence et haute de 7 m, si fine qu'il vous suffira de l'effleurer du doigt pour qu'elle émette une vibration sonore.
Un pont de 380 m relie la grotte Lingqi à la petite ville de Baisha, dans le district de Jiande, sur les bords du lac Qiandao. Un barrage construit en 1960 lors des fantastiques mobilisations du Grand Bond en avant est devenu aujourd'hui un lieu de villégiature.
 
   
Shaoxing
 
Shaoxing est une des plus vieilles villes de Chine. Là se trouvait la capitale de l'Etat de Yue durant la période des Royaumes combattants, au V' siècle av. J.-C. Sous les Han, les fours de l'ancienne Yue zhou, Shaoxing, produisaient les célèbres poteries de Yue, poteries grises recouvertes d'un vernis vert olive. Lorsque les Song installèrent leur capitale à Hanghou, les fours se remirent en action pour produire les plus beaux céladons de l'époque. Par ailleurs, Shaoxing est réputée pour avoir été, au cours des siècles, une pépinière de fonctionnaires lettrés. C'est là que naquirent deux figures de la Chine moderne, l'écrivain féministe Qiu Jin (1875-1907), et le plus grand écrivain contemporain, Luxun (18811936).
Sur le plan économique, Shaoxing n'a jamais bénéficié d'un grand essor, et, comme toutes les villes du BasYangtsé, elle a été saccagée durant la révolte des Taiping. Aujourd'hui, elle est encore peu industrialisée et l'activité la plus importante est la production de son fameux vin jaune. Shaoxing a gardé beaucoup de caractère. Les rues sont encore pavées de dalles de pierre provenant de carrières proches.
 
 
Le tombeau de l'empereur Yu le Grand
Les Dayuling et Dayumiao, tombeau et temple de Yu le Grand, se trouvent à quelques kilomètres au sud-est de la ville, au pied du mont Guiji. C'est là que fut enterré l'empereur Yu le Grand, fondateur de la dynastie des Xia. Létat actuel des bâtiments n'est pas antérieur au XVIIIème siècle.
En entrant par la porte du sud-ouest, on remarquera sur la droite le pavillon des stèles du mont Goulou. Après avoir franchi la porte centrale, on verra sur la droite : un pavillon abritant des stèles Ming, un autre abritant des stèles Qing et le pavillon du Bateau en pierre.
En revenant vers le centre, avant de pénétrer dans la salle centrale, on remarquera le pavillon de la stèle de Qianlong. A droite de la salle centrale, le pavillon de la stèle de la fondation du temple.
Les fragments de céramique dont regorgent les environs du temple rappellent que cette zone fut un des plus grands centres de céramique, à l'époque du royaume de Yue, sous les Han et jusqu'aux Song du Sud. Certaines de ces pièces de poterie de Yue ont été retrouvées à Bornéo et au Moyen-Orient. C'est à cet endroit que se faisait un émaillage connu en Occident sous le nom de pise. Les sites des fours ont été découverts dans les années 30.
 
   
Putuoshan
 
Le nom de Putuoshan vient d'une abréviation du sanskrit potolaka, qui signifie « une belle fleur blanche ». Sous les Tang, le culte de Guanyin se développa et une centaine de temples furent construits au milieu d'une végétation luxuriante. Un grand nombre d'entre eux furent détruits durant la Révolution culturelle. Guanyin est pour les bouddhistes une incarnation d'Avalokitesvara (bodhisattva de la Miséricorde), et son culte en Chine a été confondu avec celui d'une ancienne divinité chinoise, Da Bei, troisième fille du roi Chuzhuang. La légende raconte que Da Bei, voulant devenir nonne, fut persécutée par son père. Pour la sauver, les dieux la transformèrent en fleur de lotus et lui permirent de renaître dans l'île de Putuoshan ; par la suite, elle guérit son père atteint d'une grave maladie. Ce dernier fit ériger une statue de sa fille « quan shou quan yan » qui signifie « absolument entière», mais le sculpteur comprit « gian shou qian yan », c'est-à-dire « mille bras, mille yeux ». C'est pourquoi Guanyin est souvent représentée ainsi. Ce culte de Guanyin sous une forme féminine se généralisa sous les Ming, mais aujourd'hui encore, dans le Guangdong et le Henan, on trouve un Guanyin barbu. Le culte de Guanyin à Putuoshan est également lié au moine japonais Hui E (époque Tang). Ce dernier, de retour au Japon, emporta une statue
de Guanyin, mais une centaine de fleurs blanches barrèrent le passage de son bateau. Voyant là un signe du Bouddha, le moine s'installa à Putuoshan où il construisit un petit ermitage. C'est le premier temple de Putuoshan et il est connu sous le nom de « Guanyin qui refuse de quitter le pays ».

Le Pujisi

Le temple de la Sauvegarde fut construit sous les Song (1080), au sud de l'île. D'une superficie de 11 400 m², il suit l'agencement classique des temples. On visite surtout la salle Yuantongdian, salle de la Compréhension parfaite de toute chose. Au centre, une statue de Guanyin haute de 9 m, en bois ; sur les côtés, les trente-deux réincarnations de Guanyin. C'est à cet emplacement que fut construit le premier temple de Hui E. Par la suite, le temple Song fut brûlé sous l'occupation hollandaise (1669), reconstruit sous le règne de Kangxi, puis saccagé durant la Révolution culturelle et enfin restauré en 1981.
 

Le Fayusi

A l'entrée du temple de la Loi, on remarquera le mur des Esprits (Yingbi), qui porte l'inscription suivante : « La force de l'Esprit ne peut se concevoir ». A l'intérieur on traverse successivement la salle des Gardiens, puis, la salle du Bouddha de Jade, où se trouve une effigie du Bouddha Shijiamuni en jade blanc de Birmanie (fin des Qing) et enfin Yuantongdian, salle dédiée à Guanyin, appelée aussi salle des Neuf Dragons.
Cette salle était à l'origine dans la Cité interdite des Ming à Nankin. Elle fut démontée et déplacée à Putuoshan. C'est un très beau bâtiment avec une façade vert-or ; à l'intérieur, le plafond est constitué en forme de voûte céleste, avec, au milieu, suspendue, une énorme boule entourée de neuf madriers sur lesquels sont sculptés neuf dragons qui semblent se disputer la balle.
 

Le Huijisi

Le temple de la Complaisance se trouve à 300 m au-dessus de la mer, au sommet du mont Bouddha. Autrefois, il ne s'agissait que d'un simple pavillon de pierre avec une statue du Bouddha. Il fut agrandi et devint un temple sous les Ming. Les bâtiments actuels datent des Qing. On visitera la salle de Guanyin (Yuantongdian), la salle de l'Empereur de jade, le pavillon de Da Bei (autre nom de Guanyin) et la bibliothèque.
La Chine