Le Yunnan
 

Sud-ouest de la Chine. Frontières avec la Birmanie, le Laos et le Vietnam.
Zone montagneuse qui comprend d'une part un vaste plateau divisé entre le Yunnan et le Guizhou (altitude moyenne 2000) et d'autre part les contreforts de l'Himalaya au nord-est (5 000 m).
4 fleuves : le Salween, le fleuve Rouge, le Canlangjiang (Mékong) et le Jinshajiang (Yangtsé).
Population : 33 millions d'hatbitants dont le tiers composé de divers minorités nationales..
Capitale : Kunning.
Deux villes importantes : Dongchuan et Wanding.
15 préfectures dont 8 préfectures autonomes.
Cultures : riz, blé, maïs, thé, tabac, coton, sucre.
Peu industralisé.

De tout temps carrefour culturel et commercial important, la région du Yunnan regroupa divers royaumes tributaires des empereurs chinois ou dirigés par des princes locaux suivant les époques. Les deux plus connus par leur importance, leur étendue, leur rayonnement culturel et leur volonté d'indépendance à l'égard de l'empire chinois, sont le royaume de Nanzhao entre le vide et le Xème siècle, fondé par des peuples Thaï qui émigrèrent vers le Siam et celui de Dali jusqu'au XIIIème siècle. Bien que la province ait déjà connu des peuplements Han au Ivème et XIIème' siècle, l'intégration administrative du Yunnan à l'empire ne se fera qu'assez tardivement, sous les Ming. Ses habitants ne manqueront pas d'ailleurs de se soulever à plusieurs reprises contre le pouvoir central, notamment sous les Qing.
En 1856 éclata une révolte qui, en s'étendant à la population musulmane, confirma son assise populaire dans la province. Elle tint tête au pouvoir mandchou jusqu'en 1873. En retour, une répression féroce décima plus de la moitié des habitants du Yunnan. Le Yunnan ne manqua pas de susciter la convoitise des puissances étrangères, d'autant qu'à la fin du XIXème siècle, l'Angleterre s'était installée en Birmanie et la France avait établi son protectorat sur le Vietam, après la guerre francochinoise de 1884. La France chercha par tous les moyens à établir une zone d'influence au Yunnan et obtint en 1898 le droit d'y construire la ligne de chemin de fer Hanoi-Hekou-Kunming, alors appelée Yunan fa.
A la fin du XIXème. siècle, les villes de Si Mao, Mengzi, Hekou et Kunming étaient ouvertes au commerce étranger. Jusqu'à la libération de décembre 1949, le Yunnan resta le fief des Seigneurs de la guerre qui manifestèrent à plusieurs reprises, notamment à la fin des années 1910, leur volonté d'autonomie à l'égard du pouvoir central.
 
   
Kunming
 
Capitale du Yunnan, situé au nord du lac Dianchi, à 1 894 m d'altitude.
Choisie comme capitale provinciale, Kunming fut entourée de remparts au début de la dynastie Ming. Isolée au fin fond de l'empire, elle resta jusqu'à la fin du XIXème siècle un centre régional pour le commerce et un noeud de communications important. Les activités de la ville s'accrurent avec l'ouverture de la ligne de chemin de fer Hanoi-Kunming en 1910, mais ne prirent véritablement d'importance que pendant la Seconde Guerre mondiale, avec l'installation, à Chongqing, de la capitale de guerre.
Kunming était le terminus de la fameuse « route birmane », mais seule une infime partie de l'aide américaine parvenait aux nationalistes. En effet, les livraisons de matériel tombaient souvent entre les mains des Seigneurs de la guerre ou des brigands, lorsqu'elles n'étaient pas interceptées par les japonais, qui voulaient faire du Yunnan une base pour la conquête du Sud-Est asiatique.
En dépit de l'urbanisation moderne d'une partie de la ville, Kunming conserve de très nombreux quartiers pittoresques. Le cadre est admirable, et les environs de la ville offrent aux visiteurs l'occasion d'agréables promenades.
La ville se trouve comprise à l'intérieur d'un cercle de 4 km de diamètre délimité par le périphérique Huancheng lu. Elle est traversée par deux artères principales : Beijing lu (nord-sud) et Dongfeng lu (ouest-est). Le quartier commerçant se situe au nord et au sud de Jinbi lu, tandis que le quartier résidentiel (nord) où se trouve l'université du Yunnan s'étend autour du lac Cui. La ville se visite aisément à vélo. Il faut au moins deux jours pour découvrir la ville. Kunming est le point de départ et d'arrivée de tous les itinéraires dans le Yunnan, à moins que vous ne quittiez la province par le nord (Lijiang) ou par le sud (vers la Birmanie).
   

Les Xichan

Les monts s'étalent sur 10 km à l'ouest du lac. Le site est magnifique, les versants de la colline sont couverts de pins, théiers, bambous, pêchers, etc.

La porte du Dragon

La Longmen se trouve au sommet des Xishan. On a une vue exceptionnelle sur l'ensemble du lac Dianchi.
L'autel creusé dans la roche contient la statue de Kuixing, patron des lettrés. Il est flanqué du dieu de la littérature et de Guangong, dieu de la guerre et de la justice. Les heureux lauréats des concours officiels (donnant accès à la carrière mandarinale) laissaient des poèmes de remerciement, tandis que quelques infortunés se précipitaient du sommet de la porte du Dragon.

Le temple d'Or

Le Jindian est situé à 8 km au nord-est de Kunming, dans les collines Minfeng. Il est situé à l'intérieur du temple de la Grande Concorde (Taihegong) de culte taoïste, auquel on accède par quatre arches. Construit en 1671 par le prince Wu Shangui, fonctionnaire Ming rallié aux envahisseurs Qing, il est la réplique d'un temple plus ancien situé dans les monts sacrés Jizushan (ouest du Yunnan). Le temple est dédié à Zishi, dieu taoïste supposé vivre à l'extrémité nord de l'univers. Lensemble du temple, d'une masse de 300 t et d'une hauteur de 6,5 m, a été fondu dans le bronze et repose sur une terrasse de marbre de Dali. Un superbe camélia vieux de 600 ans attire tous les ans, en février, une foule venue admirer sa floraison : c'est un rite de Kunming.

L'étang du Dragon Noir

Le Heilongtan se trouve à 15 km au nord-ouest de Kunming. Le palais du Dragon noir, ancien temple taoïste d'époque Ming, a été transformé en maison de thé. A quelques minutes de marche de l'entrée se tient le jardin botanique et ses collections de camélias, pins du Yunnan, rhododendrons et azalées.

Le temple des Bambous Qiong

Le Qiongzhusi est situé à 10 km au nord-ouest du Kunming, au sommet de la colline Yuan.
La fondation de ce temple, l'un des premiers temples bouddhiques du Yunnan, remonte au royaume de Nanzhao (638). Sa construction est liée à une légende faisant référence à des apparitions furtives de moines dont les cannes se seraient transformées en bambous. Ce temple de l'école chan fut reconstruit à diverses reprises. Les bâtiments actuels datent du règne de Kubilai. La salle des Cinq Cents Luohan nous montre des bodhisattvas aux traits expressifs dans des positions différentes incarnant chacune une valeur du bouddhisme. Ces statues sont l'oeuvre d'un sculpteur de renom originaire du Sichuan, Li Guangxiu. Sur le mur est de la salle principale, on remarquera une stèle datée de 1314 : il s'agit d'un décret impérial en chinois et en mongol.
 
 
Shilin
A 80 km au sud-est de Kunming, dans le district de Lunan.
Shilin, la « forêt de pierre » que les Chinois considèrent comme le « plus grand spectacle du monde », est le résultat d'un curieux phénomène géologique survenu il y a 220 millions d'années. Sous l'effet de secousses sismiques, la mer se retira de cet endroit, laissant apparaître des montagnes de calcaire, soumises ensuite pendant des siècles à l'érosion, jusqu'à donner ces formes fantastiques.
Ce site, qui peut être comparé au Grand Canyon, est l'une des plus grandes attractions touristiques de Kunming. Chaque pinacle ou sommet renvoie à une légende du peuple Sani (sous-groupe de la minorité Yi) qui habite l'endroit. On raconte qu'un jeune Sani alla voler dans la grotte des dieux un talisman en forme de fouet pour rassembler les montagnes et construire une énorme digue capable de protéger la région contre les inondations. Mais
le talisman perdit son pouvoir avant que l'oeuvre ne soit achevée, arrêtant les montagnes dans leur course. Les dieux, furieux, infligèrent un terrible supplice au jeune homme et les fissures des montagnes seraient les traces des coups de fouet donnés au malheureux. Les Chinois aiment projeter leur imagination sur les formes naturelles et vous pourrez à votre tour vous amuser à reconnaître le paravent (shipingfeng), l'aile du phénix (fenghuangshuchi), la promenade de la mère et du fils (muzi jieyou) et la pointe du pied de l'éléphant (xiangjushi tai). Deux chemins vous conduisent au travers de ce dédale : le plus court se parcourt en deux heures et demie. Au nord du site, à proximité du lac, se trouve un village sani qui semble n'avoir rien perdu de son mode de vie et de son naturel malgré l'affluence des touristes. Au-delà de la limite sud, des sentiers conduisent à d'autres villages sani, rarement visités. Si vous vous trouvez là fin juillet-début août, vous pourrez peut-être assister à la fête des Torches (24 juin du calendrier lunaire) qui est l'occasion de courses de chevaux, combats de taureaux, danses... et le soir, un défilé de torches à l'intérieur de la forêt de pierre.
 
 
Dali
Dali fut la capitale du royaume de Nanzhao (VIIIème - IXème siècles), qui refusa de se soumettre à l'empire Tang, puis du royaume de Dali conquis par les armées de Kulibai Khan en 1253.
Sous la dynastie Song, Dali était déjà un grand fournisseur de chevaux appréciés des Chinois pour leur robustesse, en échange de soie, sel et argent. Le marché aux chevaux de Dali garde encore son importance aujourd'hui, en particulier lors de la foire du Troisième Mois (Sanyue jie) qui se tient depuis près de mille ans entre la fin avril et le début mai. Plus de 100 000 personnes s'y réunissent, pour les chevaux mais aussi pour les herbes médicinales que les Tibétains y apportent. Ce sont quatre jours de divertissements et de joutes où l'on vient admirer les prouesses des coursiers et de leurs cavaliers.
 

Les trois Pagodes

Les Santasi se trouvent à 4 km au nord-ouest de la ville (sortir par la porte nord, puis prendre à gauche). La plus haute (70 m) fut construite au milieu du IXème siècle ; les deux autres (42 m) 200 ans plus tard. Le temple Chongsheng a depuis longtemps disparu. paru. La vue panoramique sur le lac et les montagnes enneigées est typique de Dali.
 

La stèle de Nanzhao

La Nanzhao Dehua bei se situe à 7,5 km au sud de Dali, sur la route de Magnan (sur la droite). Elle fut découverte au XVIIIème siècle, sur le site de l'ancienne capitale Taihe (739-779). Sur la stèle, érigée par le roi Geluofeng en 766, des inscriptions évoquent, sur l'une des faces, le système politique de Nanzhao et les deux guerres avec l'empire Tang (742 et 756). Sur l'autre face est dressée la liste de tous les fonctionnaires en titre du royaume. Bien que la stèle ait été endommagée par les ans et que la population locale ait brisé des morceaux pour les moudre dans diverses potions médicinales..., elle reste un document historique de grande valeur.
 
 
Lijiang
La petite ville connut son heure de gloire comme principauté autonome au ville siècle, avant d'être intégrée au royaume de Nanzhao. Le XVIIème siècle fut une époque de « renaissance », principalement sous le règne du seigneur local, le « roi céleste Mu » (Mutianwang) qui prit le pouvoir en 1598. Grand poète, mais aussi excellent administrateur, il oeuvra toute sa vie comme gardien des frontières chinoises pour le compte des Ming. Fervent bouddhiste de la secte tibétaine, des « chapeaux rouges » (Karmapa), c'est à lui que l'on doit la construction des principaux temples de la région.
Les Naxi seraient les descendants de tribus nomades tibétaines, sédentarisées il y a plusieurs siècles dans la vallée de Lijiang. Leur religion, encore vivante, est un curieux mélange de bouddhisme tibétain, de chamanisme, de l'antique religion dongba (animiste) et du taoïsme chinois. Une des caractéristiques qui frappe immédiatement le visiteur est la prédominance des femmes dans la structure sociale : l'héritage se transmet par la fille cadette et ce sont les femmes qui « font les affaires » au marché et gèrent la maison. Les hommes s'adonnent à leur passion des chevaux, grande tradition de Lijiang. Tous les ans, début avril, se tient une foire aux chevaux et aux mules, souvenir des « grands jours » quand Lijiang était le terminus des caravanes tibétaines sur la route reliant la Chine à l'Inde.
 

Le temple du Sommet de Jade

Le Yufengsi se situe à 11 km au nord-ouest de Lijiang, au-dessus du village de Nguluko (en chinois : Xuecongsun). Décrit comme « le plus désolé et sordide des temples », par l'explorateur Joseph Rock, dont le nom est désormais attaché à la région, c'est en fait un temple charmant, dominant le superbe panorama de la vallée. L'unique lama résidant sur les lieux vous racontera ce qu'il a enduré pour sauver son trésor un superbe camélia (dans la cour du bâtiment le plus élevé) connu dans tout le Yunnan pour sa floraison fin février-début mars ! Malgré les destructions, ce temple dédié au dieu de la montagne et seigneur des monts Yulong (qui dressent leurs treize pics au dessus de Lijiang), possède encore quelques fresques tibétaines et de très beaux éléments sculptés sur les portes et fenêtres.
 

Le temple des Bienfaits universels

Le Pujisi est situé à 5 km au nord-ouest de Lijiang, près du village de Baisha. C'est ici, sous les symboles taoïstes, que les gardes rouges tinrent leurs tribunaux populaires. Le temple est aujourd'hui à l'abandon mais l'on peut y voir encore quelques tanka (peintures tibétaines).
 
Le temple de la Source du Dragon

Le Longquansi s'élève à l'ouest de Li jiang, près du village Wenmingcun. Le temple fut complètement dilapidé durant la Révolution culturelle. Le dieu de l'autel central est de la religion dongba. Quelques belles sculptures sur les portes et fenêtres présentent des motifs taoïstes, bouddhistes et animistes.
 
L'étang du Dragon Noir
L'étang du Dragon noir, à la sortie nord de Lijiang, reflète les monts Yulong, couverts de neige. On trouve, sur sa rive, quelques vieux édifices intéressants : la bibliothèque, qui est une des salles de l'ancienne lamaserie Fuguosi, déplacée sur le site actuel, en 1982. De même, Le pavillon des Cinq Phénix est tout ce qui reste de la plus grande lamaserie de Lijiang, construite au XVIIème' siècle. Ce bâtiment de trois étages, entièrement en bois, doit son nom aux angles recourbés des toits. Il a été transformé en un musée où l'on pourra admirer de belles collections de vêtements et d'objets naxi, des artefacts de la culture dongba et du bouddhisme tibétain. Un autre édifice est celui de l'Institut de recherche sur les dongba : une trentaine de dongba sont encore vivants et cinq d'entre eux collaborent aux travaux de l'institut. Le dongba était, chez les Naxi, le chamane dépositaire de la culture de l'ethnie.
 
 
La gorge du Saut du Tigre
La Hutiaoxia est une section de la rivière Jinshajiang - appelée ensuite Changjiang par les Chinois (Yangtsé pour nous) à partir du Sichuan -, longue d'une vingtaine de kilomètres, encaissée entre des montagnes de 3 000 m d'altitude. La partie la plus impressionnante se trouve entre Daju et Qiaotou : les gorges sont si étroites qu'un « tigre peut les franchir d'un saut ».
La Chine