Le Xinjiang |
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Statut administratif : région autonome ouïghour du Xianjinag.
Superficie : 1 648 800 km²
La plus vaste province de Chine bordée au sud par le Tibet, le Qinghai et le Gansu.
Frontières communes avec le Kazakhstan, le Kirghistan et le Tadjikhistan.
Climat désertique.
Capitale : Urumqi.
Population : 15,3 millions d'habitants.
Ressources : pétrole, uranium, production fruitière.
Minorités nationales : Ouïghour, Kazakh, Hui, Kirghiz, Mongols, Ouzbek, Tadjik, Dawor, Xibo, Russes, Tartares.
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Situé aux confins de deux puissants empires, le chinois et le russe, le Xinjiang a connu une histoire mouvementée, revendiqué par les uns ou les autres, indépendant parfois. Dès 91 ap. J.-C., la dynastie Han établit son contrôle sur le bassin du Tarim. Les Huns l'envahirent par la suite et ce n'est qu'au VIIème siècle, sous la dynastie des Tang, que la Chine parvint à y rétablir sa domination. La région était alors occupée par un peuple turc, les Ouïghour. A partir du VIII, siècle, l'islam s'introduisit au Xinjiang et, aidant la création de principautés turques indépendantes, rejeta les Chinois loin à l'est. Ce n'est qu'en 1757 que l'empereur Qianlong récupéra définitivement la région et la baptisa « nouvelles frontières », Xinjiang. L'implantation chinoise se faisait essentiellement à l'aide de garnisons militaires et de marchands venus par la route de la soie. Il y avait aussi des bannis (pour crime de droit commun ou crime politique) et quelques paysans. Mais les Chinois, très minoritaires, étaient mal tolérés par les populations locales. Les oasis se rebellèrent fréquemment et firent sécession avant d'être énergiquement reprises par les Chinois. En 1865, Yakub-beg, musulman, prend la tête d'un soulèvement, ce qui en fait en 1873 le maître du bassin du Tarim et des oasis au sud des Tianshan. En 1878, Zuo Zongtang, célèbre fonctionnaire qui venait d'en finir avec la rébellion des Taiping en Chine, réoccupe les territoires insurgés du Xinjiang et noie l'insurrection dans le sang de centaines de milliers de victimes. Au même moment, la Russie occupe la vallée de l'Ili et ce n'est qu'avec l'un des fameux Traités inégaux que la Chine parvient, en 1881, à récupérer une partie de ce territoire.
Après 1911 et la fondation de la République chinoise, le Xinjiang se retrouve sous la domination d'un Seigneur de la guerre, Jin Shuren. Il se fait rapidement haïr pour son despotisme et des révoltes éclatent, encouragées de façon souterraine par les Japonais, les Turcs, les Britanniques (via l'Inde) et les Soviétiques, successivement. Jin Shuren est remplacé en 1933 par Sheng Shicai. Sheng signe de nombreux accords avec l'URSS qui vont à l'encontre des intérêts de la Chine et le Xinjiang devient un quasiprotectorat soviétique. En 1949, l'Armé populaire de libération, avec l'aide de mouvements locaux dirigés en particulier par Saifudin (qui a été évincé du bureau politique en 1978), réintègre le Xinjiang dans la Chine. Depuis, la population Han ne cesse de croître, notamment au cours de la Révolution culturelle où de nombreux jeunes gardes rouges et intellectuels déchus furent envoyés dans cette lointaine province pour « renforcer les frontières ». Leur présence est plus ou moins bien tolérée et un certain nationalisme local reste vivace. En 1955, le Xinjiang devient une région autonome, ce qui lui donne théoriquement des droits plus importants que ceux d'une simple province. Mais, lorsqu'il fut question parmi les délégués locaux de créer un « Ouïghourstan », Pékin décida d'intervenir (1957) et dégrada des milliers de cadres. Aujourd'hui, les progrès économiques sont tels au Xinjiang qu'ils semblent garantir la stabilité politique. En effet, le sous-sol est riche en pétrole (bassin de Karamai) et en uranium (dans les Tianshan), et d'importants centres industriels, comme celui d'Urumqi, se développent rapidement.
A la campagne, le défrichement des terres et l'irrigation ont triplé en trente ans la surface des terres arables et permis la culture extensive mécanisée dans plusieurs régions. On cultive essentiellement du blé ; viennent ensuite le maïs, le riz et le coton. Mais c'est surtout pour sa production fruitière que le Xinjiang est célèbre : melons, prunes, raisins, pêches et abricots sont exportés dans toute la Chine.
La région autonome ouïghour est une des provinces les moins chinoises de Chine. Au coeur de l'Asie centrale, cette province du Turkestan oriental résonne déjà des rythmes que l'on retrouvera tout près, juste de l'autre côté de la frontière, à Tachkent, ou beaucoup plus loin à Istanbul. Sur les marchés, ce sont les effluves de l'Arabie, épices et poivrons mélangés, qui assaillent les narines. Les visages surtout frappent le touriste de passage : plutôt que des yeux bridés et des cheveux lisses comme on en recontre dans les rues de Pékin, ce sont des nez busqués, de belles boucles châtain et des barbes épaisses qui vous accueillent. Le Xinjiang compte aujourd'hui plus de 15 millions d'habitants dont 36 sont des Han. Les Ouïghour sont, à eux seuls, plus de 6 millions. Le reste de la population est composé de Kazakh, Hui, Kirghiz, Mongols, Ouzbek, Tadjik, Russes, etc.
Situé au nord-ouest de la Chine, le Xinjiang est la plus grande province du pays : avec ses 1 648 800 km', elle représente un sixième du territoire national. C'est plus que la superficie qu'occuperaient la France, l'Angleterre, l'Allemagne et l'Italie réunies. Terre de violents contrastes, elle réunit des montagnes vertigineuses et des déserts impitoyables. Il y fait terriblement froid en hiver et insupportablement chaud en été. Les monts Tian forment l'un des ensembles montagneux les plus importants du monde. Le désert du Taldamakan est l'un des plus arides de la planète.
Les Tianshan, dont l'altitude moyenne est de 4 000 m, divisent la province en deux : au sud, le bassin du Tarim, au nord, le bassin de la Dzoungarie. Le bassin du Tarim (500 000 km2) est encadré au nord par la chaîne des Tianshan (avec des pics allant jusqu'à 7 400 m), au sud par celle des Kunlun (pics de 7 700 m), et à l'ouest celle du Pamir (pics de 7 700 m), au sud-ouest enfin par le massif du Karakoram (pics de 8 600 m). Sa seule ouverture se trouve à l'est : le corridor du Gansu. Plus élevé à l'ouest qu'à l'est, ce bassin se trouve à une altitude moyenne de 1 100 m. C'est dans la partie orientale du bassin, non loin de la province du Gansu, que se trouve la base de Lop Nor, centre d'expérimentations spatiales et nucléaires de la Chine. C'est là qu'explosa en 1968 la première bombe chinoise. Tout le centre du bassin est occupé par le terrible désert du Taklamakan, vaste mer de dunes, dont le nom signifie en ouïghour : « une fois dedans, jamais dehors ». C'est le seul désert du monde où il fasse froid en hiver : la moyenne de janvier se situe entre -10 °C et -15 °C. Au pied des chaînes Kunlun et Pamir s'égrène un mince collier d'oasis, qui mettent à profit les torrents des montagnes avant que ceux-ci n'aillent s'évanouir dans le désert. 40 % de la population du bassin du Tarim est occupée à cultiver ces oasis.
Le bassin de la Dzoungarie est un peu moins élevé et un peu moins aride. Il couvre 380 000 km. Il a la forme d'un triangle dont la pointe serait au nord et la base au sud. Comme il est plus élevé au sud et à l'est qu'à l'ouest et au nord, avec une moyenne de 500 m d'altitude, toutes les rivières coulent d'est en ouest, à l'inverse des principaux fleuves chinois. Comme dans le bassin du Tarim, on retrouve au centre un désert, et des oasis au pied de la chaîne des Tianshan : Urumqi, Wusu, Turfan, etc.
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Capitale de la région autonome ouïghour du Xinjiang.
Ville du monde la plus éloignée de toute mer, Urumqi, capitale provinciale du Xinjiang, se trouve à 3 270 km de Pékin. C'est une oasis protégée par une ceinture de verdure soigneusement entretenue. Les hivers y sont très rigoureux et les étés sont chauds et secs. Ville industrielle en pleine expansion, elle abrite aujourd'hui 1,1 million d'habitants. La majorité est composée à 75 % de colons Han. Les minorités sont représentées de la façon suivante : 125 000 Ouïghour, 100 000 Hui, 30 000 Kazakh. Ville de pionniers du Grand Ouest, Urumqi s'est développée de façon assez anarchique et de grandes avenues bordées d'arbres traversent des quartiers de masures en ruine alors que, vingt mètres plus loin, d'étroites ruelles serpentent entre dés immeubles de cinq ou six étages. Seule constante : la poussière, omniprésente.
Urumqi, dont le nom signifie en mongol « beau pâturage », n'a plus grand chose à voir avec son passé pastoral. C'est avant tout une ville industrielle dont on peut notamment visiter les usines textiles et les fabriques de tapis traditionnels, et où l'on peut acheter des pulls en cachemire. La ville est dominée par une pagode située au sommet d'une colline, Hongshan. Lislam étant la religion dominante au Xinjiang, ce sont les petits minarets des quelque cinquante mosquées de la ville qui frapperont le voyageur de passage.
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Turfan |
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Prononcé en chinois "Tu-lu-fu". Oasis du désert de Gobi.
Fondée au Ier siècle av. J.-C., sur les ordres de Wudi, empereur des Han de l'Ouest, Turfan connut sa première implantation à une dizaine de kilomètres à l'ouest de la ville actuelle. Elle se nommait alors Yar, ou Kia-ho, soit Jiaohe en pinyin. Jiaohe était une petite commanderie en plein territoire Xiongnu, destinée à maintenir ces nomades hors des frontières de la Chine. De ce premier emplacement ne subsistent que des ruines, après une activité relativement importante qui dura sept siècles. A partir de 376, Jiaohe se trouva sous la domination du roi Fu Jian, assimilé aux Tibétains, qui prit la tête d'un vaste empire en Chine du Nord. Les Xiongnu reprirent le pouvoir en 439 et la région resta sous le contrôle de nomades turco-mongols jusque vers 640.
En 642, les Chinois tentèrent une deuxième implantation à une quarantaine de kilomètres plus à l'est, à Kotcho, soit Gaochang en pinyin. Les ruines de Gaochang sont en meilleur état que celles de Jiaohe. A partir de 744, Gaochang fit partie d'un royaume turc et subit une forte influence islamique jusqu'au XVIIIème siècle, alors que Jiaohe avait baigné dans la pensée bouddhique depuis le Ier siècle de notre ère.
La Turfan actuelle est le troisième emplacement de la ville.
De ce foisonnant passé historique oublié jusqu'au début du XXème siècle, des monuments et des manuscrits restés plus ou moins intacts grâce à la sécheresse du climat ont été découverts par de célèbres explorateurs dont les noms restent associés à la région. Le premier, un Russe, Albert Regel, a daté la ville de Gaochang en 1879. Puis un Hongrois, naturalisé anglais, sirAurel Stein, fouilla les tombes d'Astana et le monastère de Bezeklik en 1915 et emporta de nombreuses fresques arrachées aux grottes des Mille Bouddhas. En 1904, l'Allemand Albert von Le Coq découvrit des peintures abîmées par les paysans locaux qui prétextaient la peur des fantômes, et des bâtiments détruits pour cultiver la terre. De ses fouilles à Gaochang, il rapporta des centaines de caisses contenant des fragments de sculptures et des manuscrits. Dans le même temps, Paul Pelliot fouillait, entre autres, les grands sites de Dunhuang, de Kashgar, de Kuqa et d'Urumqi. Trois expéditions japonaises se succédèrent, entre 1902 et 1912, dans la région de Turfan. Les Américains n'arrivèrent qu'en 1923. On trouve le résultat de ces pillages successifs dans les grands musées de Berlin, Londres, New-Delhi, Paris (musée Guimet), Saint-Pétersbourg, Tokyo, Séoul, Kansas, etc., mais pas grand-chose à Turfan même, dont le musée mérite pourtant qu'on s'y arrête pour les découvertes effectuées ces dernières années dans les tombes de la région. Les objets qui y sont présentés ne sont qu'un pâle reflet des cultures qui ont influencé la région. En effet, des manuscrits permettent d'affirmer que des nestoriens étaient venus s'établir ici après avoir été bannis d'Occident à partir de 432. Fuyant les persécutions de la fin du Vème siècle, des manichéens arrivèrent et leurs idées furent diffusées du vie au x° siècle. Plusieurs bibliothèques manichéennes découvertes autour de Turfan témoignent d'une intense activité intellectuelle. De nombreux Turcs ouïghour s'étaient convertis. Par la suite, l'islam prit le relais du manichéisme. Toutefois, un grand nombre de pièces de monnaies d'argent de la Perse sassanide sont exposées, ainsi que des statuettes funéraires typiquement chinoises et quelques reliques bouddhiques.
Turfan, nom prestigieux qui évoque l'ancienne route de la soie, les chameaux épuisés par la chaleur du désert et le faste de l'oasis miraculeuse, verdoyante et ombragée. Il ne reste pas grand-chose de cette haute Antiquité de l'Asie centrale. Dans Turfan même, on chercherait en vain la trace d'une véritable architecture urbaine. Il reste encore une mosquée coiffée d'un dôme en tuiles de faïence verte. On admirera plutôt les petites maisons d'habitation construites toutes dans le même matériau : la brique de pisé (terre et paille finement hachées, mêlées à de l'eau), matériau qui défie le temps et le climat continental de la région. En été, la température approche de 50 °C et en hiver, elle tombe à -28 °C.
Cependant, une promenade dans les ruelles de la ville permet de découvrir le mode de vie très particulier des habitants de Turfan, et d'observer les rigoles au bord desquelles jouent les enfants et travaillent les femmes, les treilles sous lesquelles les vieux fument la pipe, les bazars... Seule la mosquée Imin, appelée aussi Sugongta, peut être visitée à pied à partir du Turfan binguan. Ce haut lieu de l'islam a été édifié en 1778 dans un style très dépouillé, avec un seul minaret de 44 m de haut, d'où l'on a une vue splendide sur l'oasis et le désert. Sans les karez, Turfan n'existerait pas. Ce système d'irrigation très particulier, qui existe depuis plus de deux mille ans en Chine, a été conçu en Perse. Il s'agit de puits et de canaux souterrains qui vont chercher l'eau au pied des montagnes qui bordent le désert. Chaque karez parcourt une distance de 3 km à 10 km, soit près de 3 000 km de canalisations souterraines pour la seule région de Turfan !
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La chaîne des Tianshan, en chinois « montagnes du Ciel », formée par plusieurs séries de sommets orientés d'est en ouest, est coupée par des vallées et un large col au creux duquel se trouve la capitale provinciale, Urumqi. La vallée la plus, célèbre de cet ensemble est la vallée de l'Ili, à l'ouest, région la plus fertile du Xinjiang. Au sud-est de la chaîne se trouvent les deux dépressions de Turfan et de Hami. La dépression de Turfan atteint 154 m au-dessous du niveau de la mer. C'est le point le plus bas de Chine et le plus chaud en été, avec des températures dépassant 40 °C. |
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Kashgar se dit en chinois "Ka-shi".
L'histoire de Kashgar, qui fut une importante halte sur la route de la soie, où commerçants et conquérants affluèrent, n'est plus qu'une ville tranquille au rythme lent. Pourtant, l'histoire de Kashgar, qui portait autrefois le nom de Shule, remonte au IIème siècle av. J.-C. La population de Shule était alors constituée d'une majorité d'Iraniens d'origine indo-européenne. Au Ier siècle de notre ère, la quiétude de ce petit Etat fut brisée par de féroces combats opposant Xiongnu et Han. Au IIème siècle, Shule passa officiellement sous la suzeraineté de la Chine. Le site de Shule est aujourd'hui recouvert par la banlieue sud de la ville et on ne peut plus rien en voir. Sous les Tang, la cité connut un nouvel essor. Bien que portant le même nom, elle se trouvait ailleurs, à 35 km à l'est de la ville actuelle. On y a mis au jour de nombreuses reliques archéologiques. Puis les ancêtres des Ouïghour, les Huihu, les Tibétains, des populations turques et mongoles se partagèrent l'actuel Xinjiang et une civilisation brillante s'y développa, influencée par l'islam et le bouddhisme. Sous les Yuan, ce qui était devenu la Kachgarie devint un Etat vassal de la Chine, un Etat presque complètement islamisé. Sous les Ming, l'influence de la Chine se fit de plus en plus lointaine et il fallut attendre la poigne des empereurs Qing, Kangxi et Qianlong, pour que le pouvoir chinois se réaffirme dans la région.
Au milieu du XIXème siècle, les grandes puissances s'intéressèrent activement à la Haute-Asie : les Anglais et les Russes établirent des consulats à Kashgar et, en 1860, le tsar obtint l'ouverture aux relations commerciales entre le Turkestan chinois et la Russie. En 1862, c'est la révolte des musulmans, dirigés par Yakub-beg ; Kashgar se trouva au coeur des déchirements que connut le Xinjiang et qui se ressentent aujourd'hui encore. Ce n'est, par exemple, qu'en 1983 que la région autonome du Xinjiang et les républiques soviétiques de Kirghizie et Kazakhstan ont rouvert des points de passage qui permettent la circulation des biens et des personnes. Lun de ces points, fermé depuis 1967, se trouve près de Yining, l'autre à 160 km de Kashgar. C'est dire si Kashgar est vraiment « au milieu des empires » !
Depuis 1991, les résidents de l'exURSS, les Pakistanais et les Indiens n'ont plus besoin de visa pour se rendre au Xinjiang. Dès l'ouverture des frontières, mille cinq cents Russes, Estoniens, Kazakh, etc., arrivaient chaque jour à Kashgar pour s'approvisionner en biens de consommation chinois de moindre coût, introuvables dans leurs pays respectifs. Kashgar sort progressivement de son isolement et l'on ressent nettement que l'on se
trouve ici à quelques centaines de kilomètres de Tachkent ou d'Alma-Ata... et à quelques milliers de kilomètres de Pékin.Ce qui fait la beauté de cette ville médiévale, c'est d'abord, dans chaque quartier, le nombre et la splendeur des mosquées. La plus grande est la mosquée d'Id Kar, construite en 1460, qui marque le centre de la ville. Sa porte monumentale est flanquée de deux tourelles de couleur ocre jaune, sans aucune décoration. Une dizaine de milliers de fidèles viennent y faire leurs prières, cinq fois par jour. Sur la grande place, devant la mosquée, sont installées les échoppes d'un bazar gigantesque. Il ressemble à tous les souks orientaux : des venelles encombrées de magasins à volets de bois où s'activent cordonniers, tailleurs, coiffeurs, forgerons, marchands de tapis, herboristes, etc. Chaque ruelle est spécialisée dans un corps de métier et la rue des couteaux, comme celle des chapeaux sont particulièrement renommées dans la province. Ce bazar, qui couvre une surface de 11 ha, abrite huit mille échoppes et reçoit quelque 400 000 visiteurs par jour, est censé être le plus grand d'Asie. Le plus beau monument de la ville est le mausolée d'Abakh Hodja, dont la coupole de faïence vert sombre reflète les rayons du soleil. Descendant, paraît-il, du prophète Allah, la famille Hodja, venant de Samarkand, s'installa à Kashgar au début du xvie siècle. Elle y instaura un Etat théocratique, dont Abakh Hodja fut, au XVIIème siècle, le grand consolidateur. C'est dans ce mausolée qu'on révère la mémoire de son arrière petite-fille, la concubine impériale Xiangfei, bien qu'elle soit en fait ensevelie à Pékin. On raconte que vers le milieu du XVIIIème siècle la belle Ouïghour fut emmenée à Pékin comme trophée de guerre pour servir de concubine à Qianlong mais que, nostalgique et humiliée dans son orgueil national, elle refusa les avances de l'empereur. Finalement la reine mère lui ordonna de se suicider devant elle, ce qu'elle fit en s'étranglant de ses propres mains.
Le mausolée comprend également la bibliothèque (vide) où enseignait Abakh Hodja ainsi qu'une belle mosquée à colonnes et chapiteaux de bois richement décorés.
Le spectacle de la rue, enfin, n'est pas, et de loin, ce qu'il y a de moins intéressant à observer à Kashgar. Les regards, les visages, les attitudes font davantage penser à des enluminures persanes qu'à la puissante Chine. Pour tenter de vous y retrouver dans le labyrinthe des minorités nationales, observez les couvre-chefs : l'homme ouïghour porte un bonnet carré et légèrement pointu, brodé en vert. Sa femme porte une calotte plus petite, avec des dessins de couleurs. La veuve ouïghour a droit à une calotte dorée posée sur un voile blanc. Les Kirghiz portent un bonnet pyramidal, avec un grand bord, blanc ou vert, surmonté d'une petite flamèche. Les Tadjik portent une coiffe ronde, plate comme une boîte à fromage. Les bergers qui vivent en altitude portent des bonnets en mouton retourné. On croise aussi des femmes couvertes d'un voile brun, à maille lâche. Aux environs de Kashgar, on visitera l'emplacement de l'ancienne Shule. Il ne reste malheureusement pratiquement rien de visible et c'est plutôt l'occasion de voir la campagne et ses habitants. Dans le désert, au nord et à proximité de l'aéroport se trouvent les ruines des grottes bouddhiques des Trois Immortels, Sanxiadong. Là aussi, il ne reste plus grand chose à voir, car la rivière a creusé son lit et les grottes, qui étaient autrefois au niveau du sol, se trouvent à plus de 20 m de hauteur.
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Les grottes des Milles Bouddhas de Kizil
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Ces grottes se trouvent à quelques dizaines de kilomètres à l'intérieur du désert. Elles comprennent à peu près soixante-dix grottes bien préservées et les trésors qu'elles renferment méritent la peine qu'il faut se donner pour les découvrir. Les fresques qui les ornent couvrent une surface de près de 10 000 ml et sont conservées dans le même état de fraîcheur que les plus belles grottes de Dunhuang. Baicheng était autrefois situé dans l'antique royaume de Guizi. Ce royaume entretenait des relations diplomatiques avec la Chine sous les Han et également sous les Tang. Traversée par la route de la soie, la région fut influencée très tôt par le bouddhisme et on pense que l'exécution des fresques de Kizil s'étendit sur plusieurs siècles à partir du iii' siècle de notre ère.
Les couleurs employées sont surtout le bleu vif, le vert, le blanc et le noir. Le sommet des grottes a été taillé en forme de dôme et les parois de ces dômes sont décorées par des fresques découpées en losanges. Chaque losange décrit une étape de la vie du Bouddha. Certains comprennent le portrait du mécène qui a fait décorer la grotte ou le mur en question. Les murs sont occupés par d'élégants ballets exécutés par les divinités volantes, les apsaras, danseuses et musiciennes. On peut aussi voir de nombreuses scènes de la vie quotidienne du temps du royaume de Guizi : des caravanes, des paysans et des chasseurs, ainsi que les costumes de l'époque. Ces fresques sont un témoignage du très haut degré de culture auquel étaient parvenus les artistes de cette région d'Asie centrale. A 13 km au nord-ouest de Kucha se trouvent les grottes bouddhiques de Kizil Kira. |
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Capitale de la préfecture autonome Kazakh de Ili.
A l'ouest d'Urumqi, sur la frontière entre la Chine et le Kazakhstan.
Ancien nom : Kuldja.
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Les riches pâturages de la région de Yining, arrosés par la rivière Ili (qui prend sa source dans les Tianshan), ont attiré de nombreux envahisseurs au cours des siècles. Les Kazakh, descendants des nomades Wusun, sont arrivés là au début de notre ère. En 744, l'empire Tang annexa ces terres alors gouvernées par des khans turcs. Gengis Khan annexa à son tour le Yili en 1218. Puis l'empereur mongol Kubilai Khan y installa une garnison militaire, imité en cela, cinq siècles plus tard, par l'empereur mandchou des Qing, Qianlong, qui y fit déporter de nombreux condamnés chinois, ouïghour et autres, à partir de 1758. Les Russes occupèrent la région de 1871 à 1881, puis à partir de 1949, quand le Yili demanda la protection des Soviétiques pour maintenir l'indépendance de la république du Turkestan oriental. Tandis que Staline et Mao Zedong poursuivaient leurs négociations, les relations économiques privilégiées entre les Russes et les habitants de la région se poursuivirent jusqu'en 1960. La rupture sino-soviétique du début des années 60 conduisit, en 1962, à l'exode massif vers l'Union soviétique de quelque 60 000 Kazakh et Oùighour mécontents de la politique agraire du Grand Bond en avant. Avec l'ouverture actuelle des frontières, ces exilés commencent à revenir progressivement dans la région.
Avec le développement du tourisme entre Urumqi et Alma-Ata, Yining devient une étape intéressante pour les amateurs de ces villes frontières où l'on voit littéralement les grandes cultures se toucher et s'interpénétrer. La variété architecturale de Yining, déjà, témoigne autant de la présence russe que de la présence de l'islam ou de celle de la Chine. La plupart des grands édifices sont de style russe et on peut voir l'église, le cimetière et l'école russe (rouvert en 1985). Mais il y a aussi plus de cent mosquées, fréquentées par les Ouïghour et les Hui. La mosquée Ouïghour, sur Jiefang nanlu, et la mosquée du Shaanxi, sur Shengli jie, sont à voir. Elles sont toutes les deux de style chinois, comme la mosquée de Xi'an. |
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