Le Shandong

 
Presqu'île à l'est de Pékin et du Hebei, au nord du Jiangsu et du Henan.
Population : 83,4 millions d'habitants
Superficie : 153 300 km
² (un quart de la France).
Capitale : Jinan, 2,3 millions d'habitants.
De climat tempéré, le Shandong semble avoir été de tout temps l'un des plus importants foyers de peuplement de Chine. Des vestiges de culture néolithique dite de Longshan ont été découverts dans la basse vallée du fleuve Jaune, au nord-est de Jinan. Caractéristiques de cette culture, des objets de céramique noire d'une grande finesse ont été retrouvés dans de multiples régions du Shandong. A l'époque des Printemps et des Automnes (770-475 av. J.-C.), le Shandong était divisé en deux Etats. A l'est, le pays de Qi et à l'ouest le pays de Lu. C'est dans le pays de Lu que naquit, en 551 av. J.-C., le philosophe Confucius qui devait marquer à tout jamais la province. C'est en effet sur ses traces que les touristes chinois, un peu plus nombreux chaque année, se rendent à Qufu, village natal de l'inspirateur de la religion traditionnelle chinoise. Le Shandong est aussi la province natale du disciple de Confucius, Mencius, né à Zouxian au IVème siècle av. J.-C. Un temple lui est consacré. Profondément marqué par le confucianisme, le Shandong garde aussi la mémoire des quelques grands écrivains qui y vécurent, tels Pu Songling, auteur des contes fantastiques du Liaozhai zhiyi, de la dynastie des Qing, qui vécut non loin de Zibo, et la poétesse Li Qingzhao, née à Jinan en 1084.
A partir de la fin du XIXèmesiècle, avec l'ouverture forcée de la Chine aux puissances étrangères, le Shandong a subi essentiellement l'influence allemande. En effet, les Allemands ont obtenu d'établir une concession dans la baie de Jiaozhou (actuelle Qingdao) et ont grandement contribué à l'industrialisation de la province : construction de voies ferrées, d'usines et échanges commerciaux actifs. Cela explique que la meilleure bière de Chine, la Tsingdao Beer, soit fabriquée à Qingdao. Par sa forme, sa situation et son climat, la province du Shandong ressemble beaucoup à la Bretagne. Elle est formée dans sa partie orientale par une péninsule qui sépare le golfe du Bohai (au nord) de la mer jaune (au sud). Ses côtes découpées abritent d'innombrables petits ports de pêche très actifs. A l'intérieur des terres, les trois cinquièmes des 153 300 km² de la province sont occupés par des collines et des montagnes, comme le massif du Taishan, dont les sommets s'élèvent à plus de 1 500 m. Pendant des siècles, le fleuve Jaune fut la grande calamité de la province qui changea de lit vingt-six fois en 3 000 ans, son embouchure se trouvant située tantôt au nord, tantôt au sud de la péninsule. Depuis 1933, le fleuve jaune se jette dans la mer de Bohai, au nord de la province. Le climat est très doux, humide en été et relativement chaud en hiver, la moyenne des températures allant de -1°'C en janvier à 24 °C en juillet. Les principales ressources économiques proviennent de l'agriculture : blé, pomme de terre, coton, arachide, tabac, etc. La production agricole a permis l'essor de l'industrie légère : industrie textile, manufactures de cigarettes, industrie alimentaire, etc. D'importants gisements de houille et de fer sont exploités dans la région des collines.
 
   
Jinan
 
Le site, habité au néolithique (culture de Longshan) fut Luoyi, cité de la principauté de Qi de 770 à 221 av. J.-C., puis Lixia et enfin Jinan (jadis transcrit Tsinan) sous les Han. Ville commerciale sous les Tang et les Song, elle se trouva soumise à l'influence de l'Allemagne qi avait obtenu une concession à Qingtao de 1898 à 1918. Situé au pie des monts Lishan et à 5 km au Sud du fleuve jaune, c'est aujourd'hui le chef-lieu de la province du Shandong et un centre industriel qt compte plus de 2 millions d'habitants.
Jinan est connue comme "la ville des sources". Jadis on célébrait so charme par la formule: "Chaque foyer a sa source, chaque maison ombragée par des saules". Déjà, au XIIe s., sous la dynastie des Jir une stèle inscrite énumérait les 72 sources célèbres qui y avaient et recensées. Elles sont moins nombreuses aujourd'hui: la Meilleur (Baotu), le Tigre noir (Heibu), les Cinq Dragons (Wulongtan), le Perles (Zhenzhu), les Neuf Filles (Jiunu), Pipa (un luth chinois).. Coulant dans un cadre agréable et traditionnel, elles alimentent le la Daming, lieu de promenade aux rives bordées de quelques vieu: temples et de maisons de thé.
Dans les banlieues Sud, on visitera Qianfo shan, la montagne de Mille Bouddhas - qui doit son nom aux centaines de statues sculp tées en ex-voto dans la falaise rocheuse et datant pour la plupart de Sui -, ainsi que la pagode des Dragons -Tigres, la Pagode à rien pointes, la montagne de la Cassette de jade, etc. À 60 km au Sud-Ouest, sur le Xiaotangshan, un très ancien temple funéraire des Han est décor de gravures représentant des scènes de chasse et de combat, di voyages, de vie quotidienne, etc.
 
 
Tai'an et le Taishan
 
A 80 km de Jinan et à 102 km de Qufu.
Petite ville tournée vers le tourisme au mont Tai.
Population 40 000 habitants.
 

Le taishan

Le Taishan, c'est le pic de l'Est, la plus célèbre des cinq montagnes sacrées de la Chine ancienne. Il symbolise la fermeté et la grandeur, comme en témoignent certaines expressions populaires : "inébranlable comme le Taishan", "ouvrir les yeux sans voir le Taishan"...
Le Taishan n'est pas très élevé, 1 524 m, mais il se trouve dans une plaine qui se situe à peine à 25 m au-dessus du niveau de la mer, et, de ce fait, le pic semble doublement imposant.
Le Taishan fut un lieu de pèlerinage des empereurs et aujourd'hui encore on peut voir de petites vieilles femmes aux pieds bandés qui font l'ascension, soutenues par leurs enfants et dont le but n'est pas d'admirer le paysage. C'est en effet au pied du Taishan que viennent se rassembler les âmes des morts et le mont est considéré comme le grand magistrat des enfers. C'est une divinité-montagne au même titre que le Fuji au Japon ou l'Olympe en Grèce. Le chemin qui mène au sommet s'ouvre par un portique monumental, le Daizong fang, construit en 1730. Lascension commence par un chemin dallé légèrement en pente auquel succèdent bientôt des marches de pierre. On passera devant le temple de Xiwangmu, la reine mère d'Occident, qui date des Tang. C'était la première halte des empereurs au cours de leur pèlerinage.
La montée véritable commence à la Première Porte céleste (Yitianmen). Arrivé à la tour des Dix Mille Immortels (Wanxianlou), construite en 1620, vous vous trouverez devant la salle où l'empereur recevait les hommages de la Cour. Après une ascension assez raide, vous atteindrez le palais de la déesse Dumu (Dumugong), beau bâtiment aux murs violets et aux tuiles de couleur. D'une fenêtre, on aperçoit un pan de la montagne et, pendant la saison des pluies, une triple cascade. Vous arriverez bientôt à une bifurcation. Un chemin sur la droite mène à la vallée du Sutra sur pierre (Shijinggu). Un canon bouddhique est gravé sur le lit de la rivière en grands caractères de 50 cm de haut. On peut encore en lire 1 043 bien que certains aient été gravés vers 570 et d'autres sous les Ming.
Il faut retourner sur ses pas pour retrouver le chemin qui mène bientôt à la porte céleste du Milieu, Zhongtianmen. A partir de là, on redescend jusqu'au pont du Pas sur les Nuages, Yunbuqiao, dans une très jolie vallée creusée par un torrent impétueux. La partie la plus ardue de l'ascension commence au-delà du pavillon des Cinq Pins (Wusongting). On admirera les innombrables calligraphies qui ornent les plus beaux rochers sur le bord de la route. C'est à partir du petit arc de triomphe appelé Shengxian fang que commence un monumental escalier de pierre qui mène jusqu'à la porte céleste du sud (Nantianmen). Ce dernier portique annonce la fin de l'escalade, le but de vos efforts. La vue splendide que l'on obtient du sommet, surtout au coucher du soleil, vous récompensera de votre peine !
On verra aussi le temple des Nuages Colorés, Bixiasi, beau palais dédié à la déesse du Taishan. Les bâtiments sont recouverts de tuiles de fonte pour mieux résister aux intempéries. Au point culminant se trouve un temple taoïste, le Yuhuangding, sommet de l'Empereur de jade, auprès duquel on peut lire sur une stèle : « C'est ici que se tint Confucius et qu'il prit conscience de la petitesse du monde », selon des paroles du vieux sage rapportées par Mencius. Il faut contempler le lever du soleil un peu en contrebas de ce dernier temple sur le rocher appelé Riguangfeng. C'est un spectacle grandiose fort apprécié.

   

Le temple de Taishan

A deux pas du centre d'accueil de la ville de Tai'an se trouve le temple du Taishan (Daimiao), immense groupe:. architectural de 96 000 m2. Construit sous les Han, il a été considérablement agrandi sous les Tang et les Song (vIicxillr siècle). Parmi les pins et les cyprès séculaires, se dressent stèles, pavillons et palais. Le palais Tiankuang, construit en 1009, est un monument tout en bois de 48,7 m de long sur 20 m de large, à double toiture de tuiles jaunes, et aux murs rouges. C'est l'un des trois plus grands palais qui existent en Chine, les deux autres étant le palais de l'Harmonie suprême dans le Palais impérial de Pékin et le palais Dacheng à Qufu. Il abrite une peinture murale de 62 m de long sur 3 m de haut, une rouvre des Song qui décrit une tournée dans l'empire du dieu du Taishan.
Dans l'aile gauche du temple, on verra une première cour latérale où poussent six thuyas qui auraient été plantés en 110 av. J.-C. Le long de la muraille du temple sont encastrées des stèles précieuses calligraphiées par les plus grands lettrés de Chine, tel Mi Fu.
 
 
Qufu

Ville natale de Confucius.
35 000 habitants.
A 182 km au sud de Jinan.

Petit joyau de la civilisation chinoise, la ville de Qufu avait déjà connu une longue histoire avant la naissance de Confucius, en 551 av. J.-C. Qufu se trouvait dans le pays de Yan, sous la dynastie des Shang. Au XIème siècle av. J.-C., sous la dynastie des Zhou, Qufu appartenait au pays de Lu, et fut donnée en fief à la famille du duc de Zhou, régent du roi. Par la suite, les descendants du duc conservèrent leur fief durant trente-trois générations. Dans ses enseignements, Confucius (en chinois Kongfuzi) fait fréquemment référence au duc de Zhou dont il louait le comportement. Il comparait l'époque du duc de Zhou à l'âge d'or de la civilisation chinoise et déplorait les moeurs relâchées et décadentes de ses contemporains. Après la mort du philosophe, en 479, le duc Ai de Lu fit transformer en temple la maison où il avait habité. Ce temple a été restauré, détruit et reconstruit au cours des siècles. Le temple actuel fut édifié sous les Ming, entre 1522 et 1567, comme les murailles protégeant Qufu et la résidence des descendants de Confucius. Durant la Révolution culturelle et la violente campagne politique dirigée contre Lin Biao et Confucius (pi Lin-pi Kong), les gardes rouges vinrent détruire une partie des murailles et voulurent s'attaquer au temple. La légende veut que le Premier ministre Zhou Enlai soit intervenu pour faire verrouiller les portes du temple et évacuer les jeunes vandales. Malgré tout, le site de Qufu, rouvert au public en 1979, a survécu aux vicissitudes de cette époque et attire un nombre toujours croissant de visiteurs chinois et étrangers.
   

Le temple de Confucius

Il se trouve dans la partie ouest de la ville. Il a été construit en 739 à l'emplacement du premier temple, édifié en 478 av. J.-C. La dernière grande restauration qu'il connut date de 1723, sous les Qing.
Il est orienté suivant un axe nord-sud et sa construction est parfaitement symétrique par rapport à cet axe. Il comprend sept portes et six cours, toutes différentes et ornées de vieux cyprès qui auraient été plantés sous les Han. Le premier grand temple, quand on vient de l'entrée principale, est le pavillon de la Constellation des Lettrés, Guiwenge, construit en 1190. C'est là que les prêtres se préparaient aux cérémonies officielles des fêtes du printemps et de l'automne.
On verra ensuite l'arbre kuai qui est censé être issu de l'arbre que planta Confucius à cet emplacement même. Derrière se trouve le grand temple de Confucius, Dachengdian. Le temple mesure 26 m de haut et 47 m de large. Le toit est supporté par dix colonnes de marbre décorées par des dragons sculptés en bas-relief. Ce temple date de 1724 et c'est l'un des trois plus grands de Chine.
Dans le dernier bâtiment situé sur l'axe central, la salle des Souvenirs du Sage (Shengjidian), on verra la légende de Confucius gravée sur une série de cent cinq pierres. Ces images et les textes qui les accompagnent ont été gravés en 1592. La partie orientale de l'ensemble du temple abrite la demeure de Confucius. En revenant sur vos pas, n'omettez pas de visiter la partie occidentale du temple occupée par une longue galerie (transformée en musée) dont les dalles sculptées ou décorées datent de la dynastie des Han et proviennent de divers tombeaux du Shandong. C'est en partie grâce à ces « bandes dessinées sur marbre que l'on a pu reconstituer la vie de Confucius, celle des nobles et celle des simples habitants de la région. Aux évocations historiques se mêlent des descriptions de rites chamanistes et des scènes de pêche et de chasse.
 

La résidence des descendants de Confucius

Immédiatement à l'est du temple de Confucius (Kongfu), la résidence des descendants de Confucius, les Kong, a été conçue d'après le schéma des palais impériaux. Elle est orientée nord-sud et s'organise en une partie publique,
où les descendants se consacraient à leurs activités sociales telles que tâches administratives ou cérémonies rituelles, et une partie privée dans laquelle habitaient les familles du clan. Anoblie dès le n` siècle av. J.-C., la famille de Confucius a maintenu intactes ses traditions et ses richesses jusqu'au XXème siècle. Le 76' descendant de la lignée Kong Decheng, né en 1920, à préféré se réfugier à Taiwan à l'arrivée des communistes où il vit toujours. Pourtant, le mobilier qu'il connut enfant, notamment la chambre de sa mère, est resté intact, attendant peut-être son retour.
   

La tombe de Confucius

A un kilomètre de ce qui fut la porte nord de Qufu, se trouve l'entrée du cimetière de la famille de Confucius, appelé la forêt du Grand Sage (Zhishenglin). L'allée principale mène à un temple derrière lequel se trouve un tertre de 8 m de diamètre : la tombe de Confucius.
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