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Le Shaanxi |
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La population est de 32,5 millions, répartis dans les trois zones géographiques bien distinctes de la province : au nord, les plateaux de Loess ; au centre, la vallée de la Wei, affluent du fleuve Jaune et au sud, la chaîne des monts Qingling et la vallée de la Han.
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La population est de 32,5 millions d'habitants, répartis dans les trois zones géographiques bien distinctes de la province : au nord, les plateaux de Loess, au centre, la vallée de laWei, affluent du fleuve Jaune et ausud, la chaîne des monts Qingling et la vallée de la Han.
La province du Shaanxi est bordée à l'est par la province du Shanxi. Le nom de ces deux provinces ne se distinguant que par les caractères et la différence de ton de la première syllabe, les Chinois ont adopté la transcription conventionnelle de Shaanxi. Certains préfèrent transcrire Shenxi, d'autres Shânxi.
Xi'an et le nord du Shaanxi connaissent un climat continental, aux étés très chauds (jusqu'à 40 °C) et aux hivers très froids (jusqu'à -18 °C) alors que le sud du Shaanxi jouit d'un climat subtropical grâce à la barrière protectrice des monts Qingling.
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Xian, la ville la plus célèbre de la Chine antique, la grande capitale de l'Ouest, est aujourd'hui le chef-lieu de la province du Shaanxi, à quelques kilomètres au sud de la rivière Wei, au pied de la chaîne des Qinling. L'histoire de Xian - qui se nommait Chang'an - est celle de la capitale de l'empire pendant onze siècles (de 206 av. J.-C. à 907) et d'un centre de civilisation privilégié, noeud de communication et d'échanges entre l'Orient et l'Occident. Certes, le site avait été choisi antérieurement: à Banpo, 10 km à l'Est de Xian (les archéologues chinois y ont mis au jour un centre néolithique important couvrant 5 ha), et à Zhangjiapo, au Sud-Ouest de la ville, où les fouilles ont permis de découvrir quantité d'objets funéraires, dont quelques chars des Zhou occidentaux (Xe s.-771 av. J.-C.) qui eurent leurs capitales de part et d'autre de la rivière Feng. Puis le grand empereur Qin Shi huangdi (259-210 av. J.-C.) installa ses palais à Xianyang, sur la rive gauche de la Wei. Enfin, les Han fondèrent Chang'an (Paix éternelle), à 7 km au Nord-Ouest de la ville actuelle, en 206 avant notre ère.
Cette première capitale des Han nous est révélée par les fouilles qui illustrent et confirment les anciens textes. La muraille d'enceinte mesurait 22 km, était percée de 12 portes à 3 entrées, la cité quadrillée par 8 voies principales et 160 ruelles. Au S-O, sur une plate-forme haute de 10 m, se trouvait le palais Weiyang, comportant 40 salles et pavillons: Qiandian avait ainsi 183,30 m de long, 50 m de large et 12 m de haut... Sur les places se mêlaient les envoyés des pays tributaires - du Viêt-nam à la Corée -, les marchands indiens et persans, et même les acrobates byzantins.
Chang'an atteindra son apogée sous les Tang. La nouvelle cité est alors entourée d'une muraille de 36,7 km (la résidence impériale et la cité administrative impériale se situaient au N), et divisée en 108 blocs par un plan en damier et des avenues rectilignes, larges de plus de 100 m, pourvues d'un système de drainage, bordées d'ormes et d'acacias.
De très nombreux textes de l'époque fournissent un luxe de détails sur le quartier de l'Ouest où vivaient les étrangers, les boutiques du marché de l'Est, les courtisanes du quartier Ping kang, les temples bouddhiques et taoïstes du quartier de Chong ren. Après la chute des Tang, Chang'an se dépeuple et connaît un inexorable déclin. À la fin du XIVe siècle, les Ming lui rendent vie en reconstruisant une ville qui n'est plus que le sixième de celle de sa splendeur. Puis les Mandchous y installent une garnison qui sera massacrée en 1911 par les insurgés |
Drum Tower |
La Pagode de la Grande Oie
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Man est une des rares villes dont les murailles et les douves (12 km de périmètre) datant des Ming ont été épargnées - et même restaurées - par les urbanistes de cette fin de siècle. Impossible d'ignorer la tour de la Cloche (Zhonglou), au coeur de la cité, au carrefour des deux principales avenues, avec son architecture carrée, ses quatre grandes portes voûtées et ses trois étages (27 m de hauteur). Au Nord-Ouest, la tour du Tambour (Gulou), construite en 1370, est plus large, plus haute (30 m) et ne doit pas être négligée. Le musée d'histoire du Shaanxi, ouvert en 1992 sur Xiaozhai donglu, dans la banlieue Sud, est un vaste ensemble s'inspirant de l'architecture des Tang qui expose d'admirables pièces (statues, bronzes, céramique) ainsi que des fresques des époques Shang, Zhou, Han, Sui, Tang et suivantes, récupérées dans plus de quarante tombes. La visite de la Forêt des stèles (Beilin), dans l'ancien temple de Confucius intra muros, sur Duanlümen, complète celle du musée: on y voit rassemblées 1 095 pièces, parmi lesquelles les 114 stèles des classiques, gravées en 837 et déposées en ce lieu depuis 1090, dont la célèbre stèle nestorienne de 781, dite de Si Ngan Fou, avec un texte en chinois et en syriaque. Cette collection unique et vénérable paraîtra toutefois un peu... absconse aux non-spécialistes de l'épigraphie chinoise. Les monuments anciens de Xian ont beaucoup souffert du vandalisme des gardes rouges pendant la Révolution culturelle, en particulier le temple des Dieux de la ville, les Cinq Terrasses de l'Ouest, le temple des Lamas, celui du Dragon couché (qui datait des Sui) et celui du Taishan. La grande mosquée fondée sous les Tang, dont les bâtiments remonteraient au XIVe siècle, et la tour de la Cloche furent à peu près les seuls préservés.
Les Pagodes des Oies sauvages remontent à l'époque des Tang. La première pagode (Xiaoyan ta), de treize étages (45 m) sur plan carré, fut bâtie en 706 près du célèbre monastère Daqing, édifié vingt ans plus tôt. Elle est à environ 1,5 km au S de la cité Qing (la "vieille ville") et à l'Ouest du grand axe sud-nord. Plus au Sud, à 4 km de l'ancienne muraille Qing et presque dans l'axe de l'avenue Yanta, se dresse la seconde pagode (Dayan ta), élevée en 652 pour recevoir les sutras bouddhiques ramenés de l'Inde par le célèbre pèlerin Xuanzang. Cette pagode de sept étages, haute de 74 m et large de 45 m à la base, est également de plan carré. Le temple proprement dit, reconstruit et restauré, conserve le souvenir du grand voyageur des Tang. Il est d'ailleurs toujours en activité.
On pourra consacrer quelques heures au Daxingshan si. Fondé au IIIème siècle, ouvert à des moines indiens au Ville s., détruit et reconstruit pour la dernière fois en 1956, et de nouveau desservi par des lamas. On terminera par le Baxian an (temple des Huit Immortels), à l'Est de l'ancienne ville, qui est toujours un centre taoïste réputé où vivent quelques daoshi. |
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Le mausolée de Qin Shihuangdi
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Né en 259 av. J.-C., mort en 210 av. J.-C., Qin Shihuangdi, de son véritable nom Yingzheng, est monté sur le trône à l'âge de treize ans. Il est le fondateur de la dynastie des Qin et le premier empereur de Chine : c'est lui qui réussit véritablement à centraliser le pouvoir. Le tumulus sous lequel se trouve la tombe proprement dite de Qin Shihuangdi est à 1 km du mont Li. Il n'a pas encore été ouvert. D'après les textes de Sima Qian (ii' siècle av. J.-C.), la tombe est un immense palais enfoui, aux plafonds décorés d'or et de perles, équipé de rivières artificielles où coulerait du mercure ! |
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A environ 1 500 m de ce tumulus se trouve l'armée enterrée. Elle fait certainement partie du vaste ensemble funéraire dont on ignore encore les dimensions exactes. D'après Sima Qian, toujours, cette oeuvre gigantesque mobilisa 720 000 personnes et dura trente-six ans. Elle ne fut terminée que peu de temps avant la mort de l'empereur. Après la chute de la dynastie, peu après la mort de l'empereur, un des anciens généraux de Qin Shihuangdi, Xiang Yi, aurait profané la tombe.
En 1974, des paysans qui creusaient des puits découvrirent une fosse contenant six mille statues de guerriers et de chevaux qui devaient constituer la garnison du tumulus. Des fouilles furent entreprises aussitôt, qui permirent de découvrir deux autres fosses renfermant respectivement mille et soixante treize statues. Ces trois fosses sont toutes des constructions souterraines de bois et de verre. Après avoir profané la tombe, Xiang Yi y aurait fait mettre le feu, provoquant ainsi l'effondrement des fosses. Ultérieurement, des infiltrations d'eau ont causé de grands dommages.
Les guerriers mesurent entre 1,78 et 1,87 m. Ils sont coiffés de casques et vêtus de cuirasses. A travers les parures, les expressions et la taille, on distingue des généraux, des conseillers, et quatre sortes de soldats : les cavaliers, les fantassins, les arbalétriers et les conducteurs de char. Les chevaux ont 1,70 m de haut et 2 m de long. Un char a pu être mis au jour dans la troisième fosse.
Un musée a été élevé au-dessus de la deuxième fosse. La salle d'exposition, de 230 m de long et 72 m de large, ne couvre qu'une partie de la fosse. Il a été inauguré le 1er octobre 1979 à l'occasion du trentième anniversaire de la république populaire de Chine. On y trouve également exposés des épées, des lances en bronze, des arcs et des flèches ainsi que des milliers d'armes en alliage à base de cuivre ou de fer et même des flèches en alliage toxique de cuivre et d'aluminium. En 1980, deux chariots et leurs équipages de quatre chevaux furent découverts à l'ouest du tumulus. Le chariot n° 2 est exposé dans une petite salle à gauche de la Grande Fouille. Considéré comme une des plus importantes découvertes de l'archéologie chinoise, ce chariot est une vraie splendeur. Les quatre chevaux, un peu plus petits que nature, sont remarquablement expressifs. Leur harnais, leur mors sont incrustés d'or et d'argent et le chariot lui-même est en bronze avec des incrustations d'or. L'état de conservation dans lequel il a été retrouvé est tout à fait miraculeux. |
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Tombeaux et sources thermales
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Au Nord de la ville et de la Wei, sur les avancées du plateau, les sépultures impériales des Zhou, des Han et des Tang, encore inviolées, attendent les archéologues déjà débordés par l'exploitation des sites découverts à l'occasion des grands travaux du génie civil. Les guides proposent généralement la visite du site néolithique de Banpo (6000 ans av. J.-C.) qui a beaucoup d'intérêt pour les préhistoriens.
Leur seconde suggestion est une excursion aux sources thermales Huaqing, au pied du mont Lishan, à une vingtaine de kilomètres à l'est de la ville. La source chaude, qui sort de la montagne à 43 °C, est connue depuis la plus haute antiquité. Qin Shihuang y eut une résidence, et l'empereur Taizong y fit bâtir en 644 un palais que Xuanzong agrandit en 747 en lui donnant ce nom de Huaqing ou "Glorieuse Pureté". Son souvenir est toujours présent, et plus encore celui de sa belle favorite, Yang Guifei.
Mais le merveilleux palais disparut avec les Tang et le site fut adopté par les taoïstes qui y édifièrent des temples (l'un dédié à Laozi) au sommet de la montagne et de petits ermitages encore occupés épisodiquement aujourd'hui. De nouveaux bâtiments, kiosques, pavillons, restaurants et maisons de thé, dans le style traditionnel, ont été construits en ces lieux au cours des dernières années.
Avant de quitter Xian, on pourra rêver dans la banlieue Nord-Est sur le site de Long shou yuan (tête du Dragon), là où s'élevait jadis Daming gong, le palais de la Grande Clarté des Tang, ou dans la banlieue S, réputée pour la beauté de ses paysages et de ses temples des collines . Si l'on dispose de temps et d'un moyen de transport, on peut envisager le circuit des mausolées impériaux à l'Ouest de la ville : Maoling (45 km), le tombeau de Wudi des Han et le musée ; Zhaoling (70 km), le tombeau de Taizong des Tang, ouvert au public depuis 1979; ou encore Qianling (90 km), les tombeaux de Gaozong et de l'impératrice Wu Zetian. |
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Qianling |
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Qianling se trouve à 6 km du siège du district de Qin, à l'ouest de Zhaoling. C'est une colline naturelle (Liangshan) qui servit de mausolée à Gaozong, fils de Taizong, troisième empereur des Tang et à son épouse, la terrible Wu Zetian, qui régna vingt et un ans après la mort de son époux. En 1958, des archéologues ont découvert l'entrée du passage, mais les fouilles n'ont pas encore commencé. Il s'agit d'un site grandiose perdu au milieu des collines de loess.En remontant la voie d'accès, on verra successivement : deux obélisques octogonaux, des chevaux ailés, deux autruches, symbolisant le Sud, cinq paires de chevaux, dix paires de statues représentant des généraux en armures, deux stèles de plus de 6 m de haut. Lune est dédiée à Gaozong, l'autre est la « stèle sans inscription », l'impératrice Wu Zetian laissant à ses successeurs le choix de l'épitaphe. Viennent ensuite soixante et une statues de pierre représentant les chefs de minorités nationales et les ambassadeurs de pays amis venus assister aux funérailles de l'empereur. Enfin, une paire de lions défendent l'enceinte de la tombe. Au sud de Qianling, il y aurait, d'après les textes, plus de soixante-dix tombes secondaires de dignitaires de l'époque. Parmi ces tombes, on pourra visiter celle de la princesse Li Xianhui, petite fille de l'impératrice. La tombe fut profanée. Il y reste peu de chose, hormis le cercueil, des fresques très belles et des niches contenant de superbes figurines de céramique « trois couleurs ». Dans la salle du cercueil, le plafond est couvert d'une fresque représentant le cosmos. Le tombeau du prince Zhang Huai, fils de Wu Zetian, a fait également l'objet de fouilles ; on peut voir le sarcophage, fait de trentetrois plaques de pierre, dont les fresques sont toujours intactes. |
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Huashan |
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Dominant la vallée de la Wei, un peu en amont de son confluent avec le fleuve Jaune, le Huashan est l'une des cinq montagnes sacrées de la Chine antique, dont l'escalade par les touristes vient d'être de nouveau autorisée.
Le Huashan, qui culmine à 2 200 m, dresse cinq sommets correspondant aux points cardinaux (Nord, Sud, Est, Ouest et Centre), reliés les uns aux autres par des sentiers escarpés aux noms aussi évocateurs que "les Falaises qui collent aux oreilles", "les Escaliers qui s'élancent vers le ciel" et "la Passerelle à travers les précipices", déconseillés aux personnes sujettes au vertige. Ce paysage est depuis 2 000 ans un lieu d'élection des ermites taoïstes.
Les temples, les pavillons et les kiosques construits à l'intention des pèlerins dans les sites choisis pour leur beauté furent saccagés par les enragés de la Révolution culturelle. Une douzaine d'entre eux ont été restaurés ou reconstruits, dont Qun xian guan (temple des Immortels) |
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