Le Qinghai |
| |
Province du nord-ouest de la Chine bordée au sud par le Tibet, le Sichuan, à l'est par le Gansu et au nord par la Xinjiang.
Superficie : 721 000 km².
Population : 4,4 millions d'habitants.
Capitale : Xining.
Climat désertique.
Ressources : l'élevage de yaks et de chèvres.
Minorités nationales : Tibétains, Mongols, Tu.
|
Qinghai signifie « mer bleue » et fait référence au lac Qinghai qui se trouve au nord-est de la province du même nom. C'est un haut plateau d'une altitude moyenne de 3 000 m avec des sommets de 5 000 m, situé entre le Tibet, le Xinjiang au nord et le Gansu à l'est. Les régions cultivées se trouvent entre le lac et le bassin du Xining et représentent une faible partie du territoire. Le nord-ouest du Qinghai, le bassin de Tsaidam, est couvert de marécages et de lacs salés. C'est une région désertique riche en ressources minérales ; c'est là que se trouvent les plus grosses réserves de potasse, de magnésium et d'amiante ainsi que de pétrole. Le sud du Qinghai est, à 3 500 m, séparé du Tibet par une chaîne de montagnes de 6 500 m où le fleuve Jaune prend sa source. La région, couverte de pâturages, est habitée par les Tibétains. Cette province quasi désertique est peuplée seulement de 4,4 millions d'habitants dont 57 % de Tibétains, de Hui, de Kazakh et de Mongols. Le Qinghai souffre d'une grave pénurie de moyens de communications qui freine sa mise en valeur. Seul un petit tronçon de chemin de fer relie Goldmud à Lanzhou via Xining et un seul aéroport à Xining assure une liaison hebdomadaire avec Pékin et Taiyuan. Le réseau routier reliant Xining au Tibet en passant par Goldmud et reliant Xining au Xinjiang est en très mauvais état, menacé en permanence par les pluies. L'économie repose surtout sur l'élevage : le cheptel local compte 22 millions de yaks et de chèvres dont la laine a une réputation mondiale. Des perspectives de développement agricole existent : les terres de loess sont riches et une irrigation à grande échelle, utilisant l'eau qui provient des monts Kunlun, permettrait la mise en valeur de ce désert. Le barrage de Longyangxia (le plus puissant du fleuve jaune), de construction récente, devrait alimenter en eau le Qinghai, le Gansu, le Ningxia et le Shanxi. Le Qinghai est aussi la « Sibérie chinoise » où sont installés les camps de travail. C'est là que furent envoyés les prisonniers des diverses campagnes politiques les droitiers de 1956, les gardes rouges de la Révolution culturelle, plus récemment les dissidents du Mur de la démocratie de 1979 et ceux de 1989. Les campagnes contre la criminalité envoient des contingents de jeunes délinquants, les liumang. Des camions conduisent les détenus dans ces régions désolées où les conditions climatiques sont difficiles. Parfois, des échos de mutineries se déroulant à l'intérieur des convois parviennent aux oreilles des étrangers. Tout cela est entouré d'un épais mystère et la simple évocation du Qinghai fait frémir les Chinois, qui n'ont guère envie, eux, d'aller y faire du tourisme ! Beaucoup de détenus, après avoir purgé leur peine, restent travailler dans ces camps comme « travailleurs libres », la perte de leur hukou (certificat de résidence qui assigne chaque Chinois à une résidence fixe) les bannissant à vie des villes. Un autre contingent de travailleurs fut fourni par les « jeunes instruits », envoyés dès les années 60. La directrice de 'l'hôtel Huangzhong est arrivée en tant que « jeune instruite » à Taersi en 1965 et y restera très probablement jusqu'à la retraite. Depuis 1980, les autorités font appel aux volontaires en faisant vibrer la fibre patriotique mais en offrant cette fois des salaires plus élevés, une perspective de carrière plus rapide et surtout la possibilité de partir au bout de quelques années.
|
| |
|
| |
|
|
|
|
A l'est de la province, à 2 300 m au dessus du niveau de la mer. Capitale de la province du Qinghai.
L'origine de la ville remonte à la dynastie Han ; il s'agissait alors d'une garnison militaire. Par la suite elle devint un important centre commercial sur la route de la soie. Ce n'est qu'au xvttie siècle que le Qinghai fut définitivement rattaché à l'Empire. Aujourd'hui Xining est surtout une étape pour les voyageurs en route pour le Tibet. Un jour de visite dans la ville vous permettra de voir la lamaserie de Taersi, un des hauts lieux de la secte Jaune, qui se trouve dans la banlieue de Xining. Visitez aussi la mosquée de Dongguan, l'une des plus grandes du nord-ouest de la Chine. |
| |
|
|
|
La mosquée Dongguan ou Qingzhendasi est située dans Dongguan dajie. C'est la plus grande mosquée de Xining, ses origines remontent aux Ming, mais les bâtiments actuels datent de 1919. La grande salle de prières, dans laquelle il n'est malheureusement pas possible d'entrer, a une superficie de plus de 1 000 m², trois mille personnes peuvent y tenir. Tous les vendredis, la grande prière rassemble à 13 h un millier de fidèles. |
| |
Le temple de la Montagne du Nord
|
Beishansi, le temple de la Montagne du Nord, est aussi appelé temple zen du Nord. Il se trouve au nord de la ville, accolé à la montagne Tulou, surplombant la rivière Huangshui. Lorigine du temple remonte aux Wei du Nord (386534). Lintérieur du temple est formé de dix-huit grottes à l'extérieur desquelles ont été construites des façades en bois. Les fresques datant des Wei et des Tang ainsi que les très beaux plafonds à caissons sont en assez mauvais état.
La pagode Ningshou, d'époque Ming, est derrière le temple au sommet de la montagne, recouverte de tuiles vertes ; elle a été construite en 1915. |
| |
| |
|
|
|
|
Le Taersi (nom chinois) est l'une des six lamaseries importantes de la secte Jaune qui est la secte prédominante du lamaïsme (quatre sont au Tibet et une dans le Gansu). Il est situé à 25 km de Xining, dans le district de Huangzhong qui est aussi le lieu d'origine du fondateur de la secte Jaune, Tsongkhapa. Non loin de là, à 60 km, se trouve le village natal de l'actuel dalaïlama.
Taersi, qui signifie « la pagode qui précéda le temple », fut construit en 1560, mais le premier édifice fut une pagode que la mère de Tsongkhapa fit ériger en 1379 en l'honneur de son fils. A l'origine il ne s'agissait que d'un petit temple où vivaient sept lamas. Les empereurs Qing, convertis à la secte jaune du lamaïsme, en firent un monastère avec plus de 1 000 bâtiments où résidaient 2 000 moines. Aujourd'hui le temple ne compte plus que 600 moines mais il est resté un lieu de pèlerinage des Tibétains. Chaque année, surtout l'hiver au moment de la fête du Printemps, des milliers de pèlerins viennent rendre hommage au premier dalaï-lama, Tsongkhapa. Le voyage dure sept jours. Les pèlerins sont entassés à l'arrière des camions et on leur demande la bagatelle de 300 yuan par personne. Ces camions appartiennent évidemment aux lamas ! La fête la plus importante de l'année se tient au 15' jour du 1er mois lunaire à la fête des Lanternes. C'est à cette occasion que les sculptures sur beurre, qui font depuis des siècles la réputation de Taersi, sont exposées. Une autre fête se tient en plein été au 6' mois lunaire (juillet-âout), mais là, les fêtes perdent de leur caractère sacré et deviennent un spectacle pour touristes.
Traditionnellement, les lamaseries sont accolées à la montagne. A Taersi, les bâtiments sacrés et les résidences des lamas supérieurs sont tous situés à gauche de la rivière, tandis que les demeures des simples lamas se trouvent à droite ; elles sont peintes en blanc et sont d'architecture plus fruste, construites sans ordre, au fur et à mesure que s'accroissait le nombre des moines.
La petite salle au Toit d'or, Xiaojinwadian, se trouve derrière les huit pagodons de l'entrée. Dans la salle de la Protection de la loi, construite en 1692, on peut voir dans la cour, à l'intérieur des galeries, des fresques qui décrivent les supplices de l'Enfer. Au premier étage, des animaux empaillés témoignent de la nature animale de certaines divinités. La légende raconte qu'un cheval blanc aurait amené du Tibet jusque-là, en une journée, le 9ème dalaï-lama.
La salle de la Longévité, Changshoudian, appelée aussi temple des Fleurs (Huasi), se trouve presque en face de l'hôtel. A l'intérieur, se trouve la pierre de la Loi. La tradition veut que la mère de Tsongkhapa s'y soit reposée avec sa charge d'eau.
La grande salle des Sutras, Dajingdian, a été construite en 1612, 168 piliers la soutiennent. A l'intérieur, les statues de Tsongkhapa (reconnaissable à son bonnet) et de Çakyamuni occupent le centre. Sur les côtés, les sièges sont réservés au dalaï-lama et au panchenlama. On remarquera les photos de l'actuel et du précédent panchen-lama et l'absence de celle du dalaï-lama.
C'est là que se réunissent les lamas pour lire à haute voix les sutras. Derrière la grande salle des Sutras, se trouve la grande salle au Toit d'or, Da Jinwadian, qui est le haut lieu sacré du monastère. C'est là que les milliers de pèlerins viennent se prosterner pour rendre hommage au fondateur de la secte Jaune. Le bâtiment a trois étages dont deux sont recouverts de tuiles de bronze. Une pagode de 12 m, dont la construction fut ordonnée par la mère de Tsongkhapa, est l'objet de vénération. A l'intérieur, des fresques relatent l'histoire du bouddhisme. Dans le prolongement, on arrive à la salle de Wenshu (bodhisattva de la Sagesse) appelée aussi la salle des Neuf Chambres. Dans la cour se tient chaque année, au 6` mois lunaire, la fameuse « danse du diable ». A gauche de la salle, des galeries abritent les moulins à prières (manikala).
Le monastère abrite trois Zacang qui sont des sortes d'instituts où l'on enseigne la médecine tibétaine, la doctrine, l'astronomie... Ces Zacang sont sous l'autorité des « Bouddhas vivants ». Factuel « Bouddha vivant » de Taersi est âgé d'environ quarante ans. LInstitut de médecine, le Yiming jingyuan (Yiming signifiant « doctrine de la médecine »), se trouve à droite de la grande salle au Toit d'or ; on y accède par la grande salle des Sutras. L'institut de la roue du temps, Shilun jingyuan, est l'institut où l'on étudie l'astronomie, le calendrier et la divination.
L'Institut de philosophie, le Mizong jingyuan, où l'on étudie la « doctrine du pourquoi », équivalent de la logique.
|
|
|