Pekin

Pékin, en chinois Beijing, « capitale du Nord ».
Municipalité autonome située à l'intérieur de la province du Hebei.
10,8 millions d'habitants.
Superficie : 17 000 km².
Centre politique, administratif et culturel du pays.

Les origines de Pékin remontent à l'Antiquité. On retrouve, tout autour de la capitale, des traces de petites agglomérations vieilles de 4 000 ans. De 723 à 221 av. J.-C., le site était occupé par la ville de Ji, capitale du royaume de Yan. Le fondateur de l'Empire chinois, Qin Shihuangdi, la fit raser lors de la conquête de Yan. Une fois maître du pays, il entreprit l'édification de la Grande Muraille. Sous les Tang, Pékin n'était plus qu'une petite sous-préfecture, mais c'est entre ses murs, loin de la capitale Chang'an, qu'éclata la rébellion de An Lushan, qui marqua le début du déclin de la dynastie. Détruite à nouveau par les Liao, elle redevint capitale au XIIème siècle avec la dynastie des Jin (les Jürchen). Plus tard, Kubilai en fit la capitale du nouvel empire unifié sous l'autorité d'une dynastie mongole, et lui donna le nom de Dadu (« grande capitale »), ville qui émerveilla Marco Polo par ses splendeurs. Mais c'est sous les Ming et les Qing que Pékin connaît les sommets de sa gloire. La légende raconte que l'empereur Yongle reçut les plans de la capitale d'un prêtre taoïste envoyé par le ciel. Sa conception en damier serait l'expression d'un ordre cosmique selon lequel chaque édifice ou espace correspondrait à une partie du corps humain ; les remparts et les nombreux murs d'enceinte des différents quartiers ou des demeures constituant l'ossature de cet univers clos sur lui-même. La conception des bâtiments devait répondre à une triple vocation celle de temple, celle de palais et celle de salle d'audience. Mise à sac et incendiée par les puissances occidentales en 1860 et 1901 au cours d'expéditions punitives, pillée par les armées locales des Seigneurs de la guerre, puis occupée par les troupes japonaises, Pékin sombra peu à peu dans l'incurie, et se trouva réduite à l'échelle de ville provinciale, blottie derrière ses remparts. Redevenue capitale en 1949, elle fut alors chargée de symboliser la victoire récente du monde paysan, qui venait de la conquérir, sur « l'impérialisme et la dépravation bourgeoise » associés l'image de Shanghai.
En signe de dignité retrouvée, les quartiers insalubres furent rasés, de larges artères furent percées. La ville poussiéreuse se proposait de devenir une ville verte. Malheureusement, la destruction des remparts, des magnifiques arches (pailou) qui ornaient les rues et la disparition des vieux quartiers animés firent d'elle une ville morte, qui garda, durant trente ans, des dimensions de vaste village.
Au cours de la dernière décennie, Pékin s'est réouverte sur le monde et est entrée à pas de géant dans l'ère de la consommation. Elle est aussi la capitale d'une société qui se diversifie et réclame autant le pluralisme politique et la démocratie que le libéralisme économique. La contestation n'a cessé de s'y exprimer, à travers la jeunesse, de 1976 à 1989. La capitale est aujourd'hui un enjeu politique pour le système et le symbole de l'unité d'un pays par ailleurs plongé dans un affairisme effréné et en proie à des forces centrifuges de toutes sortes, au moment même où il est question de réunification avec Hong Kong et Taiwan.
Pékin, centre politique, administratif et culturel de la Chine, Pékin, capitale des derniers empereurs chinois, ville musée, ville temple, ville palais, Pékin est la plus belle vitrine de la Chine. Passage obligé, mais pas obligatoire, pour les touristes du monde entier, les chefs d'Etat en visite officielle, les hommes d'affaires avides de pénétrer le plus colossal marché de la planète, Pékin est ainsi devenue une véritable capitale internationale. Pourtant, il y a trente ans à peine, Pékin vivait tranquille, douillettement blottie derrière ses épais remparts carrés, vaste village construit au ras du sol. De larges avenues traversaient ce village qu'elles découpaient selon un plan en damier. C'était dans les quartiers ainsi délimités, de forme rectangulaire, que vivaient la majorité des Pékinois. Chaque quartier était desservi par un entrelacs de toutes petites ruelles tortueuses, les hutong, qui se faufilaient entre les maisons d'habitation sans étage. Une promenade dans ces petites rues calmes, trop étroites pour que les voitures y pénètrent, vous permettait d'apercevoir une vieille grand-mère promenant ses petits-enfants dans une poussette branlante, un groupe de vieillards tirant sur leur pipe et complètement absorbés par leur jeu de cartes ou d'échecs chinois, des jeunes vaquant à leurs occupations et des vélos qui vous frôlaient avant de disparaître dans une petite maison grise, aux murs pudiquement aveugles. Vous étiez là vraiment en Chine, dans la capitale d'un pays où 80 % de la population vit encore du travail de la terre, au rythme du soleil.
De ce village étonnant subsistent encore quelques rares quartiers que vous découvrirez sans trop de peine, du quinzième étage de votre hôtel, ou en flânant loin des grandes avenues encombrées. Mais Pékin a fini par se libérer de la menace qui le condamnait à rester à ras de terre ! Alors que du temps des empereurs personne n'était autorisé à construire une demeure dont le toit s'éleverait au-dessus de ceux de la Cité Interdite, l'horizon se hérisse aujourd'hui de grands immeubles modernes et la belle harmonie d'autrefois est définitivement brisée.
 
La place Tian'Anmen
D'une surface de 40 ha, la vaste place Tian'Anmen est le véritable coeur de Pékin et de la Chine. C'est sur cette place que sont célébrées les fêtes du 1er octobre et du 1er mai, c'est là qu'un million de Pékinois ont rendu un dernier hommage au président Mao. C'est là également que se sont exprimées la dissidence et l'opposition contre le pouvoir central, lors des émeutes du 5 avril 1976 qui annoncèrent la fin de l'ère maoïste ; là, encore, que se sont déroulés les événements qui ont conduit au « massacre de Tian'Anmen », en juin 1989. Au centre de la place se dresse le monument aux Héros du peuple. C'est un obélisque en granit de 38 m de haut. Sur sa face nord se trouve une calligraphie du président Mao et au sud une calligraphie du Premier ministre Zhou Enlai.
Au sud de la place se trouve le mausolée de Mao Zedong, qui fut inauguré le 9 septembre 1977, un an après sa mort. On peut le visiter sur demande auprès de l'Agence de tourisme. A l'est, le musée d'Histoire et de la Révolution et à l'ouest, le palais de l'Assemblée du peuple ont été construits en une année, en 1959. Ce sont deux bâtiments gigantesques : le palais de l'Assemblée du peuple offre une surface disponible de 171 800 m
². Au nord, la place donne sur l'avenue Chang'an, large de 80 m, et sur la porte Tian'Anmen, ou porte de la Paix céleste, emblème national de la Chine moderne. Tous les enfants chinois connaissent la chanson qui est dédiée à ce majestueux édifice Wo ai Beijing Tian'anmen, «j'aime la porte Tian'Anmen ».
   
La porte Tian' Anmen
Construite sous les Ming, elle est percée de cinq passages qui mènent à l'intérieur du Palais impérial. Autrefois, l'empereur n'utilisait le passage central qu'à de très rares occasions, lors des solstices d'hiver et d'été ou pour implorer les dieux, lorsque ses soldats partaient en guerre. C'est aussi du haut de cette porte que les édits impériaux étaient transmis aux fonctionnaires qui les recevaient à genoux. Durant la Révolution culturelle, les gardes rouges défilèrent devant la porte Tian'Anmen pour saluer le président Mao qui se tenait sur la tribune.
Tian'Anmen, la porte de la Paix céleste, est devenue un symbole de la Chine, et son image se retrouve sur d'innombrables badges, illustrations et est utilisée par des marques diverses. Le pavillon de la porte Tian'anmen repose sur un imposant massif de maçonnerie, haut d'une dizaine de mètres et percé de cinq portes. On accède à la porte Tian'Anmen par sept ponts de marbre blanc, qui enjambent la rivière aux Eaux dorées (Jinshuihe), dont les eaux alimentent les douves qui cernent le Palais impérial et les cours d'eau qui traversent la Cité interdite. Le marbre blanc des ponts contraste admirablement avec le pourpre des murs massifs et les dorures des poutres de Tian'Anmen. On peut visiter, pour 30 yuan, le pavillon de la porte. C'est une salle imposante, longue de neuf travées et large de cinq. La travée est la mesure de superficie classique chinoise. Quatre colonnes forment une travée. La combinaison du nombre des travées (9-5) est, d'après le Livre des mutations, le symbole de la dignité impériale. On remarquera, de chaque côté de la porte Tian'anmen, deux grosses colonnes de marbre blanc sculpté. Ce sont des huabiao, c'est-à-dire, approximativement, des bornes rituelles. Les huabiao de la porte sont surmontés de deux ailerettes et d'un animal fabuleux accroupi. La colonne est couverte de nuages sculptés, parmi lesquelles flottent d'énormes dragons. Les animaux fabuleux étaient là pour surveiller l'empereur pendant ses déplacements en province, tout en l'enjoignant à revenir au plus vite. Derrière la porte Tian'Anmen se trouvent deux autres huabiao, également surmontés d'animaux fabuleux qui, cette fois, sont tournés vers le palais. Ceux-là sont censés surveiller les agissements de l'empereur dans sa vie privée et l'encourager à sortir de sa Cité interdite pour venir écouter son peuple.
 
 
La mausolée de Mao
Au-delà du monument aux Héros s'élève le mausolée de Mao, inauguré le 9 septembre 1977: une grande bâtisse à colonnade, animée de groupes de statues géantes retraçant l'épopée révolutionnaire dans le style cher au réalisme socialiste, entourée d'un jardin. Après avoir franchi l'entrée principale au N, on accède à un hall où sont parfois organisées des cérémonies commémoratives, devant une grande statue en marbre blanc de Mao assis, avec en toile de fond une broderie longue de 24 m. Deux pièces attenantes sont réservées au repos des visiteurs de marque. Dans la salle centrale repose le corps embaumé du fondateur de la nouvelle Chine, recouvert du drapeau rouge, dans un cercueil de cryolithe. Enfin aux murs de la salle sud, gravés pour l'édification des pèlerins, quelques textes célèbres du père fondateur.
 
 
Le palais de l'Assemblée du Peuple
Fermant la place Tian'Anmen à l'Ouest, le Renmin dahui tang, ou palais de l'Assemblée du peuple, est un bâtiment moderne à colonnes, qui ne doit presque rien aux conceptions architecturales traditionnelles, couvrant 171 800 m². Il est aux dimensions de la Chine avec une salle de banquet pour 5 000 convives, une autre salle de 10 000 places, réservée aux meetings et réunions de l'Assemblée populaire, et beaucoup d'autres encore pour les réceptions des délégations étrangères.
 
 
La Cité Interdite
 
Une page est consacrée à ce gigantesque palais qu'est la Cité Interdite.
 
 
Le temple du Ciel
 
La majesté du site, grandiose représentation symbolique de l'univers "cosmodrome" où l'Empereur entrait en résonance avec le ciel et la terre, s'accommode mal de la cohue et du brouhaha de la foule sur fond de musique antique. Il est aujourd'hui bien difficile d'y retrouver la magie du lieu...
Situés au Sud de la ville, près de Yongding men, dans un beau parc de 260 ha, au milieu d'une enceinte murée longue de 6,4 km et percée de quatre portes aux points cardinaux, les éléments du site sacré se distribuent selon un axe sud-nord.
Au midi, le Huanqiu tan, ou tertre circulaire, est entouré d'un mur concentrique, lui-même inscrit dans une seconde enceinte de plan carré. Les trois terrasses de marbre blanc, chacune entourée d'une balustrade également de marbre comprenant 360 piliers, forment l'esplanade-autel du "sacrifice au Ciel". Cette surface est faite de dalles s'ordonnant en cercles concentriques autour d'une dalle centrale. Chaque cercle comprend un nombre de dalles multiple de neuf. Une allée conduit à la triple porte qui donne accès à une cour où s'élève Huangqiong yu, la Voûte céleste impériale. Ce temple de plan circulaire, haut de 19,5 m, au toit couvert de tuiles bleues, abritait les tablettes ayant place dans le rituel impérial. Le mur d'enceinte circulaire possède une propriété acoustique expérimentée par la plupart des visiteurs: une personne tournée vers ce mur intérieur peut converser à voix normale avec une autre placée en un point diamétralement opposé.
En outre, trois dalles de l'allée qui mène à l'escalier du temple ont des propriétés plus surprenantes encore: depuis la première, un son provoque un écho simple, depuis la seconde un double écho, et de la troisième un triple écho.
Quittant la Voûte céleste par une triple porte rouge, on s'engage alors sur la belle chaussée dallée qui, après deux autres portes, aboutit à la cour où se dresse, sur une triple terrasse de marbre blanc, Qiman dian, le temple de la Prière pour de bonnes moissons. Après Tian' Anmen, il est sans doute le monument de Chine le plus photographié et le plus souvent reproduit. Ce n'est qu'en le contemplant que l'on comprend le mieux ce qu'il traduit: la stabilité de l'univers, l'harmonie, l'équilibre.
Le premier fut édifié en 1420, restauré en 1751, frappé et détruit par la foudre en 1889, reconstruit à l'identique, puis restauré avec le plus grand soin depuis 1949. De 30 m de diamètre et 38 m de hauteur, il se compose d'une triple toiture recouverte de belles tuiles vernissées bleues et surmontée d'une boule dorée, de quatre colonnes principales (représentant les saisons) et de vingt-quatre autres colonnes placées en deux cercles concentriques (les mois, les heures). Ces colonnes soutiennent une admirable charpente assemblée sans un clou. Au centre du dallage intérieur, une pierre particulière porte le nom de Longfeng shi (pierre du Dragon et du Phénix); tout autour, des trônes vides attendent de recevoir les tablettes rituelles. Derrière et en contrebas, Huangqian dian, le temple de l'Auguste Ciel, de plan rectangulaire, occupe une place mineure. C'est aujourd'hui un musée. À l'est, une galerie couverte conduit à des édifices annexes où étaient préparées les offrandes.
C'est dans ce cadre, et jusqu'en 1911, que les trois grandes cérémonies annuelles furent célébrées sans interruption: au solstice d'hiver, l'empereur rendait compte au Ciel des événements écoulés et de sa gestion (jiao tian); à la première lune de l'année, il venait rendre hommage au Ciel qui lui renouvelait son mandat (de xin); à la fin du printemps, il priait le Ciel d'accorder la pluie et de bonnes récoltes (da yu). Ces cérémonies apparaissaient comme la seule justification du pouvoir impérial. Le souverain entrait dans l'espace sacré par la porte Sud. Sur la grande esplanade, il accomplissait face au Nord les trois génuflexions et les neuf prosternations, comme le faisaient devant lui les vassaux qui paraissaient au palais... Il était seul dans ce tête-à-tête avec le Ciel, les princes, ministres et dignitaires se tenant à l'écart. Isolé à l'Ouest, le palais du jeûne est devenu un théâtre en plein air, les enfants jouent aux alentours, des jeunes gens flânent sur la chaussée impériale... Plus loin à 1'Ouest, de l'autre côté de Tianqiao nan dajie, le temple de l'Agriculture où, près d'une esplanade carrée, l'empereur venait tracer à la charrue huit sillons dans le sens Est-Ouest, est devenu un stade où les sportifs rêvent de battre des records.
 
 
Le temple des Lamas
Parmi les plus belles constructions de la capitale, Yonghe gong (ou Yong He Gong), mieux connu sous le nom de temple des Lamas se situe dans le secteur nord-est de la ville intérieure. Ancien palais du prince qui devint l'empereur Yongzheng en 1722, il fut, selon l'usage, transformé en fondation religieuse. Par la suite, le monastère lamaïste devint la résidence d'un bouddha vivant entouré de 300 lamas, de peintres et de sculpteurs, de serviteurs et de disciples. En 1900, il était difficile à un Occidental d'y pénétrer et des histoires ténébreuses donnaient à ce lieu l'aura du mystère. De 1911 à 1964, les lamas y célébrèrent leur culte sans entrave apparente. Fermé pendant la révolution culturelle, aujourd'hui restauré, il est très fréquenté par les fidèles et les touristes.
À l'Ouest, son entrée encombrée par les petits marchands de souvenirs donne accès à une première cour, où l'on retrouve une tour du tambour et une tour de la cloche. La seconde cour ouvre sur le Tiangwang dian et une statue de Maitreya sous la forme Dabao Milei (Milei à la grosse bedaine), assis, le genou droit relevé, la figure rieuse et la bouche largement ouverte. Adossée à cette statue et faisant face au Nord, l'effigie de Weituo en armure, les deux mains appuyées sur un bâton noueux, est entourée des Quatre Rois Célestes, gardiens des quatre directions. Au milieu de cette deuxième cour, un pavillon abrite une grande stèle gravée d'une inscription en quatre langues (chinois, mandchou, mongol, tibétain). Dans les galeries latérales, une belle série de tankas (bannières, ou rouleaux de peinture tibétaine) et de représentations des divinités du panthéon tibétain; au fond le Yonghe dian, salle de l'Éternelle harmonie, avec les trois bouddhas du passé, du présent et du futur escortés par les dix-huit luohan.
La troisième cour est celle de Yongyou dian, salle de l'Éternelle Protection, avec les statues du bouddha de longévité et du bouddha thérapeute (Yaoshiwang) à sa gauche. Au fond de la quatrième cour, le Falun dian, temple de la Roue de la loi, est coiffé d'une très belle toiture. Il abrite une grande statue dorée de Tsong Kapa, le fondateur du lamaïsme réformé (Gelongpa ou "Bonnets jaunes") ainsi qu'une bibliothèque d'ouvrages canoniques. C'est là que se réunissent les lamas pour méditer ou étudier les textes sacrés.
Enfin, au fond de la cinquième cour, l'édifice à trois étages du Wanfolou est occupé par une statue de Maitreya, le bouddha futur, haute de 18 m et, dit-on, sculptée dans un seul tronc de santal (photographie interdite). Ce sanctuaire où le fidèle et le visiteur sont conduits de cour en cour et de salle en salle apparaît comme le terme d'un itinéraire spirituel.
Tous les temples n'ont pas la splendeur baroque de Yonghe gong. On pourra le vérifier tout près de là au Wen Miao, fondé sous les Yuan et dédié à Confucius dont l'anniversaire est célébré avec éclat le 27ème jour du 8ème mois.
 
 
Le temple de Confucius
En sortant du temple des Lamas, traversez la grande rue Dongsi et engagez-vous dans une des plus jolies ruelles de Pékin, la Guozijian jie. Vous longerez alors le temple de Confucius et le Collège impérial. Avant d'entrer dans le temple, vous remarquerez deux stèles célèbres. Sur ces stèles sont gravés en six langues (mandchou, chinois, mongol, ouïghour, tibétain et tuote) des caractères dont on peut donner la traduction suivante : « Les mandarins et leur suite doivent descendre de cheval à partir d'ici », en marque de respect pour le Grand Sage.
Le contraste entre le chatoiement du temple des Lamas et la sobriété paisible du temple de Confucius est total. Ici, dans ce temple aux arbres séculaires, stèles grises, aux bâtiments de briques sombres, on est au coeur de la Chine austère ; celle que le philosophe Confucius voulait vouer à l'étude et au respect des rites. Fondé sous les Yuan, au XIVème siècle, ce temple est, après celui
de Qufu, le plus grand temple consacré à Confucius. Il couvre une surface d'environ 2,2 ha. Il est aujourd'hui transformé en musée.
Le bâtiment principal, Dachengdian, abrite les nombreux instruments de musique, cithares, pipas, pierres musicales, qui servaient au cours des cérémonies traditionnelles, notamment le 27ème jour du 8ème mois lunaire, anniversaire de Confucius.
Dans la première cour, on apercevra des rangées de hautes stèles en marbre, 198 au total. C'est là que, sous les dynasties Yuan, Ming et Qing on inscrivait les noms des lauréats qui avaient réussi les concours impériaux, dans le Guozijian, le Collège impérial, qui se trouve à l'arrière du temple. Avec beaucoup de patience, on pourra ainsi déchiffrer les noms, lieux de naissance et grades de 51 624 diplômés ! A l'intérieur du pavillon qui compose la porte Dacheng, se trouvent dix tambours de pierre (ce sont des reproductions, les originaux ont été déplacés à l'intérieur du Palais impérial). On a beaucoup écrit sur ces fameux tambours dont l'origine exacte reste inconnue mais qui dateraient du VIIIème siècle av. J.-C. au plus tôt, du IIIème siècle av. J.-C. au plus tard. Des poèmes décrivant des scènes de chasse sont gravés sur leurs flancs.
Derrière le Dachengdian se trouve une autre collection remarquable de stèles. Il s'agit du texte officiel des treize plus grands classiques chinois, 63 000 caractères en tout. Elles sont l'oeuvre d'un seul homme qui travailla de 1726 à 1737, pour réaliser ce tour de force. Les galeries est et ouest du temple sont maintenant occupées par le musée de la ville de Pékin.
 
 
Le lac Beihai
 
Les trois lacs qui longent l'ouest de la Cité interdite furent de tout temps l'objet d'une grande attention de la part des empereurs : Kubilai y fit construire son palais et l'impératrice Cixi y installa ses quartiers d'hiver. Seul, le plus au nord des trois, le Beihai, est ouvert au public. En entrant par le sud, vous franchirez l'un des plus beaux ponts de marbre de Pékin, vieux de 600 ans, qui donne accès à l'île aux Hortensias (Qionghua dao) le plus beau site du parc. Juste à l'entrée du pont, on pourra visiter la forteresse ronde (Tuancheng), intéressant musée et centre de l'ancienne capitale mongole. Seuls vestiges de ce passé : les cyprès et une vasque de jade noir d'1,5 m de diamètre utilisée par Kubilai pour offrir le vin à ses invités. Une fois traversé le pont, un sentier escarpé conduit au Dagoba blanc, construit en 1651 en l'honneur de la visite du 5` dalaï-lama. Au pied du versant nord de la colline se trouve le célèbre restaurant Fangshan où est servie la cuisine impériale. Une galerie court le long de la berge. On quitte l'île par un deuxième pont de marbre et on tourne à gauche pour longer le lac. Sur la rive orientale se dresse le pavillon Huafangzhai où sont exposées les oeuvres de peintres contemporains.
Le nord-ouest du parc est la partie qui présente le plus de monuments. Les pavillons des Cinq Dragons (Wulongting), construits sur l'eau et reliés entre eux, dessinent des méandres évoquant des dragons. A droite, le Xiaoxitian, pavillon de grande dimension, représente le Ciel de l'Ouest ou paradis bouddhique. Tout au fond, le pavillon du Grand Ciel de l'Ouest (Daxitian) est l'une des plus admirables constructions en bois de Pékin. En remontant vers le nord, on arrive au mur aux Neuf Dragons (Jiulongbi) avant de pénétrer dans le parc Jingxinzhai où l'empereur Qianlong venait s'adonner à la poésie et à la peinture. Vous pourrez y méditer, vous aussi, devant une tasse de thé accompagnée des petits fours qui faisaient les délices de l'impératrice Cixi. Vous pourrez également louer une barque, le canotage étant l'attraction principale du parc pour les visiteurs chinois.
Accolé à la Cité interdite, ce très beau parc fut aménagé comme lieu de plaisance pour les empereurs. L'impératrice Cixi y résida, préférant ce lieu à la froideur des palais de la Cité interdite. Ouvert au public en 1928, il fut à nouveau fermé en 1933 pour devenir la résidence officielle du premier président de la République, Yuan Shikai, puis celle des principaux dirigeants du Parti communiste en 1949. On peut visiter l'île Yingtai où l'infortuné empereur Guangxu fut emprisonné, sur ordre de sa tante l'impératrice douarière Cixi, après sa vaine tentative de réforme. Fengzeyuan, où les empereurs s'adonnaient symboliquement à la culture, est devenue par la suite la demeure de Mao Zedong. Le célèbre palais Ziguangge fut utilisé par l'empereur Qianlong pour recevoir les tributs des pays sous protectorat chinois, par l'empereur Tongzhi pour sa première entrevue avec les représentants des puissances occidentales. Il sert aujourd'hui à recevoir les hôtes officiels du gouvernement.
 
 
Le temple du Nuage Blanc
Baiyunguan est situé dans les quartiers ouest de Pékin, presque directement au sud de l'hôtel Yanjing. Il se trouve dans un quartier assez modeste et ses abords évoquent davantage l'approche d'une usine que le voisinage de l'unique grand temple taoïste de Pékin. Fondé sous la dynastie des Tang, à l'époque Kaiyuan (713-741), il devint sous les Mongols le centre du taoïsme pour le nord de la Chine. L'édifice actuel fut reconstruit en 1706, après qu'un incendie eut détruit les bâtiments anciens. On peut visiter les cinq cours successives qui composent le temple et croiser quelques-uns des moines taoïstes qui vivent en ces lieux. Ils sont reconnaissables à leurs cheveux longs ramenés en chignon au sommet du crâne. Sur la terrasse de la troisième cour se trouvent une grande cloche et un beau cheval de bronze. Ce cheval se trouvait autrefois dans le Dongyuemiao, temple du Pic de l'Est, mais, depuis la fermeture de ce temple, tous les objets et manuscrits ayant trait au taoïsme se trouvent réunis dans le Baiyunguan. Dans une des salles sont présentées les soixante statues qui symbolisent les soixante années du cycle du calendrier. Vous pourrez y découvrir l'animal tutélaire qui correspond à votre année de naissance. Au fond de la cinquième cour se dresse un un bâtiment à deux étages, qui abrite statues, traités et peintures taoïstes.
 
 
Le temple du Dagoba Blanc
En chinois, Baitasi. Il se trouve au nord-ouest de Xidan, rue Fuchengmennei. L'origine de ce temple remonte au XIème siècle, époque à laquelle existait déjà une pagode. Sous les Yuan, l'empereur Kubilai fit restaurer à grands frais la pagode et ordonna la construction d'un temple. Les travaux durèrent huit ans sous la direction du célèbre architecte népalais Anige (qui a réalisé la pagode d'Or qui se trouve au Tibet). Plus tard, sous les Ming, le temple fut reconstruit et prit le nom de Miaoyingsi, qu'il porte encore actuellement. Les seuls vestiges authentiques aujourd'hui conservés sont la pagode, bel exemple de l'architecture Yuan, et la dernière salle (salle des Six Esprits) d'architecture Qing. Tout le reste a été détruit durant la Révolution culturelle et reconstruit en 1980. Seule la cour de la pagode fut épargnée par les gardes rouges pour la bonne raison qu'une usine prit très vite possession des lieux et fit de la cour un entrepôt. Les reliques furent oubliées là durant des années. Le temple est formé de quatre salles : la salle des Gardiens est sur la gauche. A droite, on visite la grande salle gardée par deux lions de bronze, qui a été transformée en musée. C'est là que se trouvent les reliques découvertes lors du début des travaux de restauration en 1978 : un sutra à la gloire de la pagode, une très belle statue de bois représentant Guanyin, un petit bouddha en or, une chasuble et la coiffe de l'abbé, les huit trésors en or, argent et pierres précieuses, un manuscrit de la main de Qianlong...
Tous ces précieux objets datent du règne de Qianlong des Qing. La troisième salle, l'ancienne salle des Sept Bouddhas, abrite aujourd'hui les trois Bouddhas et leurs disciples ainsi que dix-huit remarquables statues de bronze qui représentent les dix-huit Gardiens célestes (sur les côtés). Toutes ces statues proviennent du Huguosi, temple qui se trouvait à proximité et dont il ne reste plus rien. Au milieu de la salle est exposée une très belle collection de statuettes de bronze d'époque Ming et Qing, représentatives de la statuaire lamaïste. Toutes ces statues avaient été rejetées au nord du parc Beihai durant la période de vandalisme de la Révolution culturelle, avant d'être rendues au musée de la capitale. Vous pourrez aussi admirer une statue de Guanyin aux mille bras, qui date des Qing. Il est très rare de voir exposées au tant d'oeuvres de qualité dans un temple. De la salle des Sept Bouddhas, on gravit quelques marches avant d'accéder à la cour de la pagode et de pénétrer dans la dernière salle, la salle des Six Esprits, qui a été épargnée. On remarquera un très beau plafond à caissons, qui n'a heureusement pas été retouché. Sur les côtés, de très belles tapisseries d'inspiration lamaïste. Enfin la pagode haute de 50,9 m divisée en trois sections : la base haute de 9 m en forme de lotus, le corps de la pagode haut de 18,4 m et la tour formée de treize anneaux concentriques et surmontée d'une couronne de cloches qui pèse 4 tonnes.
 
 
La ville tartare
 
Le quartier qui a conservé le plus de charme se trouve au nord-ouest de la Cité interdite, dans ce qui était autrefois appelé la ville tartare, parce qu'habitée par les Mandchous. En sortant par la porte nord de Beihai, vous vous trouvez devant le lac antérieur Qianhai, suivi des deux autres lacs Houhai et Jishuitan qui forment un joli chapelet connu sous le nom de mer des Dix Monastères (Shishahai). Durant les mois d'été, c'est un des lieux favoris des Pékinois pour prendre le frais. On peut visiter quelques-unes des belles demeures de l'aristocratie mandchoue, construites sur le modèle des cours carrées (siheyuan). La plupart ont été allouées en 1949 à d'éminentes personnalités du monde culturel et politique ralliées au nouveau régime. Sur la rive ouest du lac antérieur, au n° 18 de la Qianhai xijie, les anciens bâtiments de l'université catholique, ellemême construite sur le site du palais Qing, furent mis à la disposition de Guo Moruo, homme de lettres et historien pour le remercier de son infaillible fidélité. Lancienne résidence
du prince Gong, située derrière la maison de Guo Moruo, est encore occupée par un institut des Beaux-Arts mais les jardins sont ouverts au public.
En remontant vers le lac postérieur (Shishahouhai), sur la rive nord, on arrive à la très belle résidence du prince régent Chun (46, rue Beiyan), où naquit le dernier empereur Puyi. Le triste sort de ce dernier serait, dit-on, imputable à l'entêtement de son père, qui, négligeant le respect des usages qui exigeait qu'il parte après la naissance d'un « dragon » sous son toit, refusa de faire place nette au futur empereur. En 1949, ce fut la veuve du fondateur de la république, Song Qingling, qui en eut la jouissance.
A la mort de leurs occupants, toutes ces résidences ont été ouvertes au public et transformées en musée. Il est intéressant d'essayer d'imaginer ce qu'était l'organisation spatiale de ces maisons où plusieurs générations cohabitaient sous l'autorité du patriarche. De ces belles demeures, il ne reste souvent que les portes gardées par une paire de lions. L'intérieur a été divisé entre plusieurs familles, chacune occupant un côté de la cour. Des fabriques de quartier et des dépôts se sont également installés çà et là, de façon anarchique. Cependant vous pouvez flâner au coeur du Pékin éternel, dans les petites ruelles bordées de saules pleureurs au charme sans égal. A l'ouest du lac, en remontant la Gulou beidajie on peut apercevoir la massive tour du Tambour, construite en 1420, qui renfermait les tambours sur lesquels on frappait les heures. Le temple Jaune (Xihuangsi) que l'on peut apercevoir du périphérique nord sur la gauche, juste avant de tourner à droite pour prendre la rue des tombeaux Ming., fut construit sous le règne de l'empereur mandchou Shunzhi, en 1650, pour servir de résidence aux dignitaires tibétains et mongols de passage à Pékin. L'orgueil de ce temple est une de de marbre blanc considérée comme un chef-d'oeuvre de l'architecture de l'époque.
En revenant vers les lacs pour retrouver l'avenue Deshengmen, on passe devant une des rares portes bien conservées : la tour Deshengmen, haute de 34 m. Elle fut construite en 1436, et abrite aujourd'hui le musée de l'Armée de la dynastie des Qing.
En redescendant l'avenue Deshengmen, on arrive à Huguosi jie au coin de laquelle se dresse l'ancienne résidence du prince Ching (9, rue huguosi), historiquement connu comme l'un des signataires de l'infamant protocole de paix en 1902. La demeure fut occupée dans les années 50 par le célèbre acteur de l'opéra de Pékin, Mei Lanfang. Elle est maintenant transformée en musée. En continuant la rue Huguosi vers l'ouest on arrive au Huguosi, temple qui fut construit en 1365 sur les lieux de l'ancienne demeure d'un prince mongol. Il ne reste pratiquement rien de ce temple. Un peu plus loin, la Xisi beidajie descend vers Xidan, avant d'arriver à Xisi. Sur votre gauche, dans la Yangshi dajie, perdu au milieu des immeubles, vous découvrirez le temple du Grand Secours (Guangjisi), qui est également le centre de l'Association bouddhiste. Le temple est en principe fermé au public mais le gardien, assez accommodant, vous autorisera à jeter un rapide coup d'oeil. De belles statues de Guanyin sont exposées dans la troisième salle. Une très ancienne bibliothèque renfermant de précieux manuscrits de l'époque Tang a pu être sauvée de l'incendie de 1932 qui détruisit le temple. Un peu plus à l'ouest, sur Fuchengmen neidajie, se trouve le joli temple de la Pagode blanche (Baitasi).
En revenant vers Xisi beidajie, vous prendrez une des petites rues dans le prolongement de Fuchengmen, et vous arriverez dans la rue Xishiku (à l'ouest de Beihai) d'où vous pourrez apercevoir la lourde silhouette gothique de l'église Notre-Seigneur (Beitang), cathédrale du Nord, en chinois. Occupée par une usine et un collège, durant les années 70, elle n'a été restaurée qu'en 1985.
 
 
Le centre ville
 
A l'est de la Cité interdite, une grande partie de la ville se cache encore dans un dédale de ruelles, les hutong, terme d'origine mongole qui évoque les puits dispersés dans les quartiers. Chaque famille érigeait autour de sa maison un mur ne laissant qu'un passage étroit pour accéder au puits.
En remontant Wangfujing, ne manquez pas Xila hutong, c'est une ruelle au nord de l'ancienne Jin yu hutong (détruite pour en faire une large avenue), sur la gauche. Il s'agit de l'ancienne rue chic de Pékin, où naquit et grandit mademoiselle Yehonala, qui allait devenir la fameuse impératrice Cixi.
Au nord, sur le côté droit de Wangfujing se dresse l'église Dongtang, détruite en 1900 par les Boxers. En continuant vers le nord, vous arrivez à une rue plus large, Dengshikou, qui vous amène à l'est sur l'avenue Dongsi. Vous continuez dans la même direction en prenant la rue en face, Neiwubu jie, qui se prolonge par le Lumicang hutong dans lequel se trouve le temple de l'intellectualisation (Zhihuasi). Surnommé le Temple noir à cause des tuiles bleu sombre qui recouvrent sa toiture, il est l'un des plus beaux vestiges de l'architecture Ming. La salle des Dix Mille Bouddhas, à l'étage supérieur du bâtiment central, présente des parois couvertes de petites niches abritant des bouddhas, les plus petites statues mesurant à peine 5 cm.
En revenant vers l'avenue Dongsi, en direction du sud, vous traverserez de très jolis hutong qui vous amèneront à Dongdan : Shijia hutong, entre les Chaoyangmen nanxiaojie et Dongsinandajie, plus au sud Hongqi hutong animé par un petit marché de quartier. Parmi les siheyuan (maisons à cour carrée) encore bien conservées, signalons celle qui se trouve à droite du bureau des taxes, sur l'avenue Dongsi à Chegongzhuang, et l'hôte l'Haoyuan au n° 53 Shijia hutong.
 
 
La ville Chinoise
 
Située au sud de la porte Qianmen, c'était l'ancien quartier des commerces et des plaisirs. Elle a perdu beaucoup de son pittoresque mais reste très populaire. Il n'est pas rare de trouver encore le soir à Tianqiao (sud de la rue Zhushikou), des salles de quartier où vieux comme jeunes affluent pour écouter les conteurs.
A partir de Dashala et de Liulichang à travers un dédale de hutong, on débouche sur l'avenue Guang'anmen neidajie, avant d'arriver à la pittoresque rue de la Vache (Niujie) qui descend en direction du sud. C'est le quartier des Chinois musulmans (Hui). Ils sont à peu près 200 000 à vivre à Pékin dont 10 000 dans la rue Niujie et les ruelles adjacentes. Rien ne les distingue des Han si ce n'est leur coiffe blanche sur le sommet du crâne ; certains visages plus typés révèlent une origine d'Asie centrale.
En remontant la rue à partir du sud vous passerez diverses boutiques hui et une école élémentaire avant d'arriver à la mosquée, à mi-chemin sur votre droite. La façade rappelle un temple chinois avec ses toits incurvés et des bas-reliefs aux couleurs vives. Construite en 966, elle fut rénovée sous les ordres de Kangxi, qui publia un édit protégeant la communauté hui. Devant l'entrée s'élève une petite tour, Wangyuelou, ou « tour pour observer la lune ». C'est de là, chaque année, que l'imam annonce le ramadan. La salle des prières est strictement interdite aux visiteurs.
A dix minutes à pied, à l'est de la rue, on arrive dans un des plus vieux temples de Pékin : le temple de la Source de la loi (Fayuansi), construit en 645. Le temple abrite aujourd'hui l'Académie bouddhiste où une centaine de moines novices se dédient à l'étude des sutras. Les Quatre Gardiens célestes et le Bouddha Milofu à l'entrée du temple sont des statues en bronze, de l'époque Ming. La salle Dabianjue abrite une très belle sculpture de pierre de 5 m de haut, datant des Ming et représentant mille bouddhas, surmontés des bouddhas des quatre points cardinaux au-dessus desquels apparaît le Bouddha du Dharma. Dans la dernière salle des sutras, sont exposées de très belles sculptures bouddhistes dont les plus anciennes remontent à la dynastie Han.
 
 
Le palais d'Eté
 
Le site fut découvert sous les Jin qui, en 1153, y aménagèrent le jardin aux Eaux d'or (Jinshui yuan). Les Yuan l'adoptèrent, puis les Ming en firent le jardin des Collines merveilleuses (Haoshan yuan). Au XVIIIème siècle, Qianlong multiplia les constructions dans ce qui devint le "jardin de la Prudence et de la Clarté. En 1860, les armées anglo-françaises le réduisirent en cendres.
Les palais actuels sont ceux que fit édifier l'impératrice douairière Cixi à partir de 1888 en leur consacrant les budgets de l'armée et de la marine. Elle les baptisa "Jardin où l'on cultive la concorde" (Yi He yuan). L'entrée principale à FE est marquée par un grand pailou en bois (portique à trois ou cinq arches portant une inscription). Après un mur écran (ying bi) qu'il faut contourner on découvre un domaine de 300 ha, dont les quatre cinquièmes sont couverts par le lac. Point n'est besoin de visiter méthodiquement la centaine d'édifices dispersés dans le parc et sur les pentes de la colline de la Longévité millénaire (Wanshou shan). Mieux vaut y flâner, le plan en main, ou suivre le courant des excursionnistes chinois, toujours très nombreux en ces lieux.
Venant de l'Est, on traverse le palais Renshou dian, où l'empereur donnait audience, le Délie yuan où subsiste un théâtre à trois étages, puis, au bord du lac, le Yulan tang, salle des Vagues de jade, et enfin le Leshou tang, palais de la joie et de la Longévité, occupé par les appartements de Cixi. De jeunes gardiennes en costumes mandchous, qui semblent faire partie du décor, surveillent les visiteurs et n'apprécient pas qu'ils les photographient.
Une longue galerie couverte suit la rive du lac et conduit au Paiyun dian, le palais des Nuages ordonnés. Par un escalier de pierre, on parvient bientôt au Foxiang ge, temple des Fragrances bouddhiques à quatre étages, et enfin au Zhihui hai, temple de la Mer de la parfaite Sagesse, construit en 1750 et qui abrite une grande statue du Bouddha. De part et d'autre de cet alignement de temples bouddhiques, quelques pavillons portent des noms trop évocateurs pour une réalité parfois très banale: "pavillon des Nuages précieux", "temple des Prières tibétaines", "pavillon des Cinq Directions". Mais les sentiers d'accès et les points de vue méritent un détour. Puis, par la "promenade des Beaux Paysages", ou par "le Nid dans les pins", on arrive au trop célèbre Bateau de marbre- en fait un embarcadère transformé et défiguré par la vieille impératrice. À deux pas de là, la "Salle pour écouter le chant des rossignols", Tingli guan, est devenue un restaurant où tout est prévu pour accueillir les touristes étrangers.
Le lac Kunming (ou Kun Ming) offre, durant l'été, un magnifique plan d'eau aux milliers de jeunes qui se livrent aux joies du canotage et du pédalo, carénés dans le style "parc d'attractions". Pendant quelques semaines, en hiver, il devient une patinoire de choix. La promenade autour du lac se fait en 2 ou 3 h. Partant de la rive orientale, on s'arrêtera à la tour du Dieu de la Littérature, puis au célèbre boeuf de bronze, de l'époque Qianlong, qui garde le merveilleux pont aux dix-sept arches reliant l'île Nanhu à la rive. Dans cette petite île, le temple du roi Dragon, Longwang miao, date du XVIIIème siècle. Une digue coupée de six ponts, dont celui de la Ceinture de jade, Yudai qiao, d'une particulière élégance, isole la partie O du lac. Après cette visite du nouveau palais d'Été, il n'est pas interdit de s'arrêter, sur le chemin du retour, au Yuanming yuan, jardin de Perfection et de Clarté, pour y rêver dans les quelques ruines encore visibles. Les jésuites du XVIIIème siècle en ont laissé des descriptions émerveillées, et le lieutenant de vaisseau Pallu, de l'expédition anglo-française de 1860, écrivait: "L'impression que produisit la vue du palais d'Été sur les alliés, sur des hommes très différents les uns des autres par l'éducation, par l'âge et par l'esprit, fut la même. On ne chercha pas si les genres étaient comparables; on fut frappé d'une manière absolue, et on l'exprima en disant que tous les châteaux impériaux de France n'auraient point fait un Yuan ming yuan." Néanmoins, le 18 octobre 1860, ce fut le sac puis l'incendie du palais d'Été, ordonné par Lord Elgin, qui n'épargna même pas la bibliothèque, comparable à celle d'Alexandrie au début de l'ère chrétienne. Mais ces vestiges, au Nord-Est et à l'Est de l'actuel palais d'Été, non loin de l'Institut technique, ne sont pas signalés et s'enfoncent lentement dans le sol.
 
 
Xiang shan : Les collines parfumées
Le parc des Collines parfumées, célèbre pour ses érables dont les feuillages prennent en automne une belle teinte d'un rouge lumineux, connut son heure de gloire sous les empereurs mandchous qui en firent une réserve de chasse aménagée en vingt-huit sites. Il fut malheureusement très endommagé lors de l'expédition punitive des huit puissances européennes en 1860, puis par les Boxers, qui se révoltèrent en 1900.
Si,vous pénétrez dans le parc par la porte est, vous trouverez sur votre droite le Temple lumineux (Zhao- IM miao) construit en 1780 dans le style tibétain, pour servir de résidence au panchen-lama. Légèrement à l'ouest du temple, on aperçoit une jolie pagode de sept étages en tuiles vernissées, Liulita. En redescendant à l'est de la pagode, on arrive au pavillon de l'Introspection (Jianxinzhai), entourée d'une enceinte que viennent égayer des fenêtres aux formes variées, tandis que le jardin rappelle ceux de Suzhou. Un téléphérique vous mène au sommet, d'où vous pourrez admirer le panorama sur le palais d'Eté et sur les pagodes du parc de la Fontaine de jade (Yuquanshan). Ce dernier fait partie d'une zone militaire interdite au public.
En poursuivant vers le nord, on passe devant l'étang lunettes (Yangjinghu), ainsi nommé à cause de sa forme. L'entrée nord donne directement sur le temple des Nuages azurés. Au sud du parc se trouve l'hôtel Xiangshan, oeuvre de l'architecte américain I.M. Pei, auteur entre autres de la pyramide du Louvre, qui a tenté d'associer les formes modernes et le style traditionnel des maisons à cour carrée (siheyuan). On trouve encore de nombreux temples bouddhistes aux Xiangshan : le temple des Nuages azurés (Biyunsi), admirablement enchâssé dans les cyprès qui l'entourent, semble flotter dans un nuage de verdure tel un bâtiment fantôme. Construit en 1331, sous les Yuan, il fut transformé par un eunuque de la dynastie Ming, qui n'hésita pas à détourner les fonds collectés par les fidèles pour en faire sa résidence. Les six cours successives mènent à la pagode du Trône du Diamant (même structure que pour le Wutasi). Sur la terrasse, se dressent cinq tourelles et deux pagodes blanches. Dans la troisième cour, se trouve la salle des Luohan où l'on peut admirer cinq cent huit statues des disciples de Bouddha hautes de 2 m, en bois doré. Les dernières salles du temple sont occupées par le mémorial Sun Yatsen.
Non loin de là, vous pourrez découvrir le temple du Bouddha couché (Wofosi). Un peu avant le terminus des bus, prenez sur la gauche, au carrefour. Un pailou (arche) et plusieurs petites cours mènent au bâtiment du fond qui abrite la copie d'une célèbre statue de la dynastie Yuan : longue de 5 m, en bronze laqué, elle est l'image du nirvâna. Par la porte du fond, on accède à un sentier conduisant à la vallée des Cerisiers qui ressemble à un paysage japonais.
 
 
Le Fahaisi
 
Le temple de la mer de la Loi se trouve au sud de Badachu, à l'extrémité ouest de l'avenue Chang'an, après le complexe sidérurgique de Pékin. Du temple, qui date de 1439, il ne reste que la salle principale, la salle du Trésor (Daxiong baodian), dont les parois du font sont couvertes de très belles fresques décrivant l'adoration du Bouddah. Dans les deux salles latérales sont exposés des peintures murales provenant du Yonglegong (temple situé dans le sud du Shanxi) et des grottes de Dunhuang.
 
 
Le Tanzhesi
 

Ce monastère est un très vieux temple fondé au IIIème siècle, sous la dynastie des Jin. On raconte que les moines auraient été recrutés parmi d'anciens criminels en fuite, qui, en entrant en religion, se mettaient à l'abri de la loi. Plus tard, il devint un haut lieu de la secte bouddhiste Huayan, fréquenté par les empereurs mandchous.
Ses bâtiments dominent un très beau site au coeur des collines de l'Ouest. Le temple doit son nom de « temple de l'étang et de zhe » à une mare, la mare du Dragon (au fond du monastère), où les paysans venaient implorer le ciel pour qu'il pleuve, et à un arbre, le zhe, sorte de mûrier sauvage dont l'écorce renfermait, disait-on, des propriétés capables de guérir les femmes stériles. Il reste, à l'entrée du monastère, quelques spécimens protégés de cet arbre. L'ensemble des bâtiments s'élève sur trois niveaux. L'allée centrale s'ouvre par un pailou et une porte avant d'arriver au pavillon des Quatre Gardiens célestes, puis à la salle principale : le palais du Trésor. Ce dernier se distingue par deux magnifiques dragons en tuiles vernissées, motif traditionnel d'ornement des toits, dont la fonction était de

le temple contre les incendies. On traversera ensuite le pavillon du Soleil (Piluge) dédié au Bouddha Vairocana. L'allée ouest conduit au temple de Guanyin où l'on remarquera un portrait de la nonne Miaoyan - une des filles de Kubilai, qui se retira dans le temple pour prier et racheter les fautes de son père - puis au temple du Roi-Dragon et enfin au temple dédié au fondateur de la secte Huayan.
L'allée est réservée aux pagodes qui signalent les tombes des religieux parmi lesquelles se trouve celle de la nonne Miaoyan. A côté du jardin de bambous, le pavillon Liubeiting était réservé à l'empereur Qianlong lors de ses visites. Une eau de source coulait dans une rigole en forme de dragon et l'un des jeux consistait à y déposer une coupe de vin : si elle se renversait, le perdant devait la boire d'un trait et réciter un poème. En Chine, les beuveries ne sauraient se passer de ces joutes oratoires à la gloire du vin et des plaisirs... même dans un temple !

 
 
Le Jietaisi
 
Le temple de la Terrasse de l'initiation se trouve à 8 km au sud-ouest de Tanzhesi. Le moine Fa Jun fit dresser, sous la dynastie des Liao, une terrasse à trois niveaux qui devait servir d'autel pour l'initiation des novices, d'où le nom de ce temple. Le prince Gong (un des oncles du dernier empereur) s'y retira en 1888. La terrasse, haute de 3 m, est sculptée à la base de bas-reliefs qui représentent un monde peuplé de divinités. La terrasse est célèbre pour la beauté des pins aux formes étranges qui la bordent dont le « pin du dragon couché » (un chef-d'œuvre de contorsions) et le fameux pin blanc. Au sud de l'autel : deux pagodes et deux chuang (piliers en pierre) datant des Yuan.
 
 
La Grande Muraille

Une page est consacrée à cette extraordinaire construite qu'est la Grande Muraille.

 
 
Les tombeaux Ming
Les treize tombeaux des Ming se situent au nord de Pékin, à une cinquantaine de kilomètres du centre de la ville. On ne peut s'y rendre que par la route. Répartis sur 40 km², ils se trouvent dans un vallon exposé au sud, dominé par le mont du Dragon à gauche et à droite par le mont du Tigre. A partir du troisième empereur de la dynastie, les Ming se sont fait construire treize tombeaux disséminés au pied et sur le versant des montagnes. Les deux premiers empereurs Ming, eux, ont leur tombeau à Nankin. Chaque tombeau comporte trois parties essentielles : la tour de la stèle, les édifices où se préparaient et où étaient déposés les sacrifices et le tumulus proprement dit. Chaque ensemble de bâtiments est entouré d'un mur d'enceinte rouge.
A l'entrée de la vallée sacrée, on découvre un grand portique de marbre blanc de 31 m de large érigé en 1540 sous le règne de l'empereur Jiajing. La route passait autrefois sous ce portique mais elle a été déviée pour des raisons essentiellement agricoles. En suivant la route pendant un kilomètre environ, on arrive à la Grande Porte rouge, l'entrée de la nécropole proprement dite. Au-delà de la porte se dressent le pavillon de la stèle (supportée par une gigantesque tortue) et deux belles colonnes de marbre. C'est là que commence la fameuse voie des Esprits, longue de 7 km. De chaque côté s'alignent vingt-quatre statues d'animaux (lions, chameaux, éléphants, chevaux et les animaux mythiques xie chi et qi lin) ainsi que douze statues représentant des mandarins, militaires et civils, et des sages. Puis on parvient enfin au portique du dragon et du phénix, Lingxingmen, et on aperçoit de là les treize tombeaux à l'ombre des pins et des cyprès.Sur les treize tombeaux, trois seulement ont été restaurés. Dingling est la tombe de Wanli (quatorzième empereur). Le tombeau, le seul à avoir été fouillé, se trouve à 27 m sous terre et comprend cinq salles. Dans la salle principale, sont exposés trois trônes de marbre blanc, les deux premiers sont ceux des impératrices, celui du fond appartenant à l'empereur. Devant les trônes, sont exposés des objets rituels dont un grand vase de porcelaine qui contenait l'huile de sésame et la mèche, destinées à alimenter la « lampe éternelle ». Changling, où repose Yongle, est le tombeau le plus ancien et le plus étendu. Les bâtiments principaux sont la salle des Faveurs éminentes (Lingendian), soutenue par trente-deux piliers en bois de cèdre du Yunnan, la massive tour carrée et le tumulus muré. Zhaoling, qui est la sépulture du treizième empereur Longqing, offre un bel ensemble architectural. Le splendide isolement des tombeaux, abandonnés au coeur des champs et des vergers, a été quelque peu perturbé par la construction d'un golf : cette initiative japonaise a rencontré un franc succès auprès des dirigeants chinois, qui voulaient se donner une nouvelle image outre-mer.
 
 
Les tombeaux Qing
Les tombes des empereurs mandchous sont réparties en deux nécropoles à égale distance de Pékin, l'une à l'est, Dongling, l'autre à l'ouest, Xiling. Le trajet (six heures aller et retour) est fatigant en raison du mauvais état des routes.
La nécropole de l'Est (Dongling). Située à 125 km, au pied des monts Changrui. La nécropole regroupe les sépultures de cinq empereurs et cinq impératrices. L'entrée est marquée par un magnifique pailou qui ouvre la majestueuse voie des Esprits conduisant au tombeau Xiaoling où repose le premier empereur mandchou Shunzhi. Le tombeau le plus intéressant est celui de Qianlong (à côté du guichet où l'on se procure les billets d'entrée), de style tibétain. Le palais souterrain comprend trois pièces richement décorées de basreliefs sculptés dans le marbre blanc. La tombe de l'impératrice douairière Cixi est accessible depuis le tombeau de Qianlong en empruntant un passage qui se trouve à l'ouest de l'entrée. Les caisses de l'empire étant vides à sa mort, le « vieux Bouddha » dut se contenter d'une salle funéraire plus modeste que celle de son glorieux voisin. La tombe fut pillée en 1928 par un Seigneur de la guerre.
La nécropole de l'Ouest (Xiling). A la mort de l'empereur Kangxi, son successeur, Yongzheng, effrayé d'être enterré au même endroit que son père, qui, comme lui, avait gagné son trône au prix de quelques assassinats, choisit un autre site pour sa tombe, à 120 km à l'ouest de la capitale, sur les pentes ombragées des monts Yongning. Son fils, l'empereur Qianlong, refusa d'abandonner le site des premiers empereurs et se fit enterrer à Dongling. Par la suite les deux nécropoles devaient être choisies alternativement. Tout comme Dongling, chacune des quatre tombes impériales a sa propre voie des Esprits. Les autres tombes sont celles des impératrices, concubines, princes et princesses (au total soixante-seize membres de la dynastie Qing) ensevelis sur une surface de 100 km
²' protégée par un mur d'enceinte. La tombe la plus imposante est Tailing où repose Yongzheng, au centre de la nécropole. A proximité, se trouve celle de l'impératrice Niuhulu, mère de Qianlong. Le plus émouvant des tombeaux est celui de l'infortuné Guangxu, déchu sous les ordres de sa tante Cixi. Son tombeau, excentré, par rapport aux autres, fut construit après sa mort (1908) et achevé par le gouvernement républicain en 1915, avec l'argent de la couronne.
La Chine