La Mongolie Intérieure
 
Par sa superficie, 1 118 000 km², la Mongolie est la troisième province de Chine après le Xinjiang et le Tibet. La région autonome de Mongolie intérieure est encore très mal connue des touristes occidentaux. Son climat continental aux hivers excessivement longs et rigoureux en interdit pratiquement l'accès plus de six mois de l'année. Patrie des Huns qui envahirent l'Europe et des redoutables cavaliers Xiongnu qui harcelèrent la Chine pendant des siècles, la Mongolie intérieure reste une région sauvage auxvastes étendues désertiques traversées de loin en loin par un troupeau de chevaux ou de chameaux.
Les Mongols proprement dits apparaissent à la fin du XIIème siècle avec Gengis Khan. Avant cette date, l'immensité des steppes de l'Ordos était occupée par des tribus turques et protomongoles. Au début du XIIème siècle, le redoutable Gengis Khan fit entrer les Mongols dans l'histoire en anéantissant successivement les Tatar, les Taicut, les Naiman et les Merkit, autant de tribus qui se disputaient le pouvoir dans la région. Il fonde en 1206 le premier Etat mongol. De là, Gengis Khan part « à la conquête du monde ». En 1209, Gengis Khan soumet le royaume des Turcs ouïghour à l'ouest, en 1212, les Kitan à l'est puis, au nord, les peuplades de Sibérie. C'est à partir de 1211 que Gengis Khan s'attaque à la Chine et parvient à Pékin (qui s'appelait alors Daxing). Avec son appétit effréné de conquêtes, Gengis Khan réussit, avant sa mort en 1227, à jeter les bases d'un empire colossal, à répandre la culture mongole et à l'enrichir des cultures des pays sédentaires qu'il soumettait. Cet empire s'étendait des rives du Pacifique à celles de la mer Caspienne ! Mais les quatre fils de Gengis Khan ne surent préserver ce bloc unifié et se partagèrent l'empire, dont ils continuèrent cependant à élargir les frontières, chacun pour soi.
En Chine, c'est le petit-fils de Gengis Khan, Kubilai, qui fonda la dynastie des Yuan en 1279. Il régna pendant trente-cinq ans et acheva la conquête du royaume des Song (qui s'étaient réfugiés au sud de la Chine) en 1277.
Pour la première fois, la Chine était entièrement sous domination étrangère. Les lettrés chinois voyaient cela d'un très mauvais oeil et les empereurs Yuan furent obligés de faire appel à des conseillers venus de Perse, du Tibet ou d'ailleurs. Peu à peu, la population se rebella et les Ming expulsèrent les Yuan en 1368.
Le règne des Mongols fut caractérisé par une ouverture exceptionnelle sur le monde : des étrangers (dont Marco Polo) vinrent en grand nombre en Chine et c'est de cette époque que datent les premières descriptions occidentales des Mongols et des Chinois. Du XIVème à la fin du XVIème siècle, les Mongols, renvoyés dans les steppes, tentent de retrouver une cohésion de leur nation divisée. Pendant cette période, les khans se tournent vers le lamaïsme tibétain de la secte Jaune pour appuyer leur pouvoir temporel. C'est ainsi que les khans et les religieux tibétains font cause commune et que le titre mongol de dalaï-lama est pour la première fois décerné vers 1580 au troisième successeur de Tsongkhapa, titre par lequel le chef de la secte jaune sera désormais connu. Les Han avaient réussi à chasser les Mongols de Chine mais ils ne les avaient pas soumis. Ce sont les Mandchous qui, partis des forêts orientales, fondèrent la dynastie des Qing en 1644 et soumirent la Mongolie. Ils surent se faire des Mongols des alliés puissants qui devaient intervenir pour faire régner l'ordre parmi les Han. Favorisant la religion lamaïste des Mongols car elle était alors la religion de la Cour, ils firent construire d'immenses lamaseries
dans la steppe mongole. Pendant la Révolution culturelle, nombreux sont les monastères qui furent détruits ou pillés et il ne faut pas espérer en voir grandchose à l'heure actuelle.
En 1911, la république fut proclamée en Chine et les tribus méridionales de Mongolie restèrent attachées à l'Etat chinois et formèrent la Mongolie intérieure alors que les tribus du Nord s'en détachèrent pour fonder plus tard la république populaire de Mongolie dont l'Union soviétique garantira « l'indépendance ». En 1935, les Japonais, qui avaient déjà envahi la Mandchourie, tentaient de s'imposer en Mongolie. Ils n'y parvinrent qu'à moitié et les Mongols sinisés se rallièrent en 1947 aux communistes sous la direction d'Ulanfu, qui reste aujourd' hui, bien qu'à la retraite, le plus haut dirigeant chinois d'origine non han. Dès lors la Mongolie intérieure devient une région autonome mais les immigrants chinois - ouvriers, agriculteurs, ou prisonniers condamnés à la rééducation par le travail - transforment progressivement la région en une province chinoise où les Mongols ne représentent plus que 10 % de la population.
La Mongolie intérieure est occupée en grande partie par un haut plateau d'une altitude moyenne de 1 000 m. Elle est séparée de la plaine de Mandchourie à l'est par les monts Daxingan et sa partie ouest constitue le plateau des Ordos, bordé au nord par la bouche du fleuve Jaune. C'est une région peu fertile, semi-désertique. La Mongolie est traversée d'est en ouest par le désert de Gobi. Gobi signifie en mongol « graviers et cailloux » mais le désert est également très sablonneux par endroits et, par suite des déforestations perpétrées depuis des siècles, le sable n'a cessé de gagner du terrain. Le désert de Gobi est en fait composé de trois déserts distincts : Ulan Bush, Tengger et Badain Jaran. A l'extrême ouest, au Xinjiang, le désert de Gobi rejoint celui du Taldamakan. De gros efforts sont faits dans le désert de Tengger pour lutter contre l'ensablement. On aperçoit du train un immense damier de paille fixé au sol pour retenir le sable et la végétation.

 
   
Huhehot
 
Huhehot (Huhehaote, en transcription chinoise) est la capitale administrative et politique de la région autonome de Mongolie intérieure. La ville proprement dite comprend 890 000 habitants ; la municipalité, 1,4 million. Son nom signifie «ville verte » en mongol, mais elle est maintenant devenue une ville industrielle dont l'activité principale est l'industrie de la laine.
 

La pagode Wutazhao

C'est le monument le mieux conservé de Huhehot. Il se trouve au sud de la ville et on y accède par le bus ri 1. La pagode, appelée aussi Wutasi, a été construite en 1738. Elle je compose d'une base en briques blanches surmontée d'un socle de 11,30 m sur 10 m orné de sculptures Qing représentant les animaux et les objets symboliques du bouddhisme. Sur ce socle ont été érigées cinq petites pagodes. Celle du centre est haute de 6 m, décorée de tuiles vernissées de couleur, et de niches abritant des statues de Bouddha. On remarquera, derrière la pagode, deux pierres gravées du xvIie siècle. La première représente les cycles de la vie humaine et la seconde une carte du ciel.
 

Le temple Dazhao

C'est le plus grand temple lamaiste de la ville. Sa construction commença en 1579 selon une architecture de style chinois. Au XVIIème siècle, le toit d'origine du temple principal fut remplacé par un toit de tuiles jaunes.
 

Le temple Xilituzhao

Situé non loin du temple Dazhao, sa construction remonte à la même époque, 1585. C'est dans ce temple que réside le grand lama, responsable religieux de la ville.
 

Le temple Usutzhao

Dans une tout autre direction, à 12 km au nord-ouest de Huhehot, à proximité du village d'Usut, on visite le temple Usutzhao. Il se compose de cinq grands bâtiments centraux dont la construction s'étala sous les dynasties Ming et Qing. Ce temple a la particularité d'être le seul de la région à avoir été construit par un architecte mongol. L'ensemble religieux allie subtilement les styles mongol, chinois et tibétain.
 
 
La lamaserie Meidai
 
Il y a 400 ans, la lamaserie fut construite sur le flanc sud des montagnes Daqing. Ce complexe religieux a une superficie de 4 ha.Le nom de cette lamaserie est une déformation de Maidali, le nom d'un lama, réincarnation du Bouddha, qui vient y prêcher en 1606.
 
 
La mausolée de Gengis Khan
A 50 km au sud-ouest de Baotou, dans la bannière Ejin Horo (préfecture Ih Ju meng). Il se compose de trois bâtiments reliés entre eux, chacun construit dans le style mongol. Dans le bâtiment central, se dresse la statue de Gengis Khan et sur l'autel sont déposées son épée et sa selle. Les bannières et les cornes de ses neuf généraux sont exposées dans le bâtiment de l'ouest. Des affaires personnelles de son quatrième fils et de l'épouse de ce dernier sont déposées dans celui de l'est. Des services à la mémoire de Gengis Khan ont lieu quatre fois par an dans le mausolée. Le plus solennel se déroule le 17ème jour de la 3ème lune.
La Chine