La Mandchourie |
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La Mandchourie première région industrielle, est depuis le déclin du tourisme politique, la dernière région touristique de Chine.
Trois provinces, Liaoning, Jilin et Heilongjiang, la composent qui furent à la Chine ce que le Far West fut aux Etats-Unis : terres de colonisation récente, elles sont aussi riches en matières premières que pauvres en monuments anciens.
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Lorsque les Mandchous envahirent la Chine au XVIIème siècle pour fonder la dynastie Qing, ils découragèrent les colons chinois de venir s'installer sur leurs terres qui restèrent longtemps une vaste steppe en friche, où les empereurs Qing venaient pratiquer leur sport favori : la chasse. Au cours du xiX siècle, la Chine surpeuplée commença à déverser ses flots de colons dans toute l'Asie du Sud-Est, pour la région de Canton, et en Mandchourie pour les provinces du Nord. Mais ce sont les Russes qui, les premiers, au début de ce siècle, s'intéressèrent à l'industrialisation du nord-est de la Chine. Attirés par ses richesses naturelles, les japonais entrèrent en conflit avec eux dès 1905 et finirent par bouter les Russes hors de Chine pour ériger en 1933 le Mandchoukouo, un Etat nominalement indépendant mais dirigé en fait par les japonais, qui installèrent à sa tête Puyi, le dernier empereur Qing réfugié à Changchun.
En 1945, les Russes prirent leur revanche et chassèrent les japonais de Mandchourie. On peut encore voir à l'heure actuelle des monuments érigés à la gloire des héros soviétiques morts à cette époque, dans les trois capitales provinciales de Harbin, Changchun et Shenyang. Ces monuments célèbrent « l'amitié impérissable entre les peuples chinois et soviétique ». Ce n'est qu'en 1960 que toute présence russe disparaîtra totalement de la Mandchourie.
Ces colonisations successives ont donné aux villes du nord-est de la Chine un aspect occidental qu'on ne retrouve qu'à Shanghai. Les larges avenues sont bordées de grands bâtiments dont le charme désuet rappelle une banque londonienne ou le casino de Deauville. Les façades semblent malheureusement n'avoir pas été ravalées depuis 1949. La campagne aussi a un petit air occidental : on y cultive surtout du blé, dans des champs immenses qui s'étendent à perte de vue dans un paysage monotone. La densité de la population étant l'une des plus faibles du pays, les petits villages sont rares. Les maisonnettes en terre battue sont recouvertes d'un toit long en forme de tuile, qu'on ne retrouve pas ailleurs. On peut se faire une idée des capacités de production de la région du Nord Est en visitant l'exposition des réalisations industrielles du Liaoning, exposition permanente située dans un bâtiment de 33 000 m² à Shenyang. Les hauts lieux de l'industrie lourde en Mandchourie sont Daqing, pour ses puits pétrolifères et Anshan, pour ses mines de charbon.
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Province méridionale de la Mandchourie, berceau des Mandchous. La partie centrale de la province est occupée par la plaine dela Songliao. 60 % de la surface de la province est occupée par des montagnes. De vastes forêts en font l'une des rares provinces chinoises productrices de bois et de papier.
La capitale provinciale, Shenyang, connut la naissance de la dynastie des Qing, qui commença avec Huangtaiji, fils de Nurhachi, chef d'une tribu mandchoue. Aujourd'hui, sur une population de plus de 4 millions de Mandchous, plus de la moitié vivent à Shenyang.
La province est riche en ressources minérales de toutes sortes : d'importants dépôts de métaux ferreux et non ferreux ont facilité le développement de ce qu'on appelle la « Ruhr chinoise ». Les transports étant relativement bien développés au Liaoning, Shenyang sert de plaque tournante entre le nord de la Chine et les autres régions du pays. Les principales minorités qui vivent au Liaoning sont les Mandchous, les Xibo, les Hui, les Coréens et les Mongols, les Han étant évidemment en majorité. La population globale de la province est de 40 millions d'habitants. |
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Shenyang, capitale de la province du Liaoning, est la plus grande ville de Mandchourie. Située à 840 km au nord-est de Pékin, c'est un noeud ferroviaire important, carrefour entre Pékin et la Corée, la péninsule du Liaoning, la Mandchourie et la Sibérie orientale.
Shenyang, grand centre industriel producteur de locomotives, machines-outils, etc., possède également un arsenal : la ville est le siège d'une des plus importantes régions militaires du pays. Shenyang occupe en effet une situation stratégique : la section la plus sensible de la frontière sino-soviétique.
Shenyang est la seule grande ville de Mandchourie à s'enorgueillir de quelques sites historiques. C'est en effet le berceau de la dynastie mandchoue des Qing qui y établit sa première capitale en 1625. Une fois la capitale transférée à Pékin en 1644, Shenyang fut rebaptisée Feng dan, soit Moukden en mandchou.
Moukden tomba entre les mains des Japonais en 1931, fut reprise par les Russes en 1945 avant de passer sous la domination du Guomindang et, en novembre 1948, sous celle du PCC. Shenyang, qui a retrouvé son nom chinois, a aujourd'hui 4,5 millions d'habitants, dont 2,8 millions pour la ville proprement dite.
L'histoire de Shenyang est indissolublement liée à celle d'un peuple très particulier, les Mandchous, qui, après avoir dominé la Chine pendant 300 ans, s'est si bien identifié aux Chinois qu'il a pratiquement disparu. Avant d'envahir la Chine, les Mandchous avaient successivement choisi Xinbin, Liaoyang et Shenyang pour en faire leur capitale. A Xinbin, Nurhachi, le premier grand roi de ce qui était alors connu comme la tribu Jürchen, mit au point en 1615 le système des qi ou bannières, qui allait devenir la clé de voûte de l'armée puis de la noblesse Qing. Les Mandchous étaient divisés en huit bannières. Les bannières « entières » étaient, par ordre hiérarchique, la jaune, la blanche, la rouge et la bleue. Les bannières « bordées » étaient la jaune, la blanche et la rouge bordées de bleu, puis la bleue bordée de blanc. La bannière jaune regroupait les nobles les plus importants et, plus tard, la famille impériale. Au début, les troupes des huit bannières appartenaient aux ethnies mandchoue et mongole. Le nombre de Mongols augmentant, Huangtaiji, fils de Nurhachi, créa les huit bannières mongoles, puis en 1642, il ajouta les huit bannières dans son armée. Tous ceux qui appartenaient à ces corps constitués qu'étaient les bannières s'appelaient les Qiren, « hommes des bannières ». Sous la dynastie des Qing, les Qiren formèrent une classe privilégiée qui n'était astreinte à aucun travail. Si Nurhachi s'était donné tant de peine pour constituer une armée puissante et bien organisée c'était, dit-on, parce qu'il voulait venger la mémoire de son père et de son grand-père assassinés par les dirigeants de la dynastie des Ming. Il se donna le titre de Khan en 1622 et fonda le royaume des Jin postérieurs, avec pour capitale Dongjing (actuelle Liaoyang). En 1625, Nurhachi fut blessé en luttant contre le général Yuan Chonghuan des Ming. Il mourut en août de la même année. Son fils Huangtaiji prit sa succession et, en 1632, après avoir capturé les villes de Fushun et Shenyang, il déplaça sa capitale à Shenyang. Huangtaiji prit sept ans pour construire Shenjing (actuelle
Shenyang) et en faire une véritable place forte. C'est de Shenyang qu'il partit pour franchir la Grande Muraille et conquérir la Chine en 1644. Depuis quelques années, les Mandchous revendiquent à nouveau leur identité. A la chute de l'empire des Qing, en 1911, de violents sentiments anti-mandchous chez les Han poussèrent les Mandchous à cacher leurs origines et à se fondre dans la masse en adoptant des noms han. Le clan des Aisin Gioro, de la famille impériale, a adopté le nom de « Jin », le clan des Gaerjia celui de « Guan ». Les sentiments nationalistes, qui se sont à nouveau exprimés pendant la Révolution culturelle, n'ont pas contribué à faire sortir les Mandchous de leur anonymat. Ce n'est que depuis le début des années 80 que des efforts ont été entrepris in extremis pour sauver la langue, l'écriture et les coutumes des Mandchous, dont le nom signifie littéralement « les perles ». |
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Il fut, de 1625 à 1643, la résidence des empereurs Qing avant que ceux-ci ne conquièrent la Chine entière. Construit entre 1625 et 1637, le palais comporte trois ensembles de bâtiments qui rappellent, en plus petit, le Palais impérial de Pékin.
On entre par la porte de l'Est qui donne sur une allée, bordée par les pavillons des dix rois, menant jusqu'à la salle du trône. Ces pavillons abritent une belle collection d'armes des XVIIème et XVIIIème Dans les bâtiments centraux, on visite tout d'abord deux pavillons, rajoutés au XVIIIème siècle, où l'on peut voir exposés de magnifiques instruments traditionnels chinois, comme le sheng (orgue à bouche) ou le gin (cithare à sept cordes), du XVIIIème siècle.
La tour centrale servait de lieu de réception à l'empereur. Derrière elle se trouve la cour du centre : à gauche, les chambres des concubines où sont maintenant exposés des objets précieux en jade et en ivoire ; et à droite, la salle de lecture du fils de l'empereur, où est périodiquement exposée une collection de peintures qui présente d'admirables spécimens des plus grands peintres Ming et Qing. Au centre de la cour se trouve la salle des ancêtres. C'est là que les empereurs Qing se livraient à des sacrifices rituels inspirés du chamanisme pratiqué par les Mandchous. L'objet du sacrifice était un porc dans les oreilles duquel on versait du vin bouillant qui devait le tuer. Les cris que poussait alors le pauvre animal étaient censés attirer l'attention des ancêtres déifiés. On le dépeçait ensuite pour le faire cuire dans le vin avant de l'offrir devant l'autel des ancêtres. Dans le palais de l'Ouest se trouvent la salle de lecture et la chambre à coucher de l'empereur, joliment décorée de peintures exécutées par des ministres de la dynastie Qing. |
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Jinzhou est connue dans l'histoire de Chine comme un terrain de bataille où de nombreuses armées se sont affrontées. De Jinzhou, on peut rayonner et visiter le district de Yixian, où se trouvent le monastère Fengguo et sept statues gigantesques de Bouddha, qui remontent à la dynastie des Tang. On y visitera aussi les grottes Wanfotang, qui datent de la dynastie des Wei du Nord (499) et sont les plus anciennes que l'on puisse trouver si loin au nord de la Chine. On visitera ensuite le village de Beizhen, son temple et le mont Lüshan. Yixian et Beizhen se trouvent au Nord de Jinzhou et chaque excursion prend une journée entière. Au sud de Jinzhou, il faut voir la cité de Xingcheng qui fut édifiée sous les Ming. Cette cité est assez bien préservée. Xingcheng se trouve sur la mer de Bohai et offre de nombreuses curiosités
naturelles notamment un pont recouvert par la mer à marée haute et trois énormes rochers au sommet desquels ont été construits des pavillons. Des cars sont prévus pour toutes ces excursions. |
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La province du Jilin se trouve directement au nord du Liaoning. 24 millions d'habitants. Le Jilin possède la plus longue fraction de la frontière sino-coréenne et de nombreuses minorités nationales coréennes y habitent. |
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Capitale de la province du Jilin, elle a une population de 2,1 millions d'habitants. Son nom que l'on traduit par « éternel printemps » est justifié - tant qu'il ne neige pas ! - et s'explique par les superbes arbres qui bordent les avenues de la ville et la font ressembler à une vaste forêt.
Choisie en 1932 par les Japonais pour être la capitale du Mandchoukouo, l'agencement des rues et des immenses bâtiments administratifs témoigne de l'importance qu'elle connut à l'époque. |
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La réserve des monts Changbai
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La chaîne des monts Changbai « éternellement blancs », se trouve à l'est de la province de Jilin et s'étend jusqu'en Corée du Nord. C'est sur ses flancs que se trouve la plus grande réserve naturelle (215 000 ha) de Chine. Le paysage le plus apprécié de la réserve est aux alentours du lac Tianchi. Ce lac apparaît à 2 194 m d'altitude et fait plus de 13 km de diamètre. Il occupe le fond d'un cratère volcanique de la chaîne des Changbaishan. Ces monts - Paek Tu San, en coréen - ont une importance mythique pour le peuple coréen qui les considère comme protecteurs du nord de la péninsule coréenne. |
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Le Heilongjiang se trouve tout au nord de l'ensemble des trois provinces qui composent la Mandchourie. C'est la plus vaste des trois, avec une surface de 469 000 km² pour 35 millions d'habitants ; c'est donc une province à faible densité humaine. Sa longue frontière avec la Communauté des Etats indépendants (CEI) en a fait longtemps une province stratégique, fermée aux touristes étrangers.
La détente dans les relations sinorusses a permis la réouverture de certaines régions du Grand Nord chinois et on peut en profiter pour découvrir quelques beaux paysages de montagne et des lacs isolés.
La province est relativement bien équipée en voies ferrées mais le touriste ne doit pas s'y méprendre : circuler est aussi difficile qu'ailleurs en raison des nombreux changements de train nécessaires pour la traverser transversalement. Il faut aussi constater que les principales villes du Heilongjiang se distinguent par leur laideur et leur saleté. Les campagnes de propreté pour lutter contre les crachats n'y ont pas, jusqu'à présent, donné de résultats visibles ! |
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Capitale du Heilongjiang, Harbin est une belle ville de près de 3 millions d'habitants. Comme les autres capitales du Nord-Est, sa conception a été très influencée par l'Occident et on ne s'y sent pas dépaysé. Les Chinois l'ont surnommée la « ville allemande ». En fait, elle évoque plutôt la Russie avec ses coupoles d'églises orthodoxes en forme de bulbes. Certaines de ces églises continuent à être fréquentées par des Chinois d'origine russe, parés de leurs vêtements traditionnels.
Harbin n'a commencé à se développer qu'à la fin du XIXème siècle, autour d'un carrefour ferroviaire construit par les Russes, et est longtemps restée une ville marquée par la présence russe. Au début du siècle, 100 000 résidents, en majorité des Russes blancs, s'y étaient établis avec leurs familles, installant leurs écoles, églises, clubs de poètes, de musiciens, etc. Ce qui était alors la plus grande ville russe en dehors de l'Union soviétique comptait vingtdeux églises orthodoxes et plusieurs synagogues. La plupart des Russes sont partis entre 1945 et 1960. Pendant la Révolution culturelle, la plus belle église orthodoxe de la ville, la cathédrale Nicolaevski, fut détruite, peintures et icônes firent brûlées et pillées par les gardes rouges. Aujourd'hui, il ne reste à Harbin que quarante résidents russes, éparpillés dans la ville. |
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Wudalianchi se trouve à 415 km au nord de Harbin ; son nom signifie « cinq lacs réunis ». C'est un endroit apprécié des Chinois pour la beauté des paysages et la qualité des eaux minérales, réputées guérir de nombreuses maladies gastriques, dermatologiques, cardiaques ou neurologiques. Ce gros bourg rural assez étendu est au centre d'une plaine parsemée de quatorze cônes volcaniques dont certains étaient encore en activité au XVIIIème siècle. Les coulées de lave qui s'en sont échappées ont obstrué en plusieurs endroits la rivière Baihe entraînant ainsi la formation des cinq lacs.
Dans les environs, on effectue l'ascension du volcan Heilongshan ; il faut une bonne demi-heure pour atteindre le bord le plus élevé du cratère. Puis, en route vers un autre volcan, le Huashaoshan, on traverse d'importants champs de lave et on visite une grotte où la température est si basse que des sculptures et des palais de glace s'y conservent même l'été. La vocation thermale de Wudalianchi est donnée à voir par ses tronçons de route cimentée et bordée de fleurs, ses nombreux établissements de cure et ses deux sources. La source du nord est signalée par une porte monumentale et possède un pavillon dédié à la bonne santé. Le goût de l'eau minérale gazeuse tant recherchée des curistes n'est pas particulièrement agréable. Il évoque celui d'une eau ayant longtemps séjournée dans une tuyauterie entartrée !
On est là dans la Mandchourie profonde. Nombreuses sont les maisons de pisé au toit de chaume. Les jardins familiaux sont clos par des palissades de rondins de bois ou des murets de pierres volcaniques. Le blé est cultivé en larges bandes dans la plaine environnante. Les poules, canards, cochons se promènent à leur aise le long des chemins. Ici, les gens ont la peau plus foncée ; ici, on est loin de Harbin et davantage encore de Pékin. La présence d'une mosquée et de quelques restaurants musulmans témoignent aussi de l'existence d'une petite communauté hui.
Le quartier le plus rural du bourg se trouve au pied de la montagne Yaoquanshan, à quinze minutes de l'hôtel. En sortant, il faut prendre à droite, puis au rond-point à droite et, au bout, continuer à droite vers la colline. Au sommet de cette colline apparaît un petit pavillon que l'on atteint par un escalier assez raide. Non loin de là, dans une clairière en contrebas à gauche, une vulgaire maison moderne tout en longueur fait office de temple. Elle se compose d'une salle à manger, de trois cellules et d'une pièce où sont exposées, sur un autel, trois statues dont celle d'Amitâbha. Lors de votre passage, les trois vieux prêtres qui méditent ici ne manqueront pas de vous inviter à partager leur repas frugal en échange d'une petite obole déposée dans une urne au pied de l'autel. |
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