Le Hunan
 

Centre-sud de la Chine.
Superficie : 210 000 km².
Population : 60 millions d'habitants.
Capitale : Changsha.
40 minorités nationales donts les Tujia, les Miao et les Dong.

Bien que la présence de l'homme soit attestée au Hunan depuis environ huit mille ans, le touriste amateur d'histoire est surtout intéressé par l'histoire contemporaine. En effet, le Hunan étant la province natale du président Mao, Shaoshan, son lieu de naissance, l'école de Changsha où il fit ses études et les lieux où il organisa le mouvement communiste et syndical de la province dans les années 20 ont été transformés en musées. Les deux autres grands hommes du régime, Liu Shaoqi et Ren Bishi, ont également leurs musées respectifs.
Pourtant la province peut se vanter d'avoir abrité bien d'autres grands hommes de l'histoire chinoise. La légende prétend que l'empereur mythique Yandi aurait déplacé la tribu Shennong des rives du fleuve jaune pour l'installer dans le sud de l'actuel Hunan. Sa tombe présumée, non loin de Lingxian, est devenue un véritable lieu de pèlerinage, notamment pour les Taiwanais originaires de Chine continentale, qui viennent y rechercher l'origine de leur identité chinoise. A partir du VIII, siècle av. J.-C., le Hunan faisait partie de l'Etat de Chu. La culture chu est un mélange de la culture du centre de la Chine et des traditions aborigènes. On en retrouve des vestiges dans les tombes anciennes. Un autre grand personnage, le poète Qu Yuan (üt` siècle av. J.-C.), ministre de l'Etat de Chu, fut banni du gouvernement et erra sur les bords des rivières Xiang et Yuan, composant des odes et des élégies considérées depuis comme les plus beaux modèles de littérature patriotique. Il se donna la mort en se jetant dans la rivière Miluo, et l'on peut visiter, dans la ville de Miluo, le temple et la tombe qui lui sont consacrés. Cet événement tragique est à l'origine de la tradition des fêtes du Double Cinq (5` jour du mois de mai lunaire), durant lesquelles sont organisées des courses de bateaux-dragons. On mange alors du riz glutineux enveloppé dans des feuilles de bananier. Le Hunan commença à prendre sa forme actuelle sous le nom de royaume de Changsha à partir de 206 av. J.-C-, sous la dynastie des Han.
Au début de IIème siècle ap. J.-C., Cai Lun, originaire de Leiyang, au sud-est du Hunan, mit au point la technique de fabrication du papier. Un temple a été érigé en son honneur au sud de Leiyang et sa tombe est restée intacte. Autre vestige de cette époque, la célèbre tombe de Mawangdui, découverte en 1972 dans la banlieue de Changsha, témoigne de la richesse culturelle de la province. La région prit le nom de Hunan sous la dynastie des Song, et, durant les mille ans qui suivirent, elle connut la plus grande prospérité. En effet, le Hunan et le Hubei étaient considérés comme les greniers à riz de l'empire. Sous les Song, les lettrés chinois fréquentaient quatre grandes académies. Deux d'entre elles se trouvaient au Hunan, l'une à Changsha, l'académie de Yuelu, et l'autre à Hengyang, l'académie de Shigu. Ces deux pôles de culture confucéenne attirèrent de nombreux écrivains et hommes d'Etat. Après les guerres de l'Opium de 1840, les étrangers vinrent s'installer au Hunan pour y développer l'industrie minière et le commerce ; les missions y construisirent de nombreuses églises. On trouve des signes de leur présence dans presque toutes les villes de la plaine centrale du Hunan. A partir de 1911, la province participa activement à la révolution. Huang Xing, qui devint le bras droit de Sun Yatsen, et Cai E, qui mena une rébellion armée contre Yuan Shikai en 1915, sont tous deux originaires de Hunan et l'on vénère encore leurs tombes dans le parc Yuelu de Changsha.
Hunan signifie « au sud du lac ». Il s'agit du lac Dongting, le deuxième lac d'eau douce en Chine par sa superficie. Le Hunan est situé sur la rive sud du cours moyen du Yangtsé. Il est bordé par la province du Guangdong au sud, les montagnes du Guangxi et du Sichuan à l'ouest, celles du Jiangxi à l'est et la province du Hubei au nord. La province occupe, sur 210 000 km², le bassin du drainage de la rivière Xiang, qui coule du sud au nord et se jette dans le lac Dongting.
La population est estimée à 60 millions d'habitants. Elle comprend, mis à part les Han, des représentants de quarante minorités nationales, les mieux représentées étant les Tujia, les Miao, les Dong, les Yao, les Bai, les Hui et les Zhuang. La capitale, Changsha, 1,3 million d'habitants, se trouve dans la plaine centrale de la province, sur la ligne de chemin de fer qui relie Pékin, Wuhan et Canton. Les autres grandes villes industrielles du Hunan sont Hengyang, Xiangtan et Zhuzhou. Grâce à la proximité de la province du Guangdong, le Hunan s'est développé très rapidement depuis 1980. C'était auparavant une province essentiellement agricole. Le développement des moyens de transport terrestres, aériens et fluviaux a entraîné un essor remarquable de l'industrie minière, de la métallurgie (le Hunan est riche en métaux non ferreux tels que l'antimoine, le mercure, le manganèse et le tungstène), et des usines productrices de biens de consommation courante. Toutefois, le Hunan reste un grand producteur de riz, de coton, de thé, de soie, de fruits de toutes sortes et près de 30 millions de porcs par an sont élevés pour la consommation nationale.
 
 
Changsha
 
Capitale provinciale du Hunan. S'étend de part et d'autre de la rivière Xiang.
A l'époque des Royaumes combattants (475-221 av. J.-C.), le site de Changsha aurait déjà été habité, mais le nom de la ville n'apparaît que sous les Qin. Sa situation géographique, au coeur d'une très importante région agricole et au bord de la Xiangjiang, fit d'elle un centre de redistribution. Sous les Song, la ville accueillit des établissements d'enseignement. Au début de la dynastie Ming, elle fut entourée d'une muraille dont on peut actuellement voir quelques vestiges. En 1664, la province de Huguang fut scindée en deux et Changsha devint la capitale du Hunan. La ville s'ouvrit aux étrangers en 1904 ; des comptoirs commerciaux et des missions s'y installèrent. Lachèvement, en 1918, de la ligne de chemin de fer Guangzhou-Wuchang, donna un coup de fouet à ses activités commerciales. Pendant la dernière guerre sino-japonaise, Changsha fut partiellement détruite. Sa reconstruction date de 1952.
 

Le monastère Kaifu

Le Kaifusi se trouve au nord de la ville non loin du Beidaqiao, le nouveau grand pont de Changsha. Rouvert en 1991, le monastère a été complètement restauré mais n'avait pas encore retrouvé son « âme» lorsque nous l'avons visité. C'est malgré tout un assez bel ensemble, siège de l'Association provinciale du bouddhisme. Beau portail sculpté de dragons à l'entrée. Le monastère fut fondé en 927 et devint un haut lieu du bouddhisme chan (zen).
 

Qingshuitang

L'ancien siège du Parti communiste du Hunan, transformé aujourd'hui en musée de la ville de Changsha. Sur Bayi ': i lu. Du musée hagiographique qu'il fut dans les années 60 et 70, Qingshuitang a conservé seulement quelques statues et portraits du président Mao. On n'y trouve plus guère de documents sur l'histoire de la révolution. C'est pourtant là que Mao travailla de 1921 à 1922 et rédigea son célèbre rapport sur le mouvement paysan au Hunan, dans lequel il analysait la condition paysanne et lançait les bases de la politique qui allait mener le Parti communiste au pouvoir. Quelques objets sont présentés, pour la plupart des reproductions, qui couvrent la période allant des Han antérieurs aux Qing.
 
 
Yueyang
 
Située au confluent du lac Dongting et du Yangtsé, au nord-est du Hunan.
Yueyang est une petite ville, bordée à l'ouest par le lac Dongting, au sud par le lac Daqiao et au nord par le lac Dongfeng. Yueyanglou se trouve dans le' nord de la ville. La très grande célébrité de cette tour de trois étages aux beaux toits recourbés vient essentiellement des poèmes que lui ont consacrés de nombreux lettrés, dont le poète de la dynastie des Tang, Du Fu. Détruite puis reconstruite en 1044, Yueyanglou fut de nouveau célébrée par des poètes
Le monument le plus célèbre de la ville est le Yueyanglou, la tour de Yueyang, située sur la rive orientale du lac Dongting, d'où l'on a une vue superbe sur le deuxième plus grand lac de Chine.
Yueyang est une petite ville, bordée à l'ouest par le lac Dongting, au sud par le lac Daqiao et au nord par le lac Dongfeng.
Yueyanglou se trouve dans le nord de la ville. La très grande célébrité de cette tour de trois étages aux beaux toits recourbés vient essentiellement des poèmes que lui ont consacrés de nombreux lettrés, dont le poète de la dynastie Tang, Du Fu. Détruite puis reconstruite en 1044, Yueyanglou fut de nouveau célébrée par des poètes Song et notamment Fan Zhongyan, qui rédigea un texte que l'on voit reproduit dans la tour. Il y est écrit : " Sois le premier à te soucier des difficultés du pays. Sois le dernier à jouir du bonheur universel.
Associant cette sévère leçon de morale et le pavillon, les Chinois ont fait de Yueyanglou un véritable symbole national de civisme. Du Fu était plus descriptif et la sensibilité du poète donne à la tour une forte connotation émotionnelle.
Naguère on me raconta les eaux du lac Dongting
Et me voilà aujourd'hui au sommet du Yueyanglou.
Le lac enserre les terres de Wu et Chu à l'est et au sud
Nuit et jour vogue le monde sur ses eaux mouvantes.
Je suis sans nouvelle de ma famille et de mes amis.
Seul et malade, je n'ai plus que ma pauvre barque.
J'entends les sabots des chevaux qui partent en guerre au nord des passes.
Je me penche sur la balustrade et laisse couler mes larmes.
 
 
Hengyang
Hengyang, au centre du Hunan.
Hengyang est connu des historiens comme étant le lieu de naissance de Wang Fuzhi (1619-1692), célèbre philosophe du XVIIème siècle. C'est aussi à Hengyang qu'est censée se trouver la tombe du vénéré poète Du Fu (712770). Mais généralement, le touriste ne fait que traverser la ville pour se rendre au Hengshan, l'un des cinq monts sacrés de la Chine. Il est appelé Nanyue, le pic du Sud. Il s'agit en fait d'une chaîne de montagnes qui s'étend sur 400 km. Des soixante-douze pics répertoriés, Zhurong, à 1 290 m d'altitude, est le plus élevé. La chaîne commence à Hengshan, avec le mont Huiyuan et se termine à Changsha, avec le mont Yuelu. Dans la Chine antique, les empereurs se rendaient dans ces montagnes pour y chasser et au Nanyue pour y effectuer les sacrifices rituels au Ciel et à la Terre. A partir du iv, siècle, la religion bouddhique y connut un grand développement et les sectes Tiantai, Caodong et Linji, de l'école bouddhique du sud, sont bien implantées dans la région. Ces sectes se répandirent à travers l'Asie du Sud-Est et le Japon, faisant du Nanyue un lieu de pèlerinage pour de nombreux bouddhistes d'Asie. La ville est également un haut lieu du taoïsme et le berceau de nombreuses légendes chinoises.
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