Le Hubei
 

Superficie : 180 000 km².
Population : 54,7 millions d'habitants.
Capitale : Wuhan.
Nombreux lacs, cours d'eau et petites montagnes.
Ethnies : Han, Tuja, Hui, Miao et Meng.

Pays de montagnes et d'eau, autrefois couvert de forêts épaisses, la région du Hubei est habitée depuis la préhistoire. Les premiers vestiges archéologiques ont été trouvés dans la plaine de Jianghan, au centre sud de la province, la région la plus fertile. Il s'agit de morceaux de poterie très fine, témoins de la culture dite de Qujialing. Dans le district de Huangpi, on a découvert les vestiges de la cité de Panlong, qui remonterait à la dynastie des Shang (1500-1027 av. J.-C.). C'est l'une des plus anciennes villes de Chine découvertes à ce jour. Toujours dans la même région se trouve l'ancienne capitale du royaume de Chu, Jiangling, de l'époque des Royaumes combattants (475-221 av. J.-C.). Jiangling resta la capitale de Chu pendant plus de 400 ans, ce qui explique l'abondance de reliques historiques découvertes dans son sous-sol. A 5 km au sud de Jiangling, également appelée Jinan, est installée une autre capitale prestigieuse, Jingzhou. Jingzhou fut, à partir de 220 ap. J.-C., le théâtre d'innombrables batailles entre les Trois Royaumes de Wu, Wei et Shu qui se disputaient la place pour sa position stratégique. Malgré la douzaine de batailles importantes qui s'y déroulèrent, Jingzhou a conservé ses murailles et son apparence de ville moyenâgeuse jusqu'à nos jours. Jingzhou continua d'être habitée par des membres de la famille impériale sous les Ming, au Rive siècle. A partir du XIXème siècle, le Hubei connut de multiples rébellions antimandchous et subit l'intrusion de puissances étrangères qui établirent des concessions à Hankou (Hankéou, selon la graphie de l'époque). En octobre 1911, la révolution démocratique bourgeoise, qui entraîna la chute de la dynastie des Qing, débuta à Wuchang, sous la direction de Sun Yatsen. En 1923, la fameuse grève ouvrière du 7 février éclata à Hankou et confirma la présence des communistes dans le Hubei. Ils firent de Wuhan le centre révolutionnaire de la Chine de 1924 à 1927, jusqu'au début de la première guerre civile.
Le Hubei partage avec le Hunan le grand bassin agricole du lac Dongting, dans le cours moyen du Yangtsé. La province est bordée au nord par le Shaanxi et le Henan, à l'est par l'Anhui, au sud par le Hunan et le Jiangxi, à l'ouest par le Sichuan. Son nom, qui signifie « au nord du lac », vient du fait qu'il est situé au nord du lac Dongting.
Mis à part la partie ouest, montagneuse, voisine du Sichuan, le Hubei est principalement constitué par des plaines alluviales du bassin de la Han et du Yangtsé. Ce dernier, dont les crues sont contrôlées par des digues renforcées et deux bassins de dérivation, est navigable en amont jusqu'à Wuhan, pour les gros bateaux de haute mer. Les bassins de la Han et du Yangtsé sont très peuplés et intensivement cultivés.
Avec des hivers relativement doux, des
étés chauds et humides, de fortes pluies annuelles, les conditions climatiques sont favorables à la culture du riz. Le riz, le soja et le blé d'hiver sont les principales productions agricoles. La province est au cinquième rang pour la production nationale de grains et de soja. Les récoltes de thé et de coton sont également importantes. Les principales ressources naturelles du Hubei sont : le cuivre, l'anthracite, le gypse et le phosphate. Les industries de la' province sont concentrées dans les environs de Wuhan. Le Hubei n'est, par la valeur de sa production, que la huitième province industrielle de Chine. Les centres majeurs de la province sont : Wuhan et Shashi.
 
 
Wuhan
Situation : au confluent de la rivière Han et du Yangtsé.
Dans l'histoire ancienne, le centre régional était situé plus à l'ouest, à Jiangling. Mais dès le VIIème siècle ap. J.-C., le développement agricole de l'est du Hubei encouragea la population à se fixer aux alentours de Wuhan. Des trois villes-quartiers qui composent Wuhan, Wuchang, située sur la rive droite du Yangtsé, est la plus ancienne. Sous les Yuan et les Ming, Wuchang fut la capitale provinciale du Huguang qui comprenait à l'époque les provinces actuelles du Hubei et Hunan. Aujourd'hui, elle abrite le siège administratif de la province du Hubei.
Située sur la rive gauche du Yangtsé, au sud de la Han, Hanyang est la plus petite des trois municipalités. Son développement remonte au XIXème siècle dans le cadre d'un plan de modernisation du pays, le gouvernement chinois y fit construire en 1891 la première aciérie moderne du pays. Au début du XXème siècle, un arsenal et d'autres usines furent également installés. Hankou, qui s'étend au nord de la Han, ne fut pendant longtemps qu'un petit village de pêcheurs. Son développement date de 1861, quand la ville fut ouverte aux étrangers. Anglais, Français, Russes et Japonais y établirent des concessions. Wuhan a été associée aux grands moments de l'histoire moderne de la Chine. C'est à Wuchang, le 10 octobre 1911, que fut déclenchée la révolution qui devait renverser l'Empire mandchou. Le développement d'un prolétariat combatif fit de Wuhan un centre de luttes important. Le gouvernement révolutionnaire y établit sa capitale de 1926 à 1927. Le président Mao y dirigea également l'Institut du mouvement paysan. Pendant la guerre, Wuhan fut occupée par les troupes japonaises. Wuhan, avec près de 4 millions d'habitants, est l'un des principaux centres industriels de Chine. La construction du grand pont sur le Yangtsé, achevée en 1957, a contribué à l'essor de la ville. Celle-ci est la troisième ville productrice d'acier après Anshan et Shanghai ; cet acier est utilisé dans l'industrie lourde de la région.
Wuhan est une ville déroutante. De dimension géographique importante, elle est divisée en trois par la présence de deux grands cours d'eau, le Yangtsé et la Han. Entreprendre une expédition à Hankou lorsqu'on se trouve à Wuchang demande une certaine énergie, car il faut généralement changer de bus une ou deux fois, traverser le Yangtsé par le grand pont ou par le ferry et avancer au pas parmi les nombreuses voitures et les piétons qui encombrent les rues. La densité urbaine n'atteint pas toutefois, et de loin, celle de Shanghai. Mais, comme Shanghai, Wuhan ressemble par bien des aspects à un musée de l'architecture occidentale de la fin du XIXème siècle. De grands bâtiments de type colonial, massifs et prétentieux, bordent, à Hankou, la rive du fleuve. Les rues sont larges et bordées de platanes. Les grands magasins attirent une clientèle élégante et prospère. Les lieux d'attraction se multiplient, le soir, cinémas et théâtres illuminent les rues.
Les principaux sites touristiques sont répartis dans les trois villes-quartiers qui forment Wuhan : le temple bouddhique Guiyuansi se trouve à Hanyang, l'ancien quartier des concessions, à Hankou, et le musée provincial et la tour de la Grue jaune, à Wuchang.
 

Le Wuchang

Le plus bel ensemble naturel de Wuhan se trouve à Wuchang, autour du lac de l'Est (Donghu). Pour faire le tour du lac à vélo et visiter les différents centres d'intérêt, il faut prévoir une journée. L'ensemble couvre 87 km², dont 33 km² occupés par le lac proprement dit.
De nombreux kiosques et pavillons, judicieusement placés, contribuent à l'esthétique de l'ensemble. En partant du musée vers le nord, on passe devant le pays des Eaux et des Nuages (Shuiyunxiang) et la zone de baignade, puis le Pavillon où l'on écoute les vagues (Tingtaoge), le pavillon de la Poésie (Xingyinge), la Galerie au bord du lac et le pavillon à la mémoire du Qu Yuan, et enfin le pavillon du Ciel infini, (Changtianlou). Au milieu du lac se trouve le Pavillon pour voir le lac (Huguangting), que l'on peut atteindre en barque. Au nord du parc de promenade se dresse la colonne à la mémoire des Neuf Héroïnes (Jiunüdun) de l'armée Taiping qui furent capturées et tuées à Wu chang en 1855.
 
 
Shashi
 
La ville se situe à l'ouest du Hubei, sur la rive gauche du Yangtsé, à 488 km de Chongqing et 200 km de Wuhan. Elle compte 220 000 habitants.
La fondation de Shashi remonte à la dynastie Shang (1766-1122 av. J.-C.). Ce fut une ville très importante de l'Etat de Chu pendant la période des Printemps et Automnes (770-475 av. J.-C.). La région fut le théâtre de nombreuses batailles et Shashi fut détruite et reconstruite plusieurs fois.
 

La Pagode Wanshoubao

Située à l'ouest de la ville, sur le bord du Yangtsé, elle fut construite sous les Ming et comporte sept étages. C'est l'empereur Shizang qui fit édifier cette pagode en 1552 pour les soixante ans de sa concubine favorite, Maotai fei. Entièrement en brique, elle est octogonale et mesure 31 m de haut et son aspect extérieur imite le bois. Autrefois, une centaine de statues de Bouddha étaient disposées dans les niches qui ornent ses pans. Le premier étage de la pagode se trouve actuellement à une dizaine de mètres sous la surface du sol, dans une espèce de cuvette. Ce phénomène est dû à l'accumulation des alluvions apportées par le Yangtsé voisin. Le corridor qui longe la berge et mène à la pagode est, en été, l'endroit le plus agréable de Shashi grâce à la brise qui souffle en permanence.
 
 
Jingzhou
 
Une très belle promenade consiste à faire le tour de la muraille, de la porte est vers la porte nord. Cette dernière est d'ailleurs la mieux conservée. Cette balade le long des étendues d'eau qui bordent la muraille prend une heure, et, avant d'atteindre la porte Nord, on traversera un petit village tout en longueur. On pourra également se promener sur les remparts d'où la vue sur la campagne environnante est très agréable.
En se rendant de Shashi à Jingzhou, on longe un canal vieux de 2000 ans. Il est question de le nettoyer et d'y faire naviguer des bateaux de plaisance pour permettre aux touristes d'effectuer le chemin plus confortablement. La ville actuelle comprend 90 000 habitants.
 

Le temple de Tai Hui

Situé à l'extérieur de l'enceinte de la ville, ce temple a un charme tout particulier, malgré son état de délabrement. Il est l'objet de restaurations qui seront sûrement longues. Construit en 1393 par le douzième fils du premier empereur Ming, c'était à l'origine un palais. La décoration de ce palais fut jugée excessive eu égard au rang de son propriétaire. Il avait par exemple fait sculpter de magnifiques colonnes représentant des dragons enroulés. On peut encore les admirer aujourd'hui.
On trouvait ce prince ambitieux et on lui prêtait l'intention d'usurper le pouvoir. L'empereur envoya des officiels pour enquêter : ils le déclarèrent coupable. En apprenant la nouvelle, le prince changea l'appellation de palais pour celle de temple. Mais la cour impériale ne lui pardonna pas, et le malheureux se suicida par le feu.
Ce « temple palais » envahi par les herbes, dangereusement entouré d'arbres, est actuellement ouvert au culte ; de nombreux bâtonnets d'encens à demi consumés et fichés dans la cendre en témoignent. Il a été saccagé pendant la Révolution culturelle, ses portes arrachées, ses statues brisées. On dit que ce sont les paysans qui ont sculpté les deux effrayants personnages que l'on voit à l'intérieur : un dignitaire à la face rouge écarlate, tenant un livre, et un Bouddha, ceint d'une écharpe verte.
 
 
Les Wudangshan

Dans le nord-ouest du Hubei, la chaîne des Wudangshan s'étend sur 400 km.
Altitude maximale : 1 613 m
La renommée des Wudangshan est très lié à celle du grand maître des arts martiaux, Zhang Senfeng. vers 1368, dans la période tourmentée de la fin des Yuan et du début des Ming, Zhang Sanfeng vint se réfugier dans ces montagnes pour poursuivre ses recherches sur ce qui allait devenir le taijiquan. C'est en imitant les mouvements des animaux, et surtout ceux de la tortue, du serpent, du cerf et de la grue qu'il mit au point une technique qui permet de détourner la force des coups portés et de la retourner contre l'adversaire. Mêlant à son art la pensée taoïste, Zhang Sanfeng est considéré comme le fondateur des arts martiaux « internes », par opposition aux techniques de Shaolin qui sont considérées comme externes.
Les monts Wudang s'étendent sur 400 km dans le nord-ouest du Hubei. Soixante-douze pics entourent le pic Tianzhu (1613 m), du sommet duquel on a une vue panoramique sur la chaîne de montagnes Shennongjia. On surnomme cette chaîne le « toit de la Chine centrale ». C'est autour du pic Tianzhu que se tient l'un des plus grands centres taoïstes de Chine. On y célèbre le culte d'une divinité taoïste (Zhenwu), souverain du royaume mythique de Jingle, pays de la Pureté et de la Félicité.

 

Le temple des Cinq Dragons

Il fut fondé sous les Tang mais la majeure partie des bâtiments datent des Ming. En 1412, l'empereur Zhu Di fit construire en dix ans un ensemble de dix temples (guan et gong), trente-six monastères, soixante-douze grottes et douze pavillons.
 

Le temple du Pur Esprit

Le Yuzhenggong, temple du Pur Esprit, fut construit en 1417 à la mémoire du maître taoïste Zhang Sanfeng (connu aussi sous le nom de Yu Dongren) car les habitants de la région le considéraient comme un pur esprit. A l'intérieur se trouve une statue du saint portant des chaussures de paille et un chapeau en bambou.
 
Le temple de Vérité Eternelle
Le Fuzhenguan, temple de la Vérité éternelle (1414) appelé aussi Taizi po, le versant du fils de l'empereur (ici Zhenwu) avec une très belle charpente en bois. Derrière, un bâtiment de cinq étages renferme de très belles tapisseries murales couvertes de lotus et de phoenix.
 

Le temple des Nuages Pourpres

Dressé sur une triple terrasse, il resplendit sous les tuiles vert jade et bleu lapis-lazuli. A l'intérieur se trouvent des statues de bronze et de terre cuite. Derrière la salle, dans la montagne, on accède à une grotte naturelle, la grotte du Fils de l'empereur, où l'on découvre un petit temple de pierre avec, au centre, une statue de Zhenwu, et, sur les côtés, des stèles datant des Yuan (1291) et retraçant l'histoire des Wudangshan.
 
Le temple du Rocher du Sud
Le Nanyuangong, temple du Rocher du Sud, est l'un des sites les plus connus des Wudangshan. Construit sous les Yuan (1314) à flanc de montagne, au coeur de la végétation, il est entièrement en pierre mais imite une structure en bois. A l'intérieur, cinq cents fonctionnaires défunts sont représentés par des statues taillées dans la pierre. Devant le temple, on remarquera un brûle-parfum reposant sur un pilier haut de 2,9 m, sculpté en forme de dragon. Y faire brûler de l'encens porte bonheur. Neuf escaliers de cent vingt marches conduisent au sommet le mont Tianzhu, en contrebas duquel s'étend la Cité pourpre entourée d'un mur de pierre de 1 500 m, chaque pierre pesant 500 kg. A l'extérieur de la porte Sud s'élève le Taihegong, temple de l'Harmonie universelle, construit en 1416.
 

Le pavillon d'Or

Le Jingian : haut de 5,5 m, large de 5,8 m, il est entièrement en bronze, pailleté d'or, reposant sur une terrasse en pierre. Les intempéries n'ont aucunement altéré les structures. A l'intérieur, une statue de Zhenwu en bronze recouvert d'or entouré de ses disciples, « l'enfant d'or » tenant dans ses mains des tablettes, et la « fille de Jade » portant l'insigne de la Dignité, « l'Eau et le Feu », deux généraux brandissant le drapeau et tirant l'épée.
La Chine