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Le Henan |
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Une des provinces les plus habitées : 86 millions d'habitants
Superficie : 167 000 km²
515 habitants au km²
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Située, comme son nom l'indique, « au sud du fleuve » (Jaune), le Henan est le véritable berceau de la civilisation chinoise et c'est dans cette province que l'on a découvert, et que l'on continue de découvrir, des vestiges permettant de reconstituer de plus en plus précisément les 3 500 ans d'histoire de la Chine.
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Le site de l'actuelle Zhengzhou fut il y a très longtemps, au XVe siècle avant notre ère, une des capitales de la première dynastie de l'âge du bronze, celle des Shang.
Par la suite, Zhengzhou resta un petit bourg sans importance jusqu'à la construction, au XIXème siècle, de la voie ferrée Pékin-Canton et d'une ligne estouest (long-hai). La ville devint alors le plus grand carrefour ferroviaire de la Chine. En 1923, les cheminots de la ligne de chemin de fer Pékin-Hankou organisèrent la première grève du mouvement ouvrier chinois, connue aujourd'hui sous le nom de Grève du 7 Février. Au centre de la ville, la Pagode du 7 Février commémore cet épisode de la lutte de la classe ouvrière chinoise.
Après 1949, la situation stratégique de Zhengzhou et la richesse de son sous-sol (charbon, fer et bauxite) allaient en faire la capitale économique de la province.
Aujourd'hui, on contemple une ville nouvelle, issue du premier plan quinquennal. En 1956, elle a été divisée en grandes zones : mécanique, textile, entrepôts et administration. Les quartiers d'habitation ont été conçus au centre de la ville. Grâce à une politique de reboisement efficace, 32 % de la surface de la ville est occupée par des espaces verts.
L'expansion économique de Zhengzhou ne devrait pas remettre en cause l'aménagement de la ville. On prévoit
la construction d'autres villes nouvelles. Il en existe déjà une dans la région des mines de bauxite. Une autre est en chantier près du barrage, et des aménagements pour le tourisme sont prévus. Deux autres sont en projet l'une spécialisée dans l'industrie chimique, et l'autre pour les mineurs, sur le site du bassin houiller. |
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Shaolin |
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Il est une région un peu oubliée qui mérite qu'on s'y attarde : celle du Songshan, l'une des cinq montagnes sacrées de la Chine ancienne, dont les monastères fondés il y a quinze siècles sont à l'origine du kung fît.
Au Nord-Ouest de Dengfeng, le monastère de Shaolin (petite forêt) est entré dans la légende comme le sanctuaire des arts martiaux. Il fut créé en 495 sous les Wei postérieurs et accueillit, vers 525, le moine indien Boddhidharma (Damo) qui resta immobile, en méditation face à un mur, pendant neuf ans. Ce moine est reconnu comme le fondateur de la voie bouddhique du chan (devenu zen au Japon). Ce n'est que sous les Sui (589-618) que les moines auraient commencé à s'illustrer dans les arts martiaux.
Le temple principal est un beau bâtiment datant des Ming avec des fresques en bon état de conservation. Mais les invincibles maîtres du kung-fu ne sont pas parvenus à repousser la nuée des petits marchands qui en font le siège et harcèlent les touristes.
Au Nord de Dengfeng, on peut visiter les deux monastères Yongtai si et Huishan si, au Nord-Est celui de Songyue si, dont la pagode en briques, haute de 40 m, datant de 520, est la plus ancienne encore debout en Chine. À FE, Songyang shuyuan, l'Académie impériale fondée en 484, devenue taoïste sous les Sui, fut reconstruite au XVIIe siècle. À environ 4 km au Sud-Est de Dengfeng, un temple taoïste s'élève au pied du Songshan, également appelé Zhongyue (pic du Centre). Fondé sous les Tang, il connut son apogée sous les Song, bien que les constructions actuelles soient du XVIIIe s. Au fond d'un ensemble de salles classiques, de cours silencieuses et de vieux arbres, se dissimule le temple principal où l'empereur venait sacrifier au dieu de la Montagne. |
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Le Mont Song |
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Le Songshan, appelé aussi Zhongyue Gaoshan ou pic du Centre, est l'un des cinq monts sacrés de Chine. Pour les Chinois, il existe cinq points cardinaux : les quatre que nous connaissons et le Centre. Le pic du Centre se trouve justement au centre d'un carré imaginaire qui irait du Taishan, à l'est, au Hengshan au sud, au Huashan, à l'ouest, et jusqu'au Hengshan au nord. Théoriquement, c'est le pic qui devrait être le plus respecté. De fait, le Taishan est, de beaucoup, le plus vénéré des cinq monts sacrés.
La montagne est en fait assez modeste d'apparence. Pour les Chinois, elle se compose de soixante-douze sommets auxquels correspondaient autrefois soixante-douze temples. Beaucoup ont disparu et on ne visite plus maintenant qu'une dizaine de sites. |
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Le temple du Pic du Centre
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Le Zhongyuemiao est situé en face du pic Taishi, dans l'ensemble des monts Song. Ce pic symbolise l'épouse principale d'un empereur mythique Yu des Xia, et le temple lui est dédié. Il fut fondé sous les Qin, au IIIème siècle av. J.-C. et est considéré comme un des plus anciens temples taoïstes de Chine. Les bâtiments principaux ont été reconstruits sous les Qing, aux XVIème et XVIIème siècles. Sept grandes salles se succèdent, séparées par des cours agrémentées de pins et de cyprès aux formes intéressantes. Dans la première cour, sur la droite, se dressent quatre gardiens de bronze, plus grands que nature, posés à même le sol. Leur air féroce est censé repousser les malfaiteurs. Ils dateraient de la dynastie des Song du Nord. La dernière salle est dédiée à l'épouse de l'empereur Yu et on peut y voir une amusante statue contemporaine devant laquelle les fidèles viennent encore déposer des offrandes. Dans la cour centrale, vous remarquerez quatre petites terrasses qui n'ont aucune utilité apparente : elles représentent les quatre autres pics sacrés de Chine venus rendre hommage au pic du Centre. |
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Le site, peuplé depuis le néolithique, fut le berceau de la civilisation des Ma (entre le XXIeème et le XVIème siècle av. J.-C.). Les fouilles d'Eurlitou, à une dizaine de kilomètres à l'Est de Luoyang, ont mis au jour les ruines du plus ancien palais - 3 700 ans - jamais découvert en Chine. Il est d'ailleurs possible de rencontrer les chercheurs de l'Institut archéologique et d'assister à leurs travaux de fouilles ou à la reconstitution des pièces exhumées, à condition d'en faire la demande, par le canal du C.I.T.S. Au XIème siècle av. J.-C., un roi des Zhou installa sa capitale dans la partie Nord-Ouest de la ville actuelle. En 770 av. J.-C., son successeur y édifia une "cité royale" et une citadelle. Pendant 1 700 ans, Luoyang fut ainsi la capitale de neuf dynasties. C'est aujourd'hui un véritable "musée souterrain", dont les découvertes ne cessent d'alimenter le Musée provincial. Après une éclipse, Luoyang reprit son rang de capitale: "l'ancienne cité des Sui et des Tang" occupait la partie orientale de la ville actuelle, de part et d'autre de la rivière. Elle était entourée d'une muraille longue de 27,5 km. Sous le règne de l'impératrice Wu Zetian (690-705), la population dépassa le million d'habitants. Des poètes, dont Wang wei, chantèrent la beauté, le raffinement et l'animation d'une cité qui était alors la première du monde.
Le déclin commence au Xe siècle La ville est détruite et la population décimée par les armées venues du Nord. Sous les Song, Luoyang n'est plus qu'une petite cité enclose dans une muraille de 4,5 km de pourtour: "l'ancienne ville" d'aujourd'hui, privée de ses remparts en 1939, conserve néanmoins une atmosphère pittoresque, notamment dans le quartier des marchands de lanternes (spécialité de Luoyang) et de céramiques (avec les copies des célèbres pièces Tang). Depuis les Tang, Luoyang est restée la ville de la pivoine, fleur emblématique de cette dynastie. Les anciens textes précisent qu'il existait 90 variétés de pivoines; en 1949, une quarantaine séulement s'étaient perpétuées mais aujourd'hui les responsables des jardins en présentent 110 variétés dont la plus précieuse est de couleur violet noir. Chaque année, en avril, les visiteurs se pressent dans les jardins publics pour en admirer la floraison... comme à l'époque des Tang, quand le poète Bal Juyi écrivait: "Fleurs qui, en vingt jours, s'épanouissent et se fanent/Réjouissant à la folie les gens de toute une cité". Vitalité des traditions chinoises ! |
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Au milieu de la plaine, s'élève la pagode de Baima si, construite en 68 sous les Han de l'Est. L'édifice actuel, de plan carré, à treize étages, haut de 30 m, a été souvent restauré au cours des siècles. Le temple voisin, encore actif, reconstruit sous les Ming, présente une succession de bâtiments et de cours avec, au fond, la "terrasse de la Fraîcheur", où, selon la tradition, les Écritures bouddhiques - portées par un cheval blanc deux moines indiens - furent introduites en Chine pour la première fois. Les tombeaux de ces deux moines sont dans l'enceinte.
Non loin de là, on retrouve des pans, hauts de 10 m, de la muraille de la "cité des Han et des Wei" (du début de notre ère au Ve siècle). Selon les textes et les poèmes anciens, cette ville était parsemée de palais somptueux, "des milliers de foyers y vivaient à l'ombre d'une végétation luxuriante". On y découvrit un grand nombre de stèles de l'académie, fondée en l'an 29, qui comptait 30 000 étudiants. |
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Les 100 000 bouddhas de Longmen
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Le site de Longmen (la porte du Dragon) se compose de deux falaises, criblées de sanctuaires rupestres, entre lesquelles coule la rivière Yi. Sur 1 km, on a recensé 1 352 grottes, 750 niches, 39 petites pagodes sculptées dans le roc, 3 608 inscriptions et 97 306 statues dont la plus grande mesure 17,14 m et la plus petite 2 cm. Ce travail fabuleux fut commencé sur l'ordre de l'empereur Xiaowen des Wei du Nord dès le transfert de sa capitale à Luoyang, en 494. Il se poursuivit pendant quatre cents ans jusqu'au début des Song. Au début des Wei du Nord, la statuaire bouddhique conservait le souvenir des formes gréco-bouddhiques, mais le traitement schématique des corps renforça la spiritualité des visages. Puis le style s'adoucit et sous les Tang apparaissent des corps et des visages pleins, plus humains, plus "chinois" dans leur épanouissement. Une quinzaine de grottes sont particulièrement riches, mais toutes ont été "visitées" par des collectionneurs et des antiquaires de la seconde moitié du XIXe siècle et du début du XXe s. Les grands bouddhas et le décor qui les entoure furent épargnés, mais des milliers de petites statues sont mutilées et leurs têtes dispersées en Europe, en Amérique et au Japon.
Un plan de situation des grottes avec leur datation peut être obtenu au bureau du C.I.T.S. de Luoyang. Il est conseillé aux photographes amateurs de visiter cet ensemble en début de matinée pour avoir les meilleures conditions d'éclairage de la falaise.
En partant du Nord-Est de la falaise, on trouve la grotte de Qianqi si, puis les trois grottes Binyang. Celle du centre, creusée et sculptée par 800 000 ouvriers entre 500 et 523, abrite onze grandes statues, dont un bouddha dépassant 8 m de haut. Plus loin, Wan do dong, la grotte des 10 000 Bouddhas, date des Tang (680) et contient effectivement 10 000 petits bouddhas sculptés sur les parois, autour d'un bouddha central assis.
Après la grotte à la Fleur de lotus et les grottes des Caractères Wei et Tang, on arrive à Juxian si, la plus vaste de toutes: 35 x 30 m, avec le grand Bouddha de 17,14 m entouré de ses disciples Ananda et Kaçyapa, de deux bodhisattvas parés et de gardiens célestes. Puis, on passe à la grotte des ordonnances médicales, où l'on voit une centaine de formules de remèdes gravées, à la grotte Guyang, où le décor et les scènes des bas-reliefs sont très attachants, puis aux grottes Huoshao dong, Shiku si et Lu dong, chacune d'un intérêt particulier. La falaise orientale comporte un moins grand nombre de grottes datant des Tang: on remarquera Kanjing si, creusée sous le règne de l'impératrice Wu Zetian et ornée de vingt-neuf luohan avec, au centre, un bouddha assez curieux ; et Wanfo gou, une autre grotte de 10 000 bouddhas. |
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Kaifeng |
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Kaifeng a longtemps été appelé Bianliang, ce qui signifie "pont sur le Bian".
Capitale des Song du Nord aux XIème et XIIème siècle, la cité était d'une richesse et d'une splendeur alors sans égales sous le ciel. En 1126, les barbares Jürchen, dévalant des confins mongols et mandchous, la mirent à sac et l'incendièrent. Elle retrouva un peu de son éclat sous les Ming lorsqu'elle fut balayée en 1642 par le fleuve Jaune après la rupture de ses digues; 300 000 habitants périrent dans la catastrophe. Rebâtie, elle conserve aujourd'hui, en certains quartiers, son aspect traditionnel de la fin du XVIIème siècle et mérite bien une journée de visite. Au Nord de la ville, on remarquera le pavillon des Dragons, qui ne manque pas de grandeur, et la pagode de Fer (1049), haute de treize étages (56 m), qui doit son nom à la couleur rouille de ses tuiles vernissées.
Au Sud, le Xiangguosi est un monastère fondé au VIème siècle, maintes fois reconstruit et restauré, qui abrite quelques belles statues en bronze des Song. Hormis les deux célèbres stèles gravées, il est inutile de rechercher d'autres souvenirs de la communauté juive de Kaifeng. La synagogue a été détruite en 1850 par les Taiping, et les derniers juifs se sont depuis mêlés à la population locale. |
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