Le Hebei

 

Superficie : 185 000 km²
Population : 60,2 millions d'habitants.
Capitale : Shijiazhuang.
Les municipalités de Pékin et de Tianjin sont autonomes.
Industries minières : charbon dans la région de Tangshan et de Fengfeng, pétrole dans la mer de Bohai, phosphates à Fangshan.
Usines sidérurgiques à Tansghan et Handan, textiles à Shijiazhuang et Handan.

Le fameux « homme de Pékin » fut découvert en 1921 au sud de Pékin. Il fut alors considéré comme le plus vieux fossile humain. Au temps des Royaumes combattants, à partir de 453 av. J.-C., les royaumes de Zhao et de Yan se partageaient la région occupée par l'actuelle province du Hebei. Yan avait sa capitale dans les environs de Pékin, à Jicheng. Le royaume de Yan érigea les premières murailles protectrices du nord de la Chine et Qin Shihuangdi, après son avènement, poursuivit cette entreprise à une plus grande échelle. A partir des Han de l'Ouest (206 av. J.-C. - 8 ap. J.-C.), le Hebei fit office de province tampon entre le coeur culturel de la Chine, plus au sud, et les éventuels envahisseurs barbares du Nord. Ce n'est qu'avec l'invasion du nord de la Chine par les Kitan et la fondation de la dynastie des Liao (907-1125) que le Hebei devint un centre culturel important, la capitale ayant été établie à Pékin. De la même façon, les envahisseurs mongols (dynastie des Yuan) puis mandchous (Qing) établirent leur capitale respective à Pékin. Ces envahisseurs successifs s'étant progressivement sinisés, Pékin, capitale de la Chine aux mains des barbares du Nord, resta toujours une ville chinoise.La province du Hebei, dont le nom signifie « au nord du fleuve », c'est-à-dire au nord du fleuve jaune, est bordée au nord par les provinces de Mongolie intérieure et du Liaoning, au sud par celles du Shanxi, du Henan et du Shandong. Elle possède en outre une région côtière qui donne sur la mer de Bohai. Le nord de la province est montagneux et relativement peu habité. La Grande Muraille serpente dans les contreforts du plateau mongol et ajoute beaucoup à ce paysage rude. Le sud de la province est occupé par une vaste plaine, beaucoup plus riche et plus fertile que le nord. Le paysage y est assez monotone, les champs de blé succédant aux champs de maïs ou de sorgho. Au sud, ce sont les champs de coton qui envahissent la plaine. La capitale de la province, Shijiazhuang, est devenue une importante ville industrielle, qui tire son énergie des mines de charbon de la région de Jingxing, dans l'ouest de la province. Le climat du Hebei est continental ; il y fait très froid et sec en hiver (-15 °C n'est pas une température exceptionnelle) et très chaud et humide en été (plus de 40 °C).
On visite généralement la province du Hebei en rayonnant à partir de Pékin. En effet, on peut se rendre en quelques heures dans les villes principales que sont, au nord, Chengde, Beidaihe et Qinhuangdao. Prévoyez de passer une nuit à Chengde et de disposer d'une journée pour visiter la région de Beidaihe et Qinhuangdao. A l'est, la municipalité autonome de Tianjin peut être visitée dans la journée à partir de Pékin. Au sud, il faut passer une nuit à Shijiazhuang pour visiter la capitale provinciale et ses environs. Les tombeaux Qing, qui se trouvent dans le district de Zunhua, ont été décrits dans le chapitre « Pékin », bien qu'ils soient situés dans la province du Hebei. Pour les amateurs d'histoire et de monuments anciens, Chengde constitue incontestablement l'excursion la plus intéressante. Les amateurs de belles plages et les amoureux de la Grande Muraille se rendront à Beidaihe et à Qinhuangdao.
 
Shijiashuang
 
Capitale du Hebei.
1,3 million d'habitants.
Industrie : filage et tissage du coton.
Shijiazhuang signifie « village des maisons de pierre ». La ville, moderne et très étendue, ne présente guère d'intérêt pour le touriste. Les touristes canadiens viennent s'y recueillir sur la tombe de Norman Béthune (Bai Qu'en, en chinois), l'une des personnalités étrangères les plus connues en wChine. Un texte célèbre de Mao a immortalisé l'« esprit de dévouement total à la cause du peuple» de cet étranger au service de l'Armée rouge. II mourut d'une septicémie en 1939, après avoir opéré un blessé.
 
 
Chengde
 
Chengde est une ville de 290 000 habitants, qui se trouve au nord de la province du Hebei, à quatre heures et demie de train de Pékin. Chengde est en soi une ville sans grand intérêt mais doit sa célébrité au palais du Jehol que l'empereur Kangxi des Qing fit construire en 1703. Le palais, le parc environnant et les temples qui l'ornent font de Chengde un lieu de promenade unique en Chine où l'on peut à la fois jouir du calme, de la nature et apprécier les somptueux vestiges du passé.L'empereur Kangxi entama en 1703 la construction d'un palais d'Eté auquel il donna le nom de Bishu shanzhuang, « hameau de montagne pour fuir la chaleur ». Ce n'est qu'en 1790, sous l'empereur Qianlong, que les travaux prirent fin. Six mois par an, les dignitaires de la Cour déménageaient dans ce palais où l'empereur fuyait les chaleurs estivales de Pékin. Les ambassadeurs étrangers devaient s'y rendre lorsqu'ils avaient à traiter d'importantes affaires et c'est là que l'empereur Qianlong reçut l'ambassade anglaise de Lord Macartney, en 1793. Les étrangers donnèrent au palais le nom de palais du Jehol, en raison de l'affluent du Luanhe, le Rehe ou Jehol, le « fleuve chaud », qui arrose la vallée de Chengde, et qui a donné son ancien nom à la province.
 

Le Bishu sanzhuang

Situé au nord de la ville, le palais et son parc occupent une surface de 560 ha et la muraille qui les entoure fait 10 km de long. On verra d'abord le Palais impérial, de dimensions et de style infiniment plus modestes que le Palais impérial de Pékin. Il se compose de petites cours carrées qui se succèdent sur un axe nord-sud. Les salles, soigneusement repeintes dans des couleurs sobres, ont été transformées en petits musées historiques et archéologiques.
En quittant le palais par le nord, on accède aux parcs impériaux. Ces parcs se divisent en trois parties : les lacs, les plaines et les montagnes, qui sont censées représenter la Chine en miniature. La « région des lacs » rappelle les paysages du Sud, Suzhou, Jiaxing et Hangzhou, alors que celle des montagnes est censée évoquer le nord de la Chine. Les plus beaux bâtiments ont été construits au bord de l'eau : le Shuixinxie, « portail au coeur de l'eau », le Jinshanting, « pavillon de la montagne d'or », le Yanyulou, « maison des brumes et de la pluie », où sont exposées de vieilles horloges serties de diamants et de pierreries offertes par les ambassadeurs européens aux empereurs chinois. Au nord-est de la région des lacs se trouve la source du Relue, le « fleuve chaud ».
Plus au nord encore, la « région des plaines » était autrefois plantée de forêts touffues où s'ébattaient des biches en liberté. Ces forêts ont malheureusement disparu et cédé la place à un hôpital militaire. Au nord-ouest, la « région des montagnes » occupe les quatre cinquièmes du parc. La plupart des bâtiments qui s'y trouvaient ont été détruits par les Seigneurs de la guerre au début du siècle, puis par les envahisseurs japonais. Il ne reste qu'un seul pavillon, perché au sommet d'une montagne, qui semble être une invitation à l'escalade.
 

Les temples de l'Extérieur

Les Waibamiao, les « huit temples de l'Extérieur », ont été construits entre 1713 et 1780. Il y en avait onze autrefois mais il n'en reste plus que sept aujourd'hui, et le chiffre huit indiqué par leur nom laisse les historiens perplexes. La plupart des temples de Chengde sont des temples lamaïstes. En effet, le lamaïsme était la religion officielle de la dynastie des Qing, d'origine mandchoue. Cette religion permettait également de sceller l'alliance entre le gouvernement central et deux minorités nationales alors puissantes : les Mongols et les Tibétains, de même confession. Ceci explique que la plupart des stèles érigées dans les temples de Chengde soient rédigées en quatre langues : chinois, mongol, tibétain et mandchou. Les temples se trouvent au nord et à l'est de la ville, au-delà des parcs impériaux, à quelques kilomètres du centreville. On peut s'y rendre à pied ou prendre un autobus sur la route qui longe la rivière. A l'est de la rivière se trouvent, du sud au nord, le Purensi, temple de l'Amour universel, le Pushansi, temple de la Bonté universelle (détruit), le Pulesi, temple de la joie universelle et le Anyuanmiao, temple de l'Éternité tranquille, aussi appelé temple de la Vallée de l'Ili (au Xinjiang), parce qu'il a été bâti en 1764 sur le modèle d'un temple de cette région. Le Pulesi fut construit en 1766 et rappelle le temple du Ciel à Pékin. Le bâtiment principal, le pavillon de la Lumière de l'aurore, est de forme circulaire et son double toit est couvert de tuiles jaunes. On remarquera dans ce pavillon une très belle statue tantrique de facture chinoise mais de style tibétain. En montant sur la colline derrière le Pulesi, on a une très jolie vue`!F1' sur la vallée tout entière. Une promenade d'une heure sur le même sentier mène à l'étrange formation rocheuse que l'on aperçoit partout de Chengde. Ce rocher, qui s'appelle le « rocher du battoir et de la planche à linge », ressemble à une chaise géante. Il est possible de grimper sans trop d'efforts sur la « chaise », au pied du « dossier ». Le deuxième groupe de temples se trouve au nord de la ville. Il se compose, d'est en ouest, du Puningsi, du Puyousi ift (détruit), du Xumifushoumiao, du Putuozongshengmiao, du Shuxiangsi, du Guang'ansi et du Lohantang. Ces deux derniers ont été détruits.
 

Le temple de la Paix Universelle

Le Puningsi fut construit en 1775 sur le modèle du grand temple tibétain de Samyé. Le bâtiment principal abrite un impressionnant bouddha de bois qui mesure 22,28 m de haut et pèse 10 tonnes. On peut aussi voir dans un des premiers bâtiments sur la gauche quelques statues de luohan, disciples du Bouddha, qui se trouvaient dans le Luohantang ou « salle des Arhats ». Certaines de ces statues sont à demi calcinées. En effet, le Luohantang a été frappé par la foudre et, l'incendie n'ayant pu être jugulé, seules quelques statues ont pu être sauvées. L'arrangement des petits pavillons, construits sur une hauteur derrière le bâtiment principal, est chargé de symboles lamestes. Le pavillon triangulaire, les pavillons de la lune et du soleil, la pagode polychrome, représentent les diverses étapes de la vie du Bouddha avant qu'il n'ait atteint le nirvâna. Le temple Xumifushou fut construit en 1780 en l'honneur d'un chef religieux tibétain, le panchen-lama de la sixième dynastie. Les bâtiments sont donc de style tibétain, sur le modèle du temple Tashilhunpo. On admirera tout particulièrement les toitures ornées d'animaux mythiques du temple central, qui se trouve entre une vaste terrasse de briques rouges et le temple secondaire, construit en retrait sur la colline. Ce superbe ensemble est dominé par une petite pagode en briques vernissées qui rappelle celle des Collines parfumées de Pékin.
Le temple Putuozongsheng couvre une surface de 220 hectares. C'est le plus grand temple de Chengde et il fallut quatre ans - de 1767 à 1771 - pour le construire. C'est une imitation du plus célèbre centre religieux du Tibet, le Potala de Lhassa. Il est actuellement en réfection mais on peut tout de même visiter quelques-uns des petits bâtiments blancs qui s'élèvent par dizaines au pied du grand bâtiment central de briques rouges, véritable forteresse qui abrite le temple principal à la toiture faite de tuiles d'or. Quelques reliques dont des statues tantriques en bronze, sont encore exposées dans les divers bâtiments mais l'ensemble est en assez mauvais état.
Le dernier de ces temples, le Shuxiangsi, construit en 1774, est également en cours de réfection. Ses bâtiments rappellent le temple du même nom qui se trouve au Wutaishan dans le Shanxi. C'est dans son enceinte que les principaux sutras tibétains furent traduits en mandchou, la langue de la Cour. La traduction dura dix-huit ans.
La Chine