Le Guizhou
 

Au sud-ouest de la Chine, à l'extrémité est du plateau Yunnan Guizhou, entouré par le Sichuan et le Hunan au nord et à l'est, par leYunnan à l'ouest et le Guangxi au sud.
Population : 32 millions d'habitants.
Cultures principales : riz, tabac et thé.
Production de vin (maotai et dongjiu)Peu industrialisé mais riche en réserves minérales.

Situé au sud-ouest, l'ancien royaume de Yelangguo fut le dernier Etat « barbare » du Sud à être rattaché à l'empire. Ce fut l'empereur Qing Qianlong (1736) qui, en venant à bout de la résistance acharnée de ces « hommes du Guizhou », mit fin à la relative indépendance de cette province éloignée et inaccessible. Par la suite, sous le Guomindang, quelques révoltes sporadiques éclatèrent, vite réprimées. Aujourd'hui encore, les noms des villes témoignent de cette longue série de soulèvements : Qingzhen, Zhenyuan, Zhenning contiennent tous le mot répression (zhen), tandis que Anshun ou Pu an signifient « restauration de l'ordre ».
L'occupation Han de cette province peuplée par de nombreuses minorités nationales, dont les plus importantes sont les Miao, les Buyi, les Dong et les Gelao, débute sous la dynastie Han. Au préalable, ces tribus avaient été reléguées vers ces montagnes par les Chinois qui, avançant vers le sud, avaient occupé le bassin du Yangtsé. A l'époque des Trois Royaumes, le célèbre général Zhuge Liang envoya ses armées au Guizhou, mais sut reconnaître l'autorité des chefs de tribus. Curieusement, ce personnage légendaire est passé dans la mémoire populaire des tribus. Un autre conquérant, Kubilai, occupa la région en 1252, mais le Yelangguo résista. C'est à partir des Ming que des garnisons militaires chinoises s'installèrent, formant le premier contingent d'émigrants. Au XIXème siècle, une autre vague d'émigration se fit à partir des provinces surpeuplées du Sichuan et du Hunan, mais la province resta la plus arriérée et la plus pauvre de l'empire, servant de terre d'exil aux fonctionnaires indésirables. Durant l'invasion japonaise, le gouvernement du Guomindang se retrancha à Chongqing. La construction de lignes de chemins de fer et d'usines fit sortir la province de son terrible isolement. Mais la politique d'assimilation de Chang Kaï-chek devint vite impopulaire et les soulèvements de la population furent récupérés au cours de la Longue Marche, par les communistes qui promettaient aux habitants un statut d'autonomie. C'est à Zunyi que se tint en 1935 la réunion décisive du Parti communiste où Mao conquit définitivement la direction du Parti. Après 1949, oubliant ses promesses, le nouveau gouvernement reprit la politique d'intégration. Des efforts furent faits pour implanter des usines et exploiter les nombreuses richesses minières du sous-sol, mais les résultats de cette politique du « centre » restèrent peu probants. Les déboisements massifs ont créé un sérieux problème d'érosion. Le niveau de vie est l'un des plus bas de Chine. Au cours de la Révolution culturelle, les autorités perdirent le contrôle de la situation, la province fut mise à feu et à sang par les factions et les tufei (bandits). Il y a dix ans, on respectait encore le couvre-feu à Guiyang en raison des agressions, tandis que dans le reste de la province des bandes de brigands faisaient dérailler les trains.
 
 
Guiyang
Guiyang signifie « précieux soleil ». La ville, encaissée au milieu des montagnes, sous une chape de nuages, est en effet assez peu privilégiée par le soleil. Les origines de la ville remontent à la dynastie des Han. Sous les Ming, elle devint une ville garnison entourée de remparts, où étaient envoyés les fonctionnaires en disgrâce. L'industrialisation date de la guerre quand le gouvernement nationaliste se retrancha dans le Sud-Ouest remontant pièce par pièce les usines de Shanghai.
Après 1949, Mao Zedong essaya de décentraliser l'appareil industriel en implantant des usines stratégiques dans le centre du pays. Cette politique a, jusqu'à présent, été peu concluante à cause de l'insuffisance des infrastructures. Depuis 1990, l'avenir du pays a de nouveau basculé vers les côtes de l'Est et surtout le Sud. Aujourd'hui, l'usine la plus importante de la ville est une usine de traitement d'aluminium, construite avec l'assistance japonaise.
Guiyang a la triste réputation d'être une des villes les plus polluées de Chine et il est vrai que l'impression que l'on a à la sortie de la gare est souvent malheureuse : c'est une ville caserne sur les bords d'une rivière immonde, la Nanming. Mais, derrière la ville caserne se cache le vieux Guizhou, épargné par les bombardements japonais, où l'on retrouve avec plaisir les ruelles aux rangées de maisons à un étage, en bois, ouvertes sur la rue. L'été, les soirées se prolongent autour des marchés de nuit, dans les petits restaurants aux étals de fortune, dans les salles de bal qui diffusent généreusement leurs flonflons.
 
 
Les Chutes de Huangguoshu
Au sud-ouest de Guiyang, il existe un circuit historique où les brigands n'ont pas eu un rôle moindre. La distance de Guiyang à Huangguoshu est de 142 km ; une nouvelle route, achevée en mai 1992, permet de faire le trajet en deux heures.
Le nom de Huanggoshu vient d'un certain type de mandarinier que l'on trouvait autrefois dans la région. Ils furent arrachés
dans les années 60 pour développer la culture des céréales, les paysans étant contraints de produire un certain quota fixé par l'Etat. Les dix-huit cascades sont la conséquence d'un phénomène unique d'érosion des plateaux calcaires sous l'effet des eaux souterraines. Les chutes les plus importantes se trouvent dans le village de Huangguo, et atteignent 70 m de haut. Lorsque les autorités locales voulurent percer la grotte qui se trouve derrière le rideau d'eau, les paysans racontèrent que les tufei y avaient caché leur butin. La police dut intervenir pour protéger les ouvriers ; la galerie fut creusée tandis que quelques coups de feu mystérieux étaient tirés, mais le butin est resté introuvable !
Un certain nombre de promenades peuvent être faites dans la région à partir de Huangguo. En continuant sur la route, après le village, à 3 km on aperçoit les chutes en spirales de Luositan qui s'étendent sur 90 m. Un peu plus loin, après le village de Baishuixiang, un chemin sur la droite conduit à travers la montagne à la cascade de Dishuitan. Si l'on continue la route après Luositan on arrive à la rivière Balinghe (3 km) où l'on peut encore voir le vieux pont de Baling qui était autre - I fois une étape sur la route de la soie du sud qui passait par le Yunnan et la Birmanie. Au-dessus du pont, on aperçoit les ruines du temple Shuangquan et au sommet de la montagne, une porte d'où l'on aborde la descente sur le bourg de Guanling. En continuant toujours sur la même route on arrive à la mystérieuse «,roche rouge » dont les
 
 
Anshun
Anshun était autrefois un centre commercial et l'une des villes les plus prospères de la province, vivant du commerce du thé et de l'opium. Aujourd'hui la ville a sombré dans le déclin. Les gens de Anshun ont toujours eu la réputation d'être paresseux, avides au gain et filous.
L'expression chaye (feuille de thé), souvent employée dans la région, signifie « tromper les gens ». Elle remonte à une époque encore proche où les gens d'Anshun trompaient les voyageurs en leur vendant des feuilles d'arbre en guise de thé. Cette pratique a disparu et l'on peut acheter en toute confiance le délicieux thé d'Anshun, peu connu, mais dont la saveur égale celle des meilleurs thés de Chine.
 

La grotte du Palais du Dragon

Longgong se trouve dans le district d'Anshun, à 127 km de Guiyang et 27 km d'Anshun. Longgong fait partie d'une zone d'aménagement en parc naturel ouverte depuis peu au tourisme. Le site le plus visité est la grotte de Longgong avec sa cascade, mais c'est aussi une zone de minorités buyi et miao dont on essaie de revaloriser le folklore dans une perspective touristique.

La grotte

Longue de 844 m, elle est divisée en cinq salles : la salle de l'accueil des Dragons, la gorge du Dragon, la salle des Cinq Dragons qui jouent à la balle, la salle du Puits et la salle des Trois Gorges, haute de 75 m. A l'extrémité de cette salle, la rivière souterraine se transforme en rapides. La profondeur des eaux à l'intérieur de la grotte est de 17 m.

La cascade

La cataracte haute de 50 m et large de 25 m surgit d'une fente à l'intérieur de la montagne, d'où le nom de porte du Dragon. L'eau de la cascade vient d'un petit lac de montagne qui se trouve à l'entrée de la grotte.
 

Les grottes de Daji

Les plus grandes et les plus belles de la région. Situées dans les monts Zhijing, quarante-sept cavernes se succèdent sur 13 km dont 3,5 aux visiteurs. Un véritable musée du relief karstique parmi lequel "l'arbre de pluie d'argent », une magnifique stalagmite de 17 m de haut.
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