Le Gansu |
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Province du nord-ouest de la Chine bordée à l'ouest par le Xinjiang et le Qinghai, au sud par le Sichuan, à l'est par le Shaanxi et le Ningxia, au nord par la République de Mongolie.
Superficie : 530 000 km².
Population : 23 millions d'habitants.
Capitale : Lanzhou.
Ressources : pétrole, nickel.
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Le Gansu s'étend en forme de croissant sur 1 600 km d'est en ouest. La route de la soie qui reliait la Chine à l'Inde et au reste du monde traversait cet étroit corridor dont le contrôle a toujours été d'un intérêt primordial pour les Chinois. La Grande Muraille qui part de Shanhaiguan dans le Hebei se termine dans le Gansu à la passe de Jiayuguan où l'on peut encore voir un important dispositif militaire construit sous les Ming. La Grande Muraille marquait les limites de l'Empire, frontière entre le monde civilisé et le monde « barbare ». C'est par le Gansu que s'est opérée la pénétration du bouddhisme ; de nombreuses grottes témoignent de cet âge d'or des échanges avec l'Occident qui connut son apogée sous les Tang. Au XIIIème siècle, le célèbre marchand italien Marco Polo emprunta cette route pour pénétrer en Chine. La découverte des grottes de Dunhuang au début du siècle par deux explorateurs, le Français Pelliot et l'Anglais Stein, révolutionna le monde de la sinologie. Des peintures murales et des manuscrits d'une valeur inestimable furent à l'époque achetés à un moine qui les vendit à vil prix. D'autres grottes nous font découvrir la splendeur de cet art bouddhique : les grottes de Binglingsi dans le district de Yongjing près de Lanzhou, les grottes de Matisi à l'ouest dans les monts Qilian, les grottes de Tianshui à l'est. Des découvertes archéologiques récentes faites dans cette région ne cessent d'enrichir le patrimoine historique de cette vieille civilisation du fleuve Jaune. Le musée de Wuwei, à 270 km à l'ouest de Lanzhou, et le musée de Lanzhou figurent parmi les plus beaux musées de Chine et possèdent des pièces uniques. Cette région, au passé si prestigieux, est tombée dans l'oubli et est aujourd'hui l'une des provinces les plus pauvres de Chine. Elle compte 23 millions d'habitants dont 7,6 % de Hui, Ouïghour, Dongxiang. Le Gansu, au climat aride, est menacé depuis des siècles par l'érosion. Le désert ne cesse d'avancer et occupe actuellement un quart de la province. Tout au long de l'histoire, ,es dunes mouvantes ont enseveli villes et villages. Les tentatives de détournement des cours des rivières meurtrières sont restées sans succès. Depuis 1949, des travaux ont été réalisés pour exploiter les ressources hydrauliques abondantes comme en témoigne le barrage de Liujiaxia, qui est jusqu'à présent le plus puissant barrage du fleuve jaune. Lautre richesse du Gansu réside dans son sous-sol. Le plus grand centre d'exploitation du nickel se trouve dans la ville nouvelle de Jinchang construite en 1981 dans le corridor de Hexi : les réserves de nickel y sont les secondes du monde en importance. Les premiers champs pétroliferes chinois furent découverts dans le Gansu, à Yumen. Le sous-sol renferme également d'abondantes réserves non exploitées de métaux non ferreux.
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Capitale du Gansu. Sur les rives du fleuve jaune, à 1 500 m d'altitude.
Lanzhou, capitale du Gansu, était sous l'Empire une importante garnison sur la route de la soie. Sous les Han, elle fut connue sous le nom de "ville d'or".
De 200 000 habitants en 1949 la population de Lanzhou est passée à 2 millions d'habitants. La ville s'étire en longueur sur les rives du fleuve Jaune. Le développement industriel de Lanzhou débuta en 1949 par la construction d'un important réseau de voies ferrées autour de la ville. Dans les années 60, la raffinerie de pétrole de Lanzhou produisait plus que l'ensemble des autres raffineries du pays. factuelle usine d'équipement de forage était sous les Qing un atelier d'armes à feu et de sabres.
Tout en longueur, Lanzhou se trouve dans un corridor du fleuve jaune, entourée de collines dénudées. Sauf au printemps, à l'occasion des vents de sable, l'air y est très pollué par la présence de nombreuses industries, c'est pourquoi les promenades n'y sont guère agréables. La ville est divisée en plusieurs quartiers isolés les uns des autres. Dans le district le plus oriental, Chengquan qu, se trouvent la gare ferroviaire, le siège du gouvernement provincial, l'hôtel Lanzhou, la plupart des instituts d'études supérieures et le parc des Cinq Sources. Les quartiers commerçants se situent sur Dingxi lu et Tianshui lu et, dans la vieille ville, dans Zhongshan lu et Jiuquan lu. Le deuxième district, Qilihe qu, central, comprend l'hôtel de l'Amitié et le musée provincial. Le dernier district, Anning qu, est un quartier d'habitations ouvrières. Sur l'autre rive du fleuve jaune, face au district de Chengquan se trouve la pagode Blanche, symbole de la ville. |
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Les grottes du Binglingsi
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La première étape est le barrage de Liujiaxia. Commencé en 1964, il fut mis en fonction en 1974. Le barrage est haut de 147 m ; le réservoir, d'une superficie de 130 km² a une capacité de stockage de 5 700 millions de m3 d'eau. La production d'électricité est de 2,5 millions de kW. C'est le plus puissant des barrages du fleuve jaune. Le site fut ouvert au public en 1980. Situées à 35 km au sud-ouest de Yongjing, les grottes furent redécouvertes en 1952. C'est un ensemble de 183 grottes contenant 694 statues de pierre, 82 statues d'argile et 900 m2 de fresques. La plus vieille grotte, la grotte n° 169, date des Qin de l'Ouest (385431) ; elle contient un grand bouddha et deux bodhisattvas : Guanyin et Dashizhi. La grotte la plus impressionnante est la grotte n° 171 avec la grande figure du Bouddha Maitreya assis, sculptée dans la pierre ; la statue est haute de 27 m. Elle fut creusée sous les Tang. La grotte n° 8 est d'époque Sui, les grottes 64, 30 et 10 sont d'époque Tang. Le site de Binglingsi vous plonge dans un univers étonnant de pics déchiquetés par l'érosion. |
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Le monastère est accolé à la montagne Feng et fait face au mont Long. Entre les deux, coule la rivière Daxia que les Tibétains appellent « le bol aux trésors ». Adossées à la montagne et regardant le fleuve, toutes les lamaseries respectent cette configuration classique. Lapulengsi était autrefois le second centre intellectuel du lamaïsme après Lhassa, et le centre culturel et politique pour le Gansu, le Qinghai et le Sichuan. Le monastère couvre une superficie de 1 234 m², avec 234 temples et bâtiments pouvant abriter 3 000 moines. Aujourd'hui plus de 300 lamas y résident dont quatre « Bouddhas vivants » (réincarnation du Bouddha) et le septième Jiamuyang (supérieur du monastère) qui est âgé de quarante-cinq ans. Le monastère compte six instituts, les zacang: philosophie (wensi), médecine tibétaine, astronomie, science des successions antérieures et postérieures. Elnstitut de philosophie, wensi xueyuan, est l'édifice central du Lapulengsi : il comprend trois salles. Lautre bâtiment central est la grande salle des Sutras, Dajingtang ; elle peut contenir 4 000 lamas. Toute cette partie centrale a brûlé en avril 1985, entraînant d'énormes dégâts. Lédifice le plus haut du Lapulengsi est le Shouxisi, temple de la Longévité et du Bonheur, qui semble avoir six étages alors qu'il n'en a que quatre ; il s'agit d'un trompe-l'oeil obtenu par des successions de constructions sur des plans différents. A l'intérieur, on peut voir une statue de Maitreya et dix-huit luohan. On remarquera une très belle pagode de bronze et des galeries de manikala (moulins à prière) qui courent autour des bâtiments sur 1,5 km. L'architecture de Lapulengsi révèle une stricte hiérarchie parmi les lamas. Les simples lamas habitent les résidences peintes en blanc et en noir qui se trouvent en bas de la lamaserie. Les « Bouddhas vivants » habitent en général les palais peints en rouge qui se trouvent en haut. L'architecture est dans l'ensemble tibétaine mais amalgame des éléments d'architecture chinoise et hui, comme la forme de certains toits à auvents, les fresques, les sculptures sur bois. Les tapis et les tentures, ainsi que la forme des fenêtres et
des portes, dénotent une musulmane.
La bibliothèque de Lapuleng contient encore plus de 65 000 brochures qui, mis à part les sutras et une encyclopédie de plus de 200 volumes, se rapportent à la langue et à la littérature tibétaine, à l'histoire du Tibet, à la médecine tibétaine, à la musique et aux beaux-arts. |
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Les grottes de Maijishan son 45 km au sud-est de Tians . Elles font partie des dix sanctuaires les plus célèbres de la route de la soie et méritent largement le détour. Le mot maiji signifie « gerbier de blé », ou « meule de paille» et maijishan, « montagnes en forme de meules de paille ». On a ainsi appelé ce massif à cause des formes très particulières de son relief érodé. Contrairement aux autres sanctuaires de la route de la soie, celui de Maijishan se trouve dans une région fertile et verdoyante. Les grottes, creusées directement dans la falaise, sont situées à plus de 40 m du sol. L'origine de ces grottes remonte à la fin des Qin de l'Est (384-417) et leur excavation s'est poursuivie durant plus d'un millénaire. Les grottes les plus anciennes furent détruites lors d'un tremblement de terre en 734. Il reste aujourd'hui cent quatre-vingtquatorze grottes et plus de mille statues d'argile qui retracent l'histoire de l'art bouddhique à travers les siècles. On peut se demander comment travaillaient les sculpteurs du ive siècle pour creuser des grottes situées loin du sol. En fait, la technique est simple et a été importée d'Inde : un immense échafaudage courait le long de la paroi, fiché dans la falaise par de gros madriers. Puis on construisait une plateforme à l'emplacement de la grotte qu'on évidait en commençant par le plafond. Le chef-d'oeuvre du sanctuaire de Maijishan est le pavillon des Sept Bouddhas qui se compose de sept grottes communicantes creusées au milieu du vie siècle. Sous ces grottes, à 55 m du pied de la falaise, se trouve un grand bouddha de 15 m de haut, datant des Sui (581-618). |
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La passe de Jiayu (Jiayuguan) est le point de départ de la Grande Muraille sous les Ming. Jiayuguan est une ville moderne, de construction parfaitement symétrique, en forme de damier. En construisant cette ville nouvelle, on a découvert des tombes du plus haut intérêt. La section de la Grande Muraille que l'on voit à Jiayuguan date de 1372. Sous les Han, la Grande Muraille se prolongeait au-delà de Dunhuang. La muraille Ming marque donc un léger retrait par rapport à la muraille Han. En effet, la Grande Muraille a été construite et reconstruite au cours des dynasties, en fonction de l'étendue du territoire chinois de l'époque et des dangers que représentaient les « Barbares » aux frontières. La forteresse de Jiayuguan marque la limite du territoire chinois sous les Ming. C'est là que s'arrêtait le royaume. On est frappé par l'élégance de la forteresse dans le contexte désolé où elle se trouve : à l'ouest, au-delà de la muraille, ce ne sont que cailloux et désert. A l'est, la civilisation apparaît avec Jiuquan, ses 100 000 habitants et leurs multiples réalisations industrielles. On a découvert en 1972 huit tombes qui datent du iiI et du ive siècle de notre ère, à Dingjiazha. On a trouvé dans ces tombes des peintures murales d'une très grande finesse. Elles sont exposées dans le musée de Jiayuguan. On remarquera la similitude de style entre ces peintures et des peintures de la même époque à Dunhuang. La tombe la plus célèbre fut répertoriée sous le n° 5 ; c'est la tombe d'un haut fonctionnaire de la cour des Liang de l'Ouest (400-421). La tombe n° 6 est également ouverte au public. On y voit trois chambres mortuaires construites en forme de voûte de brique, entièrement décorées de peintures représentant la vie du riche fonctionnaire et de sa femme qui furent ensevelis là au IIIème siècle. On pense que les peintures ont été gardées intactes grâce à une lampe qui avait été laissée allumée dans la tombe lors des funérailles et qui a consommé tout l'oxygène. |
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A l'extrémité ouest du corridor de Hexi, au pied des hauts plateaux de Mongolie au nord et de la chaîne des monts Qilian au sud. A l'est, le désert de Gobi, à l'ouest le désert de Taklamakan.
Centre religieux dès leIVème siècle, lieu de passage des pèlerins qui l'enrichissaient de leurs dons, Dunhuang devait naturellement devenir un centre artistique capital. Une inscription sur une stèle, datée de 698, relate qu'en 366 un moine pèlerin, Lo Cun, frappé par la vision de dix mille bouddhas dans les cieux, alla vivre en ermite dans la falaise et y aménagea un sanctuaire. Depuis le Vème siècle (quand la dynastie des Liao du Nord y agença les premières grottes peintes et sculptées), après une période de splendeur sous les Tang aux VIIème et VIIIème siècles, et jusqu'au règne des empereurs mongols, les Yuan, le complexe monastique allait être le reflet de l'évolution de l'art bouddhique en Chine, et aussi celui de la situation politique et économique de l'Empire. Sous les Ming, puis sous les Qing, malgré les restaurations massives, la veine artistique s'épuise : l'art de Dunhuang est mort.
Dunhuang, chef-lieu de district et important centre agricole, possède une industrie en voie de développement. La ville, située dans une vallée enchâssée entre les monts Mingsha et Sanwei, compte 12 000 habitants. La Dunhuang d'aujourd'hui fut fondée en 1725 mais on peut encore apercevoir les ruines de l'ancienne Dunhuang (à l'époque de sa splendeur sous les Tang), à l'ouest de la ville actuelle.
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Situées à 25 km au sud-ouest de Dunhuang, en plein désert, les grottes ne sont accessibles que par car ou voiture. Le trajet à vélo, à travers le désert, est à entreprendre à vos risques et périls. On ne peut pas visiter librement. Il faut se faire accompagner par un guide local qui dispose d'un trousseau de clés et ouvre les grottes au fur et à mesure de la visite. Par ailleurs, seules quarante grottes sont ouvertes au public par an. Ces quarante grottes varient tous les ans, donc pour les voir toutes, il faudrait revenir à Dunhuang chaque été pendant cinq ans... On accède aux grottes par une arche triomphale rutilante et dorée (pailou) de date récente, dont l'inscription est due au coup de pinceau du célèbre poète Guo Moruo. Un jardin où serpente une petite rivière mène à la falaise qui barre le paysage. Elle est creusée de trous qui sont les entrées de cent quatre-vingt-douze grottes dénombrées actuellement, disposées sans ordre apparent en deux, trois, cinq registres sur une longueur de 1 600 m. Ces grottes abritent plus de 45 km de fresques et des milliers de sculptures ! Accolés à la falaise au centre, quatre temples de bois charpentés, à toits superposés, ont été élevés vers le xie siècle ; un autre date des Qing. Des restaurations ont été entreprises de 1963 à 1966 alors que la falaise menaçait de s'écrouler. Les grottes les plus anciennes datent des Wei (368-580). Elles se situent dans l'ensemble au milieu de la partie sud de la falaise, à peu près à mi-hauteur et se répartissent sur une distance de quelque 200 m. La dimension des bouddhas est relativement grande et l'influence indienne est très forte. Les peintures murales des Bei Wei sont étonnamment modernes, stylisées au point d'en devenir abstraites (grotte ri 249). Sous les Xi Wei, le coup de pinceau s'affine, les traits des personnages ressortent plus nettement. Les grottes de la dynastie des Sui sont situées au nord des grottes Wei, et s'étalent sur une longueur d'environ 400 m. Les statues des Bouddhas font de 4 à 5 m de haut et l'influence de l'Asie centrale est déjà en régression. Les motifs ornementaux de la peinture Sui sont d'une richesse étonnante : pas un centimètre de plafond ou de robe de bouddha n'est laissé vierge. Partout on admire de grandes fleurs de lotus aux pétales géométriques, des animaux stylisés se poursuivant sur un cercle, des nuages aux volutes régulières. C'est sous la dynastie des Tang (618906) que Dunhuang connut son apogée artistique. Grâce à la sécheresse du climat, les peintures aux couleurs chatoyantes ont gardé toute leur fraîcheur (grotte n° 328). Les statues sont é ement colorées et l'expression des visages, les positions des mains et les mouvements des robes contribuent à donner l'impression que l'on se trouve devant des personnages bien vivants. Les motifs décoratifs sous les Tang sont beaucoup plus marqués par les influences étrangères (Perse et Inde centrale) que ceux des Wei et des Sui (grotte n° 158). Le caractère géométrique des motifs Sui fait place à des motifs floraux et des volutes végétales qui s'enroulent autour des peintures. La forme des grottes, la couleur bleue qui domine par endroit et la lumière indirecte ne sont pas sans rappeler les mosquées d'Ispahan. De 907 à 1206 (époque des Cinq Dynasties et des Song), l'art de Dunhuang périclite. Les expressions se figent et si les sculptures sont gigantesques, elles manquent de coeur et de génie. Il faut tout de même relever l'extraordinaire peinture du Wutaishan au Shaanxi qui date des Song du Nord, dans la grotte n° 61.
Sous les Yuan, les peintures murales sont intéressantes mais les sculptures décevantes. Mais Dunhuang aura tout de même connu dix siècles de réussite en architecture, en sculpture et en peinture. |
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