État thaï de 1350 à 1767. La capitale de l'État fut Ayuthya (ou Ayutthaya), aujourd'hui appelée Phra Nakhon Si Ayutthaya. Fondé par le roi Ramathibodi Ier, il absorba l'ancien royaume thaï de Sukhothai au nord et détruisit le royaume khmer voisin du Cambodge, provoquant ainsi l'abandon de la grande ville d'Angkor. Les Ayuthyans essayèrent aussi d'assujettir Chiengmai, un autre royaume thaï du Nord, mais ils ne parvinrent à le contrôler que temporairement. Les rois d'Ayuthya adoptèrent les coutumes cambodgiennes et établirent des lois basées sur la tradition hindoue. À son apogée, le royaume contrôla toute la Thaïlande actuelle ainsi que des territoires qui se trouvent aujourd'hui en Birmanie, et fut l'un des États les plus puissants d'Asie du Sud-Est. Conquis par les Birmans au milieu du XVIe siècle, le royaume fut rétabli à la fin du siècle par le roi Naresuen. Les Birmans détruisirent Ayuthya en 1767, anéantissant ainsi une grande partie de son héritage culturel. L'État thaï qui lui succéda établit sa capitale à Thonburi, en face de Bangkok, sur la rive opposée.
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Ramathibodi Ier est aussi appelé dans certains ouvrages Ramadhipata Ier. On ignore son nom, celui de son père, son lieu de naissance, et il n’apparaît dans l’histoire que vers l’âge de trente-cinq ans. Prince d’U Tong, il fonde en 1347, sur le Menam Chao Praya, la future capitale du Siam, la grande cité d’Ayuthia. En 1349 il soumet Lü Thai, le roi de Sukhothai. L’année suivante il se fait sacrer roi. En 1352 il ordonne contre le royaume khmer une expédition qui, d’abord malheureuse, aboutit ensuite à la prise de la capitale et à la mise sous tutelle de ce pays. En 1354, une nouvelle campagne victorieuse est menée contre Sukhothai. À la fin de sa vie, Ramathibodi Ier gouverne directement un pays comprenant la basse vallée du Menam Chao Praya et le nord de la péninsule malaise, et sa suzeraineté s’étend au sud jusqu’à Malacca, au nord sur le royaume de Sukhothai et à l’est sur le pays khmer. Il meurt à cinquante-sept ans, disent les annales, en laissant le trône à son fils Ramesuen. Il a fait construire de nombreux édifices bouddhiques et a laissé une œuvre juridique considérable, en particulier huit textes concernant les témoignages, les atteintes contre l’État (y est inclus le cas des dignitaires qui oppressent ou spolient la population), la recevabilité des plaintes, les rapts, les crimes contre le peuple, le vol, le mariage, et des questions diverses (atteinte au droit d’irrigation, sorcellerie, nécromancie...). Ce roi a enfin posé les fondements de ce qui allait devenir l’organisation socio-politique du Siam durant des siècles, en reprenant à son compte la tradition de la monarchie angkorienne : le roi devient une sorte de Bouddha vivant qui n’apparaît que rarement, un cérémonial complexe est adopté, les textes édictés puisent largement dans les anciennes lois khmères.
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