1989 - 1992

George Bush

Né le 12 juin 1924 à Milton (Massachusetts)

George Herbert Walker Bush fut le plus jeune pilote de l'aéronavale durant la Seconde Guerre mondiale, servant sur un porte-avion dans le Pacifique. Diplômé en économie de l'université Yale, en 1948, il s'établit au Texas où il fonda une compagnie pétrolière.
É lu à la Chambre des représentants, dans les rangs républicains, en 1966, réélu en 1968, il démissionna de son poste en 1970 pour se présenter, sans succès, au Sénat. Le président Richard M. Nixon le choisit, en 1971, pour représenter le pays à l'Organisation des Nations unies. Élu président du parti républicain en 1973, il fut nommé chef du bureau de liaison des États-Unis en Chine, de 1974 à 1975, avant le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux États. De 1976 à 1977, il dirigea la CIA (Central Intelligence Agency). Bush postula comme candidat à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle de 1980, mais son parti préféra Ronald Reagan. Celui-ci lui proposa d'être son colistier et Bush devint vice-président en 1981, fonction qu'il conserva jusqu'en 1989.
Parvenu à la présidence des États-Unis, il poursuivit la politique de son prédécesseur, remportant de notables succès en matière de politique étrangère. Bush affirma la position dominante des États-Unis, se montrant très interventionniste. Il réagit rapidement à l'effondrement du bloc communiste, en Europe de l'Est, proposant une assistance économique à la Tchécoslovaquie, à la Hongrie et à la Pologne, et encouragea la réunification de l'Allemagne. En décembre 1989, George Bush rencontrait à Malte le président de l'Union soviétique, Mikhaïl Gorbatchev. Cette rencontre ouvrait les négociations sur l'arrêt de la production des armes chimiques, la réduction, de moitié, du nombre de missiles à longue portée et la limitation des forces conventionnelles en Europe. Les pourparlers devaient déboucher, en juillet 1991, sur la signature d'un accord de réduction des armes stratégiques (voir armements, contrôle des).
La fin de l'année 1989 fut également marquée par l'envoi de troupes américaines au Panamá, où elles chassèrent du pouvoir le général Manuel Noriega. George Bush fut encore à l'origine de la coalition contre l'Irak, après que les forces irakiennes eurent envahi le Koweït en août 1990. La victoire de la coalition dans la guerre du Golfe augmenta la popularité du président américain dans son pays. Le 30 octobre 1991, l'ouverture de la première conférence de paix pour le Proche-Orient constitua un autre succès pour George Bush. Les troupes américaines intervinrent encore, en 1992, en Somalie, pour venir au secours de la population, victime de la guerre et de la famine, et pour tenter de restaurer la paix dans ce pays. Cependant, face à l'hostilité de clans rivaux somaliens, les troupes américaines, sous l'égide de l'ONU, durent entamer un retrait progressif en mars 1994.Les électeurs américains, cependant, sanctionnèrent l'échec de la politique économique de George Bush, qui n'était pas parvenu.
     
1992 - 2000

Bill Clinton

Né le 19 août 1946 à Hope, dans l’Arkansas

Son père, William Jefferson Blythe, plusieurs fois marié et divorcé, meurt avant sa naissance. Le jeune Bill est élevé d’abord par ses grands-parents, puis par sa mère, Virginia Blythe, qui se remarie en 1950 avec Roger Clinton. Celui-ci, un alcoolique, bat sa femme qui divorcera avant de l’épouser à nouveau. Loin de le décourager, ce contexte familial difficile l’incite à s’imposer aussi bien au lycée (il est sélectionné pour rencontrer Kennedy à Washington en 1963) qu’à l’université : il est deux ans durant boursier Rhodes à Oxford (1968-1970) avant d’être diplômé de droit à Yale en 1973, puis de devenir enseignant à l’université de droit de l’Arkansas. Ce représentant du baby boom et de la génération des sixties, qui s’oppose à la guerre du Vietnam, se fait élire dès 1976 Attorney General de l’Arkansas, puis en 1978, gouverneur de cet État. Cela fait alors trois ans qu’il a épousé Hillary Rodham.
À son arrivée à la Maison-Blanche, personne ne peut douter qu’il soit un politicien né. Après sa première défaite électorale (1980), il sait tirer rapidement les leçons de son échec et parvient à se faire réélire gouverneur de l’Arkansas sans interruption à partir de 1982. Il est doué d’une rare aptitude à élaborer une « synthèse » des idées « libérales » (progressistes) et conservatrices. Ancien président du Democratic Leadership Council (organisation créée au milieu des années 1980 pour recentrer le Parti démocrate), il reconnaît que l’État est un indispensable adjuvant au marché, mais souscrit au vœu des conservateurs qui veulent le dégraisser. En novembre 1992, à la suite d’une triangulaire dans laquelle il affronte le président sortant, George Bush, et le milliardaire Ross Perot, il est élu avec 43 % des voix (contre respectivement 38 et 19 % pour ses adversaires).
D’autres traits lui valent, à l’opposé, une certaine vulnérabilité. Tout d’abord, il est plus enclin à suivre l’opinion qu’à la diriger : sa présidence apparaît comme une campagne permanente où la quête de la popularité est la priorité. Elle l’est d’autant plus qu’il lui faut sans cesse surmonter les difficultés nées de sa propension à vivre « sur le fil du rasoir » dans sa vie privée (affaires Gennifer Flowers et Paula Jones) et de son association à toutes sortes de scandales (Whitewater, Travelgate, Filegate, collecte illégale des fonds du Parti démocrate en 1996) dans lesquels son nom, ou celui de sa femme, avocate brillante mais trop « libérale » et féministe aux yeux de la majorité, sont, à tort ou à raison, cités.
Un centriste apte à rebondir
Au début de son premier mandat, sa politique étrangère souffre de sa conviction qu’un trop grand activisme à l’étranger ne peut que nuire à sa popularité. L’enlargement, que son Administration prétend substituer à un containment (endiguement) désormais dépassé, fait de la promotion de la démocratie et de l’économie de marché le meilleur garant de la paix et de la prospérité. Mais les États-Unis ne paraissent guère disposés à assumer le coût que sa rhétorique entraînerait. Clinton a lui-même décidé d’éviter des interventions risquées dans des conflits localisés, en Bosnie en particulier.
Le président n’hésite jamais, en revanche, à s’impliquer dans la recherche de nouveaux marchés : il obtient du Congrès la ratification de l’A.L.E.N.A. (Accord de libre-échange nord-américain) à l’automne de 1993 et celle de l’Uruguay Round un an après. Par ailleurs, dès novembre 1993, il lance l’idée d’une communauté Asie-Pacifique dont il se sert pour faire pression sur ses alliés atlantiques. Il peut assez vite se targuer d’un succès relatif concernant son autre grande priorité : la prévention de la prolifération nucléaire qui, l’U.R.S.S. disparue, constitue la principale menace. Pourtant, en dépit de l’appui qu’il a ostensiblement apporté dès 1993 au rapprochement entre Israël et l’O.L.P. (il préside le 13 septembre 1993 à la signature de la Déclaration de principes sur l’autonomie dans les territoires occupés ), son bilan reste au mieux mitigé quand, à l’été de 1995, il décide de s’impliquer plus directement dans la conduite de la diplomatie : signature d’un deuxième document entre Israël et l’O.L.P.(accord de Taba signé à Washington en septembre 1995), accords de Dayton sur la Bosnie (novembre 1995), et surtout appui au président russe Boris Eltsine, confronté à la montée des nationalismes et au retour du communisme.
D’emblée, Clinton a estimé que sa réélection en 1996 dépendrait de la politique économique qu’il mènerait. D’une certaine façon, dès 1994, son pari paraît gagné. Pourtant, en dépit de mesures qui vont dans un sens opposé (réduction du déficit du budget), il ne peut empêcher les républicains de lui coller une image de « gauchiste » et se révèle incapable de mener à bien la réforme du système de santé, qu’il avait confiée à sa femme. En novembre 1994, pour la première fois depuis 1952, le pays envoie une majorité républicaine dans les deux Chambres du Congrès.
Pourtant, deux ans après, le président est réélu sans difficulté, obtenant 49,2 p. 100 des suffrages, contre 40,8 pour le républicain Bob Dole et 8,5 pour Ross Perot. Il a su se poser en rempart contre certains des projets les plus extrêmes de la droite républicaine. Il sort vainqueur de l’épreuve de force que constitue la « fermeture partielle », à deux reprises (en novembre 1995 puis en décembre 1995-janvier 1996), de l’État (mise au chômage technique de certains services administratifs, les républicains n’ayant pu arriver à un accord avec le président sur le budget). Le retour d’une majorité républicaine dans les deux Chambres du Congrès montre les limites de son succès. Sous bien des aspects, Clinton a dû faire siennes certaines des vues de ses adversaires. En se ralliant au printemps de 1995 à l’idée d’un budget équilibré, en proclamant en janvier 1996 que « l’ère du tout-État appartient au passé », et en signant l’été suivant une loi restrictive sur le welfare, Clinton a fait plus de la moitié du chemin vers les républicains.
En 1997, il peut conforter l’image d’« homme de la paix et de la prospérité » qu’il a su se forger. Tout en évitant un heurt frontal avec le Kremlin, il parvient à réaliser une extension de l’O.T.A.N. limitée à la Pologne, la Hongrie et la République tchèque, et poursuit une politique d’« engagement » avec Pékin. Surtout, il arrache ce qui pourrait bien se révéler, aux yeux de la postérité, son plus grand legs : le vote par le Congrès d’un accord sur le rééquilibrage, à partir de 2002, du budget.
Au début de 1998, alors qu’il s’apprête à lancer la réforme intérieure à laquelle il entend s’identifier, une évolution, par petites touches, de la société – l’éducation, les relations familiales et raciales, l’environnement, les pensions de retraite, l’assurance-santé – la presse révèle la liaison qu’il a entretenue avec Monica Lewinsky, une jeune stagiaire de la Maison-Blanche. Dans un premier temps, il commet l’erreur de nier, offrant ainsi à ses adversaires et, en particulier, au procureur indépendant Kenneth Starr, chargé depuis 1994 d’enquêter sur les divers scandales auxquels le nom du président est associé, une brèche dans laquelle il ne tarde pas à s’engouffrer. Pour Clinton, la situation est alors d’autant plus incertaine que le bilan de « paix et de prospérité », qui lui servait jusqu’ici de bouclier, est quelque peu fissuré. La crise financière qui se répand en Asie, en Russie et menace le Brésil assombrit à terme les perspectives économiques des États-Unis. En Irak, depuis la fin de 1997, Saddam Hussein ne cesse de tester la volonté d’une communauté internationale divisée tandis que, au Proche-Orient, le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens est gelé depuis l’élection de Benyamin Nétanyahou. En Asie du Sud, avec les essais nucléaires indiens et pakistanais, la politique de non-prolifération semble défiée. Surtout, aux États-Unis, le Congrès bloque les principales réformes intérieures qui lui sont adressées.
À partir du 17 août 1998, l’avenir du président paraît en danger : pour avoir, ce jour-là, dans le cadre de l’affaire Lewinsky, effectué une déposition sous serment dont la teneur se voit aussitôt contestée, il est menacé d’une procédure d’impeachment (destitution) : le 19 décembre 1998, alors même que les forces américaines viennent d’engager une série de frappes aériennes contre l’Irak, la Chambre des représentants le traduit pour faux témoignage et obstruction à la justice devant le Sénat. Il est le second président des États-Unis que la Chambre haute est conduite à juger (après Andrew Johnson en 1868). Pourtant, une économie euphorique (depuis 1993, plus de 17 millions d’emplois ont été créés, la Bourse pulvérise des records et, dès 1998, le budget est rééquilibré), le soutien indéfectible de sa femme et la suspicion que l’acharnement de ses adversaires finit par susciter affermissent sa popularité. Ainsi, dès les élections à mi-mandat de novembre, il a réduit l’avance dont les républicains disposaient au Congrès. Le 12 février 1999, au Sénat, ceux-ci ne réunissent même pas contre lui une simple majorité, alors qu’il eût fallu les deux tiers des voix pour le destituer.
Le grippage des institutions que cet épisode ne manque pas d’aggraver n’empêche ni la croissance de continuer, ni l’excédent budgétaire, apparu dès 1998, de s’envoler. Mais il prévient tout ralliement du Congrès à des réformes intérieures importantes auxquelles le président aurait pu identifier son legs.
C’est donc dans la politique étrangère que, sur la fin de son mandat, Clinton tente d’inscrire ce dernier. À partir de février 1999, il s’efforce ainsi de restaurer la crédibilité de l’O.T.A.N. face à Slobodan Milosevic qui, en dépit des avertissements des Occidentaux, poursuit depuis 1998 une répression implacable contre les Albanais au Kosovo. Aussi, après l’échec d’une conférence internationale (Rambouillet-Paris, février-mars 1999), persuade-t-il l’O.T.A.N. de se lancer dans une campagne de bombardements contre la Yougoslavie dont l’issue victorieuse (juin 1999) est loin de résoudre tous les différends dans cette région troublée.
Sa quête d’un ultime et éclatant succès bute, dans les mois qui suivent, sur la rancune tenace que lui vouent les républicains du Congrès, sur les contraintes politiques que crée l’approche de l’élection de 2000 et sur les limites que l’influence, pourtant considérable, des États-Unis finit par rencontrer. Le président réussit sans doute à arracher un feu vert des élus à une éventuelle entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce (O.M.C.) en septembre 2000. Mais il a dû se résigner à laisser le Sénat rejeter (octobre 1999) le traité d’interdiction complète des essais nucléaires. De même, lors de la conférence de l’O.M.C. à Seattle (novembre-décembre 1999), il a renoncé à lancer les États-Unis dans un nouveau round de négociations commerciales, de peur de dresser les salariés américains contre les démocrates. Et, en septembre 2000, il juge préférable de reporter toute décision sur le déploiement éventuel d’un système national de défense antimissiles. Surtout, en dépit de ses efforts appuyés pour rapprocher (à partir du second sommet de Camp David de juillet 2000) Israéliens et Palestiniens en vue de parvenir à un accord de paix, il ne peut empêcher la situation au Moyen-Orient de se détériorer gravement.
La fin de son mandat laisse un sentiment partagé. S’il peut se targuer d’avoir présidé à la plus longue période de prospérité que les États-Unis aient jamais expérimentée, son « dauphin », le vice-président Al Gore, est défait dans une élection longtemps contestée. Et c’est sur un ultime scandale que sa présidence va s’achever : les conditions dans lesquelles il a octroyé, la veille de son départ, une série de pardons, suscitent dans le pays un nouveau malaise.

     
2000 - 2008

George W. Bush

Né le 6 juillet 1946 à New haven (Connecticut)

George Walker Bush est le fils de George Herbert Walker Bush, 41e président des États-Unis, et de Barbara Bush. Il grandit au Texas, avant de gagner en 1961 le Massachusetts et la Phillips Academy d’Andover, l’une des meilleures écoles privées du pays, déjà fréquentée par son père. Il poursuit ses études à l'université de Yale où il obtient une licence d’histoire (1968) avant de devenir pilote d'un avion de chasse dans la Garde nationale aérienne du Texas. En 1975, il obtient une maîtrise de gestion des entreprises de la Harvard Business School.
De retour au Texas, il brigue sans succès un siège à la Chambre des représentants (1978) sous les couleurs républicaines, et entame une carrière dans l'industrie pétrolière et gazière à Midland, en fondant sa propre compagnie, Arbusto Energy Inc. Ses activités industrielles se révèlent infructueuses et, après avoir fait faillite en 1986, il participe activement à la campagne électorale de son père, élu président des États-Unis en 1988. Il remplit de nouveau ce rôle lors de l’élection présidentielle de 1992 et, à la suite de la défaite de son père contre Bill Clinton, il décide de donner libre cours à ses propres ambitions politiques.
Les ambitions de George W. Bush se portent sur l’État du Texas, dont il est élu gouverneur en 1994, fort de la popularité qu’il a acquise en tant qu’actionnaire et directeur du club de base-ball des Texas Rangers (1989-1994). Au poste de gouverneur, il met en œuvre son programme électoral, axé sur l’éducation, les réformes sociales et la réduction de la criminalité. De nouveau candidat en 1998, il se présente lui-même devant les électeurs comme un « conservateur compatissant », partisan des traditionnelles politiques de réduction des impôts et de limitation de l’action publique, tout en promouvant l’initiative du secteur privé et associatif dans le domaine social. Réélu avec 69 % des suffrages, il apparaît comme le futur présidentiable du Parti républicain à l’approche de l’élection présidentielle.
En juillet 2000, George W. Bush sort vainqueur de la rude bataille menée pour l’investiture dans le camp républicain. Lors de l’élection présidentielle du 7 novembre suivant, il est opposé au candidat démocrate Al Gore. À l’issue d’un véritable feuilleton judiciaire aboutissant à un décompte manuel des voix en Floride puis à la saisie de la Cour suprême par les républicains, il est désigné, par cinq juges contre quatre, 43e président des États-Unis, bien que n’ayant pas recueilli la majorité des suffrages populaires.
Dans les premiers mois de sa présidence, George W. Bush — entouré de conseillers expérimentés tels que Dick Cheney, au poste de vice-président, et Colin Powell, secrétaire d’État — s’efforce à appliquer ses priorités de campagne, tout en recherchant le consensus : l’éducation, avec un plan visant à augmenter les dépenses fédérales et à améliorer les mécanismes d’évaluation des établissements ; et la fiscalité, avec un plan historique de baisse des impôts sur dix ans. Élu sur un programme conservateur (notamment au sujet de la peine de mort qu’il a appliquée lorsqu’il était gouverneur), il prend également des mesures visant à rassurer l’aile droite républicaine, telles que la suppression des crédits accordés à des organisations de planning familial qui opèrent à l’étranger et favorisent l’avortement.
Dans le but de réduire le poids des dépenses sociales dans le budget de l’État fédéral, il instaure un Bureau des initiatives religieuses et communautaires (Office of Faith-Based and Community Initiatives), directement dépendant de la Maison-Blanche et chargé d’allouer des subventions à des organisations caritatives afin qu’elles prennent en partie en charge le traitement des grands fléaux sociaux du pays (toxicomanie, violence, pauvreté, sans-abri, etc.).
Sur le plan extérieur, George W. Bush renoue avec la politique nationaliste de Ronald Reagan par une série de décisions inaugurant mal des relations qu’il entend instaurer avec le reste du monde. Il annonce notamment son refus de ratifier le protocole de Kyoto et son intention de relancer le projet de bouclier antimissiles, tandis qu’il entend désengager les États-Unis du processus de paix du conflit israélo-palestinien. Sur le plan commercial, il tente de relancer la croissance économique en favorisant l’instauration d’une zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), à l’horizon 2005.
Les attentats dévastateurs perpétrés aux États-Unis le 11 septembre 2001 par des terroristes islamistes, faisant plus de 3 000 morts ou disparus, provoquent un tournant dans la politique de George W. Bush. Considérant ces attentats comme un « acte de guerre », le président américain trouve auprès d’une communauté internationale solidaire un soutien actif pour mettre sur pied une coalition contre le terrorisme, dirigée en premier lieu contre Oussama Ben Laden et le réseau terroriste Al Qaida, accusés par les États-Unis d’être à l’origine des attentats. Lancée dès le mois d’octobre contre le régime des talibans en Afghanistan, soupçonnés de protéger Oussama Ben Laden, l’opération « Liberté immuable » aboutit à la chute des talibans en novembre, sans pour autant permettre de capturer l’ennemi numéro un des États-Unis.
En janvier 2002, lors de son discours sur l’état de l’Union, George W. Bush désigne l’Irak, l’Iran et la Corée du Nord comme un « axe du mal, armé pour menacer la paix du monde ». S’attaquant d’abord à Saddam Hussein, qu’il accuse de parrainer le terrorisme et de posséder des armes de destruction massive, il demande aux Nations unies de formuler une nouvelle résolution sur le désarmement de l’Irak, dont le non-respect cautionnerait une intervention militaire américaine. Cette demande aboutit à l’envoi d’experts en désarmement de l’ONU sur le territoire irakien, conformément à la résolution 1441 adoptée le 8 novembre 2002 par le Conseil de l’ONU et ordonnant à Saddam Hussein de détruire tous ses programmes d’armes de destruction massive sous peine d’un recours à la force. Dans sa volonté de mener au plus vite une guerre contre l’Irak afin de renverser le régime de Saddam Hussein, et ce même sans l’aval de l’ONU, le président apparaît isolé sur la scène internationale. S’il bénéficie de l’appui du Premier ministre britannique Tony Blair et de l’Espagnol José Maria Aznar, il doit en effet faire face à l’opposition des nombreux pays (dont la France, l'Allemagne, la Russie et la Chine) qui préconisent au contraire la poursuite et le renforcement des inspections pour mettre fin à la crise irakienne.
Le 18 mars, face à un Conseil de sécurité en grande partie opposé à une intervention militaire immédiate en Irak, George W. Bush lance un ultimatum de 48 heures à Saddam Hussein pour qu’il quitte le pouvoir et les premiers bombardements américano-britanniques de Bagdad ont lieu le 20 mars. Après un peu plus d’un mois d’opérations militaires, et l’effondrement du régime de Saddam Hussein, Georges W. Bush annonce la fin des « opérations de combat majeures » dans son discours du 1er mai 2003, à bord du porte-avions Abraham-Lincoln, mais il entend continuer à mener la « guerre contre le terrorisme ».