1877 - 1881

Rutherford Hayes

Né le 4 octobre 1822 à Delaware (Ohio)

Mort le 17 janvier 1893 à fremont (Ohio)

Avocat, il s'opposa fermement à l'esclavage. Lorsque la guerre de Sécession éclata, il rejoignit le 23e régiment de l'Ohio et se distingua par ses compétences militaires, ce qui lui valut d'être élu gouverneur de l'Ohio de 1868 à 1872 puis de 1876 à 1877.
Lors du décompte des votes de l'élection présidentielle de 1876, Hayes sembla battu par le démocrate de New York, Samuel J. Tilden, mais les républicains contestèrent les résultats annoncés par quatre États (Caroline du Sud, Floride, Louisiane, Oregon). Réuni en mars 1877, le Collège électoral confirma finalement l'élection de Hayes. Ce dernier adopta rapidement une politique conciliante envers le Sud. Il nomma à son cabinet un ancien confédéré, appuya les démocrates modérés du Sud et retira bientôt les dernières troupes fédérales de la région. Mais ces concessions lui aliénèrent de nombreux républicains. La réforme de l'administration divisa plus encore le parti. L'application à l'administration des douanes de New York d'un décret-loi interdisant à tout titulaire fédéral d'une fonction de participer à la gestion du parti se heurta à l'opposition de Roscoe Conkling, dirigeant du parti à New York. Hayes parvint à mettre en œuvre cette réforme, mais s'en trouva plus isolé encore. Hayes considéra l'étalon-or comme étant un impératif moral analogue au paiement de dettes. Une mesure de compromis pourtant populaire, l'émission limitée de pièces d'argent (le Bland-Allison Act de 1878), dut passer outre son véto, et Hayes soutint fermement les efforts fructueux du secrétaire des Finances, John Sherman, pour convertir en or les dollars de la guerre de Sécession. Son mandat ne fut pas renouvelé en raison de l'opposition de fractions importantes du parti républicain.

   
1881

James Garfield

Né le 19 novembre 1831 dans le Comté de Cuyahoga (Ohio)

Mort le 19 septembre 1881 dans le New Jersey

20e président des États-Unis (1881) qui, au cours de son bref mandat, fit valoir ses prérogatives présidentielles à l'encontre des revendications formulées par les responsables du Congrès.
Garfield naquit dans l'Ohio, le 19 novembre 1831, où il fut élevé dans la pauvreté. En 1858, il épousa Lucretia Rudolph et fut élu membre du corps législatif de l'Ohio, l'année suivante. Lorsqu'éclata la guerre de Sécession, il leva un régiment pour se battre aux côtés de l'Union ; il soutenait les idées de Lincoln et fit rapidement preuve d'un talent d'administrateur et de chef militaire.
En janvier 1862, les troupes de Garfield mirent l'armée confédérée en déroute à Middle Creek, permettant à celui-ci d'être promu au grade de général de brigade des volontaires. La gloire militaire qu'il en tira et les résultats qu'il obtint en matière de lutte contre l'esclavage lui valurent d'obtenir un siège au Congrès, en 1863.
Lors de l'entrée de James G. Blaine au Sénat, en 1876, Garfield lui succéda comme chef des républicains à la Chambre. En 1880, alors que les factions républicaines se trouvaient dans une impasse lors de la Convention nationale, il incarna un compromis évident lorsque le parti eut à proposer un candidat à la présidence.
Les luttes de factions au sein du Parti républicain marquèrent la campagne de 1880 : Garfield fut élu président de justesse, avec seulement 10 000 voix d'avance. Son gouvernement contribua à affirmer le pouvoir présidentiel face au Congrès.
Mais son mandat fut bref : en mars 1881, Charles Jules Guiteau, qui s'était vu refuser un poste au sein de l'administration américaine, assassina Garfield.

   
1881 - 1885

Chester A. Arthur

Né le 5 octobre 1830 à Fairfield (Vermont)

Mort le 18 novembre 1886 à New York

Fils de pasteur, ancien avocat, nommé à la direction de Port de New York en 1871.

Abolitionniste modéré, il défendit plusieurs esclaves fugitifs et devint rapidement un membre actif du parti républicain de New York. Durant la guerre de Sécession, il fut l'intendant général, chargé de fournir toute la logistique aux volontaires. Arthur fut candidat à la vice-présidence, aux côtés de James A. Garfield, candidat à la présidence en 1880. Lorsque le président Garfield fut assassiné le 19 septembre 1881, il lui succéda à la Maison-Blanche. Durant son mandat, il usa, à plusieurs reprises, de son droit de veto, notamment contre une loi d'exclusion des Chinois.

   
1885 - 1889
Grover Cleveland

Né le 18 mars 1837 à Cadwell (New Jersey)

Mort le 24 juin 1908 à Princeton (New Jersey)

22e et 24e président des États-Unis d'Amérique (1885-1889 et 1893-1897). Né à Caldwell (New Jersey), avocat et membre du Parti démocrate, il fut élu maire de Buffalo en 1881, et gouverneur de l'État de New York en 1885. Dans l'exercice de ses fonctions, il se montra un adversaire résolu de toute forme de corruption, et son refus des pratiques électoralistes lui aliéna le soutien d'une fraction de son parti. Candidat à l'élection présidentielle de 1885, il fut élu contre le républicain James Blaine, grâce à l'appui des républicains libéraux, séduits par sa réputation d'intégrité. Premier président démocrate après un quart de siècle de domination républicaine, il mena cependant une politique conservatrice en matière sociale, et s'attacha surtout à moderniser le système administratif, en combattant la pratique des nominations partisanes. Partisan du libre-échange, il s'opposa à la mise en place de tarifs douaniers sur les marchandises importées. Son opposition au protectionnisme lui valut d'être battu à l'élection présidentielle de 1888 par le républicain Benjamin Harrison, mais il fut de nouveau élu en 1893, dans un contexte de récession économique marqué par une inflation galopante. Sous son deuxième mandat, sa politique résolument anti-inflationniste et l'appui qu'il accorda aux milieux industriels (notamment en 1894, lorsqu'il envoya la troupe pour briser la grève des ouvriers de l'usine Pullman à Chicago) lui firent perdre l'appui des démocrates. Il ne se représenta pas à l'élection de 1897, et devint professeur à l'université de Princeton.
   
1889 - 1892
Benjamin Harrison

Né le 20 août 1833 près de North Bend (Ohio)

Mort le 13 mars 1901 à Indianapolis

Ardent défenseur de la doctrine de Monroe. Petit-fils du président William Henry Harrison, Benjamin Harrison adhéra très vite au tout jeune Parti républicain. Général nordiste pendant la guerre de Sécession, il participa à la campagne d'Atlanta. En 1888, il vainquit le président sortant, Grover Cleveland.
Son manque de charisme lui valut d'être isolé au sein même du camp conservateur, et son administration n'eut pas la tâche aisée. La stabilité économique fut menacée à la suite du Bland-Allison Act de 1878, qui obligeait le Trésor à acheter chaque mois pour 2 millions de dollars de métal-argent destinés à la frappe de monnaie. Alors que la valeur boursière de l'argent chutait, le président tenta alors d'en limiter la frappe. Les avocats de la libre-frappe forcèrent alors la signature d'un compromis, le Sherman Silver Purchase Act (1890), selon les termes duquel le gouvernement devait acheter plus d'argent mais en limiter la frappe. Cet achat obligea alors à puiser dans les réserves d'or ; Harrison dut deux fois faire face à un mouvement de panique en émettant davantage de devises. L'adoption de tarifs protecteurs (McKinley Act,1890) eut pour conséquence une poussée inflationniste qui le rendit fort impopulaire.
Farouche défenseur de la doctrine de Monroe, Harrison réunit la première conférence panaméricaine (1889), qui permit de tisser de nouveaux liens commerciaux et diplomatiques entre les États-Unis et les républiques indépendantes d'Amérique du Sud. Il fut battu en 1893 par Cleveland.

   
1892 - 1897
 

Grover Cleveland

   
1897 - 1901

William McKinley

Né le 29 janvier 1843 à Niles (Ohio)

Mort le 14 septembre 1901 à Buffalo (New York)

Avocat de formation, il devint un ardent défenseur des tarifs douaniers au Congrès, où il siégea comme représentant du Parti républicain (1877-1891). Gouverneur de l'Ohio de 1892 à 1896, il fut élu à la présidence des États-Unis en novembre 1896. Sous son mandat, les États-Unis s'engagèrent dans la guerre hispano-américaine, dont ils sortirent vainqueurs et maîtres de Porto Rico et des Philippines, et adhérèrent au système de l'étalon-or (1900). Réélu facilement en 1900, McKinley tomba, au début de son second mandat, le 6 septembre 1901, sous les balles d'un anarchiste, ce qui fit de lui le troisième président américain assassiné. Theodore Roosevelt, son vice-président, lui succéda.