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1861 - 1865 |
Abraham Lincoln
Né le 12 février 1809 dans le Comté de Hardin (Kentucky)
Mort le 14 avril 1865 à Washington
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Ses parents, Thomas Lincoln et Nancy Hanks Lincoln, étaient des gens simples et modestes, sans instruction. Ils vécurent au Kentucky jusqu’à ce qu’Abraham eût sept ans. L’enfant fréquenta des écoles de fortune et y reçut une première instruction, dont la durée totale n’excéda pas un an. Toutefois, pendant cette courte période, il apprit à lire, à écrire et il acquit des notions simples d’arithmétique.
En 1816, Thomas Lincoln se rendit en Indiana, de l’autre côté de l’Ohio, vers le nord. Il s’installa dans le sud-ouest du territoire qui allait se constituer en État avant la fin de l’année. La population était très clairsemée dans un pays couvert d’une forêt dense. Le jeune Lincoln commença à travailler, abattant des arbres et coupant du bois de chauffage.
Deux ans après le déménagement, Nancy Hanks Lincoln mourait. Un an plus tard, Thomas Lincoln se remaria avec Sarah Bush Johnston, à qui Abraham voua une affection profonde et durable.
Les Lincoln vécurent dans l’Indiana, de 1816 à 1830. Abraham travaillait pour son père et pour des voisins ; une fois, il aida à conduire un bateau chargé de produits agricoles sur l’Ohio et le Mississippi jusqu’à La Nouvelle-Orléans.
En 1830, Thomas Lincoln alla s’établir dans l’Illinois où la terre était, à juste titre, réputée fertile. Il défricha du terrain près de la rivière Sangamon à seize kilomètres à l’ouest de la ville actuelle de Decatur. Au bout d’un an, le jeune Lincoln, alors âgé de vingt-deux ans, décida de mener une existence indépendante. Il travailla d’abord comme matelot sur un bateau allant à La Nouvelle-Orléans, puis s’installa sur la frontière dans le village de New Salem, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Springfield. Il fut successivement garçon meunier, commis de magasin, propriétaire de magasin (il s’y ruina) et receveur des postes. Il s’engagea dans la guerre de Black Hawk en 1832 (soulèvement des Indiens dans le nord de l’Illinois) et servit pendant trois mois. À son retour, il se présenta aux élections législatives de l’État, mais il essuya un échec. Quand il en avait la possibilité, il étudiait la grammaire, la géométrie et le droit dont il voulait faire sa profession.
En 1834, Lincoln se représenta aux élections législatives et, cette fois, il fut élu. Il allait participer à quatre sessions en tout, sans marquer profondément la vie de l’État, encore qu’il fût partisan d’un programme d’améliorations internes (un réseau de canaux, de chemins de fer et de routes) qui appauvrit l’Illinois pour dix ans, et qu’il jouât un rôle important dans le déplacement de la capitale de Vandalia à Springfield.
Au printemps de 1837, Lincoln fut reçu au barreau de l’Illinois. Il alla s’installer à Springfield où il commença à exercer. Cependant, il s’intéressait toujours beaucoup à la politique. Après avoir goûté de la législature de l’Illinois, il aspirait à une situation plus élevée : la Chambre nationale des représentants. Élu dans l’été de 1846, il n’occupa son siège qu’en décembre 1847. À cette époque, la guerre du Mexique battait son plein. Lincoln estimait que cette guerre était inconstitutionnelle et immorale, et il s’y opposa vigoureusement bien qu’il votât régulièrement l’envoi de troupes au combat. Son attitude irrita violemment ses électeurs, dont la plupart étaient d’ardents patriotes. Il ne se représenta pas aux élections ; d’ailleurs il n’aurait pu être réélu.
Après avoir siégé au Congrès, Lincoln retourna à Springfield bien décidé à se consacrer sans réserve à sa profession. Il acquit rapidement un certain renom, se constituant une clientèle nombreuse à Chicago comme dans le centre de l’État où il vivait.
Lincoln aurait pu n’être, toute sa vie, qu’un avocat célèbre sans plus, s’il n’y avait eu un tournant décisif de la politique nationale. Pendant de nombreuses années, l’existence de l’esclavage dans les États du Sud avait été un facteur de division nationale. Dans l’ensemble, les habitants des États du Nord acceptaient que le Sud gardât son « institution particulière » tant qu’elle restait dans le cadre des limites existantes. En 1830, quand le Missouri, hors de ces limites, sollicita son admission dans l’Union en conservant l’esclavage, une division de la nation parut imminente. À la dernière minute intervint ce qu’on a appelé le compromis du Missouri. Le Missouri était admis en tant qu’État, mais avec la stipulation que l’esclavage ne pénétrerait pas dans le territoire situé au nord d’une ligne est-ouest allant de la frontière méridionale du Missouri au Pacifique.
Vingt-quatre ans plus tard, le sénateur Stephen A. Douglas de l’Illinois, démocrate puissant et depuis longtemps adversaire politique de Lincoln, proposa une mesure pour organiser les territoires du Kansas et du Nebraska. Ce projet de loi dénonçait explicitement le compromis du Missouri et donnait aux habitants de ces territoires le droit de décider de la question de l’esclavage pour eux-mêmes. Sous la forte pression de l’administration, le Congrès vota cette loi. L’acte du Kansas-Nebraska rendit furieux les adversaires de l’esclavage, dont Lincoln. Plus passionné qu’il ne l’avait jamais été (selon ses propres dires), il revint à la vie politique. Au début, il n’avait d’autre dessein que d’aider à la réélection du congressiste anti-Nebraska de son propre district, mais ses discours, empreints d’une profondeur et d’une vigueur nouvelles, lui valurent une audience beaucoup plus large.
Une carrière politiqueL’acte Kansas-Nebraska non seulement ramena Lincoln à la vie politique, mais encore il aboutit à la formation du parti républicain. Lincoln, jusqu’alors whig, adhéra au nouveau parti et en devint vite le chef dans l’Illinois.
En 1858, le sénateur démocrate Stephen A. Douglas se représenta aux élections. La Convention d’État républicaine choisit Lincoln pour être son adversaire. À cette époque, les sénateurs des États-Unis étaient élus par les législatures des États et non au suffrage populaire. La tâche des candidats consistait donc à assurer l’élection de représentants et sénateurs d’État qui leur fussent favorables. C’est à cette tâche que s’attelèrent aussi bien Douglas que Lincoln au début d’août. Rapidement, Lincoln défia Douglas dans une série de conférences contradictoires. Douglas accepta avec une certaine réticence. Le premier débat eut lieu à Ottawa le 21 août, le septième et dernier à Alton le 15 octobre. La plupart furent suivis par des milliers de personnes. Des spectateurs encore plus nombreux furent présents aux réunions de parti où chaque candidat parlait presque quotidiennement entre les rencontres officielles.
Bien que les votes eussent accordé une majorité à Lincoln, le découpage des circonscriptions électorales entraîna la réélection de Douglas. Cependant, le compte rendu complet et circonstancié des débats valut à Lincoln une réputation nationale. Invité à parler le 27 février 1860 à la Cooper Union à New York, il prononça, devant un auditoire qui incluait beaucoup de dirigeants de son parti, le discours le plus important de sa carrière, terminant par cette affirmation vibrante : « Ayons foi dans le fait que le droit crée la force, et, dans cette foi, osons finalement faire notre devoir tel que nous le concevons. »
La Convention nationale républicaine se réunit à Chicago en mai 1860. La renommée et la popularité de Lincoln étaient, en dépit du choix de son propre État, bien inférieures à celles des autres dirigeants, notamment William H. Seward de l’État de New York et Salmon P. Chase de l’Ohio. Mais ces hommes s’étaient fait des ennemis au cours de leur longue carrière ; Lincoln n’en avait point. Au troisième tour, les représentants misèrent sur le « cheval tocard », et Lincoln fut désigné comme le candidat du parti à la présidence.
Un mois plus tard, le parti démocrate se scinda en deux factions : l’une pour le Nord dirigée par Stephen Douglas, l’autre représentant le Sud avec John C. Vreckinridge comme candidat. Un nouveau parti qui prit pour programme la Constitution et l’Union vint encore compliquer la situation. Grâce à cette division, Lincoln l’emporta facilement aux élections du 6 novembre 1860. Il ne recueillit que 1 866 452 suffrages lors de la consultation populaire sur un total de 4 682 069, mais dans l’institution américaine particulière qu’est le Collège électoral, il obtint 180 mandats électoraux contre 123 à ses adversaires.
L’élection de Lincoln fut, pour les États du Sud, le signal de la dissolution de l’Union. La Caroline du Sud, la première, promulgua une ordonnance de sécession, le 20 décembre 1860. Six autres suivirent avant même que Lincoln n’eût prêté serment le 4 mars 1861. (Quatre autres États se retirèrent plus tard.) Les représentants des États sécessionnistes se réunirent à Montgomery, en Alabama, le 8 février 1861, se constituèrent en États confédérés d’Amérique, créèrent un gouvernement provisoire et élurent un président provisoire, Jefferson Davis.
La lutte pour la reconstitution de l’Union
À mesure que les États du Sud faisaient sécession, ils s’emparaient des forts et autres établissements fédéraux situés sur leur territoire. Fort Sumter, dans la baie de Charleston, résista. Le 12 avril, les forces confédérées ouvrirent le feu sur le fort qui se rendit deux jours plus tard. Lincoln répondit en faisant intervenir la garde nationale, en demandant des volontaires et en proclamant le blocus des ports sudistes.
Des armées se formèrent et s’équipèrent du mieux qu’elles purent. La stratégie des confédérés était claire ; leurs troupes devaient adopter des positions défensives et repousser l’invasion. Le Nord voulait aller de l’avant. Le général Winfield Scott, commandant les armées fédérales, et Lincoln cédèrent à contrecœur à la pression de l’opinion. À la mi-juillet, une armée fédérale, conduite par Irwin McDowell, s’avança pour frapper les forces confédérées disposées sur les rives du Bull Run, à quarante kilomètres au sud-ouest de Washington. Il en résulta une défaite désastreuse pour les troupes de l’Union.
L’échec du Bull Run fit brutalement prendre conscience au Nord du fait que la guerre serait longue et difficile. Lincoln réclama un plus grand nombre de volontaires et confia à un jeune général, George B. McClellan, le soin d’organiser et d’entraîner les armées de l’Est. Neuf mois passèrent avant que McClellan ne bougeât. Puis il frappa à Richmond, alors capitale des confédérés, en transportant ses troupes par mer dans la péninsule située entre les rivières York et James. Il arriva en vue de Richmond, mais fut repoussé au cours de violents combats qui lui causèrent de lourdes pertes.
C’est à Lincoln qu’incombait la responsabilité de choisir les chefs militaires capables de remporter des victoires. Après l’échec de McClellan, Lincoln essaya une série de commandants en chef : John Pope, Ambrose E. Burnside, McClellan à nouveau, Joseph Hooker. Tous subirent de graves défaites, sauf McClellan qui remporta une prétendue victoire à Antietam, contraignant le général Robert E. Lee, chef de l’armée confédérée de Virginie du Nord, à quitter le Maryland et à se retirer en Virginie .
L’importance d’Antietam n’était pas seulement militaire. Au début de l’été 1862, Lincoln avait décidé de proclamer l’émancipation des Noirs. Des membres de son cabinet l’en dissuadèrent, arguant du fait que, venant après une série de défaites, un tel acte apparaîtrait comme une mesure de désespoir. Mais la bataille d’Antietam, livrée le 17 septembre, pouvait être considérée comme une victoire. Lincoln fit donc sa proclamation le 22 septembre. Même si elle eut des résultats peu concluants, elle donna une nouvelle dimension à la guerre. Jusque-là, il s’agissait d’une guerre pour reconstituer l’Union ; désormais, ce serait une guerre pour reconstituer l’Union et mettre fin à l’esclavage.
Pendant ce temps, les forces de l’Union dans l’Ouest avaient eu des résultats autrement impressionnants que celles engagées à l’Est. En février 1862, elles s’emparèrent de Fort Henry et de Fort Donelson sur le Tennessee et sur le Cumberland. Les 6 et 7 avril, une armée de l’Union, sous le commandement du général Ulysses S. Grant, remporta la victoire à la sanglante bataille de Shiloh. Il visait alors la forteresse confédérée de Vicksburg dans l’État du Mississippi, qui empêchait l’Union d’utiliser le fleuve sur la totalité de son cours. (La Nouvelle-Orléans était déjà tombée.) Après une brillante campagne et un long siège, Vicksburg capitula le 4 juillet 1863, un jour après que le général George Gordon Meade et l’armée nordiste du Potomac eurent battu Lee à Gettysburg, en Pennsylvanie.
Bien que Vicksburg et Gettysburg fussent toutes deux tenues pour des batailles décisives, la guerre dura encore presque deux années. Dans l’Ouest, les forces de l’Union subirent une défaite cuisante à Chickamauga en septembre 1863, mais Grant, appelé pour diriger les troupes, rétablit l’équilibre en remportant des victoires à Chattanooga et à Missionary Ridge. Lincoln fut convaincu que ce général de l’Ouest était son homme. Grant fut appelé à Washington où le président lui confia le commandement de toutes les forces de l’Union. Grant choisit de rester dans l’Est avec l’armée du Potomac ; les opérations dans l’Ouest seraient confiées au général William Tecumseh Sherman.
Avec l’entière approbation de Lincoln, un mouvement combiné fut décidé pour le printemps de 1864. Grant se dirigerait par voie de terre contre Richmond ; Sherman prendrait pour objectif Atlanta en Géorgie. Les deux armées se mirent en marche dans la première semaine d’avril. Toutes deux rencontrèrent une résistance opiniâtre et subirent de lourdes pertes. Après six semaines de combats sanglants, Grant fut tout près de prendre Richmond, mais il fut obligé de mettre le siège devant la ville. Sherman atteignit les abords d’Atlanta au début de juillet ; là, sa progression fut stoppée.
Tandis que la situation militaire se trouvait dans l’impasse, le parti républicain, qui s’appelait alors le parti national de l’Union, se réunit pour choisir un candidat aux élections présidentielles de 1864. Les délégués désignèrent Lincoln, mais avec réticence, car beaucoup d’entre eux auraient préféré quelqu’un de plus agressif et de plus radical. Les démocrates, las de la guerre, choisirent George B. McClellan, qui n’exerçait plus de commandement depuis déjà longtemps. A la fin de l’été de 1864, Lincoln, lui-même, ne croyait pas qu’il lui fût possible d’être réélu. Mais, subitement, la fortune des armes changea de camp. Atlanta tomba le 1er septembre ; à peu près au même moment, l’amiral David G. Farragut embouteilla le port de Mobile dans l’Alabama. La victoire des nordistes paraissait soudain plus proche qu’elle ne l’avait été pendant plus de trois ans. Le 8 novembre, les électeurs accordèrent à Lincoln la majorité qu’ils lui avaient refusée en 1860. Il l’emporta de manière écrasante par 212 voix contre 21.
Sherman, qui était resté à Atlanta jusqu’au 15 novembre, se mit en marche vers l’Est avec 60 000 hommes, pour une destination que Lincoln lui-même ignorait. Les troupes dévastaient le pays, privant ainsi les armées confédérées des ressources qui leur étaient nécessaires. Sherman, qui ne rencontra guère de résistance, pénétra dans Savannah, en Géorgie, le 21 décembre 1864. Le 1er février 1865, il partit pour le Nord avec l’intention de rejoindre Grant à Richmond. Après une bataille unique mais violente (Bentonville), il atteignit Goldsboro en Caroline du Nord, où il s’arrêta.
En 1865, le printemps arrivant, Grant déploya ses lignes pour couper les dernières voies de chemin de fer approvisionnant Richmond. Lee, voyant le piège se refermer, évacua la ville le 3 avril. Le lendemain, Lincoln se rendit dans la capitale des confédérés et en parcourut les rues sous les acclamations de milliers de Noirs affranchis.
Regroupant ses forces vers l’Ouest, Lee tenta d’échapper à ses poursuivants, mais en vain. Le 8 avril, il se rendait à Grant. En fait, c’était la fin de la guerre.
Une mort violente
Après sa visite à Richmond, Lincoln rentra à Washington. Le 4 mars 1865, dans sa seconde adresse inaugurale, il avait indiqué la voie qu’il suivrait une fois les hostilités terminées. « Sans rancune contre personne, dit-il, avec de la charité à l’égard de tous, avec constance dans ce qui est juste, luttons pour achever l’œuvre dans laquelle nous sommes engagés ; panser les blessures de la nation, s’occuper de celui qui a souffert des combats, de la veuve et de l’orphelin ; faire tout ce qui est possible pour rétablir et maintenir une paix juste et durable chez nous et avec toutes les nations. »
Mais il ne devait pas lui être donné de panser les blessures de la nation. Le 14 avril 1865 au soir, alors qu’il se trouvait au théâtre, un acteur à demi fou, John Wilkes Booth, tira sur lui ; il mourut le lendemain matin et fut inhumé, le 4 mai 1865, à Springfield, dans l’Illinois.
Le 4 novembre 1842, Lincoln avait épousé Mary Todd, une jeune femme de Lexington dans le Kentucky, mariage qui n’alla pas toujours sans heurts. Ils eurent quatre fils, dont, seul, l’aîné atteignit l’âge adulte.
Avec peu d’expérience, Abraham Lincoln a apporté à la présidence une rare alliance de bon sens, de tact, de patience, de détermination et d’humanité. Sa conviction qu’il fallait maintenir l’Union n’a jamais été ébranlée, non seulement parce que c’était pour lui un devoir constitutionnel, mais aussi parce que le maintien de l’Union démontrerait que la démocratie, qui, pendant longtemps, avait été le rêve de philosophes politiques, pouvait exister dans les faits comme forme de gouvernement. En même temps, dans une série de documents officiels, il définit la démocratie et sa portée avec une éloquence qui n’a jamais été dépassée.
Avec les moyens dont il disposait, il a porté un coup mortel à l’esclavage aux États-Unis. Quelque réserves que l’on fasse à propos du résultat de la proclamation d’émancipation, il est absolument certain qu’après le 22 septembre 1862 cet esclavage était condamné.
La vie de Lincoln tout entière symbolise la noblesse de l’âme humaine. Il n’y avait pas place pour l’esprit de vengeance dans son caractère. S’il avait vécu et s’il avait été au pouvoir, il aurait admis à nouveau les États confédérés au sein de l’Union sans sanctions et sans autre condition que l’acceptation de l’abolition de l’esclavage. Si cette politique avait prévalu, les États-Unis seraient peut-être une nation plus réellement unie qu’aujourd’hui.
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1865 - 1868 |
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Andrew Johnson
Né le 29 décembre 1808 à raleigh (Caroline du Nord)
Mort le 31 juillet 1875 à Greenville (Tennessee)
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Andrew Johnson s'installa en 1827 comme tailleur dans la ville de Greenville au Tennessee. Populaire auprès des artisans de la ville, il fut élu maire de Greenville en 1830. Élu démocrate à la Chambre des représentants des États-Unis de 1843 à 1853, il fut ensuite gouverneur (1853-1857) puis sénateur (1857-1862) du Tennessee. Au Congrès, Johnson se fit le porte-parole des fermiers, défendant le maintien de prix bas pour la vente des terres de l'Ouest et luttant pour une réforme agraire.
Hostile à l'abolition de l'esclavage, Johnson soutint, en 1860, la candidature à la présidence des États-Unis du démocrate sudiste John C. Breckinridge contre le républicain Abraham Lincoln. Pourtant, lorsque les États sudistes firent sécession après l'élection de Lincoln, il s'opposa à ce que le Tennessee se détache de l'Union et rallia finalement le camp républicain durant la guerre de Sécession, seul sénateur sudiste à rester loyal à l'Union.
Après la chute de Nashville, le président Lincoln le nomma gouverneur militaire du Tennessee, en mars 1862. En 1864, les républicains, désireux de réconcilier les deux camps, présentèrent pour l'élection présidentielle un tandem unioniste Lincoln-Johnson. Élu vice-président, Johnson réunit une convention afin de constituer un nouveau gouvernement pour le Tennessee et fit abolir l'esclavage dans l'État.
Après l'assassinat de Lincoln en avril 1865, Johnson accéda à la présidence. D'abord populaire, il souleva l'opposition du Congrès et du Parti républicain, lorsqu'il offrit une réhabilitation sans condition aux anciens dirigeants confédérés et permit aux États sudistes de refuser l'égalité politique aux Noirs.
Choquée par l'établissement de règlements de police fondés sur la discrimination raciale (les Black Codes), la majorité républicaine refusa d'accueillir les députés sudistes lorsque le Congrès se réunit en décembre 1865. La rupture fut consommée lorsque Johnson mit son veto à la loi sur les droits civiques, tentant d'empêcher le vote du 14e amendement, accordant l'égalité des droits politiques aux Noirs (1866). En août 1867, le président fut démis de ses fonctions, le ministre de la Guerre, le radical Edwin M. Stanton, nommant pour le remplacer, le général Ulysses S. Grant. Dès lors, le Congrès voulut destituer Johnson. Deux procédures échouèrent successivement.
En 1868, Grant était nommé à la tête des républicains et, lors de la convention tenue par les démocrates pour la désignation de leur candidat, Johnson fut battu par Horatio Seymour. Son mandat achevé, il regagna le Tennessee. Il mourut quelques mois après avoir retrouvé un siège de sénateur.
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1868 - 1877 |
Ulysse S. Grant
Né le 27 avril 1822 à Point Pleasant (Ohio)
Mort le 23 juillet 1885 à Mount McGregor (New York)
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Elève de l'académie militaire de West Point, il participa à la guerre du Mexique en tant qu'officier puis retourna à la vie civile. Il reprit du service lors de la guerre de Sécession, fut nommé colonel puis général de brigade et s'illustra lors de la prise des forts Henry et Donelson (février 1862). Vainqueur à Vicksburg (juillet 1863) et à Chattanooga (novembre 1863), il fut nommé commandant des forces de l'Ouest puis commandant en chef des forces nordistes. Général de corps d'armée, il gagna la bataille de Richmond et reçut la reddition du général Lee à Appomattox (avril 1865). Secrétaire d'État à la Guerre sous la présidence d'Andrew Johnson, il fut présenté par le Parti républicain à l'élection présidentielle de 1868 et fut élu contre le démocrate Horatio Seymour. Mal préparé à ses fonctions, il ne sut pas s'opposer à la corruption qui régnait dans son propre parti et, malgré sa volonté sincère de contribuer à la reconstruction des États du Sud, il n'obtint que des résultats modestes. Réélu en 1872, il dut faire face à de nouveaux scandales et vit dès 1873 la Chambre des représentants passer à la majorité démocrate. À l'expiration de son mandat, il se retira de la vie politique, jusqu'en 1879, où il tenta en vain de se faire désigner comme candidat républicain à l'élection présidentielle.
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