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1850 - 1852 |
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Millard Filmore
Né le 7 janvier 1800 à Finger Lakes (New York)
Mort le 8 mars 1874
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Avocat au barreau de Buffalo, il représenta l'État de New York au Congrès, de 1833 à 1835 et de 1837 à 1843. En 1849, il fut élu vice-président de Zachary Taylor. Durant la crise provoquée par la question de l'esclavage en 1850, bien qu'anti-esclavagiste, il défendit une solution de compromis entre le Nord et le Sud, s'opposant ainsi à Taylor. À la mort de ce dernier, en juillet 1850, il devint Président et utilisa son pouvoir pour soutenir le compromis. Battu lors de l'élection présidentielle de 1856, il prit position en faveur de l'Union durant la guerre de Sécession mais n'en critiqua pas moins la politique menée par Abraham Lincoln.
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1852- 1857 |
Franklin Pierce
Né le 23 novembre 1804 à Hillsboro (New Hampshire)
Mort le 8 novembre 1869 dans le même état
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Il était le fils d'un général qui se distingua pendant la guerre de l'Indépendance américaine et qui fut par la suite gouverneur du New Hampshire. Avocat à Hillsboro puis à Concord, membre du parti démocrate, Pierce fut élu au Congrès en 1833 et devint sénateur en 1837. Adversaire des abolitionnistes, il démissionna du Sénat et revint s'établir à Concord, où il fut l'un des chefs du parti démocrate pour le New Hampshire.
Sa participation en qualité de général à la guerre américano-mexicaine et son soutien sans réserve aux termes du compromis de 1850 applicables au Nord et au Sud lui permirent de se faire accepter par le Sud et d'être choisi comme candidat démocrate à la présidence, à laquelle il fut élu en 1852.
Accablé par des drames familiaux dès les débuts de son mandat, il ne parvint pas à imposer son autorité, notamment au Congrès, et ses positions favorables aux États esclavagistes, qui l'amenèrent à ratifier en 1854 le compromis du Kansas-Nebraska (modifiant une disposition de 1820 prohibant l'esclavage au nord du 36e parallèle), lui attirèrent une certaine popularité dans les États du Sud, mais accentuèrent les dissenssions entre le Sud et le Nord qui devaient conduire à la guerre de Sécession. En politique étrangère, il poursuivit une tactique expansionniste, manifestant les visées américaines sur l'Alaska, Hawaii et Cuba. Au terme de son mandat, Pierce ne reçut pas l'investiture de son parti pour se représenter. Il sortit de sa retraite politique pendant la guerre de Sécession, pour critiquer la politique du président Lincoln.
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1857 - 1861 |
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James Buchanan
Né le 23 avril 1791 dans le Comté de Franklin (Pennsylvanie)
Mort le 1er juin 1868 à Wheatland dans le même état
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Après des études universitaires, il poursuit sa formation de chercheur à l’université de Chicago où il obtient un doctorat en 1948. De 1957 à 1967, professeur à l’université de Charlottesville en Virginie, il dirige le Centre Thomas Jefferson d’études d’économie politique et de philosophie sociale qu’il avait fondé avec l’économiste Warren Nutter. Dix ans après Milton Friedman, fondateur de l’école de Chicago, douze ans après Friedrich von Hayek, vénéré par les « Autrichiens » de l’école de Vienne, Buchanan obtient le prix Nobel d’économie le 16 octobre 1986, alors qu’il poursuit sa carrière dans la petite université George Mason à Fairfax, près de Washington (Virginie).
À l’interférence de l’économie et de la science politique, James Buchanan publiera en 1975 The Limits of Liberty, between Anarchy and Leviathan, qui présente cette idée force de la conception libérale, selon laquelle la justice sociale ne s’apprécie pas aux résultats obtenus (par exemple, une plus grande égalité des revenus), mais à la justice des règles qui ont permis d’obtenir le résultat. L’ensemble de ses travaux sont réunis dans un ouvrage connu sous le nom de Public Choice, une théorie des prises de décisions économiques dans le secteur public.
Jusqu’alors, la théorie de l’État-providence analysait comment les autorités publiques compensaient les imperfections du marché, chaque fois que l’équilibre entre l’offre et la demande ne s’établissait pas automatiquement. Les décisions politiques n’intervenaient alors que pour corriger certains aléas de la conjoncture.
De même, les « théories politiques de la stabilisation », qu’elles aient une empreinte keynésienne ou monétariste, justifiaient l’action des autorités publiques dans leur poursuite d’objectifs socio-économiques, tels l’emploi, la lutte contre l’inflation ou le taux de croissance. Elles avaient persuadé les Occidentaux que le capitalisme pourrait être sauvé par l’intervention de l’État.
Buchanan, et avec lui d’autres chercheurs du Centre d’études des choix publics qu’il a fondé à Blacksburg, sur le campus de l’université de Virginie, rejettent cette vision de la vie politique. L’État lui-même n’est selon eux qu’une mystification : il n’est pas « économiquement vierge » puisqu’il produit du transport, de la santé, de l’éducation. Même ses fonctions les plus « régaliennes », telles la justice et la défense, sont en réalité des productions.
L’ouvrage qui révéla à la communauté scientifique l’attaque de James Buchanan contre les hommes politiques et la politique économique qu’ils entendent mener, The Calculus of Consent, sera écrit dès 1962 avec la collaboration de Gordon Tullock. Les travaux des deux auteurs reposent sur un postulat simple : les individus, faisant preuve d’égoïsme sur les marchés, ne peuvent guère se comporter différemment dans la vie politique. On peut donc transposer, sur le plan politico-administratif, l’explication du comportement économique des individus sur les marchés. Les hommes politiques, comme les partis ou les administrations, loin d’être les défenseurs de l’intérêt public, n’agissent qu’en fonction de leur propre intérêt. Ils « travaillent » essentiellement à leur propre réélection pour parvenir à des positions de force ou pour bénéficier de la plus grande part possible du budget. L’État ne serait alors qu’une coalition d’intérêts privés, corporatifs, voire un moyen de promotion pour les hommes politiques.
Le mobile électoral devient au monde politique ce que le profit est à l’entrepreneur traditionnel. En conséquence, il ne faudra choisir l’État que lorsque la solution du marché sera réellement plus onéreuse que celle de l’intervention publique. Buchanan renoue ainsi avec la tradition des « économistes-philosophes » qui, depuis Adam Smith et Bastiat, veulent éliminer toutes les entraves qui empêchent l’individu d’agir librement. Nos difficultés économiques ne seraient pas aujourd’hui le résultat d’une faillite de l’économie de marché, mais seulement celle de nos mécanismes politiques.
À partir de cette analyse, Buchanan étudie le rapport entre les dépenses publiques et les impôts, et explique que les décisions politiques s’élaborent selon un « principe d’unité ». C’est ainsi que les décisions concernant le financement des équipements collectifs résulteraient en fait d’accords volontaires entre les citoyens. Ils détermineraient leur vote en comparant l’avantage personnel qu’ils pensent obtenir de telle ou telle mesure collective à ce qu’il leur en coûtera sous forme d’impôt.
Buchanan, que l’on qualifie souvent d’« ultralibéral », aura eu une profonde influence sur la politique de son époque. « Lorsqu’on écrira l’histoire de la présidence Reagan, on reconnaîtra que beaucoup lui est dû », notait Manuel H. Johnson, le vice-président de la Réserve fédérale américaine. À l’heure où triomphent aux États-Unis les règles de l’économie de marché et le principe du désengagement de l’État, il n’est pas étonnant que les idées de Buchanan aient séduit le président Reagan au point de lui faire réclamer un amendement à la Constitution pour rendre l’équilibre budgétaire obligatoire. Déjà, en 1985, les travaux de Buchanan furent à l’origine de la loi Gramm-Redman-Hollings prescrivant une réduction progressive du déficit budgétaire américain, jugé à l’origine de la surévaluation du dollar, du déficit de la balance commerciale ainsi que des tensions sur le système monétaire international. « La classe politique, dit Buchanan, est plus disposée à dépenser qu’à créer de nouveaux impôts, et c’est pourquoi les déficits se creusent. »
James Buchanan (dont il convient de citer par ailleurs deux autres ouvrages : Public Finance in the Democratic Process, 1966 ; The Power of Tax, 1980) a été jusqu’en 1985 le président de la Société du mont Pèlerin, véritable sanctuaire de la foi libérale.
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