1809 - 1817

James Madison

Né le 16 mars 1751 à Port Conway (Virginie) - mort le 28 juin 1836 à Port Conway

 

Homme politique virginien, James Madison participe d’abord à l’élaboration de la Constitution de son État, puis entre au Congrès confédéral en 1780 et sert de secrétaire à la Convention de Philadelphie. Partisan de la nouvelle Constitution, il se rapproche de plus en plus de Jefferson ; au moment où éclate la querelle entre hamiltoniens et jeffersoniens, Madison est l’un des fondateurs du Parti républicain-démocrate (ancêtre de l’actuel Parti démocrate américain). En 1798, il s’oppose violemment aux mesures antirépublicaines que prend le président Adams (il rédige les résolutions de Virginie), puis il entre, en 1801, dans le cabinet que forme Jefferson. Secrétaire d’État jusqu’à 1809, il mène la politique de neutralité que les États-Unis s’imposent dans le conflit européen. Succédant à Jefferson, il devient président en 1809 et sera réélu en 1812. La neutralité s’est alors révélée impossible : en 1812, les États-Unis entrent en guerre contre l’Angleterre malgré l’opposition d’une partie de la population. Enfin, Madison, l’ancien adversaire de Hamilton, signe en 1816 la loi qui autorise la fondation d’une deuxième banque centrale : entre républicains-démocrates et fédéralistes, les différences disparaissent ; le pays entre dans l’« ère des bons sentiments ».

     
1817 - 1825

James Monroe

Né le 28 avril 1758 à Monroe's Creek (Virginie) - mort le 4 juillet 1831 à New York

Né en Virginie dans une famille de notables, James Monroe interrompit ses études au collège William and Mary pour participer à la guerre d’Indépendance au cours de laquelle il fut blessé et nommé capitaine par George Washington. En 1780, il devient l’ami de Thomas Jefferson, auprès duquel il poursuit ses études de droit. À vingt-quatre ans, il est élu à la Chambre des représentants de Virginie, puis, de 1783 à 1786 au Congrès constitutif des États-Unis. En 1790, élu sénateur de Virginie, il est un des principaux orateurs du parti républicain contre les fédéralistes.
Nommé à Paris par George Washington (1794-1796) en raison de sa francophilie, Monroe a pour mission de faire accepter par la Convention puis par le Directoire les négociations en cours entre les États-Unis et la Grande-Bretagne ; le traité Jay (1794) ayant pour but de préserver la neutralité américaine pendant les guerres révolutionnaires, Monroe essaie d’apaiser les craintes des dirigeants français en faisant croire que le Congrès américain ne ratifiera pas ce traité. Rappelé par Washington, il tente de justifier son comportement dans un pamphlet exposant ses Vues sur la conduite de l’exécutif et de la politique étrangère aux États-Unis.
En janvier 1803, Thomas Jefferson le nomme ambassadeur extraordinaire auprès du Consulat pour négocier avec Bonaparte l’acquisition de la Louisiane. Profitant de ce que la France était disposée à vendre l’ensemble du territoire pour des raisons stratégiques, Monroe et Robert Livingston, l’ambassadeur en titre, signent le traité pour le rachat de la Louisiane le 2 mai 1803. Par contre, le succès ne couronne pas ses deux autres missions : en Espagne, où il ne réussit pas à négocier l’achat de la Floride, et en Grande-Bretagne où le traité qu’il signe entre les deux pays est désavoué par le président Jefferson.
Secrétaire d’État sous la présidence de James Madison de 1811 à 1815, il dut à son intransigeance d’assumer simultanément la responsabilité de secrétaire d’État à la Guerre au cours du conflit avec la Grande-Bretagne de 1812 à 1815.
Candidat républicain, Monroe est élu cinquième président des États-Unis en 1816, et réélu presque à l’unanimité en 1820 : ce sera la présidence de l’« ère des bons sentiments ». À l’intérieur, sa présidence se caractérise par un retour au calme politique après une ère de déchirements entre les partis fédéralistes et républicains. Cette politique s’illustre par le Compromis du Missouri (1820) qui tranquillise momentanément les partisans de l’esclavage dans les États du Sud sur le respect de l’équilibre entre États esclavagistes et États non esclavagistes. À l’extérieur, différents traités et conventions inaugurent une politique d’apaisement des relations avec la Grande-Bretagne, la Floride est enfin acquise (1819-1821) et les nouveaux États d’Amérique latine sont reconnus au fur et à mesure de leurs accession à l’indépendance.
Le 2 décembre 1823, le fameux discours dit de « la doctrine de Monroe » expose au monde les grands principes de la politique extérieure des États-Unis : rejet de toute intervention de l’Europe sur le continent américain en contrepartie de l’abstention de la part des États-Unis de toute participation aux querelles entre pays européens. Bien que les principes de cette déclaration doivent être attribués au secrétaire d’État John Quincy Adams, la décision d’en faire une proclamation solennelle revient au président Monroe.
À la fin de son second mandat, il se retirera en Virginie et mourra au cours d’un voyage à New York.

     
1824 - 1829

John Quincy Adams

Né le 11 juillet 1767 à Braintree (Massachussetts) - mort le 23 février 1848 à Washington

John Quincy Adams a eu par ailleurs une remarquable carrière de diplomate, puis, à l’expiration de son mandat présidentiel, de député.
Né à Braintree (actuellement Quincy) dans le Massachusetts, fils aîné du deuxième président des États-Unis, John Adams, il fut fortement influencé dans son enfance par les prises de position de son père au cours de la révolution américaine et par la haute valeur intellectuelle de sa mère. En suivant son père dans ses voyages à Paris et à Leyde, il étudie et il acquiert non seulement une bonne connaissance du français et du hollandais, mais aussi le goût de sa carrière future. Dès 1781, âgé de quatorze ans, il accompagne en Russie, comme secrétaire et interprète, l’envoyé officiel des États-Unis, et rejoint son père à Paris en 1782 après être passé par la Scandinavie, le Hanovre et la Hollande. De retour au Massachusetts, il étudie à Harvard, dont il est diplômé en 1787, devient avocat et se lance dans le journalisme politique, réfutant les thèses de Thomas Paine sur les droits de l’homme et soutenant la politique de neutralité de George Washington dans le conflit franco-anglais ; il attire ainsi l’attention de Washington qui, en 1794, l’envoie comme ambassadeur en Hollande, puis, en 1796, au Portugal. Son père, devenu président, le nomme ensuite ambassadeur en Prusse.
En 1801, avec l’arrivée au pouvoir de Jefferson, Adams quitte la diplomatie pour se lancer dans la politique aux côtés des fédéralistes ; il est élu en 1802 au Sénat du Massachusetts, puis, en 1803, sénateur du Massachusetts au Sénat fédéral. Considéré à l’intérieur de son parti comme « ingouvernable » en raison de son indépendance d’esprit et de son refus d’appartenir à une coterie, il vote souvent avec les démocrates. C’est ainsi qu’il soutient la politique d’embargo commercial de Thomas Jefferson à laquelle s’opposent les fédéralistes de Nouvelle-Angleterre, approuve avec les démocrates le rachat de la Louisiane, mais rejoint les fédéralistes contre une loi autorisant le Président à faire contrôler ce nouveau territoire par des fonctionnaires choisis par lui et ne dépendant que de lui. En 1808, à la fin de son mandat de sénateur, les fédéralistes désignent un autre candidat ; Adams retourne à la diplomatie, en même temps qu’il se rapproche du parti démocrate. En 1809, James Madison l’envoie comme ambassadeur en Russie, puis comme négociateur du traité de Gand qui met un terme à la guerre anglo-américaine de 1812. En 1817, James Monroe le nomme secrétaire d’État ; en jouant un rôle majeur dans l’acquisition de la Floride, en définissant les nouvelles frontières des États-Unis vers le nord et l’ouest, Adams est en fait un des auteurs, et non des moindres, de la « doctrine de Monroe », promulguée en 1823. Comme pour Madison et Monroe, le secrétariat d’État pouvait constituer un bon tremplin vers la présidence. Fier, indépendant, réservé, Adams fait peu d’efforts pour obtenir des voix face à des opposants d’envergure. Aucun n’ayant obtenu la majorité, la Chambre effectue son choix parmi les trois premiers élus. Adams est désigné, grâce au soutien de Henry Clay, qu’il nommera secrétaire d’État aux Affaires étrangères, suscitant ainsi l’opposition irrémédiable des jacksoniens qui l’accusent de corruption.
Malgré un ambitieux programme de développement des arts et des sciences, notamment par la création d’une université nationale et d’observatoires astronomiques, la présidence de Quincy Adams est souvent considérée comme un échec. Son interprétation libérale de la constitution lui vaut notamment l’opposition des vieux nordistes comme celle des sudistes qui craignent qu’elle n’aboutisse dans l’avenir à l’abolition de l’esclavage. L’opposition virulente des partisans de Jackson, la personnalité d’Adams et les circonstances l’empêchent de vraiment remplir les deux rôles critiques du président, comme chef de parti et comme chef législatif. Si son parti contrôle la Chambre des représentants, l’opposition domine le Sénat, et une simple proposition du président, comme celle de l’autoriser à envoyer une mission d’observation au congrès de Panamá des nations latino-américaines, provoque de véritables troubles. Adams se refuse d’ailleurs à utiliser le patronage (nomination de ses amis à des postes de responsabilité) qui lui permettrait de lutter contre l’opposition du Congrès, s’aliénant ainsi ses amis et encourageant ses ennemis.
Après l’élection de Jackson à la présidence en 1828, Adams se retire à Braintree pour une brève période : en 1830, il est élu à la Chambre des représentants et y demeurera dix-huit ans, sans pour autant avoir renoncé à l’espoir d’une réélection à la présidence.
Cette carrière de député est aussi importante que les deux autres : opposé à l’extension de l’esclavage et abolitionniste de cœur, il oriente désormais toute son action dans un sens favorable aux Noirs. En 1839, il propose un amendement constitutionnel prévoyant que tout enfant né après le 4 juillet 1842 naîtrait libre et qu’aucun nouvel État, sauf la Floride, ne pourrait entrer dans l’Union s’il était esclavagiste ; enfin le district de Columbia ne pourrait plus accueillir d’esclaves ni de commerce d’esclaves à partir de 1845. En dépit de l’opposition des États du Sud qui réussissent à empêcher toute discussion de ses propositions, il se fait résolument l’écho de tous ceux qui, au Nord, lui adressent des pétitions contre l’esclavage. En 1844, le blocage d’un débat sur l’esclavage réalisé par les États du Sud depuis 1839 est enfin levé par 108 voix contre 80. Défenseur des esclaves africains révoltés en fuite sur le bateau Amistad, Adams obtient leur libération contre la volonté présidentielle.
Alors qu’il proteste, une fois encore, contre « l’injuste guerre » qui a opposé les États-Unis au Mexique, John Quincy Adams s’écroule en pleine séance à la Chambre, foudroyé par une attaque. Il meurt deux jours plus tard au Capitole.

     
1829 - 1835

Andrew Jackson

Né le 15 mars 1737 à Waxhaw (Caroline du Sud) - mort le 8 juin 1845 à Hermitage (Tennessee)

Issu d'une famille d'immigrants établie sur la frontière ouest de la Caroline du Sud, il participa à la guerre de l'Indépendance américaine dès l'âge de treize ans. Il devint avocat à l'âge de vingt ans, puis procureur à Nashville, au Tennessee, État dont il fut le premier représentant au Congrès fédéral. Entre 1797 et 1798, il siégea à la Chambre des représentants puis au Sénat. De 1798 à 1804, il fut juge à la Cour suprême du Tennessee. En 1802, Jackson fut élu major général de la milice au Tennessee. Au cours de la guerre anglo-américaine, de 1812 à 1815, il écrasa les Indiens creeks, alliés des Britanniques. Sa victoire à la Nouvelle-Orléans, en janvier 1815, sur l'armée britannique fit de lui un héros national. Il combattit également, en 1818, les Indiens séminoles, poussant jusqu'en Floride, alors terre espagnole (voir Séminoles, guerres). En 1821, il fut élu gouverneur, puis, en 1823, sénateur de Floride (cédée par l'Espagne aux États-Unis en 1819). Après un premier échec à l'élection présidentielle de 1824, il devint, en 1828, le 7e président des États-Unis, soutenu par le nouveau parti démocrate. Son élection marqua une profonde rupture avec l'idéalisme de Thomas Jefferson. Comme ce dernier, il utilisa le spoils system (« système des dépouilles »), attribuant à son parti tous les postes administratifs, mais il dirigea le pays de manière autoritaire et témoigna constamment d'un grand réalisme. Dans le conflit qui opposait les industriels de l'Est à ceux de la Caroline du Sud sur le libre-échange, il trouva un compromis, en 1832, qui prévoyait une réduction progressive des droits de douane. Il sut ainsi affirmer l'autorité du gouvernement fédéral face aux menaces de sécession de la Caroline du Sud et entraîna les États-Unis sur la voie du capitalisme libéral. Vis-à-vis des Indiens, sa politique consista à les déplacer de l'est à l'ouest du Mississippi.
Réélu en 1832, il dut affronter, à partir de 1834, l'opposition des whigs, qui critiquaient ce qu'ils appelaient la tyrannie du « roi Andrew ». Jackson contribua de fait à renforcer la présidence américaine ; son autoritarisme accrut le prestige de la fonction présidentielle. En usant de son droit de veto législatif, il répudia la tradition établie par George Washington selon laquelle le veto était un vestige de la monarchie que les présidents d'une République ne devaient utiliser que parcimonieusement.
À l'échéance de son second mandat, en 1836, Jackson fit élire à la présidence son vice-président Martin Van Buren, conservant ainsi une influence politique indirecte. C'est pourquoi la période 1825-1840 fut dénommée l'« ère de Jackson ».

     
1835 - 1840

Martin Van Buren

Né le 5 décembre 1782 à Kinderhook (new York) - mort le 24 juillet 1862 à Kinderhook

 

Avocat, il connut une ascension politique rapide. Il siégea au Sénat de l’État de New York de 1812 à 1820 et fut ministre de la Justice de ce même État de 1816 à 1819, avant d’accéder, en 1821, au Sénat américain.
Il devint le chef de l’Albany Regency, groupe d’influence fidèle du démocrate Andrew Jackson, qui parvint à faire élire ce dernier à la présidence en 1829. Nommé secrétaire d’État par Jackson puis vice-président, il fut désigné à l’investiture présidentielle de 1836 grâce au soutien enthousiaste de ce dernier. Tirant bénéfice des dissensions au sein du parti adverse, le parti whig, il fut élu à une forte majorité, devenant ainsi le premier New-Yorkais à entrer à la Maison-Blanche.
D’emblée, Van Buren dut faire face à une grave crise économique et financière ; manquant d’initiative, il s’aliéna une partie du soutien de son parti. À l’élection présidentielle de 1840, il perdit en faveur de William Henry Harrison
En 1844, le Parti démocrate lui refusa l’investiture présidentielle en raison de son opposition à l’annexion du Texas. Aussi Van Buren quitta-t-il quatre ans plus tard le Parti démocrate, de plus en plus proesclavagiste, et accepta l’investiture présidentielle du tout jeune Free-Soil Party, mais il fut très largement battu.

Les Etats-Unis