République de Chine
1912-1949
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Une Constitution est adoptée et un Parlement convoqué en 1912. Mais Yuan Shikai ne laisse jamais ces institutions entraver sa mainmise sur le pouvoir et établit une dictature (1912-1916). Lorsque le Guomindang, parti nationaliste fondé en 1911 par Sun Yat-sen, tente de limiter ses pouvoirs, d’abord par des tactiques parlementaires, puis par la révolution manquée de 1913, Yuan réagit. Il impose la dissolution du Parlement, interdit le Guomindang et utilise son influence personnelle auprès des chefs militaires provinciaux pour gouverner. Sun Yat-sen se réfugie au Japon. L’opposition populaire contraint néanmoins Yuan Shikai à abandonner ses ambitions de restaurer l’Empire et de devenir empereur. À sa mort en 1916, plusieurs gouverneurs proclament l’indépendance de leur province. Pendant plus de dix ans, le pouvoir politique passe aux mains de ces seigneurs de la guerre (dujun), qui règnent localement. Le gouvernement central conserve une existence précaire et parfois fictive jusqu’en 1927. |
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1912 -1916 |
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Yuan Shikai Né en 1859 - mort en 1916 Homme d'État et généralissime chinois des dernières années de l'empire des Qing et le début de la période républicaine. Il naquit à Xiangcheng, dans la province du Henan. En 1885, il devint le résident impérial chinois en Corée, où il demeura jusqu'en 1894. Yuan fit échouer un complot contre l'impératrice douairière chinoise Cixi en révélant à cette dernière les plans de réforme de l'empereur Guangxu. En récompense, Yuan fut nommé gouverneur de Shandong. Il fut vice-roi de la province de Zhili (aujourd'hui Hebei) de 1901 à 1907. En 1908, après la mort de Guangxu et de l'impératrice douairière, le régent du nouvel empereur l'obligea à se retirer, mais il garda des relations étroites avec les dirigeants militaires.
Lors de la révolution de 1911, Yuan fut rappelé et on lui confia les troupes impériales en Chine du Nord. Il négocia l'abdication du dernier empereur Xuantong, et par le dernier édit impérial du régime mandchou du 12 février 1912, il fut nommé Premier ministre et autorisé à former un gouvernement républicain. Le dirigeant révolutionnaire Sun Yat-sen démissionna de son poste de président provisoire de la République chinoise en faveur de Yuan, qui fut officiellement élu président en octobre 1913. En moins d'une année, Yuan interdit Sun et son parti, le Guomindang, fit dissoudre le parlement, et assuma un pouvoir dictatorial sur la Chine. Fin 1915, ses partisans s'assurèrent l'accord des provinces pour restaurer l'empire, et à la fin de l'année, Yuan se proclama empereur. Les protestations et les manifestations qui se déroulèrent dans les provinces du Sud, l'obligèrent à renoncer au pouvoir en avril 1916. Il mourut deux mois plus tard. |
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1916 - 1921 |
Li Yuang-Hong |
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1921 - 1925 |
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Sun Yat-Sen
Né en 1866 - mort en 1925
Homme politique chinois qui participa au renversement de la dynastie Mandchoue des Qing (1911) et à la création de la république de Chine en 1912 ;
Considéré comme le père de la Chine moderne, aussi bien par les nationalistes que par les communistes chinois.
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Sun, de son vrai nom Sun I-Hsien, naquit le 12 novembre 1866 à Xiangshan, dans la province de Guangdong, dans le sud de la Chine. En 1879, il rejoignit son frère aîné, négociant à Honolulu. Après des études secondaires chez les pères, il rentra en Chine en 1883, étudia la médecine à Hong Kong, où il ouvrit un cabinet.
Sun comme beaucoup de Chinois détestait les Mandchous, qu’il considérait comme des usurpateurs et un obstacle à la modernisation de la Chine. La défaite chinoise lors de la guerre sino-japonaise (1894-1895) l’avait marqué profondément. En contact avec les sociétés secrètes, il organisa plusieurs soulèvements, à Canton en 1895, à Waizhou en 1900 ; insurrections qui furent toutes des échecs et l’obligèrent à s’exiler. Pendant seize ans, Sun va vivre le plus souvent à l’étranger et tisser tout un réseau de relations avec les communautés chinoises d’outre-mer, les hommes politiques japonais et occidentaux. L’absence de principes politiques stables caractérisait ses activités. Tantôt il réclamait de l’aide pour son pays afin de « venger l’humiliation que subit la race jaune » comme lors de sa visite au Japon en 1897, tantôt il proposait aux Occidentaux de mettre en tutelle la Chine pour une période déterminée. Cet opportunisme joint à un manque de modestie constant l’empêchèrent de capter à son profit l’attention des jeunes intellectuels révolutionnaires. Malgré ces échecs répétés, Sun Yat-sen ne désarma pas. En 1905, il fonda à Tokyo le T’ong-meng Hui (parti de la Ligue jurée), rassemblement de plusieurs partis antimandchous, et il élabora un programme qui restera un chef-d’œuvre d’ambiguïté, à tel point que même sous sa forme la plus élaborée (1925), les communistes et les nationalistes en tireront argument pour justifier leurs politiques, bonnes ou mauvaises ; il se résume en trois formules, les san min zhuyi, ou « Trois principes du peuple » : minzu, « indépendance du peuple », ce qui n’a en 1911 qu’une résonance antimandchoue ; minquan, « souveraineté du peuple » ; minsheng, « bien-être du peuple », qui sera interprété en « socialisme » quand le besoin s’en fera sentir.
Les forces révolutionnaires réussirent finalement à renverser le gouvernement mandchou à Wuchang le 10 octobre 1911. Sun était aux États-Unis et considéra l’événement comme un « accident » ; il ne rentra en Chine que sur les instances de ses amis. Avec l’appui de la bourgeoisie shanghaienne, Sun parvint à prendre le contrôle du mouvement et fut élu le 1er janvier 1912 président provisoire de la nouvelle république de Chine, dont la capitale se trouvait à Nankin. Les militaires, qui avaient soutenu le mouvement, n’entendaient pas se laisser déposséder de leur victoire. Sun Yat-sen fut obligé de démissionner en faveur de Yuan Shikai, qui ironiquement, le nomma directeur des chemins de fer. La quasi-totalité du réseau ferré étant hypothéquée par des emprunts étrangers, on mesure l’ampleur du camouflet.
En août 1912, Sun avait formé son propre parti : le Guomindang (KMT), qui deviendra, avec le Parti communiste chinois, la plus puissante organisation politique de la Chine. Installé à Canton, Sun Yat-sen n’avait pas les moyens militaires de contrer les seigneurs de la guerre qui avaient pris le pouvoir. Le salut allait venir de l’URSS, qui cherchait des alliés. En décembre 1922, Abraham Joffe, l’émissaire du Parti bolchevik en Extrême-Orient, lui proposa de l’aide. En janvier 1923, une déclaration commune fut publiée, qui précisait bien que le communisme n’était pas applicable en Chine ; des conseillers politiques et militaires russes, sous la direction de Mikhaïl Borodine et de Balen-Blücher, réorganisèrent l’armée et le Guomindang, où entrèrent des militants communistes. En janvier 1924, au congrès rénové du Guomindang, l’un des délégués communistes n’est autre que Mao Zedong. Cette alliance fut de courte durée, deux ans à peine après la mort de Sun à Pékin le 12 mars 1925, son successeur, Jiang Jieshi rompait avec le Parti communiste chinois.
Fervent nationaliste, Sun Yat-sen a été incontestablement le premier homme d’État moderne de la Chine. Opportuniste et pragmatique, il n’eut cependant ni l’autorité nécessaire ni le temps pour fédérer autour de son parti les nationalistes chinois écartelés entre des choix inconciliables : démocratie ou socialisme. |
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1926 - 1975 |
Tchang Kaïchek
Né en 1887 - mort en 1975
Jiang Jieshi ou Tchang Kaï-chek , homme d'État et militaire chinois, qui joua un rôle central dans l'histoire de la Chine moderne. Jiang Jieshi naquit à Fenghua, dans la province du Zhejiang (Chekiang), le 31 octobre 1887.
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Jiang rejoignit la Ligue Jurée de Sun Yat-sen, une organisation secrète précurseur du Guomindang, le parti nationaliste chinois, qui fut fondé en 1911 après la scission de la Ligue Jurée. Lorsque la révolte de 1911 éclata en Chine, Jiang Jieshi rentra à Shanghai, où il prit part au renversement du gouvernement impérial et à l'établissement de la république de Chine (1912). Il participa aussi au soulèvement qui fit suite (1913) et à la campagne (1915-1916) contre le généralissime Yuan Shikai, au pouvoir de 1912 à 1916. En 1923, alors qu'il cherchait l'aide du gouvernement soviétique, Sun envoya Jiang en URSS pour étudier les systèmes militaires et sociaux soviétiques. En 1924, il devint directeur de l'École militaire de Whampoa, le centre de formation de l'armée du Guomindang.
Des luttes internes affectèrent le Guomindang juste après la mort de Sun Yat-sun en 1925, mais le pouvoir militaire resta entre les mains de Jiang, et, en tant que commandant en chef de l'Armée révolutionnaire nationale, il devint le dirigeant le plus puissant du parti et parvint à évincer les communistes des postes à responsabilités au sein du parti. En 1926, il entreprit l'« expédition vers le nord », projet nationaliste visant à écraser les chefs de guerre des provinces du Nord. En 1927, pendant cette campagne, alors qu'il était sur le point de se marier avec un membre de la famille Soong, une famille de riches banquiers éduqués en Occident, Jiang rompit avec les communistes et ordonna leur élimination (Shanghai). Il développa peu à peu une idéologie confucéenne autoritaire, le Mouvement de la nouvelle vie, une alternative personnelle au communisme.
Après avoir unifié la Chine, en 1927, Jiang lança une nouvelle série de campagnes au début et au milieu des années 1930 contre les communistes de Mao Zedong et de Zhou Enlai, tout en résistant aux Japonais qui avaient envahi la Mandchourie en 1931.
Au début des années 1970, le gouvernement de Jiang connut de sérieux revers lorsque le Japon et les États-Unis du président Richard Nixon commencèrent à normaliser leurs relations avec le gouvernement communiste chinois. Jiang mourut après une longue maladie le 5 avril 1975, après avoir désigné son fils Jiang Jingguo comme successeur. |
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