Depuis 1993
 
 
1993 - 2003

Le très honorable Jean Joseph Jacques Chrétien

Né le 11 janvier 1934 à Shawinigan, au Québec

Né à Shawinigan (province de Québec) dans une famille de dix-neuf enfants, Jean Chrétien obtient son diplôme de droit à l'université Laval à Québec, puis s'engage dans une carrière politique. Il est élu député libéral au Parlement canadien en 1963, et conserve son siège lors des neuf élections suivantes. Il est ministre dans le cabinet de Lester Pearson en 1967, puis dans tous les cabinets de Pierre Elliott Trudeau. En 1984, il ne réussit pas à prendre la tête du Parti libéral qu'il laisse à un ancien collègue de cabinet, John Turner.
En 1986, Jean Chrétien démissionne de son siège et quitte le devant de la scène politique pour exercer le droit. Après la démission de John Turner en 1990, il est élu pour lui succéder à la tête du Parti libéral. Entre 1990 et 1993, il concentre toute son énergie à la reconstruction du parti, qui n'a pas été au pouvoir depuis 1984. Lors de l'élection générale du 25 octobre 1993, les libéraux battent le Parti progressiste conservateur au pouvoir par une écrasante majorité. Ils remportent, en effet, 177 des 294 sièges de la Chambre des communes.
Après sa nomination au poste de Premier ministre (5 novembre 1993), Jean Chrétien cherche à développer la politique étrangère de son pays afin que le Canada puisse remplir un rôle à sa mesure sur la scène internationale et contrebalancer le poids des États-Unis et de l'Accord de libre-échange nord-américain (Alena), vis-à-vis duquel le Parti libéral a manifesté quelque réticence. Sur le plan intérieur, sa politique se consacre à la réduction du déficit annuel du gouvernement fédéral. Adversaire du mouvement séparatiste du Québec car partisan d'une fédération canadienne unie et forte, Jean Chrétien doit également faire face au défi que représente la montée des aspirations indépendantistes dans sa province natale, montée cristallisée par les succès électoraux du Bloc québécois.
En 1997, Jean Chrétien provoque des élections législatives anticipées, espérant ainsi tirer parti de la forte popularité dont il bénéficie dans les sondages. Il sort en fait affaibli du scrutin, remporté à une très faible majorité par le Parti libéral, après avoir été accusé par le Parti réformiste de vouloir accorder des privilèges exorbitants aux francophones du Québec. Au lendemain des élections, il s’engage à gouverner « pour l'ensemble du pays, dans l'intérêt de tous les Canadiens ». Le 27 novembre 2000, son parti remporte une large majorité aux élections générales. Avec 41 p. 100 des voix, les libéraux gagnent 12 sièges supplémentaires, totalisant désormais 173 des 301 sièges de la Chambre des communes. Jean Chrétien est reconduit majoritairement pour une troisième fois consécutive, à l’issue d’élections anticipées qu’il a de nouveau lui-même provoquées.
Affaibli par une série de remaniements ministériels liés notamment à des scandales financiers, le Premier ministre canadien doit faire face au cours de son troisième mandat au mécontentement grandissant des gouvernements provinciaux : tandis que le gouvernement fédéral est parvenu à réaliser des excédents financiers importants, les provinces se disent victimes d’un déséquilibre fiscal et réclament plus de moyens alors que leurs besoins augmentent (en matière de santé et d’éducation notamment).
Ce mandat est également marqué par les tensions qui opposent Jean Chrétien et Paul Martin, son rival au sein du Parti libéral. Elles culminent en juin 2002 avec le limogeage de Paul Martin de son poste de ministre des Finances. Cette manœuvre ne permet cependant pas à Jean Chrétien de sauvegarder son leadership. Il annonce de manière anticipée son retrait de la vie politique en août 2002.
Sur le plan international, la dernière année au pouvoir de Jean Chrétien est marquée par la volonté de se dissocier des positions américaines. Cette détermination se manifeste notamment en matière d’environnement lorsque le Premier ministre canadien s’engage à ratifier le protocole de Kyoto sur les changements climatiques. Après les attentats du 11 septembre 2001 contre les États-Unis et le soutien apporté par le Canada dans la lutte contre le terrorisme (notamment l’envoi de troupes en Afghanistan), le gouvernement canadien se démarque de la politique américaine en refusant de participer en 2003 à une guerre en Irak sans l’aval de l’ONU. Cette décision vaut à Jean Chrétien un regain d’estime auprès de la population canadienne, majoritairement opposée à ce conflit (à l’exception du Canada anglais).
Jean Chrétien quitte le pouvoir en décembre 2003. Paul Martin, élu à la tête du Parti libéral avec 96 p. 100 des suffrages, lui succède au poste de Premier ministre. Reconnu pour ses capacités de gestionnaire, Jean Chrétien laisse un pays aux finances assainies et à l’économie remarquablement performante.
 
 
2003 - 2006

Le très honorable Paul Edgar Philippe Martin

Né le 28 août 1938 à Windsor, Ontario, Canada

Avocat et homme d'affaire

1993 - 2002 : Ministre des Finances
1993 - 1996 : Ministre chargé du Bureau fédéral du développement régional (Québec)

D'abord élu à la Chambre des communes du Canada en 1988 comme député libéral de la circonscription Lasalle-Émard, il a participé sans succès comme candidat à la chefferie du Parti libéral du Canada en 1990. En 1993, Paul Martin a été nommé ministre des Finances dans le gouvernement de Jean Chrétien, son prédécesseur. Il a conservé ce poste jusqu'en 2002.
A cause de ses efforts au ministère des Finances, le Canada a réussi, dès la fin des années 1990, à non seulement éliminer son déficit budgétaire mais aussi a beaucoup augmenter sa dette nationale d'environ 36 milliards de dollars canadiens et en plus, il ne faut pas oublier qu'en tant que ministre des Finances, il a instauré un projet de loi très controversé en faisant de sorte que tout immigrant voulant résider au Canada doit débourser une somme de 475$ lors de son arrivée. Cette taxe d'entrée sur le territoire canadien devait être éliminé en 1993, l'année durant laquelle le Canada n'était plus dans une position déficitaire, mais malgré cela, Paul Martin maintiendrait une telle loi controversée. Il est aussi important de savoir qu'au cours de la période où Paul Martin fut ministre des Finances, le Canada a éliminé un déficit de 42 milliards de dollars et a enregistré cinq excédents budgétaires consécutifs.
Toutefois, plusieurs provinces, dont le Québec et l'Alberta, considéraient que ses programmes d'austérité budgétaire ont contribué à élargir le déséquilibre fiscal entre les États provinciaux et l'État fédéral, puisque plusieurs programmes sociaux canadiens, dont le système de santé public, ont vu plusieurs coupures budgétaires en 1996 afin que le gouvernement fédéral puisse réduire le déficit. De cette manière le Gouvernement Fédéral Canadien a pu éliminer son déficit simplement en renvoyant la facture aux provinces.
En 2000, Paul Martin et ses supporteurs tentèrent de "renverser" le chef libéral de la tête du parti, lui étant désigné naturellement comme le successeur de Chrétien. Malheuresement, ses efforts restèrent vain. Cet évènement ne fit qu'envenimer davantage les relations tendues entre le premier ministre et son ministre des Finances. Aux élections en 2000, le premier ministre Chrétien obtient une troisième majorité parlementaire consécutive ce qui conforta pour un certain son rôle de leader au sein du parti. Ce dernier annonce également qu'il s'agira de son dernier mandat.
En juin 2002, fatigué du jeu de coulisses de la part du clan Martin visant à précipiter son départ, le premier ministre remanie son Cabinet, chassant du coup Paul Martin de son poste, le remplaçant par John Manley. Mais la pression ne diminue pas pour autant sur le premier ministre pour qu'il précise ses intentions sur son départ, chose qu'il fera deux mois plus tard annonçant qu'il entendait quitter en février 2004.
En novembre 2003, suite à une course à la chefferie dont l'issue ne faisait aucun doute, Paul Martin devient chef du Parti libéral avec un appui d'environ 90% contre près de 10% pour sa seule rivale encore dans la course, l'ancienne vice-première ministre Sheila Copps. Jean Chrétien ayant accepté de devancer son départ du 24 Sussex, Paul Martin fut assermenté premier ministre du Canada le 12 décembre 2003.
Il déclencha des élections générale le 23 mai 2004 avec un scrutin le 28 juin. Après une chaude campagne face à un Parti conservateur en pleine remontée, il est élu à la tête d'un gouvernement minoritaire, détenant 135 sièges sur les 308 de la Chambre des Communes. Le scandale des commandites, dans lequel plusieurs membres et proches du Parti libéral du Canada ont été impliqués, était un facteur important dans la perte de la majorité libérale. En effet, durant ce scandale, Paul Martin était le ministre des Finances dans le cabinet de Jean Chrétien et un rapport de la vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser, déposé en février 2004, révèle que l'argent des contribuables a été détourné vers les coffres de l'aile québécoise du Parti libéral (fortement endetté à cette époque). Bien sûr, Paul Martin a nié toute implication dans ce scandale, et dans son premier rapport publié le 1er novembre 2005, le juge Gomery affirme qu'il n'est pas personnellement responsable.
Après dix-huit mois de turbulences, la Chambre des communes a voté une motion de non-confiance à l'endroit de son gouvernement le 28 novembre 2005, ce qui déclencha des élections générales. Le scrutin avait lieu le 23 janvier 2006, au cours duquel le Parti libéral a été défait et remplacé par un gouvernement minoritaire conservateur dirigé par Stephen Harper. Paul Martin annonça immédiatement son intention de démissionner du poste de chef du Parti libéral ; il demeure toutefois député de sa circonscription de Lasalle-Émard. Après l'annonce de sa démission, Martin a nommé Bill Graham, ministre de la Défense de Martin et ex-ministre des Affaires étrangères dans le cabinet Chrétien, en tant que chef du Parti Libéral du Canada par intérim.
Paul Martin a aussi été accusé d'avoir échappé à l'impôt en enregistrant sa compagnie, la Canada Steamship Lines, dans les paradis fiscaux. Pour rendre ce dispositif légal, il aurait modifié la loi concernant l'évasion fiscale alors qu'il occupait le poste de ministre des Finances. Ces lois controversées et ces dispositions concernant les Paradis fiscaux ont été jugées inconstitutionnelles par les cours de justice.
D'ailleurs cela lui a valu bien une multitude de moqueries de la part des autres partis politiques canadiens lors de la campagne électorale de 2006 dans des publicités électorales qui remettent en doute son patriotisme canadien, car Paul Martin avait fait de cette élection fédérale "un affrontement référendaire" entre les séparatistes québécois, qui étaient représentés par le Bloc québécois, et les fédéralistes canadiens.
 
Depuis le 06 Février 2006

Le très honorable Stephen Joseph Harper

Né le 30 avril 1959 à Toronto (Canada)

Député représentant la circonscription albertaine de Calgary-Sud-Ouest depuis 2002 à la Chambre des communes ;

1993 à 1997 : Député de Calgary-Ouest

2002 - 2004 : Chef de l'Alliance canadienne

2004 - 2005 : Chef du Parti conservateur

2005 - 2006 : Chef conservateur de l'opposition

Harper grandit à Toronto, où il est né, et fait des études au Richview Collegiate Institute avant de se trouver un emploi dans l'industrie pétrolière en Alberta en tant que programmeur informatique, alors qu'il était au début de la vingtaine. Il fait des études à l'Université de Calgary, décrochant une maîtrise en économie. Ses liens avec l'université sont demeurés forts : il y est fréquemment invité comme conférencier et son conseiller politique le plus important, Tom Flanagan, y était professeur. Harper épouse Laureen Teskey en 1991. Ils ont deux enfants : Benjamin, né en 1996, et Rachel, née en 1999.
Il s'implique en politique pour la première fois lorsqu'il est encore adolescent, à l'école secondaire, où il est membre du Club des jeunes libéraux de son école. Toutefois, son allégance politique change quand il s'oppose au Programme énergétique national (PEN) du gouvernement de Pierre Elliott Trudeau ; Harper considère que ce programme nuît à l'industrie pétrolière albertaine. En 1985, il est aide-en-chef au député progressiste-conservateur Jim Hawkes, et sert avec Hawkes sur plusieurs comités parlementaires. Toutefois, il est rapidement désillusionné par le gouvernement de Brian Mulroney et le Parti progressiste-conservateur. Harper critique particulièrement la politique fiscale du gouvernement, ainsi que son incapacité à révoquer complètement le PEN avant 1986. Il quitte le parti en 1986.
Un de ses professeurs, Tom Flanagan, recommande le jeune Harper à Preston Manning, fondateur et chef du Parti réformiste. Le jeune homme impressionne Manning, qui l'invitae à se joindre au parti. À l'âge de 28 ans, il donne un discours important au congrès fondateur du parti en 1987, à Winnipeg. Il serait responsable de la platforme électorale du parti en 1988, ainsi que d'avoir trouvé le slogan de campagne, "The West Wants In!" (L'Ouest veut sa part!)
Harper se présente aux élections de 1988 dans une circonscription de Calgary, mais est défait par une très grande marge par Hawkes, son ancien employeur. En 1989, Harper est nommé assistant exécutif de la député réformiste nouvellement élue Deborah Grey et sert en tant que son conseilleur en chef et compose ses discours jusqu'en 1993. Harper livre une meilleure performance dans l'élection de 1993, remportant la victoire sur Hawkes et gagnant la circonscription de Calgary-Ouest pour le Parti réformiste. Harper devient rapidement un des membres les plus importants du caucus réformiste. Au Parlement, Harper se fait une réputation de conservateur fiscal et fédéraliste convaincu, avec des positions plus modérées sur les questions de valeurs sociales. Par exemple, il est un de seulement deux députés réformistes à voter en faveur du Registre canadien des armes à feu.
Citant des préoccupations quant au style de direction et aux positions politiques de Preston Manning, ainsi qu'une crainte que le Parti réformiste se faisait envahir par des groupes de pression socialement conservateurs, Harper quitte son siège avant l'élection de 1997 pour accepter le poste de vice-président, puis de président de la Coalition nationale des citoyens. Aux commandes de la CNC, Harper lance une bataille légale contre la réforme du financement des élections fédérales. Harper est aussi brièvement commentateur politique à la CBC. En 1998, Harper est sollicité par le très influent « Blue Tory Committee », ainsi que par les députés progressistes-conservateurs Jim Jones et John Herron, pour qu'il se porte candidat à la direction du Parti progressiste-conservateur. Harper refuse l'offre, craignant que ses anciens collègues réformistes ne le voient comme un traître. Suite aux résultats décevants de l'Alliance canadienne à l'élection de 2000, Harper, déçu, se joint à d'autres conservateurs de l'ouest pour rédiger un document qui serait connu comme la « lettre pare-feu » (intitulé The Alberta Agenda). La lettre appelle l'Alberta à réformer le financement public du système de santé, à remplacer le Régime de pensions du Canada par un plan provincial similaire et à remplacer la Gendarmerie royale du Canada (GRC) par une corps policier provincial. Ceci est interprété par ses détracteurs comme un encouragement à la sécession de l'Alberta.
Le Canada