1867 - 1911
 
1867 - 1873

Sir John Alexander Macdonald

Homme d'État canadien, Premier ministre du dominion du Canada (1867-1873), puis à nouveau Premier ministre de 1878 à 1891.

Macdonald naquit à Glasgow en Écosse (Grande-Bretagne) le 11 janvier 1815. En 1820, il immigra au Canada avec ses parents qui s'installèrent à Kingston (Ontario), où il étudia le droit. En 1836, il fut admis au barreau. Orientant sa carrière vers la politique, il fut élu à la législature provinciale comme membre conservateur en 1844 ; il devint par la suite attorney général et finalement Premier ministre de la province du Haut-Canada (Ontario).
Au cours des années 1860, Macdonald et Georges Étienne Cartier, le chef conservateur du Bas-Canada (Québec), prirent la tête d'un mouvement en faveur de l'union des colonies britanniques en Amérique du Nord. Le rêve de Macdonald devint réalité lorsque le Parlement britannique adopta l'Acte de l'Amérique du Nord britannique en 1867, qui créait le dominion du Canada. Il fut élu deux fois Premier ministre du nouveau dominion (1867-1873 et 1878-1891) et mit tout en œuvre pour l'agrandir et le renforcer. Sous sa direction, le Canada connut une véritable expansion et finit par inclure les terres de Rupert (comprenant les provinces actuelles de la Prairie, soit l'Alberta, le Manitoba et la Saskatchewan), les territoires du Nord-Ouest (achetés à la Compagnie de la Baie d'Hudson en 1870, dont Macdonald avait supprimé le monopole un an plus tôt), ainsi que la Colombie-Britannique (1871) et l'Île-du-Prince-Édouard (1873). Conformément à sa politique nationale en faveur de l'autarcie économique, le Canadian Pacific Railway (voie ferrée transcontinentale) fut construit pour relier l'Est et l'Ouest (1885) et des tarifs douaniers élevés furent imposés pour protéger la production canadienne.
     
 
1873 - 1878

Alexander Mackenzie

Homme politique canadien, le premier chef du gouvernement libéral du Canada

Né à Logierait en Écosse (Grande-Bretagne) en 1822, il émigra à Kingston dans l'Ontario, au Canada, en 1842. Après avoir été tailleur de pierre puis entrepreneur en bâtiment, il devint rédacteur en chef de l'organe du Parti libéral à Lambton, au Québec, en 1852. Il fut élu à l'Assemblée législative du Canada (Ontario et Québec) en 1861 et collabora avec le chef du Parti libéral, George Brown. Lorsque le Canada devint un dominion en 1867, il prit la tête de l'opposition libérale dans la première Chambre des communes. En 1873, à la suite de la victoire des libéraux sur les conservateurs conduits par sir John Alexander Macdonald, Mackenzie devint le premier chef du gouvernement libéral du Canada. Il occupa ce poste jusqu'à sa mort en 1878. C'est sous son mandat que fut créée la Cour suprême canadienne et que le gouvernement territorial des Territoires du Nord-Ouest fut établi.
     
 
1891 - 1892

L'honorable sir John Joseph Caldwell Abbott

Né le 12 mars 1821 à St. Andrews, Bas-Canada - Mort le 30 octobre 1893 à Montréal, Québec, Canada d'un cancer

Premier Premier Ministre né au Canada
Premier Sénateur qui devient Premier ministre
Premier Premier Ministre qui a été membre des deux Chambres KCMG en 1892
De descendance irlandaise

1887 - 1891 : Ministre sans portefeuille
1891 - 1892 : Président du Conseil privé

Sir John Joseph Caldwell Abbott était le 3e premier ministre du Canada du 16 juin 1891 au 24 novembre 1892. Il est aussi l'arrière grand-père de l'acteur canadien Christopher Plummer.
Né à St. Andrews (aujourd'hui St-André-Est), Québec, il fut le premier Premier ministre né en sol canadien. John Abbott épousa Mary Bethune (1823 - 1898) en 1849. Le couple eut quatre enfants.
Franc-maçon, il fut initié en 1847 à la St Paul's Lodge No 374, à Montréal.
Il obtint un baccalauréat en droit civil de l'Université McGill en 1854 et mena une carrière réussie d'avocat. Un pilier de la communauté d'affaires anglophone de Montréal, il fut plus tard maire de Montreal en 1887 et 1888.
Il sièga longtemps à la Chambre des communes du Canada, après quoi il fut nommé au Sénat canadien en 1887. Cette même année, il se joint aussi au cabinet de Sir John A. Macdonald en tant que ministre sans portefeuille. Il fut aussi chef du gouvernement au sénat du 12 mai 1887 au 20 octobre 1893 (incluant son mandat en tant que premier ministre). Prisé pour ses connaissances en droit et en administration, il devint rapidement un des membres les plus en vue au Sénat.
Lors du décès du premier ministre Macdonald, le sénateur Abbott accepta à contre-cœur les demandes d'un Parti conservateur divisé pour qu'ils prennent la direction du gouvernement. Au cours de ses dix-huit mois en poste, il revitalisa le gouvernement ainsi que le parti. Il tenta plus tard de transférer le contrôle du gouvernement à John Thompson, mais ceci était politiquement impossible dû à un sentiment généralisé d'anti-catholicisme (Thompson était catholique). La santé d'Abbott commença à se déteriorer, et il se retira de la politique en 1892, sur quoi Thompson devint enfin premier ministre. Abbott mourut moins d'un an plus tard.
Sir John Abbott est enterré au cimetière Mont-Royal à Montréal, au Québec.
Le Collège John Abbott, à Sainte-Anne-de-Bellevue, au Québec, porte son nom.
     
 
1892 - 1894

Le très honorable sir John Sparrow David Thompson

Né le 10 novembre 1844 à Halifax, Nouvelle-Écosse, Canada - Mort le 12 décembre 1894 au Château de Windsor, Angleterre d'une insuffisance cardiaque

Avocat, chargé de cours

Premier Premier ministre catholique
Premier Premier ministre d'une province (Nouvelle-Écosse) à devenir Premier ministre du Canada KCMG 1888
De descendance irlandaise

1885 - 1894 : Ministre de la Justice et Procureur général du Canada

    sir John Sparrow David Thompson, C.P., C.R., K.C.M.G. était le 4e Premier ministre du Canada du 5 décembre 1892 au 12 décembre 1894. Il a aussi été Premier ministre de la Nouvelle-Écosse en 1882.
Né à Halifax, en Nouvelle-Écosse, Thompson épousa Annie Affleck (1845-1913) en 1870 et ensemble ils eurent deux fils et trois filles, quatre autres enfants mourant en très bas âge.
La vie familiale de Thompson fut marquée par la tragédie. Sa fille Annie mourut à l'âge de un an, tandis que son plus jeune fils David n'atteignit que l'âge de deux ans. Deux autres enfants de Thompson moururent dès la naissance. Cinq autres enfants survécurent à l'enfance.
De 1878 à 1882, John Thompson fut ministre de la justice au gouvernement provincial de Simon H. Holmes. Il fut brièvement premier ministre de la Nouvelle-Écosse, mais son gouvernement fut défait dans l'élection tenue cette année-là. Il fut nommé à la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse après avoir quitté la législature provinciale. Quand Sir John A. Macdonald le recruta pour son gouvernement à Ottawa, il devint rapidement un membre éminent du gouvernement conservateur. Il réalisa le premier code criminel du Canada. Son ascension au sein du gouvernement est probablement attribuable autant à l'influence d'Ishbel Aberdeen, la femme du Gouverneur général, qu'à la protection de Macdonald.
Le premier ministre précédent, Sir John Abbot, voulut céder son poste à Thompson, mais des préjugés religieux contre les catholiques, généralisés dans la population majoritairement protestante, empêchèrent Abbott de le faire, et cela fut repoussé jusqu'à la retraite d'Abbott en 1892.
Sir John Thompson était premier ministre du Canada depuis seulement deux ans quand il mourut soudainement d'une crise cardiaque à l'âge de 49 ans le 12 décembre 1894, au Château de Windsor, où la Reine Victoria venait de le faire membre de son Conseil privé. Il fut le deuxième de deux premiers ministres à mourir dans l'exercice de ses fonctions (le premier était Sir John A. Macdonald), et le premier de trois à mourir hors du Canada. (Les deux autres furent Sir Charles Tupper et Richard Bedford Bennett.)
Il fut enterré au cimetière Holy Cross à Halifax, en Nouvelle-Écosse, après des funérailles élaborées en Angleterre, montées par la Reine Victoria.
     
 
1894 - 1896

L'honorable sir Mackenzie Bowell

Né le 27 décembre 1823 à Rickinghall, Suffolk, Angleterre -  Mort le 10 décembre 1917 à Belleville, Ontario, Canada

Imprimeur, rédacteur

1878 - 1891 : Ministre des Douanes
1891 - 1892 : Ministre des Douanes
1891 - 1892 : Ministre des Chemins de fer et canaux (intérimaire)
1892 : Ministre de la Milice et de la Défense
1892 - 1894 : Ministre du Commerce
1894 - 1896 : Président du Conseil privé
1896 : Ministre des Finances et Receveur général (intérimaire)
1896 : Ministre de la Milice et de la Défense (intérimaire)

Bowell est né à Rickinghall, Suffolk, Angleterre. Sa famille émigra de là jusqu'à Belleville, en Ontario, où il fut apprenti au journal local. Il connut le succès en tant qu'imprimeur et éditeur, ainsi qu'un membre éminent de l'ordre d'Orange, ce qui l'en fit le Grand-maître canadien en 1870. En 1847 il épousa Harriet Moore (1829–1884) et ensemble ils eurent quatre fils et cinq filles.
Élu à la Chambre des communes du Canada lors de l'élection fédérale canadienne de 1867, Bowell intègra le cabinet conservateur en 1878 comme ministre des douanes. Un administrateur compétent et travaillant, Bowell demeura au cabinet comme ministre des affaires et douanes et ministre de la milice et de la défence lorsqu'il fut nommé au Sénat en 1892. Il devint devient Leader du gouvernement au Sénat le 31 octobre 1893 et, en 1894, en tant que ministre senior, accéda au poste de premier ministre quand Sir John Thompson mourut soudainement. Sa visite en Australie en 1893 mena à la première conférence des colonies et territoires Britanniques, qui se déroula à Ottawa en 1894.
En tant que premier ministre du Canada, Bowell fit face à la dissension dans son parti sur la question controversée des écoles catholiques au Manitoba. En 1890, le Manitoba avait aboli ses commissions scolaires catholiques, contrairement aux dispositions prévues pour les catholiques dans la Loi sur le Manitoba de 1870. Bowell et ses prédécesseurs avaient peiné à trouver une solution au problème. Lorsqu'il décida de créer une nouvelle commission scolaire catholique pour la province en 1896, sept ministres claquèrent la porte du cabinet en guise de protestation. Bowell les dénonça, les qualifiant de « nid de traîtres ». Ils revinrent peu après, mais avec des élections à l'horizon, Bowell consentit à se retirer. Charles Tupper, haut commissaire du Canada à Londres, fut rappelé pour le remplacer.
Sir Mackenzie Bowell avait 93 ans et était toujours sénateur lorsqu'il mourut d'une pneumonie à Belleville. Il est enterré au cimetière de Belleville, en Ontario. Aucun ancien membre ou membre du gouvernement n'assistèrent à ses funérailles, quoiqu'un grand nombre de membres de l'ordre d'Orange y étaient.
 
 
1896

Le très honorable sir Charles Tupper

Né le 02 juillet 1821 à Amherst, Nouvelle-Écosse, Canada - Mort le 30 octobre 1915 à Brixley Heath, Kent, Angleterre d'une insuffisance cardiaque

Médecin

Le plus vieux à devenir Premier ministre du Canada
Le Premier ministre qui est resté le moins longtemps en fonction
Premier ministre de la Nouvelle-Écosse de 1864-1867
L'un des Pères de la Confédération
1870 - 1872 : Président du Conseil privé
1872 - 1873 : Ministre du Revenu intérieur
1873 : Ministre des Douanes
1878 - 1879 : Ministre des Travaux publics
1879 - 1884 : Ministre des Chemins de fer et canaux
1887 - 1888 : Ministre des Finances et Receveur général
1896 : Secrétaire d'État du Canada (1896.01.15 - 1896.04.27)
1864 - 1867 : Premier ministre (Nouvelle-Écosse)

Le très honorable sir Charles Tupper, C.P., G.C.M.G., K.C.M.G., C.B., D.C.L., LL.D., M.D. fut le sixième premier ministre du Canada et, en date de 2005, celui qui fut le moins longtemps en poste.
Il est né à Amherst, en Nouvelle-Écosse ; il fit ses études à l'université d'Édimbourg, en Écosse, et devint médecin lors de sa graduation en 1843. En 1846, il épousa Frances Morse (1826-1912) avec qui il eut trois fils (Orin Stewart, Chalres Hibbert et William Johnston) et trois filles (Emma, Elizabeth Stewart (Lilly) et Sophy Almon).
Il se lança en politique néo-écossaise en 1855 et devint premier ministre en 1864 à la tête du Parti de la confédération. En tant que délégué aux conférences de Charlottetown, Québec, et Londres, Tupper guida sa province vers la Confédération canadienne.
La carrière publique de sir Charles Tupper fut longue et fructueuse. Il fut haut commissaire du Canada en Grande-Bretagne entre 1884 et 1887, et servit plus tard comme un des lieutenants-clé de sir John A. Macdonald. En 1895, il quitta son poste de représentant canadien en Grande-Bretagne et revint au pays pour assumer la direction du Parti conservateur, remplaçant Mackenzie Bowell. Le parti était insastisfait de la direction de Bowell dû à la question des écoles catholiques au Manitoba. Malgré ses succès, Tupper fut premier ministre du Canada pendant seulement 69 jours en 1896, le mandat le plus court à jamais pour un premier ministre canadien. Il fut également le plus âgé, à 74, à assumer le poste.
Tupper mena les conservateurs aux élections de 1896 ; toutefois, la question des droits d'éducation des francophones manitobains détournèrent les électeurs, surtout au Québec, vers les libéraux de Wilfrid Laurier. Bien qu'ils eurent récolté 46.5% des votes, en comparaison au 45% des libéraux, les conservateurs de Tupper furent défaits. Tupper se retira de la scène fédérale en 1901, après trente ans de carrière politique.
Sir Charles Tupper mourut à Bexleyheath, Kent, en Angleterre à l'âge de 94 ans, et fut ramené au pays pour être enterré au cimetière St. John's, à Halifax, en Nouvelle-Écosse.
     
 
1896 - 1911

Le très honorable sir Wilfrid Laurier

Né le 20 novembre 1841 à Saint-Lin (Canada-Est)

Avocat

Iil fit ses études à l'université McGill de Montréal. Après avoir été admis au barreau en 1864, il exerça tout d'abord à Montréal et, plus tard, à Athabaskaville (aujourd'hui Athabaska). En 1871, il fut élu en tant que libéral à la législature provinciale du Québec et, en 1874, à la Chambre des communes canadienne. Alors qu'il siégeait à la Chambre, il lutta en faveur d'un rapprochement des peuples francophone et anglophone du Canada. En 1877, il occupa brièvement le poste de ministre des Contributions directes et, en 1896, devint Premier ministre du Canada alors qu'il était chef du Parti libéral depuis 1887. Son gouvernement fut marqué par l'expansion du commerce canadien, par la construction des lignes de chemin de fer transcontinentales : le Grand Trunk (1904) et la Canadian Northern (aujourd'hui Canadian National Railways), par la résolution du conflit des frontières entre l'Alaska et la Colombie-Britannique et par le développement des ressources et de l'agriculture canadiennes. Bien qu'il maintint l'autonomie du Canada, il développa des liens plus étroits avec le Royaume-Uni (tarifs douaniers préférentiels, envoi de troupes dans la guerre des Boers) et prôna le retrait des frontières économiques avec les États-Unis. Cependant, il ne put éviter les critiques des nationalistes québécois menés par son ancien partisan Henri Bourassa. Il dut quitter le gouvernement en 1911 en raison de son projet sur le libre-échange avec les États-Unis. Laurier continua de diriger l'opposition sous l'étiquette du parti libéral à la Chambre des communes. Pendant la Première Guerre mondiale, il soutint la politique d'aide au Royaume-Uni des conservateurs et appela les Canadiens français à s'engager comme volontaires et à se battre aux côtés du Royaume-Uni. Il s'opposa toutefois à la conscription et refusa, par conséquent, de rejoindre le gouvernement de coalition de temps de guerre du Premier ministre sir Robert Laird Borden.
   
Le Canada