1952 - 1999
 
 
1952 - 1959

Le très honorable Charles Vincent Massey

Nommé le : 1er février 1952
Assermenté le : 28 février 1952 à Ottawa
Né le : 20 février 1887 à Toronto (Ontario)
Décédé le : 30 décembre 1967

La nomination de Vincent Massey comme Gouverneur général marque le début d'une nouvelle tradition – il est le premier Canadien nommé à ce poste et, par la suite, tous les gouverneurs généraux seront des citoyens canadiens. Même si cette innovation suscite la critique de détracteurs, ceuxci sont vite convaincus des qualités exceptionnelles que possède M. Massey dans ce rôle vice-royal.
Vincent Massey estime que la Couronne appartient aux Canadiens et que, à titre de représentant de la souveraine, son rôle est de raffermir ce lien. Tout en respectant la Couronne et son cérémonial, il est déterminé à utiliser la fonction de Gouverneur général pour promouvoir l'unité et l'identité canadiennes. Infatigable voyageur, il visite tous les coins du pays – là où il ne peut aller en avion ou par bateau, il se rend en canot ou en traîneau tiré par des chiens.
Les discours de M. Massey mettent souvent en valeur la diversité culturelle du Canada, et il insiste sur la nécessité d'apprendre l'anglais aussi bien que le français. Peu importe qu'il s'adresse au Jewish Congress, qu'il soit honoré par la première nation Blood en Alberta ou qu'il visite des villages de pêcheurs dans les Maritimes, il se fait le champion de tous les Canadiens.
Favoriser les arts est l'une des réalisations marquantes du mandat de M. Massey. Ses efforts visant à promouvoir un festival national des arts mettent en branle un mouvement dont naîtra éventuellement le Centre national des Arts. À Rideau Hall, il établit des week-ends d'écrivains pour aider à créer une identité littéraire canadienne. Le festival de Shakespeare de Stratford, qui en est alors à ses débuts, reçoit l'appui enthousiaste de M. Massey, et celui-ci honore de sa présence, en tant que Gouverneur général, l'inauguration de maintes expositions d'oeuvres d'art. En 1953, il établit les Prix du Gouverneur général pour l'architecture et remet les prix du Conseil des arts du Canada à de nombreux artistes, dont le compositeur sir Ernest MacMillan.
Cependant, Vincent Massey évite de se concentrer exclusivement sur un secteur – il encouragera l'excellence dans tous les domaines. Sa plus grande ambition, la création d'un régime canadien de distinctions honorifiques, ne verra le jour qu'après son mandat. Néanmoins, ses efforts n'auront pas été vains puisqu'ils donneront lieu à la création d'un tel régime en 1967, dont il en sera l'un des premiers Compagnons. Il établit la Médaille d'or du Gouverneur général pour l'Institut des comptables agréés en 1954, et la médaille Massey reconnaissant l'exploration du pays, l'avancement de la géographie et la description géographique pour la Royal Canadian Geographical Society en 1959. Fort de ses réalisations dans les domaines des sciences, des affaires et des arts, le Canada acquiert une nouvelle identité positive que Vincent Massey a certes contribué à développer.
En 1953, M. Massey renoue avec la tradition du carrosse officiel au Canada lors des célébrations entourant le couronnement de Sa Majesté la reine Élizabeth II. En grande pompe, le carrosse emmène Vincent Massey et son personnel, sous l'escorte des membres de la Gendarmerie royale du Canada, jusqu'à la Colline du Parlement. M. Massey prononce alors une introduction au discours du couronnement de Sa Majesté la reine Élizabeth II, qui est radiodiffusé dans le monde entier à partir de Londres. Ce carrosse est celui-là même qui est encore utilisé lors de l'ouverture du Parlement et des visites d'État. Pour commémorer le couronnement de Sa Majesté, M. Massey a fait remettre des cuillers en argent à tous les enfants canadiens nés ce jour-là, le 2 juin 1953.
M. Massey présente un nouveau drapeau au régiment des Governor General's Foot Guards et, à la Citadelle de Québec, il présente au Royal 22e Régiment, en guise de mascotte, un bouc bien sage d'ascendance persane issu du troupeau royal et appelé « Batisse ». Celui qui reçoit la mascotte ce jour-là est le colonel honoraire du régiment, le général Georges Vanier, qui succédera à Vincent Massey comme Gouverneur général.
Le mandat de M. Massey sera reconduit à deux reprises, la première fois par le premier ministre Louis St-Laurent, puis par le premier ministre John Diefenbaker. Il quittera ses fonctions le 15 septembre 1959.
Vincent Massey est issu d'une grande famille canadienne – prospère en affaires et philanthrope. Son frère est l'acteur populaire Raymond Massey, et son père, le président de Massey-Harris Company, entreprise célèbre dans le monde entier pour la fabrication de matériel agricole.
Il fréquente d'abord le collège St. Andrew et poursuit ensuite ses études à l'Université de Toronto, puis à Oxford – cette expérience de l'Angleterre lui fera apprécier à jamais les traditions et les institutions de ce pays.
À son retour au Canada, il devient doyen en résidence pour l'histoire moderne à l'Université Victoria de Toronto. Le 4 juin 1915, il épouse Alice Parkin, fille de sir George Parkin, ancien directeur du Upper Canada College et secrétaire de la fondation Rhodes. Malheureusement, Mme Massey meurt en juillet 1950, 18 mois seulement avant la nomination de son époux comme Gouverneur général. C'est ainsi que sa bru, Lilias, agira comme châtelaine de Rideau Hall durant le mandat de M. Massey.
Avant d'amorcer sa carrière diplomatique, Vincent Massey sera pendant quatre ans le président de l'entreprise fondée par son père. Durant cette période, il poursuit ses intérêts philanthropiques en faisant la promotion des arts, de l'éducation et des lettres. Il commence également à constituer l'une des plus importantes collections d'art canadien et, grâce à la fondation Massey, il favorisera la construction de Massey College à l'Université de Toronto.
En 1926, il est le premier à être nommé ministre à l'ambassade du Canada à Washington. Il devient ensuite haut commissaire à Londres, en 1935. Sa réputation en Angleterre est telle que, en 1946, le roi George VI lui décerne le titre de Compagnon d'honneur. En 1949, il est désigné à la présidence de la Commission royale d'enquête sur l'avancement des arts, lettres et sciences au Canada. Le rapport qui a découlé de ces travaux, publié en 1951 et appelé Rapport Massey, mènera à la création de la Bibliothèque nationale du Canada et du Conseil des arts du Canada.
Après son mandat comme Gouverneur général, il prend sa retraite à Batterwood, sa résidence située près de Port Hope en Ontario, d'où il préside le conseil d'administration de la fondation Massey, comme il le faisait de 1926. La Fondation, incorporée en 1918, est la première fiducie du genre à être établie au Canada. Il consacre son temps à deux des institutions établies par la Fondation sur le campus de l'Université de Toronto – Massey College et Hart House, un centre pour étudiants d'une conception magnifique. En reconnaissance de ses réalisations en tant que représentant de la souveraine du Canada, Sa Majesté la reine Élisabeth II lui décernera le Collier royal de Victoria, le 22 juillet 1960. À cette époque, il est le seul Canadien à recevoir ce grand honneur.
En 1961, les conférences Massey sont créées pour honorer Vincent Massey, en reconnaissance de son soutien énergique en faveur des sciences humaines au Canada. Ces conférences permettent à des universitaires de marque ou à des personnalités de donner une conférence sur le sujet de leur choix, et nombreux sont ceux qui les considèrent comme étant les plus importantes séries de conférences publiques au Canada.
Vincent Massey meurt durant un séjour en Angleterre, le 30 décembre 1967. Il aura droit à des funérailles nationales au Canada, au début de janvier. Sa dépouille gît dans un cimetière anglican près de sa résidence de Port Hope.
 
1959 - 1967

Major-général le très honorable Georges Philias Vanier

Nommé le : 1er août 1959
Assermenté le : 15 septembre 1959 à Ottawa
Né le : 23 avril 1888, à Montréal (Québec)
Décédé le : 5 mars 1967

Tout jeune homme, Georges Vanier est nommé aide de camp du Gouverneur général de l'époque, lord Byng, en 1921. Lui et son épouse sont mariés depuis moins d'un an lorsqu'ils viennent s'installer à Rideau Cottage, sur le domaine de Rideau Hall. Trente-huit ans après cette première introduction, Georges et Pauline Vanier s'installent à Rideau Hall en qualité de nouveau couple vice-royal.
La nomination de Georges Vanier est annoncée lors d'une réunion du Cabinet à Halifax, présidée par Sa Majesté la reine Élizabeth II. Le respect et l'affection qu'inspire le général Vanier font de lui le successeur tout désigné du populaire Gouverneur général Vincent Massey.
Le Canada connaît des temps difficiles et le général Vanier est cardiaque, mais celui-ci réagit à la nouvelle de sa nomination avec la foi profonde qui l'anime constamment. « Si Dieu me veut pour ce travail, dit-il, il me donnera la force de l'accomplir ». Les fortes convictions religieuses de Georges et Pauline Vanier les poussent à défendre les défavorisés, les jeunes et la famille. Leur intérêt pour l'état de la famille au Canada les conduit à organiser en 1964 la « Conférence canadienne de la famille », à Rideau Hall, événement qui donnera naissance à la fondation de l'Institut Vanier de la famille.
Durant le mandat du général Vanier, la cause séparatiste prend de l'ampleur au Québec. Le général Vanier croit fermement dans l'unité canadienne, et il s'efforce souvent dans ses discours d'apaiser les tensions entre francophones et anglophones. Il maîtrise parfaitement les deux langues et encourage une politique de bilinguisme bien avant d'occuper la charge de gouverneur général. Le vif intérêt qu'il témoigne au Canada est révélé dans un des derniers discours de sa vie, lorsqu'il déclarait: « Le chemin de l'unité est le chemin de l'amour: l'amour de notre pays, la foi dans son avenir, nous donnera une nouvelle orientation et une nouvelle volonté, nous élèvera au-dessus de nos querelles intestines et nous unira au nom du bien commun... Je prie Dieu pour que nous puissions tous marcher main dans la main. Nous ne pouvons courir le risque de voir notre grand pays se désagréger ».
Malgré sa mauvaise santé, le général Vanier ne cessera jamais de voyager à travers le Canada. Son médecin croit que tous ces déplacements exigent de lui un effort excessif, mais chaque fois il constate que le couple revient tonifié. Les voyages de Georges et Pauline Vanier accroissent l'affection des Canadiens pour le couple vice-royal, qui reste dans les mémoires pour son authentique bienveillance envers tous ceux qu'il rencontre, en particulier les enfants et les personnes âgées. Entre autres voyages, le général Vanier assiste à l'inauguration de la voie maritime du St-Laurent à Cornwall, en Ontario, le 29 janvier 1960, et il est fait Chef grand aigle de la tribu des Pieds-Noirs, à Calgary en juin 1965.
Durant ses voyages, le général Vanier encourage les jeunes à travailler avec constance et à viser à l'excellence. Son engagement envers les jeunes apparaît dans le plaisir qu'il éprouve à exercer son rôle de chef scout du Canada, et dans son soutien actif au mouvement scout. Il institue en 1967 les Prix Vanier décernés à de jeunes Canadiens éminents, prix qui reconnaîtront l'excellence de la Jeune Chambre de commerce du Canada. Et pour reconnaître l'excellence dans la fonction publique fédérale, provinciale ou municipale, la Médaille Vanier de l'Institut d'administration publique du Canada est établie en 1962.
Le général Vanier est un fanatique de sports. Il institue à la fois la Coupe Vanier pour le championnat universitaire de football à l'Union sportive interuniversitaire canadienne, et le Prix d'escrime du gouverneur général en 1965. Par-dessus tout, il aime le hockey et il est un partisan enthousiaste de l'équipe de hockey des Canadiens de Montréal.
Durant leur séjour à Rideau Hall, les Vanier reçoivent une longue liste d'invités de marque. Parmi les visiteurs, citons le président des États-Unis John Kennedy et Mme Jacqueline Kennedy, l'empereur d'Éthiopie Haile Selassie, le premier ministre d'Israël David-ben-Gurion, le shah d'Iran et le général Charles de Gaulle, président de la France. Les Vanier apportent aussi de nombreux changements à Rideau Hall -- la chapelle est rétablie (la précédente avait été enlevée en 1912), et le fumoir devient le Salon canadien (appelé le Salon Pauline Vanier depuis 2003), avec l'ajout d'antiquités du Québec et de boiseries en pin.
Georges Vanier reçoit plusieurs honneurs durant son mandat de gouverneur général -- il est promu major-général en 1942, puis nommé par la reine au Conseil privé impérial du RoyaumeUni en 1963. Il reçoit aussi de l'Université de Toronto un doctorat honorifique en droit.
En 1966, la santé du général Vanier décline. Le programme habituel de visites et de tournées n'est pas réduit, mais le général Vanier est de plus en plus faible et fatigué. Puis le matin du dimanche 5 mars 1967, après avoir regardé la veille un match de hockey, le général Vanier s'éteint. Il n'est que le deuxième Gouverneur général à mourir dans l'exercice de ses fonctions depuis la Confédération. Ses funérailles d'État ont lieu le 8 mars 1967 à la cathédrale Notre-Dame, à Ottawa, et son fils aujourd'hui illustre, le philanthrope Jean Vanier, prononcera l'oraison funèbre. La dépouille sera inhumée dans la chapelle commémorative de la Citadelle de Québec, le 4 mai 1967.
La reconnaissance de leur amour du genre humain et de leur profonde spiritualité a récemment donné lieu à une proposition de béatification de Georges et Pauline Vanier par l'Église catholique romaine -- un hommage rendu à ce couple vice-royal qui fut l'exemple de nobles qualités et qui aima si profondément le Canada et le peuple canadien.
Georges Vanier étudie au collège Loyola de Montréal et obtient un diplôme en droit de la section de Montréal de l'Université Laval. Durant la Première Guerre mondiale, il est l'un des membres fondateurs du 22e bataillon du corps expéditionnaire canadien, le bataillon canadien français qui deviendra en 1920 le célèbre Royal 22e Régiment. Il est décoré de la Croix militaire en 1916 et reçoit l'Ordre du service distingué et la barrette à la Croix militaire en 1919. En 1918, lorsqu'il mène une offensive à Cherisy, en France, il perd la jambe droite. Après une longue convalescence, il revient à Montréal pour exercer le droit. Il épouse Pauline Archer le 29 septembre 1921, et le couple aura cinq enfants.
En 1921, il est nommé aide de camp de lord Byng, fonction qui marque le début de nombreuses années de service au Cabinet du gouverneur général. En 1925, il prend le commandement du Royal 22e Régiment à la Citadelle, et l'année suivante il est nommé aide de camp honoraire de lord Willingdon, puis il est promu lieutenant-colonel en 1924.
En 1928, Georges Vanier entreprend une longue carrière diplomatique, durant laquelle il sera nommé à la délégation militaire du Canada pour le désarmement auprès de la Société des Nations. Puis, en 1931, il est nommé secrétaire du Cabinet du haut-commissaire à Londres. En 1939, il est nommé au poste de ministre canadien en France -- poste qu'il est forcé de fuir au moment de l'invasion nazie en 1940. Il est nommé en 1941 commandant du district militaire de Québec, puis entreprend une politique anticipée de bilinguisme au sein de l'armée. En 1942, il est promu général de division et, après la guerre, il est le délégué du Canada à la Conférence de la Paix à Paris. En 1944, il est nommé premier ambassadeur du Canada en France, poste qu'il occupera avec distinction jusqu'à sa retraite.
Avant de prendre sa retraite en 1953, le général Vanier sert de nouveau comme représentant du Canada auprès des Nations Unies. Après sa retraite, lui et son épouse reviennent à Montréal où ils participent à des activités de travail social dans la ville. Georges Vanier siège également aux conseils d'administration de la Banque de Montréal, du Crédit foncier franco-canadien et de la compagnie d'assurance Standard Life et il siège au Conseil des arts du Canada.
Le Premier ministre Pearson nomme Madame Vanier membre du Conseil privé, et elle est assermentée le 11 avril 1967. Elle est la première femme non-politicienne à recevoir cet honneur, qui lui est décerné parce que son époux est décédé avant la fin de son mandat, au moment où un gouverneur général est habituellement nommé conseiller privé. Madame Vanier est également parmi les premières personnes à être reçues dans l'Ordre du Canada, avec sa nomination comme Compagnon, le 6 juillet 1967.
Pauline Vanier meurt en 1991, à l'âge de 92 ans, à L'Arche, un centre pour adultes handicapés fondé par son fils, Jean Vanier, à Trosly en France. Elle est inhumée aux côtés du général Vanier à la Citadelle.
 
1967 - 1974

Le très honorable Daniel Roland Michener

Nommé le : 29 mars 1967
Assermenté le : 17 avril 1967 à la Chambre du Sénat, à Ottawa
Né le : 19 avril 1900 à Lacombe (Alberta)
Décédé le : 6 août 1991

Roland Michener est nommé gouverneur général l'année du 100e anniversaire de la Confédération canadienne. M. et Mme Michener ont à peine entrepris leur mandat que débute la longue série des visites de dignitaires. On est en 1967 et Rideau Hall est rarement vide -- 53 chefs d'État arrivent pour célébrer le Centenaire et visiter Expo '67 à Montréal.
Le 1er juillet 1967, naît l'Ordre du Canada et le Gouverneur général Michener préside en novembre de la même année la première cérémonie de remise des médailles. En 1972, l'Ordre du mérite militaire et la Médaille de bravoure sont institués, et en 1973 Sa Majesté la reine Elizabeth II présente le Collier royal de Victoria au Gouverneur général, l'un des deux seuls Canadiens à qui ait été conféré cet honneur (l'autre étant l'ancien Gouverneur général Vincent Massey, en 1960).
M. Michener est un fervent sportif et athlète qui s'adonne chaque jour à des exercices -- on pouvait le voir chaque matin faire du jogging. Son encouragement à faire des exercices quotidiens a eu un effet durable sur le bien-être physique de nombreux Canadiens. Nombre de gens se souviennent encore de son appui au Programme Participaction -- une campagne destinée à accroître la bonne forme physique de tous les Canadiens. Il encourage aussi le sport en instituant le Trophée Roland Michener pour le championnats de hockey mineur « AAA » en Ontario, ainsi qu'une récompense pour le championnat de pêche sportive appelée le Trophée Michener du thon.
M. Michener est une grande source de motivation pour les jeunes Canadiens, qu'il encourage à façonner l'avenir extraordinaire du Canada en développant leur plein potentiel. Il croit que son rôle de gouverneur général le place dans une position sans équivalent pour inspirer les Canadiens en applaudissant à leurs meilleures réalisations. Son appui à l'excellence s'étend aussi au journalisme, avec la création, en 1970, des Prix Michener du journalisme.
Durant leur séjour à Rideau Hall, Roland Michener et son épouse Norah allègent le protocole de plusieurs façons -- l'exemple le plus connu est l'abandon de la révérence. Ils forment un gracieux couple vice-royal et la Résidence du gouverneur général devient durant leur mandat un centre de la vie sociale. En 1972, ils rétablissent à Rideau Hall le lever du Nouvel An du gouverneur général, auparavant tenu dans la Chambre du Sénat. M. et Mme Michener se rendent fréquemment à l'étranger et ils instituent également des rencontres périodiques avec les lieutenants-gouverneurs provinciaux, qui ont commencé en 1973.
Roland Michener fréquente l'Université de l'Alberta pour ses études de premier cycle, puis il obtient des diplômes universitaires supérieurs à Oxford, à la faveur d'une bourse Rhodes. À Oxford, il rencontre Lester B. Pearson -- les deux hommes allaient devenir des amis de toujours. Il exerce le droit à Toronto tout en siégeant au Conseil exécutif de l'Ontario, et il devient le secrétaire général de la Fondation Rhodes.
Il épouse Norah Willis le 26 février 1927 à l'église anglicane St. Mary Magdalen de Toronto, et le couple aura trois filles. Malheureusement, l'une d'elles, Wendy, décède à l'âge de 33 ans, le 1er janvier 1969, durant le mandat du couple Michener.
Pour sa thèse sur le philosophe français Jacques Maritain, Mme Michener obtient un doctorat de l'Université de Toronto en 1953. De 1957 à 1962, M. Michener est président de la Chambre des communes, puis haut-commissaire du Canada en Inde et premier ambassadeur du Canada au Népal, de 1964 à 1967.
Après le mandat de M. Michener comme gouverneur général, le couple déménage à Toronto, où M. Michener occupera la charge de chancelier de l'Université Queen's jusqu'en 1980 tout en restant actif dans les affaires partout au Canada.
Durant ses dernières années, une montagne de l'Alberta a été baptisée en son honneur et, encore plein d'énergie à l'âge de 80 ans, il grimpera jusqu'à son sommet pour marquer la cérémonie de baptême. Après son décès à l'âge de 91 ans, ses cendres seront inhumées aux côtés de son épouse à l'église anglicane St. Bartholomew d'Ottawa, de l'autre côté même de Rideau Hall.
 
1974 - 1979

Le très honorable Jules Léger

Nommé le : 28 novembre 1973
Assermenté le : 14 janvier 1974 à Ottawa
Né le : 4 avril 1913 à St-Anicet (Québec)
Décédé le : 22 novembre 1980

Six mois après avoir été assermenté comme Gouverneur général, Jules Léger est victime d'un accident cérébro-vasculaire à l'Université de Sherbrooke au Québec, où il devait y recevoir un doctorat honoris causa. Durant sa convalescence, Madame Léger jouera un rôle important. Remplaçant son époux en certaines occasions et l'aidant à s'acquitter de diverses tâches, c'est ainsi qu'elle lira une partie du discours du Trône. La contribution qu'elle apporte durant le mandat de son mari sera reconnue par sa présence, aux côtés de ce dernier, dans le portrait officiel de M. Léger qui se trouve dans le Salon de réception de Rideau Hall. Gabrielle Léger est le seul conjoint à figurer dans un portrait de gouverneur général.
En décembre 1974, Jules Léger reprend ses fonctions en présidant à la cérémonie d'investiture de l'Ordre du Canada, et un an plus tard il accueillera le prince Charles. En 1976, après l'incendie qui détruit plusieurs pièces de la Citadelle, résidence officielle du Gouverneur général à Québec, Madame Léger participe activement au projet de restauration.
Après que le Gouverneur général eut repris toutes ses activités, les Léger entreprennent des voyages qui les mènent partout au Canada. Leur désir d'encourager l'excellence dans le domaine culturel donnera naissance au Prix Jules Léger de la nouvelle musique de chambre, en 1978, et à la Médaille Gabrielle Léger pour la conservation du patrimoine, en 1979. Également en 1979, le gouvernement canadien rend hommage aux Léger en instituant la bourse Jules et Gabrielle Léger, qui est octroyée à des universitaires exceptionnels pour leurs recherches et leurs écrits sur le rôle, la fonction et la contribution historique de la Couronne et de ses représentants au Canada. En outre, la bourse Jules Léger est établie en 1974 à l'Université de Regina pour promouvoir l'excellence académique dans des programmes bilingues.
Le 19 octobre 1975, M. Léger reçoit un doctorat honorifique en droit de l'Université d'Ottawa, et lors de la même cérémonie, Madame Léger reçoit un doctorat honorifique de l'Université.
Les Léger apprécient également l'art canadien et encouragent constamment l'activité artistique. Ils comptent parmi leurs amis des peintres comme Jean Paul Lemieux, Alfred Pellan et Jean Dallaire.
Lorsqu'il prend sa retraite en 1979, Jules Léger laisse en héritage une oeuvre qui a consisté à encourager l'unité canadienne et l'humanisme, d'une part, et à donner un aspect intellectuel à la fonction de Gouverneur général du Canada.
Jules Léger est issu d'une famille où la spiritualité revêt une grande importance; il est le frère cadet du cardinal Paul-Emile Léger. Il épouse Gabrielle Carmel, le 13 août 1938, et le couple aura une fille.
Après ses études au Collège de Valleyfield puis à l'Université de Montréal, il obtiendra son diplôme en droit avant de recevoir son doctorat de la Sorbonne, à Paris, en 1938. De 1938 à 1939, il est rédacteur adjoint au journal Le Droit à Ottawa et, de 1939 à 1942, il enseigne l'histoire de la diplomatie à l'Université d'Ottawa.
Jules Léger se joint au ministère des Affaires extérieures en 1940, ce qui marque le début d'une carrière de diplomate accompli. En 1953, il est nommé ambassadeur du Canada au Mexique. Il devient ensuite sous-secrétaire d'État aux Affaires extérieures et, en 1958, est désigné ambassadeur et représentant permanent au Conseil de l'Otan et représentant canadien à l'Organisation européenne de coopération économique à Paris. En 1962 et en 1964, il est successivement ambassadeur en Italie puis en France, avant d'être nommé ambassadeur en Belgique et au Luxembourg en 1973.
Après avoir quitté Rideau Hall, les Léger continueront d'habiter à Ottawa. Jules Léger meurt le 22 novembre 1980 et Gabrielle Léger, le 10 mars 1998.

 
 
1979 - 1984

Le très honorable Edward Richard Schreyer

Assermenté le : 22 janvier 1979 à la Chambre du Sénat, à Ottawa
Né le : 21 décembre 1935, à Beauséjour (Manitoba)
Nommé le : 28 décembre 1978

L'un des premiers liens d'Edward Schreyer avec Rideau Hall se noue en 1975 lorsqu'il reçoit le « Prix du Gouverneur général Vanier décerné à un éminent jeune Canadien de l'année ». Trois ans plus tard, il est nommé Gouverneur général, et lui et sa famille quittent le Manitoba pour Rideau Hall. À 43 ans, Edward Schreyer est le plus jeune gouverneur général depuis lord Lorne en 1878 (33 ans) et lord Lansdowne en 1883 (38 ans).
Le Gouverneur général Schreyer est un ardent défenseur de l'unité canadienne et un tenant du bilinguisme. Il voyage dans tout le pays, souvent dans des régions très éloignées, encourageant un climat de bienveillance et d'amitié entre les gens et les provinces. Lily Schreyer accompagne son mari dans ses voyages, et sa grande popularité auprès des Canadiens rehausse leurs apparitions.
Durant son mandat, Edward Schreyer défend l'égalité des femmes et la protection de l'environnement. En 1979, il institue le Prix du Gouverneur général commémorant l'affaire « Personnes », en témoignage du long combat juridique et politique mené par cinq femmes de l'Alberta en faveur du droit fondamental des Canadiennes d'être reconnues comme personnes. Il sait l'importance de défendre la protection de l'environnement, ce qui le pousse à instituer en 1981 les Prix du Gouverneur général pour la protection de l'environnement. Il institue aussi la Bourse Edward Schreyer pour les études ukrainiennes à l'Université de Toronto. En 1983 a lieu la première Conférence d'étude canadienne du Gouverneur général, qui se tient tous les quatre ans.
L'intérêt de Lily Schreyer pour les questions familiales la conduit à jouer un rôle dans de nombreuses organisations animées des mêmes sentiments, par exemple l'UNICEF. Elle voudrait que la résidence officielle reflète cet engagement, et elle et son mari ouvrent leur domaine aux familles de tous les milieux sociaux à travers le Canada. Son intérêt pour les enfants et les adultes présentant des handicaps physiques incite Mme Schreyer à faire installer à la résidence officielle une entrée et un ascenseur adaptés à ces personnes. Durant l'Année internationale des personnes handicapées, elle est l'instigatrice de la construction de la Fontaine de l'espoir, consacrée à Terry Fox, qui se trouve aujourd'hui devant l'entrée principale à Rideau Hall.
Edward Schreyer étudie au United College, au St. John's College et à l'Université du Manitoba, où il obtient un baccalauréat en pédagogie en 1959, le premier de quatre diplômes. Il reçoit en 1962 un baccalauréat en éducation et, en 1963, une maîtrise ès arts en relations internationales et une deuxième maîtrise ès arts en économie. Sa carrière politique débute lorsqu'il est élu pour la première fois à l'Assemblée législative du Manitoba, à l'âge de 22 ans. De 1962 à 1965, il se hasarde dans le monde de l'enseignement en tant que professeur de relations internationales au Collège Saint-Paul de l'Université du Manitoba. En 1965, il est élu député à la Chambre des Communes. Le 8 juin 1969, il est choisi chef du Nouveau parti démocratique du Manitoba et par la suite occupe la charge de Premier ministre du Manitoba, de 1969 à 1977.
Le 30 juin 1960, Edward Schreyer épouse Lily Schultz, et le couple aura deux filles, Lisa et Karmel, et deux fils, Jason et Tobin.
Lorsque son mandat prend fin en 1984, Edward Schreyer annonce que, pendant cinq années, sa pension de gouverneur général servira à financer la Fondation du Bouclier canadien, une organisation qui étudie la flore et la faune du Bouclier canadien et qui offre des fonds et des emplois dans ce domaine et dont il continue d'être le président. La même année, il est assermenté comme membre du Conseil privé. M. Schreyer est ensuite nommé Haut-commissaire en Australie.
Il est depuis revenu à Winnipeg (Manitoba) où il travaille en tant que représentant national d'Habitat pour l'humanité, un organisme d'habitation à but non lucratif. Il est également directeur honoraire du Sierra Legal Defence Fund, conseiller honoraire auprès de la Fondation canadienne de la préservation des trésors culturels et historiques chinois et membre fondateur de la Winnipeg Library Foundation.
Lily Schreyer continue de s'intéresser et de participer à de nombreuses organisations telles que les Éclaireuses, la Fédération canadienne des associations foyer-école et parents-maîtres, et autres organismes voués aux besoins des enfants. Compte tenu de son intérêt de longue date pour les arts et les travaux manuels, elle s'efforce d'accroître la visibilité et les réalisations des artisans canadiens. Elle donne généreusement à des oeuvres de bienfaisance le produit de la vente de ses propres peintures.
 
1984 - 1990

La très honorable Jeanne Mathilde Sauvé

Nommée le : 28 janvier 1984
Assermentée le : 14 mai 1984 à Ottawa
Née le : 26 avril 1922, à Prud'homme en Saskatchewan
Décédée le : 26 janvier 1993

La longue et distinguée carrière de la très honorable Jeanne Sauvé est jalonnée de « premières » assez remarquables. À la Chambre des communes, elle est la première membre du Cabinet qui soit du Québec; elle est également la première femme élue Président de la Chambre des communes; elle ouvre la première garderie sur la Colline du Parlement; et elle est la première femme à servir comme Gouverneur général.
Madame Sauvé défend avec ardeur les questions touchant la jeunesse et la paix dans le monde; la colombe, symbole de paix, est d'ailleurs l'un des éléments de ses armoiries. Bien avant son mandat vice-royal, elle travaille comme adjointe au directeur du Secrétariat à la jeunesse de l'UNESCO, agit comme secrétaire du comité canadien de l'Assemblée mondiale de la jeunesse et lance et anime un une tribune pour la jeunesse. À Rideau Hall, elle établit deux récompenses pour des étudiants désireux de faire carrière dans le domaine de l'enseignement spécial destiné aux enfants doués. À la fin de son mandat, elle instituera la Fondation Jeanne Sauvé pour la jeunesse qui se consacrera à la promotion de l'excellence chez les jeunes du Canada.
Les préoccupations de Madame Sauvé au sujet des jeunes et de la paix constituent deux des trois thèmes centraux de son mandat – le troisième étant l'unité nationale. Elle voyagera beaucoup, rendant ainsi accessible à tous les Canadiens son rôle de Gouverneur général – symbole de notre identité commune. Dans son discours d'installation, elle mentionne la nécessité pour les Canadiens d'élargir le sens qu'ils donnent à leur nation et de devenir plus tolérants. « C'est le prix de notre bonheur, dit-elle, mais le bonheur ne résidera jamais dans l'esprit de ceux qui croient au « chacun pour soi ».
Durant le mandat de Madame Sauvé, l'Assemblée générale des Nations Unies a décrété l'année 1986 comme « Année internationale de la paix ». L'une des initiatives que développe alors le ministère des Affaires étrangères en collaboration avec d'autres partenaires est la publication d'un ouvrage intitulé Ma vision de la paix. Cet ouvrage, dont la préface est signée par Madame Sauvé, contient des essais rédigés par divers membres de l'Ordre du Canada, ainsi que les affiches et les essais gagnants d'un concours parrainé par l'Association des Nations Unies du Canada.
En 1986, Madame Sauvé accepte, au nom du « peuple canadien », la médaille Nansen, récompense internationale prestigieuse pour les oeuvres humanitaires qui est décernée en reconnaissance d'efforts importants et soutenus déployés au nom de réfugiés. C'était la première fois depuis la création de la médaille en 1954 que le haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés la remettait à une population toute entière. La médaille Nansen est conservée à Rideau Hall.
L'enthousiasme de Madame Sauvé pour l'importance que revêt le sport a donné lieu à l'établissement du Trophée Jeanne Sauvé pour le championnat mondial de hockey féminin sur gazon. Elle crée en outre le Prix Jeanne Sauvé de l'esprit sportif pour reconnaître les athlètes nationaux de sport amateur ayant donné le meilleur exemple d'esprit sportif et de non violence dans le sport. Elle encourage la sécurité dans la société au Canada en établissant le Prix du Gouverneur général Service de la sécurité au travail.
Durant son mandat comme Gouverneur général, Madame Sauvé effectue des visites d'État en Italie, au Vatican, en République populaire de Chine, en Thaïlande, où elle reçoit un doctorat honorifique en sciences politiques de l'Université de Chulalongkorn à Bangkok, et en France, où elle se voit décerner la Médaille de la Chancellerie des universités de Paris, La Sorbonne, Paris. Elle se rend également en Uruguay et au Brésil en visite d'État. En commémoration de sa visite au Brésil, la « Bourse commémorative du Gouverneur général Jeanne Sauvé » sera établie pour récompenser, chaque année, un étudiant diplômé brésilien en Études canadiennes.
Madame Sauvé reçoit également un certain nombre de visiteurs distingués tels que la reine et le duc d'Édimbourg, la reine mère Elizabeth, le prince Andrew, le duc et la duchesse d'York, le roi Carl Gustaf de Suède, la reine Beatrix des Pays-Bas, le roi Hussein de Jordanie, le pape Jean-Paul II, le secrétaire général des N.-U. Javier Perez de Cuéllar, le président américain Ronald Reagan, le président français François Mitterrand, le président chinois Il Xiannian, le président roumain Nicolae Ceaucescu ainsi que les présidents d'Israël, de la Tanzanie, de l'Italie, de la République démocratique du Congo, de la République du Cameroun, de l'Islande et des Philippines. Également, en 1988, Madame Sauvé a rencontré Mêre Térésa de Calcutta à la Citadelle.
Elle reçoit également le prince Édouard, venu présenter les lettres patentes royales signées par Sa Majesté autorisant le rapatriement de l'autorité héraldique au Canada, ce qui permettra l'établissement de l'Autorité héraldique du Canada. En tant que chef de l'Autorité héraldique du Canada, le Gouverneur général détient la prérogative de la Souveraine et autorise la création de nouvelles distinctions héraldiques sous forme d'armoiries, de drapeaux, d'insignes et autres emblèmes.
L'une de ses activités préférées est la fête de Noël organisée chaque année pour le Ottawa Boys and Girls Club et son équivalent francophone, le Patro d'Ottawa. En cette occasion, les enfants arrivent à Rideau Hall pour le déjeuner et pour la visite du Père Noël. Madame Sauvé accueille personnellement ses jeunes invités et porte un chapeau de fête en papier pour célébrer cette journée spéciale.
Durant le mandat de son épouse, M. Maurice Sauvé continue de mener ses propres occupations professionnelles tout en participant à de nombreuses activités culturelles canadiennes.
Jeanne Mathilde Benoit fait ses études au couvent Notre-Dame du Rosaire à Ottawa, puis à l'Université d'Ottawa. Participant activement aux affaires étudiantes et politiques, elle devient la présidente nationale de la Jeunesse étudiante catholique à l'âge de 20 ans. Elle épouse l'honorable Maurice Sauvé le 24 septembre 1948 à l'église St-Jean Baptiste, à Ottawa. Un peu plus tard la même année, ils déménagent en Europe, où Madame Sauvé obtiendra un diplôme en civilisation française de l'Université de Paris. Le couple a un enfant.
Madame Sauvé est membre fondateur de l'Institut de recherche en sciences politiques, et sa carrière distinguée comme journaliste à la Société Radio-Canada s'étalera sur une vingtaine d'années. Elle est élue députée libérale du comté d'Ahunstic (Montréal) en 1972 et est nommée par la suite ministre d'État aux Sciences et à la technologie. Elle est réélue en juillet 1974, où elle se voit confier le portefeuille de l'environnement. Puis en 1975, elle est nommée ministre des Communications responsable des pays francophones au ministère des Affaires extérieures.
Après avoir terminé son mandat comme Gouverneur général en 1990, Madame Sauvé et son conjoint prennent leur retraite et s'installent à Montréal, où elle s'emploie à faire valoir les intérêts de la Fondation Jeanne Sauvé. Trois ans plus tard, elle meurt à la suite d'une longue maladie, un an après la mort de son époux.
 
1990 - 1995

Le très honorable Ramon John Hnatyshyn

Nommé le : 14 décembre 1989
Assermenté le : 29 janvier 1990, à Ottawa
Né le : 16 mars 1934 à Saskatoon, en Saskatchewan
Décédé le : 18 décembre 2002

Rideau Hall a toujours été l'un des plus grands points d'intérêt d'Ottawa. Pendant le mandat du très honorable Ramon John Hnatyshyn, la résidence officielle commence à être un arrêt populaire sur le circuit touristique, et de nombreux Canadiens apprécient les visites guidées des salles publiques et des jardins. En 1991, M. Hnatyshyn crée la Série des concerts d'été du Gouverneur général, qui deviendra un populaire festival de musique annuel. À l'hiver 1992, il procède à la réouverture de la patinoire historique, fermée depuis la saison 1989-1990. Cette patinoire est utilisée par le public durant les fins de semaine et par des établissements scolaires et des associations durant la semaine.
M. Hnatyshyn et son épouse, Gerda, sont déterminés à faire de Rideau Hall une vitrine de l'excellence canadienne. En 1994, Madame Hnatyshyn est coauteure d'un ouvrage intitulé Rideau Hall - Témoin vivant de notre histoire », rédigé dans la perspective de verser le produit des ventes pour augmenter la collection nationale d'oeuvres d'art et de mobilier à la résidence officielle. Madame Hnatyshyn collabore également avec la Fondation du Jardin du patrimoine canadien, un organisme caritatif indépendant, pour construire un Jardin du patrimoine destiné à devenir un point d'intérêt particulier du domaine de Rideau Hall.
En tant que chef d'État de facto du Canada, M. Hnatyshyn reçoit, avec son épouse, des dirigeants et des dignitaires du monde entier, notamment le Président Lech Walesa de la Pologne, le Premier ministre Yitzak Rabin d'Israël, le Président Boris Yeltsin de la Fédération de Russie, Leurs Majestés le roi et la reine de Jordanie, et le Président Vaclav Havel de Tchécoslovaquie. M. et Mme Hnatyshyn accueillent également plusieurs membres de la famille royale, dont Leurs Altesses royales le prince et la princesse de Galles en 1991. Les Hnatyshyn font également des voyages à l'étranger pour assister, par exemple, aux célébrations du 50e anniversaire du Jour J en France, en 1994, et pour des visites d'État qui les mènent dans divers pays comme l'Ukraine, destination qui revêt une signification particulière pour M. Hnatyshyn étant donné qu'il est de descendance ukrainienne.
L'encouragement des Hnatyshyn au domaine des arts au Canada est l'une des réalisations importantes de leur mandat. Ils établissent les Prix du Gouverneur général pour les arts de la scène en 1992, ainsi que le Prix Ramon John Hnatyshyn pour le bénévolat dans les arts de la scène. Chaque automne, la remise de ces deux prix a lieu à Rideau Hall suivie du gala des Prix des arts de la scène au Centre national des arts à Ottawa, qui est télédiffusé à une date ultérieure par la SRC.
M. Hnatyshyn démontre son engagement à l'égard de l'éducation par le soutien qu'il apporte à un certain nombre d'initiatives. Ainsi, il appuie l'établissement du Prix international du Gouverneur général en études canadiennes par le Conseil international d'études canadiennes; du Governor General Ramon John Hnatyshyn Education Fund, administré par le conseil d'administration et la fondation de l'hôpital universitaire de Saskatoon; et du Prix Ramon John Hnatyshyn du droit, lancé en collaboration avec l'Association du Barreau canadien. Il fait la promotion de l'alphabétisation au moyen du Prix « Envol vers la liberté » du Gouverneur général, établi en 1992 pour rendre hommage à l'oeuvre d'une vie consacrée à l'alphabétisation.
Durant leur séjour à Rideau Hall, M. et Mme Hnatyshyn raffermissent les liens avec la jeunesse canadienne. Ils veillent à ce que des jeunes soient invités au plus grand nombre possible d'activités et soulignent l'importance d'encourager les jeunes Canadiens à réaliser leur potentiel sur le plan académique. En 1992, M. Hnatyshyn est l'hôte d'un concert rock dans les parterres de Rideau Hall, qui permet d'attirer l'attention sur le Programme anti-décrochage et le programme canadien de bourses . Le concert sera télédiffusé sur la chaîne YTV et qualifié de « très excellent concert rock de Son Excellence ».
Plusieurs autres récompenses et bourses d'études sont créées durant le mandat des Hnatyshyn, notamment la Coupe Ramon John Hnatyshyn, remise chaque année à l'équipe gagnante du festival international canadien de canots dragons, et les Bourses Canada du Gouverneur général en génie de l'environnement et en sciences de l'environnement.
En tant que Gouverneur général du Canada, M. Hnatyshyn comprend la nécessité cruciale de promouvoir la diversité qui enrichit la société canadienne, et se fait l'ardent défenseur du multiculturalisme.
M. Hnatyshyn fréquente la Victoria Public School et le Nutana Collegiate Institute. Il poursuit ses études à l'Université de Saskatchewan, où il obtient un baccalauréat ès arts en 1954 et un baccalauréat en droit en 1956. Il épouse Karen Gerda Nygaard Andreasen le 9 janvier 1960. Deux fils naîtront de cette union.
Il est admis au Barreau de la Saskatchewan en 1957, et au Barreau de l'Ontario en 1986. Il est élu à la Chambre des Communes pour la première fois en 1974, et prête serment comme membre du Conseil privé le 4 juin 1979. Il se voit confier par la suite un certain nombre de portefeuilles ministériels.
Parmi les distinctions qui ont été octroyées à M. Hnatyshyn, mentionnons sa nomination en 1988 comme conseil de la reine (c.r.) pour le Canada et, un an plus tard, le titre de membre honoraire à vie de la Law Society of Saskatchewan. En 1989, il reçoit la médaille Saint-Vladimir du World Congress of Ukrainians, en reconnaissance de sa « contribution exceptionnelle à la cause de la justice et des libertés civiles. » Après son départ de Rideau Hall et son retour à la pratique du droit à Ottawa, il reçoit le prix Mount Scopus de la Hebrew University, en 1996, pour « avoir fait preuve d'un vif intérêt pour les questions humanitaires en général tout au long de sa carrière. »
 
1995 - 1999

Le très honorable Roméo LeBlanc

Le très honorable Roméo LeBlanc devient Gouverneur général du Canada le 8 février 1995, après une longue et brillante carrière publique. Né à Memramcook, au Nouveau-Brunswick en 1927, il est Acadien et le premier Gouverneur général originaire des Maritimes.
Il obtient un baccalauréat ès arts et un baccalauréat en éducation à l'Université St-Joseph, à Memramcook, puis fait des études en civilisation française à l'Université de Paris. Il est aussi titulaire d'un certain nombre de diplômes honorifiques.
À la fin de ses études, M. LeBlanc débute sa carrière dans l'enseignement. S'il n'y reste pas longtemps, il y acquiert cependant des convictions profondes, qu'il conserve encore aujourd'hui, au sujet du rôle important que jouent les éducateurs dans notre société.
En 1960, M. LeBlanc passe au journalisme à titre de correspondant de Radio-Canada. Au fil du temps, il devient l'attaché de presse des premiers ministres Lester B. Pearson et Pierre Elliott Trudeau.
M. LeBlanc est élu à la Chambre des communes en 1972 comme député de la circonscription de Westmorland-Kent, au Nouveau-Brunswick. Il sera ministre de 1974 à 1979 et de 1980 à 1984.
Dans le rôle de ministre des Pêches du Canada qu'il assumera plus longtemps que tout autre, M. LeBlanc aide à faire reconnaître la zone de 200 milles pour les pêcheurs canadiens et à façonner le droit international de la mer. Sous sa direction, les efforts de conservation et de gestion des ressources permettront une forte croissance dans l'industrie des pêches pendant les années 1970 et au début des années 1980.
M. LeBlanc devient sénateur en 1984, puis est nommé président du Sénat en 1993.
En tant que Gouverneur général, outre ses rôle et responsabilités officiels, M. LeBlanc adopte plusieurs causes personnelles.
Roméo LeBlanc est marié à Diana Fowler LeBlanc, et ils ont quatre enfants.
   
Le Canada