Les États-Unis s’étirent sur 4 517 km d’est en ouest et sur 2 572 km du nord au sud. Ils présentent, en raison de l’étendue de leur territoire, une grande variété de climats et de paysages. Le point culminant du pays se situe en Alaska, au sommet du mont McKinley (6 194 m). Le point le plus bas se trouve dans vallée de la Mort, en Californie, à 86 m en dessous du niveau de la mer.

L’armature physique du pays est d’une grande simplicité, à l’image du continent nord-américain. Trois grands ensembles méridiens se succèdent de l’ouest vers l’est : le système montagneux des Rocheuses, les Grandes Plaines centrales (Middle West) et le massif ancien des Appalaches, bordé par une étroite plaine côtière sur l’Atlantique.

 

Les montagnes Rocheuses

L’ouest des États-Unis est occupé par la longue cordillère nord-américaine. Connue sous le nom de montagnes Rocheuses (Rocky Mountains), celle-ci forme un système orogénique complexe, d’une largeur maximale de 1 500 km entre Denver et San Francisco. Elle se divise en trois ensembles : les chaînes côtières du Pacifique (Pacific Ranges) à l’ouest, de hauts plateaux désertiques au centre, et une imposante barrière montagneuse à l’est. Cette dernière culmine à 4 399 m, au sommet du mont Elbert. Les principales chaînes sont la Bitterroot Range et les Salmon River Mountains au nord, la Front Range et les San Juan Mountains au centre et les Sangre de Cristo Mountains au sud.

De hauts plateaux centraux, sédimentaires ou volcaniques, séparent les montagnes Rocheuses orientales des chaînes côtières du Pacifique. On distingue, au nord, le plateau de la Columbia, au centre, le Grand Bassin, au sud, les plateaux du Colorado et le désert Mojave. Ces plateaux, dont l’altitude varie entre 1 500 m et 3 000 m, sont accidentés par des chaînons montagneux (monts Wasatch) et des cuvettes profondes (Grand Lac salé, vallée de la Mort), au drainage endoréique, et découpés par un réseau hydrographique profondément encaissé (Grand Canyon du Colorado).

À l’ouest s’élèvent les Pacific Ranges. Le relief s’y organise en trois bandes parallèles : à l’est, une cordillère de hautes montagnes, formée par la chaîne des Cascades (Cascade Range), surmontée de cônes volcaniques, et par la Sierra Nevada, qui culmine à 4 418 m d’altitude, au sommet du mont Whitney ; au centre, un ensemble de dépressions tectoniques forment le profond golfe du Puget Sound, la vallée de la Willamette et la Grande Vallée de Californie ; à l’ouest, les Coast Ranges forment une cordillère d’étroites chaînes côtières, dont celle des Olympic Mountains au nord, culminant entre 1 500 et 2 500 m d’altitude.

Les Pacific Ranges sont des montagnes de formation récente et inachevée. Issues de la collision des plaques pacifique et américaine, elles sont le siège de violents phénomènes sismiques et volcaniques. Le volcanisme concerne plus particulièrement la chaîne des Cascades, où l’on dénombre plus d’une centaine de sommets volcaniques et où, en 1980, l’éruption du mont Saint Helens fit environ 60 victimes. Le contact entre les deux plaques se transforme en Californie, la collision faisant place à un mouvement de coulissement le long de la faille de San Andreas, de Point Arena, au nord de San Francisco, jusqu’au golfe de Californie. Cette faille est à l’origine de nombreux séismes (San Francisco, 1906, 1989).

 

Les Grandes Plaines

Les Grandes Plaines intérieures, qui constituent la partie centrale du continent nord-américain, sont un vaste bassin sédimentaire drainé par le réseau fluvial du Missouri-Mississippi. En contrebas des Rocheuses s’étendent les « Hautes Plaines », hauts plateaux de piemont (Llano Estacado) culminant à près de 2 000 m d’altitude, profondément entaillés par les affluents de rive droite du Mississippi (Missouri, Arkansas). Elles se raccordent, par un glacis doucement incliné vers l’est, aux basses terres centrales (Central Lowland). Au sud, en revanche, elles dominent la plaine côtière du golfe du Mexique par un escarpement (Balcones Escarpment).

Le relief plan et faiblement accidenté des Grandes Plaines septentrionales, tapissé d’épais dépôts glaciaires (coteau du Missouri), a été modelé par les glaciers quaternaires. Ceux-ci sont à l’origine du paysage lacustre du Minnesota et surtout des cinq Grands Lacs (Supérieur, Michigan, Huron, Érié, Ontario) qui occupent un bassin surcreusé par l’érosion glaciaire, dans une zone de contact entre le Bouclier canadien (socle précambrien) et les terrains sédimentaires qui le recouvrent, au sud.

Le relief des Grandes Plaines devient plus vigoureux au sud du confluent du Missouri et du Mississippi, avec les massifs hercyniens des monts Ozark et Ouachita, qui culminent à 899 m d’altitude au mont Rich. Au sud, la plaine côtière du golfe du Mexique, qui comprend la basse vallée et l’immense delta du Mississippi, s’étend de la Floride au Rio Grande. La côte, basse et sableuse, est bordée de cordons littoraux et de lagunes marécageuses.

 

Les Appalaches

À l’est s’élève le massif des Appalaches, moyenne montagne culminant à 2 037 m d’altitude, au mont Mitchell. Étiré sur 2 000 km de la frontière canadienne à l’Alabama, il atteint une largeur de près de 500 km à la hauteur de la Pennsylvanie.

Vieux massif primaire, érodé à l’ère secondaire, soulevé et rajeuni au Tertiaire, puis creusé par les glaciers quaternaires, les Appalaches sont constitués à l’ouest par des plateaux calcaires (plateau du Cumberland au sud, monts Allegheny au nord), au centre par une succession de crêtes et de sillons parallèles (Great Valley), et à l’est par les Blue Ridge, qui s’élèvent entre 1 500 et 2 000 m d’altitude. Une série de cluses en permettent le franchissement transversal. Au nord-est, les Appalaches septentrionaux (Nouvelle-Angleterre) se composent de plusieurs massifs modelés par les glaciers quaternaires (monts Adirondacks, monts Catskill, Green Mountains), à l’origine d’une multitude de lacs et d’une côte rocheuse entaillée par des fjords (Hudson).

Au pied des Blue Ridge s’étend le Piemont appalachien, plateau fortement disséqué (collines), limité par une ligne de faille, la Fall Line, et bordé, en contrebas, par la plaine côtière atlantique, depuis le Massachusetts jusqu’à la Floride. Étroite au nord-ouest, celle-ci s’élargit progressivement vers le sud, où elle est relayée par la plaine côtière du golfe du Mexique. La côte est profondément marquée par l’ennoyage postglaciaire (baie de Chesapeake). Au sud du cap Hatteras, elle est barrée par une succession de cordons littoraux isolant des lagunes et des marais maritimes. Au sud-est du pays, la péninsule de Floride, d’origine corallienne, se rattache par sa structure aux archipels antillais.

 

Fleuves et lacs

Les États-Unis possèdent un formidable potentiel hydrographique grâce à d’immenses bassins fluviaux, parcourus par des cours d’eau aux débits puissants. Les montagnes appalachiennes donnent naissance aux affluents de rive gauche du Mississippi (Ohio, Tennessee) et à d’importants fleuves côtiers, tributaires de l’Atlantique (Hudson, Delaware, Susquehanna, Potomac, Roanoke et Savannah). Ceux-ci doivent à l’ennoyage postglaciaire des estuaires larges et profonds (baie de Chesapeake, baie de la Delaware), qui constituent d’excellents sites portuaires. Toutefois, la présence de la Fall Line, en amont, jalonnée de chutes et de rapides, interdit toute remontée fluvio-maritime vers l’intérieur du continent, à l’exception toutefois de l’Hudson.

Les Grandes Plaines intérieures sont drainées par le bassin hydrographique du Mississippi (3,2 millions de km²), tributaire du golfe du Mexique. Le Mississippi (3 770 km) prend sa source dans le nord du Minnesota et traverse le pays du nord au sud. Son débit moyen est d’environ 18 000 m3/s. Il termine sa course par un immense delta, qui s’avance dans la mer sur plus de 100 km. Ses principaux affluents sont l’Ohio (rive gauche), le Missouri, l’Arkansas et la Red (rive droite). Le Mississippi et ses affluents connaissent des crues dévastatrices, notamment au printemps, malgré d’importants travaux d’endiguements.

Les grands fleuves de l’Ouest sont le Rio Grande (3 100 km), dont le bassin hydrographique couvre 896000 km², le Colorado (2 330 km), la Columbia (2 000 km) et son principal affluent, la Snake River (1 670 km). Ils prennent naissance dans les montagnes Rocheuses. À l’exception du Rio Grande, tributaire du golfe du Mexique, ils s’écoulent vers le Pacifique. Ils traversent les hauts plateaux désertiques et les massifs montagneux par de profonds canyons. Dans le Grand Canyon du Colorado (446 km), le fleuve coule à plus de 1 600 m en contrebas du plateau. Un important système de barrages et de digues a permis de réguler le débit de ces fleuves. Certains, comme le Colorado, voient une part importante de leurs eaux détournée pour alimenter les villes et les cultures des régions semi-arides environnantes.

Les lacs naturels sont particulièrement nombreux dans les régions anciennement englacées (Grandes Plaines septentrionales, Nouvelle-Angleterre). Frontière naturelle entre le Canada et les États-Unis, les cinq Grands Lacs constituent une véritable mer intérieure de 244 100 km², dont les deux tiers appartiennent aux États-Unis. Ils constituent la plus vaste étendue d’eau douce du monde. Communiquant avec l’Atlantique par la vallée du Saint-Laurent, ils forment une grande voie de pénétration à l’intérieur de l’Amérique du Nord. Le lac Supérieur est le plus étendu (82 100 km²) et le plus profond (406 m). Il communique à l’est avec le lac Huron (59 600 km²), par les rapides de Sault-Sainte-Marie (dénivelé : 6,4 m). Quatrième lac du monde et deuxième plus grand lac des États-Unis, celui-ci communique avec le lac Michigan (57 800 km²), à l’ouest, par le détroit de Mackinac, et s’écoule dans le lac Érié, au sud, par le lac Saint-Clair. Le lac Érié (25 700 km²) est relié au lac Ontario (19 010 km²) par le Niagara (56 km) dont l’impressionnant dénivelé de 100 m constitue les chutes du Niagara.

Parmi les principaux lacs intérieurs des États-Unis figurent le lac Champlain (1 100 km²), le lac Winnipesaukee (190 km²), le lac Winnebago (534 km²), le lac Okeechobee (1 720 km²) ou encore le Grand Lac salé (5 200 km²).

Les Etats-Unis d'Amérique