Considéré par beaucoup comme la «porte de l'Ouest », le Territoire du Kansas a assisté, au fil des siècles,à des événements qui ont infléchi le cours de l'histoire américaine. Visitée en 1541 par une expédition d'une quarantaine d'hommes venus du Sud-Ouest et conduits par Francisco Vasquez de Coronado,  la région vit affluer en 1851 des colons en provenance du monde entier, qui s'installèrent au « Bleeding Kansas » (Kansas sanglant). Deux noms - ceux de James Lane et John Brown - restent tristement attachés à la période troublée qui s'ensuivit.
 
 

Le 30 mai 1854, le président Franklin Pierce signa le Kansas-Nebraska Act (la loi Kansas-Nebraska), qui, en même temps qu'il ouvrait le territoire à la colonisation, mettait le feu à un baril de poudre et déchaînait au Kansas les torrents de la violence dans les États frontaliers du Missouri, de l'Arkansas et dans l'est du Kansas.

La loi définissait le Kansas comme allant du Missouri, à l'est, à ce qui est aujourd'hui le Colorado, à l'ouest (et qui faisait alors partie du Territoire du Kansas), soit une vaste étendue de terres de quelque 300 kilomètres sur 1 100, dont prairies, cours d'eau et montagnes abritaient des tribus indiennes nomades ainsi que des troupeaux de bisons -animaux éminemment migrateurs.

En vertu de la loi de mai 1854, la population du territoire nouvellement créé jouissait du droit d'autodétermination, notamment sur le point particulièrement épineux qu'était l'esclavage. Dès 1820, le compromis du Missouri avait institué une règle selon laquelle l'adhésion des nouveaux États respec­terait un équilibre numérique entre États «esclavagistes » et États « libres ».  Aucune restriction n'était imposée à l'esclavage, sinon que l'État ne serait pas autorisé à rejeter les Noirs et les métis libres. Pour les habitants du Missouri, le fait que la Californie ait été admise dans l'Union en 1850 en tant qu'État libre avait pour corollaire l'adhésion du Kansas en tant qu'État esclavagiste. Mais nombreux étaient les immigrants de fraîche date qui envisageaient les choses différemment : dans la mesure où leurs voix allaient compter dans la décision, les esclavagistes du Missouri craignaient de voir un Kansas « libre » servir de refuge aux esclaves en fuite.

 
 
Bientôt, les esclavagistes du Missouri commencèrent à s'infiltrer au Kansas, où ils se virent surnommer les « ruffians de la frontier », tandis qu'eux-mêmes baptisaient « jayhawkers » (bandits) les habitants du Kansas. Le climat de tension ne ralentissait cependant pas l'afflux des colons en quête de terres et d'opportunistes qui cherchaient plus à spéculer qu'à participer. L'opposition finit par tourner  à la violence entre les deux camps, qui s'affrontèrent à de nombreuses reprises, sous la direction de fanatiques tels que James Lane - leader de la dénommée « armée de l'État libre » - et John Brown, responsables de l'expression « Bleeding Kansas » (Kansas sanglant) employée pour qualifier le Kansas, de l'époque. Lane prétendait agir pour le bien de l'Etat, tandis que Brown s'abritait derrière le zèle religieux et clamait sa volonté de protéger et de libérer les esclaves ;  il aida effectivement un grand nombre de Noirs à fuir, jusqu'au Canada pour certains. Il réussit néanmoins à se faire haïr des deux factions, en commettant une série d'actions sanglantes contre des esclavagistes désarmés après l'attaque de l'arsenal de Harpers Ferry, en Virginie, en 1859, il fut jugé et pendu.
 

Au nombre des partisans de l'État libre figuraient des responsables religieux comme le révérend Henry Ward Beecher, qui contribua à la cause par des envois de caisses de « bibles » contenant en réalité des fusils et des carabines Sharps, d'où le surnom de « bibles de Beecher» qui est resté attaché à ces armes.

A la fin des années 1850, pourtant, force fut aux anti-abolitionnistes d'admettre que le Kansas demeurerait un État non esclavagiste. Les partisans de la violence, d'un camp comme de l'autre, allaient toutefois bientôt trouver, dans la guerre de Sécession, l'occasion d'exercer leurs talents particuliers par la multiplication des actions de guérilla.

 

James Lane se lança dans la bagarre en tant qu'esclavagiste. Celui qui aurait déclaré : "J'achèterai de la même façon un nègre qu'une mule" passa ensuite dans le camp des abolitionnistes, et sa "Free State Army" affronta diverses bandes armées du Missouri.

 

John Brown est considéré comme un maniaque homicide ou un fanatique religieux, qui voulait "libérer les nègres à tout prix", sans se préoccuper des moyens. Les atrocités qu'il commit finirent par écoeurer l'un et l'autre camp.

 

Le Dr John Doy fut enlevé par les esclavagistes. Traduit en justice à Weston, au Missouri, pour vol d'esclaves, il fut défendu grâce à une subvention de 1 000 dollars allouée par la législature du Kansas. Condamné, il fut délivré par ses partisans.

 

1854 : La signature du Kansas-Nebraska Act ouvre à la colonisation le Territoire du Kansas.

1859 : John Brown est pendu à Harpers Ferry, en Virginie.

1861 : L'état du Kansas est intégré à l'Union.

L'état du Kansas